Quand le diable ricane

L'ouvrage:
Sabine et Adrien sont mariés. Ils ne s'entendent plus. Adrien se montre tyrannique et irascible. Par désœuvrement, Sabine se met à le tromper avec Patrice, son jeune secrétaire. Voilà qu'elle finit par se prendre de passion pour son amant. Elle se met à penser que si son mari n'était pas là, elle pourrait vivre avec Patrice. Elle décide de tuer Adrien. Mais au dernier moment, elle renonce. C'est alors qu'on retrouve Adrien mort, là où Sabine projetait de l'assassiner.

Critique:
Ce livre paraîtra vieillot à certains, pourtant, il est terriblement actuel. La femme, le mari, l'amant, le meurtre, tous ces ingrédients sont de ceux dont sont faites les intrigues policières, et malheureusement, tout cela est très vraisemblable. L'auteur a choisi des thèmes qui feront que le lecteur y croira d'autant mieux.
On pourrait dire que ces thèmes sont éculés, mais leur réalisme les réactualise.

L'intrigue est parfois un peu lente, mais la machine est bien ficelée. Le moment vraiment lent est celui où Sabine puis le policier font des suppositions pour savoir qui est le coupable. C'est tout de même intéressant.
Ce roman me rappelle un peu «Sardines à la sauce diable», du même auteur. En effet, dans les deux cas, l'un des personnages est précipité dans une machination où la manipulation psychologique est reine. «Quand le diable ricane» est moins lent, et la machination se double d'un autre élément qui la rend plus complexe et plus intéressante.
La fin est une bonne trouvaille, même si on peut la deviner. En outre, ce genre de fins n'est pas nouveau: d'autres auteur ont déjà exploité cette ficelle. On pourrait dire que c'est une faiblesse du roman, mais cela ne m'a pas trop gênée, car c'était logique.

Les personnages ne sont pas très creusés, mais ils ne paraissent pas trop plats. Sabine est un peu gourde quant à son amour pour Patrice, mais ses réactions et ses espoirs sont compréhensibles: c'est une femme esseulée, dédaignée, tyrannisée... le lecteur comprendra qu'elle se laisse facilement aveugler, et ne voie pas plus loin.
Au cours du roman, Pierre Salva parvient à donner un peu d'épaisseur à certains personnages, comme Marcelle, Bruno, et Patrice.
Il y a un personnage que je n'appréciais pas vraiment depuis le début: mon impression s'est confirmée par la suite.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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