Prix Clara 2011

L'ouvrage:
Ce prix fut créé en hommage à Clara, une adolescente de treize ans, qui mourut d'une insuffisance cardiaque à treize ans. Tous les ans, il récompense des auteurs en herbe, des adolescents entre treize et dix-sept ans.

Résumé des sept nouvelles:
Penser, d'Iris Baur:
Étienne est parti combattre au front. La nouvelle est une succession de courts tableaux dans lesquels sont décrits les points de vue d'Étienne, de sa femme, et de ses enfants.

Crescendo, de Clara Boissenin
Aurora est lycéenne. Elle est plutôt effacée. Un jour, elle a l'opportunité d'entrer dans un groupe de musique en tant que chanteuse. Sa vie change: célébrité, nouveaux amis, etc.

Canis lupus, de Tessa Deconchy
Le lecteur assiste à quelques semaines au sein d'une meute de loups. La forêt brûle, la meute est dispersée...

Oxygène, de Manon le Gallo
Le monde manque d'oxygène. L'homme en a trop abusé. Pour être sûr d'en avoir assez pour son enfant, un homme s'engage à oeuvrer pour la cause des clandestins. Ceux-ci veulent abolir les inégalités qui règnent: des personnes haut placées peuvent piller les réserves d'oxygène alors que d'autres en ont à peine pour survivre.

Un vent de liberté, de Paul Lejeune
L'auteur a rassemblé des événements qui marquèrent l'histoire en imaginant au sens propre l'expression «Un vent de liberté».

Le cri d'un beatles, de Marion Pignel
Julie est lycéenne. Dans sa classe, il y a Dorian qui est autiste. La jeune fille aimerait le connaître davantage.

L'oeuvre, de Manon Tanquerel
Dieu et ses anges se réunissent pour déterminer le monde.

Critique:
J'ai d'abord aimé la diversité. On la retrouve souvent dans le prix Clara.

La première nouvelle m'a plu. L'auteur a un style précis et fluide. En peu de mots, elle rend parfaitement la détresse de ces êtres qui ne comprennent pas la cruauté de ce monde. En peu de pages, les personnages sont décrits, on se fait une iddée assez précise d'eux.

J'ai apprécié la deuxième nouvelle, même si certaines choses étaient prévisibles. Le parcours de cette adolescente est intéressant, parce que l'auteur décrit des événements et des sensations qui pourraient arriver à n'importe qui. Il est très facile de s'identifier à Aurora, de se mettre à sa place, de se demander ce qu'on aurait fait. En outre, la jeune fille reste quelque peu lucide.
J'aurais aimé que la fin soit plus détaillée... et il me semble qu'un personnage a été oublié.

J'ai bien aimé «Canis lupus», d'abord parce que cette nouvelle m'a dépaysée. Ensuite, parce que j'aime les animaux, et que je trouve toujours intéressant de lire des histoire les impliquant. D'ailleurs, l'auteur ne se contente pas d'inventer une histoire autour d'une meute de loups: elle parle de leur comportement général. Par exemple, elle évoque quelque peu la hiérarchie. Je ne sais pas jusqu'à quel point elle s'est documentée, mais c'était intéressant.

J'ai beaucoup aimé «Oxygène». Le thème est très bien choisi, et l'auteur a su l'exploiter. Il est évident que si le monde venait à manquer de quelque chose d'essentiel, les choses tourneraient ainsi.
De plus, les trois personnages principaux sauront toucher le lecteur.
Cette nouvelle est, pour moi, la mieux pensée, la plus évoluée du recueil.

Je n'ai vraiment pas aimé «Un vent de liberté». L'auteur part d'une expression (qui a donné son titre à la nouvelle) pour se dire que peut-être, à des moments clés de l'histoire, alors que des hommes étaient libérés d'une oppression, d'une prison, etc, un véritable vent soufflait pour saluer cette libération. Je trouve ça un peu facile. La prochaine fois, il fera «Un vent de folie», comme expression? Je suis déçue que cette nouvelle ait été choisie, alors que beaucoup concourent. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il devait y avoir plus recherché parmi les autres histoires concurrentes.

J'ai bien aimé «Le cri d'un beatles». La narratrice tente de comprendre les autistes. C'est son cheminement que le lecteur suivra. Elle veut comprendre son camarade, et même si elle parvient à certaines choses, elle se rend compte que la tolérance n'est pas seulement une question d'écoute. Elle tente de communiquer avec Dorian, mais ne voit pas toujours ce que cela implique. C'est un personnage positif, car elle est ouverte.
Il va de soi que j'ai bien ri lors de la scène où Dorian rive son clou à Matthieu, même s'il ne le fait pas exprès, et que celui-ci ne s'en rend pas compte.
Je n'ai pas trop compris le titre. Pourquoi l'allusion aux Beatles? À cause du fait que Dorian aime la poésie? Soit, mais pourquoi les Beatles?

Je n'ai pas trop aimé «L'oeuvre», mais pas parce que je trouvais qu'on se moquait de moi (ce qui est le cas pour «Un vent de liberté»). C'est seulement le thème que je trouve un peu trop utilisé. On me dira que les thèmes de toutes ces nouvelles sont plus ou moins connus et utilisés, mais les auteurs ont su y apporter une touche personnelle. J'ai trouvé «L'oeuvre» très convenue.

Éditeur: Héloïse d'Ormesson.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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