Prisonnière à Téhéran

L'ouvrage:
Iran. À seize ans (en 1981), Marina est arrêtée et accusée de comploter contre le gouvernement. Elle est emprisonnée à Evin.

Critique:
Comme souvent, la quatrième de couverture en dit beaucoup trop. Je m'attendais à ce que ce qui y est raconté se passe dès les premiers chapitres... mais non. De ce fait, j'ai eu peur de m'ennuyer, d'autant plus que l'autrice louvoie entre passé et présent. Cela se fait souvent dans ce genre de récits, mais outre que je déteste cela habituellement, ici, la quatrième de couverture, en en dévoilant trop, rend cela désagréable. Heureusement, j'ai réussi à faire abstraction de la structure. En effet, le livre m'a plu. De plus, il me semble que j'ai déjà tenté ce livre. Je ne m'en souviens plus du tout, mais le chapitre concernant Albert, et l'anecdote de la jeune Marina enfermée sur le balcon et balançant des pinces à linge sur les passants pour qu'ils acceptent de plaider pour sa délivrance... ces passages, je suis sûre de les avoir déjà lus. J'en conclus donc que j'ai déjà essayé ce livre, et que la structure a dû me rebuter. Ce qui est dommage, c'est que je n'ai même pas noté que je l'avais essayé.

Ce témoignage m'a beaucoup plu. Marina Nemat ne raconte pas seulement son histoire, mais celles de ses compagnes de cellule, de ses amis arrêtés avant et après elle. En outre, elle fait partager ses cas de conscience au lecteur. Dans le premier chapitre, elle explique qu'elle a compris que ses souvenirs ne la laisseraient pas en paix tant qu'elle n'aurait pas raconté, témoigné, fait savoir au monde quelles sont les conditions de vie à Evin. Elle décrit également ses cas de conscience. Elle reconnaît qu'elle accepte des choses qui pourraient la faire renier par sa famille et ses amis, et ne tente pas d'être excusée. Elle expose seulement ses raisons, montre qu'elle est prise à la gorge, ce qui fait que le lecteur se demandera forcément ce qu'il aurait fait à sa place.

Je ne sais pas trop quoi penser d'Ali. Il semble plutôt antipathique, mais les choses sont plus complexes. Je n'ai pas réussi à l'apprécier totalement, mais je l'ai compris. Le concernant, je me suis aussi demandé ce que j'aurais fait à sa place. Ces questions sont d'autant plus importantes que le récit de Marina Nemat est vrai.

Témoignage poignant, événements douloureux, aucun larmoiement... À lire.

Éditeur: Pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Elvire de Montjou pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Ce n'est que le deuxième ouvrage enregistré par cette lectrice que je lis. J'ai autant apprécié son jeu: ni monotone ni surjoué.

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