L'ouvrage:
Fin mai. Devorah a dix-huit ans, elle termine sa dernière année de lycée. Alors que son petit ami vient de la plaquer, et qu'elle en souffre, elle fait tomber son téléphone portable dans une fontaine. Elle le récupère rapidement, et après plusieurs essais, s'aperçoit que seul le bouton «envoyer» fonctionne. L'utiliser fait qu'un numéro est appelé. Après une conversation avec la personne qui répond, Devorah se rend compte que cette personne, c'est elle, au début de son année de Troisième. Elle pense immédiatement que l'occasion lui est donnée d'arranger certaines choses...

Critique:
J'ai d'abord voulu lire ce livre parce que je sais que si je pouvais arranger des éléments de mon passé en agissant autrement, je le ferais. C'est quelque chose que je souhaiterais énormément pouvoir faire. Donc, même en sachant que ce roman était pour adolescents et d'un genre à tendance un peu mièvre, j'ai voulu savoir ce qu'en ferait l'autrice. Pour moi, elle s'en sort bien. À mesure de l'évolution de l'histoire, la Devorah de dix-huit ans se rend compte que certains changements ne sont pas forcément pour le mieux. Certes, c'est quelque chose qui est ressassé dans les romans exploitant ce thème, et cela m'agace souvent. Ici, c'est passé parce que l'héroïne s'aperçoit peu à peu qu'elle a tort de se focaliser sur le seul changement qu'elle voulait vraiment faire, et la Devorah de quatorze ans opère certaines modifications qui s'avèrent des réussites (je pense surtout à ce qui concerne ses amies). En fait, j'ai apprécié que la narratrice ne finisse pas par penser qu'il ne faut absolument rien changer, que tout changement engendre le mal, etc. Je préfère que Devorah se rende compte, peu à peu, qu'il faut qu'elle soit moins tranchée, et qu'elle opère certaines modifications pour le bien de chacun. En agissant ainsi, Sarah Mlynowski ne dit pas: «Oh, vouloir changer des éléments de son passé, c'est mal! Heureusement qu'on ne peut pas!» Elle dit plutôt que si on a une deuxième chance dans la vie, il faut tenter d'être précautionneux, de ne pas la gâcher, de ne pas agir à tort et à travers.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Listening Library.

Cassandra Campbell est l'autre raison pour laquelle j'ai souhaité lire ce roman. J'aime beaucoup le jeu de cette comédienne, même s'il m'est arrivé de la trouver parfois trop sobre. Ici, elle n'a pas démérité.