lundi, 21 décembre 2020

Calla's story, tome 1: A faerie's secret, de Rachel Morgan.

A faerie's secret

__Si vous voulez lire cette série, il est préférable d'enchaîner les trois tomes, comme si le tout n'était qu'un seul livre.

L'ouvrage:
Calla Larkenwood vient d'avoir dix-sept ans. Elle a toujours rêvé d'appartenir à la Guilde de la ville, de faire partie des gardiens, c'est-à-dire de sauver les personnes en danger, de faire en sorte que calme et paix règnent. Sa mère a toujours refusé qu'elle entre à l'école de la Guilde. Alors, la jeune fille prend secrètement des cours. Un jour, son secret est découvert par ses parents, car elle combat (mieux qu'elle n'aurait pu le faire sans aucune formation) un homme qui s'était introduit dans la maison familiale. La mère de Calla, sans expliquer ses raisons, finit par décider que sa fille devrait être formée auprès de la Guilde pour, par la suite, y entrer en tant que gardienne.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «City of wishes», j'ai voulu lire d'autres écrits de Rachel Morgan. Le cycle contenant «Calla's story» est composé de trois trilogies. Je n'ai pas lu la première, car je n'aime pas le jeu de la lectrice qui en a enregistré une partie. Quant à la série «Ridley Cayne chronicles», j'attends qu'elle soit complète. J'ai donc attaqué «Calla's story», la deuxième trilogie du cycle. Le tome 1 m'a beaucoup plu. Notre héroïne a des idéaux contre lesquels certains la préviennent. J'ai rapidement eu le sentiment qu'elle déchanterait quant à l'admiration qu'elle voue à la Guilde. Elle doit d'abord faire face à ceux qui trouvent injuste qu'elle ait été directement acceptée en cinquième année de formation (elle a pu rattraper les années manquantes). Parmi ces personnes, on trouve certains de ses camarades, mais également sa responsable de formation. En outre, des bruits courent sur Calla, et certains en font des gorges chaudes... Notre héroïne est sympathique...

L'intrigue est sans temps morts. Presque par hasard, Calla se retrouve embarquée dans quelque chose qui va complètement bouleverser sa vie et celle de sa famille. À un moment de l'histoire, son père se voit contraint de lui avouer que sa mère et lui lui ont menti concernant certaines choses. Calla réagit assez violemment, ce qui fait que son père et son frère l'exhortent au calme. Je dois dire qu'à la place de la narratrice, j'aurais sûrement réagi comme elle. De ce fait, même si j'ai compris qu'elle aurait peut-être d'abord dû se préoccuper du sort de sa mère, j'ai parfaitement compris qu'elle se sente flouée, et le fasse savoir.
À un autre moment, elle se retrouve propulsée dans un tourbillon de péripéties, et l'autrice parvient à rendre crédible la façon dont elle s'en tire. Même moi qui râle toujours lorsque cela arrive ainsi dans les romans, j'ai trouvé que c'était bien agencé.

Ce tome 1 se termine sur une révélation que je n'avais pas vue venir. Pourtant, Rachel Morgan l'a très bien préparée en semant quelques indices. Elle l'a d'ailleurs très bien fait, à mon avis.

La romancière n'oublie pas de saupoudrer son livre de quelques traits humoristiques: certaines répliques échangées par Calla et Chase, par Violet et son mari...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arielle Delisle pour les éditions Tantor Media.

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236 lectures

jeudi, 17 décembre 2020

Le bracelet, d'Andrea Maria Schenkel.

Le bracelet

L'ouvrage:
Ratisbonne, 1938. Grete Schwarz est catholique, son mari est juif. La jeune femme sent que vivre en Allemagne devient de plus en plus risqué. Un ami renforce ses craintes, pousse la famille à quitter le pays, et lui donne des billet pour Shanghai. Seulement, le mari de Grete ne peut se résoudre à quitter son pays aimé. De plus, il est persuadé que le gouvernement le laissera tranquille. La mort dans l'âme, Grete part donc avec ses deux enfants, Carl et Ida.

