Qui le sait?

L'ouvrage:
Astrid Phelbs, trente-deux ans, ancienne alcoolique, sort de cinq mois de cure de désintoxication. Elle a quitté Londres, et loge chez sa mère, à Flinstead. Elle fait de son mieux pour ne pas replonger, notamment en allant aux réunions des alcooliques anonymes, même si cela ne l'enchante guère. C'est dans cet état d'esprit qu'elle commence à avoir la sensation d'être suivie, et aussi de sentir l'après-rasage de son ancien petit ami, Simon. Or, il est absolument impossible que Simon soit à Flinstead...

Critique:
J'ai préféré ce roman au précédent livre de l'autrice. D'abord, j'ai trouvé la fin moins frustrante. Certes, j'aurais voulu que certaines choses soient précisées, mais le lecteur peut les deviner. En fait, j'aurais voulu qu'il y ait un autre chapitre avant l'épilogue, chapitre qui expliquerait davantage certaines choses. Mais c'est une frustration qu'on retrouve assez souvent chez moi, ça ne veut pas dire que d'autres en seront victimes.
D'autre part, dans «La rumeur», j'ai trouvé que Lesley Kara traînait un peu vers la fin, et pas ici.

Là encore, la romancière utilise la ficelle éculée qui fait qu'on peut soupçonner tout le monde ou presque. Je l'avais trouvée bien amenée dans «La rumeur». Ici, je pense que l'autrice s'en sort encore mieux. Je ne peux pas dire pourquoi, mais cela fait qu'elle emploie une autre ficelle qui paraîtra peut-être exagérée à certains, et qui, à mon avis, est bien utilisée.

J'ai apprécié Astrid qui est sincère dans son envie de faire peau neuve, et de réparer les fautes qu'elle a commises. Elle reconnaît volontiers qu'elle a été indigne de confiance. Elle se révolte quelque peu contre sa mère qui la surveille, mais là aussi, elle admet qu'elle l'a cherché.

Quant à l'intrigue, je l'ai trouvée bien menée. Pour moi, il n'y a pas eu de lenteurs. De plus, la romancière a su insérer quelques rebondissements à propos. Certains sont un peu maigres, mais ils m'ont plu. De plus, ils allaient tous dans un sens qui me convenait.

Il y a un semblant d'incohérence, lorsqu'Astrid surprend une phrase de la conversation téléphonique entre Richard et on ne sait qui. Astrid s'imagine qu'ils parlent de quelque chose, et plus tard, elle se rend compte qu'elle a exagéré et surinterprété. Certes, mais alors, pourquoi cette phrase? L'héroïne trouve une explication qui peut tenir la route. C'est pour ça que je parle de «semblant»: ce n'est pas une véritable incohérence, mais la solution me paraît quelque peu bancale...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Garance Thénault pour les éditions Lizzie.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. J'ai apprécié son jeu. Elle ne tombe jamais dans le larmoiement lorsqu'Astrid parle du mal qu'elle a commis. Elle rend bien les sentiments et les émotions des divers personnages. De plus, elle a passé un de mes tests de pinailleuse: elle dit correctement «dégingandé».
Le seul reproche que je lui adresse tient à sa prononciation de Simon et de Richard. Elle a voulu faire du mi-anglais mi-français. Pour moi, dans un texte en français, prononcer des noms propres avec une partie d'accent peut être désastreux. Ici, cela l'est, car cela donne Saïmone et Ritcharde. Je ne vois pas ce qui aurait été catastrophique si elle avait prononcé ces prénoms comme ils se disent en français...

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