Peur

Note: Si j'ai bien compris, «La nuit interdite» se passe avant «Peur», et on y croise Eric et Laura. En outre, Eric évoque cette enquête dans «Peur», et je crois qu'il donne certaines clés de l'énigme. Je pense donc qu'il vaut mieux le lire avant.

L'ouvrage:
Yohan Jamin a peur des félins. Il travaille dans un zoo. Ce soir, il va affronter sa peur en entrant dans la cage des fauves dont il s'occupe. Plus tard, on retrouve des photos de sa mise à mort sur internet. Thérèse, sa femme, supplie la police d'enquêter: elle est sûre que ce n'est pas un suicide.

Critique:
N'ayant pas aimé «Le sang des sirènes», ayant trouvé une incohérence dans «Le cinquième patient», et n'ayant pas pu venir à bout du tome 1 d'«Oscar Pill», je n'étais pas disposée à apprécier «Peur». Pourtant, le résumé m'a plu, j'ai donc voulu donner une autre chance à Thierry Serfaty. Je ne le regrette pas.

Il est surprenant qu'un roman aussi épais ne contienne pas de lenteurs. C'est pourtant le cas. Il y a bien cette ficelle éculée qui consiste à ne pas dévoiler le nom du coupable au lecteur, alors que les personnages le connaissent. Cependant, c'est un défaut mineur. En effet, le nom du coupable était secondaire, car ce qui comptait, c'était sa psychologie.
D'autre part, j'avais deviné certaines choses avant que l'auteur ne les dévoile, mais cela n'a en rien gâché ma lecture, car c'est de moindre importance en regard de l'habile mélange de psychologie et de suspense créé.

Thierry Serfaty immerge son lecteur dans un réseau de personnages et d'intrigues dont le lecteur ne ressortira pas facilement. Ses personnages parviennent à faire de l'humour malgré, ou peut-être à cause de tout ce qu'ils vivent. Le danger et le quotidien, l'humour et la peur, tels sont les ingrédients qui font que ce livre est réussi.
Je me suis particulièrement attachée à Eric et Laura. Couple explosif, respectueux de l'autre, chacun possède ses failles, ses zones d'ombre. Ce sont des personnages qui méritent un approfondissement, et je suppose que les auteurs les creuse davantage dans «Agônia».

Je n'ai pas réussi à apprécier Laurent. Je lui préfère sa fille dont le caractère paraît semblable au sien, et qui, pourtant, est plus ouverte.

Souvent, je me demande comment ceux qui se laissent endoctriner font pour être aussi crédules. Ici, j'ai très bien compris comment ces gens ont pu basculer au point d'en perdre la raison. L'auteur n'a pas besoin d'en ajouter des tonnes pour faire accepter cela: le lecteur se mettra très facilement à la place de ces personnes.

Au départ, la fin ne me convenait pas parce qu'elle me rappelait de mauvais livres d'épouvante. Cependant, je pense que l'auteur saura exploiter ce dénouement. Je suis d'ailleurs curieuse de voir comment il le fera sans que cela lasse le lecteur. Le pari est risqué.

Éditeur: Michel Lafon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lisiane Ledent pour la Ligue Braille.
J'aime beaucoup cette lectrice à la voix énergique, plaisante, et agréable. Sa lecture est fluide, son intonation est naturelle. Je l'écoute toujours avec plaisir. Le seul regret que j'ai eu à ne pas pouvoir finir le tome 1 de «Journal d'un vampire» était de ne plus l'entendre. ;-)

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