Critique:
Je commencerai cette chronique par un avertissement: la quatrième de couverture du roman contient des éléments inexacts. Ou alors, il y a quelque chose que je n'ai pas compris... De plus, elle en dit davantage que mon résumé. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose dans ce cas...

Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai mis un moment avant de le sortir de ma pile à lire, d'abord parce qu'il parle d'une période qui, pour moi, est trop évoquée par les romanciers, et mal par certains. De plus, la structure n'est pas absolument chronologique, et je n'aime pas trop ce genre de structures. Heureusement, j'ai dépassé mes réticences, et même si j'aurais préféré quelque chose de plus linéaire, je comprends que l'auteur ait fait ainsi. Quant à la période évoquée, pour moi, il n'y a ni grandiloquence ni larmoiements, autant de mauvais ingrédients qu'on retrouve chez ceux qui galvaudent l'évocation de ces années. En outre, cela m'a permis de mieux situer certains éléments de l'époque qui, dans ma tête, étaient flous. Par exemple, l'attitude de la Chine envers les réfugiés allemands, etc. Ce qu'il se passe lorsque le bateau où sont les Schwarz arrive en Égypte est aussi un élément important pour comprendre comment se déroulaient les choses...

Grete éveillera la compassion et l'admiration du lecteur. Elle sait qu'elle doit affronter des épreuves (perte de son mari, de ses repères, adaptation à un nouvel environnement avec peu de ressources) et elle ne baisse jamais les bras. Elle parvient même à faire avec les «imprévus» dont l'un est très douloureux.
Quant à Carl, il réagit presque toujours comme je m'y attendais. J'ai été un peu déroutée qu'il semble «froid» envers sa mère après ce qui arrive en 1947, mais peut-être est-ce sa manière de gérer la situation.

L'attitude de certains (comme Trudi) montre les débordements qu'occasionnait le régime nazi. Si au début, j'ai compris Trudi et éprouvé de la compassion pour elle, ensuite, j'ai été écoeurée par son comportement. Je ressentais un peu la même chose envers Erna. Chacune savait qu'elle agissait mal, mais chacune refusait de l'admettre. Erna, me semblait-il, aurait été plus encline à l'admettre que Trudi, car elle en prenait davantage conscience.

L'intrigue est sans temps morts. J'aurais souhaité que certaines choses soient davantage expliquées. Qu'est-il arrivé à certains personnages? Quant à ce qui arrive en 2010, j'aurais également voulu en savoir davantage.

Je ne sais pas si le titre est une traduction ou si l'éditeur français en a choisi un autre. En tout cas, il me convient. Au départ, le bracelet ne paraît pas si important, mais il finit par mener Carl vers une explication.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

C'est parce que ce roman a été enregistré par cette lectrice que j'ai dépassé mes réticences. J'apprécie sa lecture, et j'ai plusieurs fois constaté que des livres qui ne me tentaient pas enregistrés par elle me plaisaient.

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lundi, 14 décembre 2020

The new normal, de Tracy Brogan.

The new normal

L'ouvrage:
Carly Lancaster vit avec ses deux filles, Mia (dix-huit ans) et Tess (seize ans). Elle est divorcée depuis plusieurs mois. Elle s'entend bien avec ses voisins, même si l'une d'elle, à la fois cancanière et critique, l'agace. C'est alors que Ben Chase emménage à côté de chez elle. Leur première rencontre ne sera pas vraiment agréable...

