lundi, 6 septembre 2021

Testament, tome 2: Alouette, de Jeanne-A Debats.

Testament, tome 2: Alouette

L'ouvrage:
Avril 2032. Voilà trois ans que les événements contés dans «L'héritière» sont arrivés. Un jour, les membres de l'étude notariale de Géraud voient entrer un couple (qu'ils surnomment Roméo et Juliette). Les jeunes gens demandent à Géraud de les marier. Celui-ci refuse... Seulement, il semblerait qu'il y ait une épidémie, et que les «Roméo et Juliette» se trouvent à tous les coins de rue.

Critique:
À l'instar du tome 1, ce deuxième volume m'a beaucoup plu. J'ai d'abord apprécié que l'autrice prenne le temps de dire où en sont ses personnages. De plus, l'intrigue m'a plu, et je n'ai pas deviné où elle menait. Les indices et les rebondissements arrivent à point: je ne me suis pas ennuyée.

J'ai trouvé amusant que Jeanne-A Debats se serve d'une pièce très célèbre pour en transposer la trame dans le monde des vampires, des garous, des dragons, des kitsunes... D'autre part, si nos héros courent des dangers (comme lorsque Agnès subit une cyber attaque), l'autrice parvient toujours à faire descendre la tension en mâtinant ces dangers d'humour. Les vecteurs de cet humour sont souvent des pensées d'Agnès, voire des conversations intérieures qu'elle a avec Erfauge. Dans le cas où elle est cyber attaquée, c'est autre chose... ;-) Lorsqu'elle va négocier avec Artus pour le compte de son oncle, il est cocasse qu'elle se force à penser comme Géraud, à agir comme Géraud ferait, afin de réussir au mieux. Il y a d'ailleurs une intrigue secondaire (celle en rapport avec ce que doit trouver Agnès pour un client de l'étude). Cette intrigue est presque uniquement basée sur l'humour.

Quant aux amours de notre héroïne, ce qui arrive ne m'a ni dérangée, ni agacée, ni impatientée... J'imagine que quelque chose de plus «définitif» se passe dans le tome 3, mais je ne peux même pas être absolument sûre de l'identité de celui avec qui cela arrivera. ;-)

À la fin, Agnès apprend autre chose à propos d'elle-même. C'est assez important pour qu'elle se mette à investiguer. J'imagine que cela fera partie de ses actes dans le tome 3. Ou bien, Géraud sait tout, et elle parvient à le lui faire dire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail pour les éditions Audible Studios.

Comme je m'y attendais, la lecture d'Adeline Chetail m'a plu. Comme dans le tome 1, son ton est toujours approprié, et elle interprète une galerie de personnages sans cabotinage ni trop de sobriété.

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89 lectures

jeudi, 2 septembre 2021

Testament, tome 1: L'héritière, de Jeanne-A Debats.

Testament, tome 1: L'héritière

L'ouvrage:
Agnès Cleyr a vingt-sept ans. Elle est sorcière. Elle peut voir les fantômes, et ressentir leurs souffrances. Cela la tourmente, et elle a peu de moyens d'y échapper. À présent, la voilà seule, ses parents et son frère étant morts. Son oncle, Géraud, la prend alors sous son aile, et l'embauche dans son étude notariale. La jeune femme doit décrypter des textes en langue ancienne. C'est alors que le Cénacle fait appel à l'étude de Géraud...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je suis contente d'avoir trouvé une autrice française écrivant de la fantaisie urbaine, et qu'elle situe son intrigue dans son pays. En effet, tous les auteurs que je connais s'attaquant à ce genre sont américains, et j'imagine (peut-être me trompe-je) que les fan du genre ne jurent que par ces auteurs.

Dans ce roman, l'AlterMonde se partage Paris. Telle meute de Garous a tels territoires, tels vampires ont tels autres... On rencontre également des sirènes.

La plupart des personnages sont attachants, même s'ils ont tous une part d'ombre. Je les ai suivis avec intérêt. Les particularités de chacun et les aventures qu'ils vivent font qu'on ne s'ennuie pas. J'ai lu certaines chroniques disant que le début était lent: je n'ai pas trouvé. Ou alors, je ne m'en suis pas aperçue, car la lenteur, si lenteur il y a, m'a plu. J'ai plutôt apprécié qu'Agnès prenne le temps de se présenter, d'expliquer certaines choses concernant ses parents, etc.

La romancière est parvenue à glisser de petites notes d'humour lors de moments très tendus. Par exemple, ce qu'Agnès fait avec ses talons (ce qui lui vaudra un cadeau assez particulier), ou l'histoire que notre héroïne raconte à Erfauge afin de le distraire de son envie de la vider de son sang (histoire qui aura certaines répercussions...).

