Proies

L'ouvrage:
Un homme, affublé d'un masque de père Noël, a volé une voiture en neutralisant sa propriétaire, Rose Bradley. Dans le véhicule, se trouvait Martha, la fille des Bradley. Après plusieurs recoupements, la police découvre que l'homme a déjà sévi. Il semble que ce soit les enfants qu'il veuille, et non les voitures. S'il a relâché ses premières victimes, il garde Martha.
La tension monte lorsque les parents reçoivent une lettre où le ravisseur se vante d'avoir fait certaines choses à l'enfant.

Critique:
J'avoue avoir préféré ce roman à «Pig Island». Ici, il n'y a pas de fin abracadabrante.
Mo Hayder joue finement. Elle parvient à promener son lecteur où elle veut. Elle donne des indices qu'on trouve gros comme des maisons... une fois qu'on a la solution. J'ai trouvé très habile de sa part d'être parvenue à me duper en disant la vérité!!! Au final, je pense que j'aurais dû deviner des pans de l'intrigue.
Si elle fait croire certaines choses au lecteur, cela ne dure pas. Elle utilise savamment cette ficelle, car elle ne l'emploie pas à outrance. Ici, elle est même très bonne.
Le livre est assez gros, mais n'est pas lent.
On me dira que Mo Hayder aborde des thèmes et des situations déjà évoqués dans beaucoup de romans du même genre. Ce n'est pas faux. Cependant, elle les renouvelle en les mélangeant adroitement, et en les distillant finement.
Attention! Si vous n'avez pas lu le livre, passez au paragraphe suivant.
Il y a juste une chose que je n'ai pas comprise. Puisqu'il n'a rien à se reprocher dans cette affaire, pourquoi Ted Moon s'est-il fait passer pour son frère? Peut-être à cause de son passé?... Sûrement, mais il m'a semblé que ce n'était pas clair.

On lit assez fréquemment que Mo Hayder écrit des livres sombres. C'est vrai, mais j'ai lu des romans bien plus sombres que celui-là. Je m'attendais à pire. J'ai donc été agréablement surprise, même si certains côtés de ce livre sont effectivement très noirs.

Les personnages sont complexes, mais étrangement, je n'ai pas réussi à m'y attacher. En général, cela me gêne, mais pas ici. J'ai été emportée par l'histoire. D'autre part, les personnages n'ont pas su me convaincre, mais ils sont tout de même complexes.
Je pense que Jack m'a été quelque peu indifférent parce qu'il ressemble trop aux policiers qu'on rencontre souvent dans les romans. Souffrant d'une blessure inguérissable, prêt à transgresser les règles si ça peut servir une bonne cause, sachant où est l'essentiel, ce flic au grand coeur ne manquera pas d'émouvoir ceux qui sont moins endurcis que moi.
Quant aux parents des victimes, je comprenais leur douleur (évidemment!!!), mais je n'arrivais pas à les apprécier.
J'ai été plus sensible au personnage de Flee. Outre sa loyauté, son intégrité et sa pugnacité, elle doit tout remettre en question, justement à cause de cela...
J'ai également été touchée par le Marcheur, cette espèce de Sherlock Holmes des temps modernes, nimbé de mystère, qu'on pourrait croire un peu magicien.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claudine Humberset pour la Bibliothèque Braille Romande.

Bibliographie de Mo hayder:
Série Jack Caffery:
1: Birdman, 2000.
2: The treatment (L'homme du soir), 2001.
3: Ritual (Rituel), 2008.
4: Skin, 2009.
5: Gone (Proies), 2010.

Livres seuls:
Tokyo/The devil of Nanking, 2004.
Pig Island, 2006.
Hanging hill (Les lames), 2011.

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