En général, je n'aime ni les histoires d'amour qui arrivent trop vite, ni les triangles amoureux. Ici, l'autrice s'y prend bien mieux que tous ceux que j'ai lus. Elle ne fait pas un véritable triangle amoureux, et l'héroïne ne se jette pas tête baissée dans une histoire d'amour. Elle prend les choses comme elles viennent. Cela fait que j'ai partagé ses émotions sans arrière-pensées lors de ce qui arrive vers la fin.

Quant au don (elle dirait «malédiction») d'Agnès, le lecteur et la jeune femme apprennent des éléments qui laissent perplexe. Agnès en saura-t-elle davantage lors des tomes suivants? En tout cas, j'ai hâte de les lire!

J'aime bien le titre de ce premier tome, car s'il concerne la personne qui sera choisie par Erfauge, il peut, dans une certaine mesure, concerner Agnès.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail pour les éditions Audible Studios.

Adeline Chetail fait partie des comédiens dont je souhaite très fort qu'ils enregistrent davantage de livres qui me tentent. Sa lecture est soigneuse, son intonation est toujours adéquate, elle joue les émotions sans affectation, et ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins.

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90 lectures

lundi, 30 août 2021

One little lie, de Christopher Greyson.

One little lie

L'ouvrage:
Kate a deux enfants (Andy, onze ans, et Ava, quatre ans), et tente de se remettre de son divorce. Un jour, afin de ne pas avoir l'air ridicule devant son ex-mari et la fiancée de celui-ci, Kate profère un petit mensonge. Il ne devrait pas avoir de conséquences, pense-t-elle. Cependant, certains paramètres qu'elle n'imaginait pas entrent en jeu. La première conséquence de son mensonge est la découverte qu'un inconnu la surveille, la traque.

Critique:
Ayant aimé «The girl who lived», étant tentée par le résumé de «One little lie», et appréciant beaucoup le jeu de la lectrice, je me devais de lire ce roman. Il m'a beaucoup plu. L'auteur aborde un thème qui m'interpelle toujours, même si je l'ai trouvé de multiples fois: celui du personnage principal (en l'occurrence, une femme, comme très souvent) affabule-t-il, est-il malade, ou tente-t-on de lui faire perdre l'esprit? En général, je me mets du côté de l'héroïne, car elle m'est sympathique, sauf une fois, et il s'est trouvé que j'avais eu raison. Ici, ce sera au lecteur de se faire son opinion...

À un moment, j'ai pensé qu'il y avait une incohérence. C'est quand Kate est redevenue (puisque apparemment, elle l'avait été longtemps auparavant) somnambule. J'imaginais des explications énormes, et donc truffées d'incohérences, à ce phénomène. La solution balaie les incohérences, ce qui m'a plu.

Mes soupçons se sont toujours portés sur un lot (si j'ose dire) de personnages. Lorsque le romancier présente un autre coupable possible, je n'y ai pas cru. De plus, j'aurais détesté que ce personnage fût coupable, car cette ficelle ne lui aurait pas convenu. En effet, Christopher Greyson a créé ce personnage de telle sorte qu'à mes yeux, il ne pouvait pas être coupable. ;-)

Certains rebondissements ne m'ont pas trop surprise, mais cela n'a pas du tout gâché ma lecture. Les choses n'auraient pu être autres. J'ai particulièrement apprécié la manière dont Audrey se dévoile à Kate. Je m'y attendais mais l'auteur mène cela très bien, tout comme les autres rebondissements.

M'étant efforcée de ne pas donner les noms de certains personnages, je ne peux pas trop dire lesquels j'apprécie ou pas. Je peux quand même dire sans crainte de gâcher la lecture que j'ai beaucoup aimé Ava. La fillette primesautière était toujours synonyme de rire ou de tendresse. Et puis, comment résister à l'innocente question qu'elle pose à Tammy lorsque celle-ci lui montre une photo d'elle enfant? ;-)

La toute fin peut être comprise de deux manières différentes. Soit le personnage a, comme il le pense, trouvé la solution à tous ses problèmes; soit il fait seulement une autre crise d'autosatisfaction, de narcissisme, et pense que juste parce qu'il veut quelque chose, cela va se réaliser. J'opte pour la deuxième hypothèse, d'abord parce qu'elle va mieux à l'histoire, aux événements, et au caractère du personnage en question, mais aussi parce que si la première était la bonne, cela donnerait une fin comme je les déteste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Greyson Media.

Amy McFadden fait partie de mes lecteurs favoris. Ici, elle n'a pas démérité. Elle a interprété toute une galerie de personnages en parvenant à modifier sa voix sans en faire trop (notamment pour Ava où, pour moi, elle excelle) et à rendre leurs émotions sans failles.

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91 lectures

jeudi, 26 août 2021

Le passage de la nuit, d'Haruki Murakami.

Le passage de la nuit

L'ouvrage:
Cette nuit-là, Marie ne veut pas la passer chez elle. Alors, elle va dans un bistro où elle lit.
Pendant ce temps, sa soeur, Eri, dort.

Critique:
Ce roman m'a plu. Comme c'est Murakami, il y a des éléments un peu déroutants. Par exemple, que faut-il exactement comprendre concernant ce qui arrive à Eri? A-t-elle rêvé? Ce qu'elle semble vivre s'est-il vraiment passé? Si oui, pourquoi? J'ai préféré suivre Marie qui, en une nuit, apprend des choses sur sa soeur et peut-être sur elle-même. C'est le genre d'éléments que j'affectionne, et en plus, c'est cohérent. D'autre part, Marie vit des choses qui lui font entrevoir un monde détestable, le style dont on sait qu'il existe, mais avec lequel (du moins, quand on est comme Marie ou moi) on n'a pas envie de frayer. J'ai trouvé dommage que personne ne puisse rien faire pour le personnage faible et abusé, mais là encore, c'est typique. J'imagine que Marie a ressenti confusément la même chose que moi, car elle évoque une sorte de complicité qui aurait pu naître entre elle et le personnage.
À propos de ce qui arrive au personnage faible, Murakami parvient à créer un élément à la fois effrayant et drôle. C'est l'espèce de comique de répétition qui se produit avec le téléphone portable. Une dimension incongrue s'ajoute à cela, car l'un des personnages ayant affaire à ce téléphone est justement celui qui a tenté de faire un peu de conversation à Marie en début de soirée.

L'ambiance nocturne et les différents événements qui se succèdent rapprochent le tout de l'onirisme, surtout le parfum de fantastique qui se dégage de certains éléments.

La remarque qui suit est du type pléonasme, mais je ne peux m'empêcher de la faire: «Le passage de la nuit» est un roman murakamien. ;-)

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amélie Ardio pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Je connais peu cette lectrice, d'autant qu'elle n'enregistre plus pour la BSR depuis plusieurs années. J'ai apprécié sa lecture de ce roman.

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102 lectures

lundi, 23 août 2021

Mémoire brisée, d'Eugen Ovidiu Chirovici.

Mémoire brisée

L'ouvrage:
James Cobb est psychiatre. Josh Fleichman, riche homme d'affaire, fait appel à lui: ses jours sont comptés, et il souhaite découvrir ce qui s'est réellement passé, une certaine nuit, alors qu'il était jeune homme. Il demande donc à Cobb de l'hypnotiser.

Critique:
Ce roman m'a plu. Il est un peu lent à démarrer, d'autant que la quatrième de couverture en dit un peu pus que moi, ce qui, à mon avis, est un peu trop. Après le démarrage, l'auteur crée certaines complications. Par exemple,Cobb ne parvient pas à faire sortir la vérité de la bouche de Fleichman. Il continue l'enquête, et rencontre des gens qui lui racontent des bribes de la période évoquée par Fleichman, et certains détails ne concordent pas avec ce que disait Fleichman ou avec l'impression de lui-même qu'il donnait. Certaines de ces personnes ont un vécu, un passé parfois douloureux, et certains pans de ce passé sont marqués par la fameuse période. À l'instar de Cobb, le lecteur se demande pourquoi Josh aurait menti sur tel ou tel fait, puisque dire la vérité ne changeait rien au problème de base. À la fin, lorsque l'énigme est élucidée, Cobb ne parle plus de ces mensonges, mais pour moi, ils restent une incohérence. Flesshman en avait peut-être besoin pour se donner une valeur quelconque, mais étant donné qu'il se soupçonnait de meurtre, quel était son intérêt à dissimuler des faits qui ne pouvaient le rendre plus noir que l'aurait fait un meurtre.

Certains trouveront peut-être que l'auteur fait intervenir trop de témoignages. Je n'ai pas eu ce sentiment, mais je ne serais pas étonnée que d'autres l'aient. Outre que cela peut quelque peu embrouiller les choses, cela montre des pans de vies, mais ensuite, les personnages ne sont plus évoqués. Cela peut donner une impression d'inachevé. Je pense surtout au personnage d'Elizabeth en disant cela. . Les événements l'ont beaucoup affectée, et elle ne fait qu'une brève incursion dans le récit. Je sais que ce genre de situations se trouve souvent, surtout dans les thrillers, mais ici, cela m'a davantage interpellée que d'habitude.

En parallèle, nous assistons à la dissection d'un moment crucial de la vie de Cobb. C'est intéressant, car il se remet en question sur plusieurs points.

La résolution de l'énigme m'a satisfaite, car je n'avais rien deviné. L'auteur n'a rien fait de spectaculaire ni d'invraisemblable. Maintenant que j'ai la solution, je me dis que j'aurais pu la trouver, car d'autres l'ont utilisée avant. En tout cas, le romancier l'a amenée assez habilement pour que je ne la trouve pas. Ce qui m'a déplu (mais cela n'enlève rien à la pertinence du livre) c'est le côté humain de cette résolution.

Éditeur: les Escales.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nadine Maugie pour l'association Valentin Haüy.

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