Critique:
Je suis tombée sur ce livre parce que je guette les nouveautés lues par les comédiens que j'apprécie. Sachant que Tracy Brogan est une autrice de romances, j'ai hésité avant d'acheter «The new normal». Le résumé semblait sympathique, l'extrait proposé sur Audible aussi, et les chroniques disaient que ce n'était pas sirupeux... alors, je me suis décidée. Le roman m'a plu. D'abord, j'ai apprécié que l'autrice se débrouille pour que ses héros connaissent des moments de camaraderie et de complicité avant de se mettre ensemble. Cela fait qu'on les voit profitant chacun de la compagnie de l'autre, on voit aussi leurs enfants se côtoyer... La scène où Addie demande l'aide de son père pour une chose délicate, et finit, en désespoir de cause, par recourir à Mia, m'a bien fait rire. Certes, c'était le but de l'autrice, mais je souligne cela, parce que pour moi, le but a été atteint sans problèmes. Je n'ai pas trouvé que Tracy Brogan exagérait. De plus, pour moi, les chroniques disaient vrai: il n'y a pas de mièvrerie. La toute fin est peut-être un peu trop parfaite, mais pourquoi pas?

J'ai également apprécié que les enfants de Carly et Ben s'entendent bien. Ce n'était pas forcément gagné, étant donné la manière très différente dont Mia et Tess percevaient Ethan.

Steve et Sophia sont un peu faciles à détester. C'est un peu dommage, mais l'autrice parvient à ce que cela ne soit pas trop gros. Après tout, bien des gens agissent comme ces deux-là...

Ce qui arrive le jour du nouvel an est peut-être un peu gros, mais la romancière l'a préparé, et donc, c'était bien amené.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Brilliance audio.

Amy McFadden est la raison pour laquelle j'ai regardé le résumé de ce livre. Comme d'habitude, j'ai apprécié son jeu. Elle a modifié sa voix pour certains rôles, mais n'a jamais exagéré. Elle a très bien exprimé les sentiments et les émotions des personnages.

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jeudi, 10 décembre 2020

Les garçons de l'été, de Rebecca Lighieri.

Les garçons de l'été

L'ouvrage:
Cet été-là, Thadée et Zachée sont à la Réunion. Ils doivent rentrer en France dans quelques jours. C'est alors qu'en surfant, Thadée est attaqué par un requin, sa jambe droite est arrachée.

Critique:
Ce roman m'a plu. Certes, j'ai été un peu dérangée par certains aspects, mais c'est voulu de la part de l'auteur. En ce sens, elle a réussi son pari: elle a très bien dépeint certaines façons d'agir et de penser qui dérangent, mais qui, malheureusement, font partie de notre société. En gros, elle m'a forcée à regarder la vérité en face. Par exemple, Mylène m'a très vite paru détestable. Engluée dans son auto-suffisance, dans sa préférence (ignorée de personne) pour son fils aîné et dans l'aveuglement qui en découle, elle m'a très vite donné envie de la confronter à la réalité. Quant à Jérôme, il est peut-être un peu moins méprisable, mais disons plutôt qu'il l'est d'une autre manière. Il est plus lucide que Mylène quant à ses deux fils, mais certains de ses actes sont peu reluisants, surtout qu'il se trouve des excuses pour agir comme il le fait. On me dira qu'il n'aurait pas pu faire quelque chose de radical: Mylène ne l'aurait pas laissé faire. Du reste, lui-même ne s'aventure pas à imaginer ce que cela serait. Il évoque une possibilité d'entre-deux, mais sachant que Mylène refuserait, il ne fait rien.
Ces deux personnages m'ont profondément déplu, mais je dois reconnaître qu'on les retrouve dans notre société. Si cela se trouve, il y en a bien plus que ce que je pense... Quelle horrible perspective...!

L'autrice analyse parfaitement d'autres mécanismes de la personnalité, de l'héritage moral que les parents font passer à leurs enfants, etc. Tout cela est très bien fait à travers différents personnages, différentes façons d'être et de penser...

L'intrigue est sans temps morts. La strucTure est de celles que j'appelle «à la Picoult» (parce que je l'ai surtout rencontrée chez Jodi Picoult, c'est presque sa marque de fabrique): chaque chapitre est raconté du point de vue d'un personnage. Ysé, par exemple, n'intervient que sur un chapitre, mais il est long. Il y a une fin, mais j'aurais quand même aimé savoir ce qui arrive ensuite. En fait, je pense que Rebecca Lighieri pourrait écrire une suite sans problèmes. Peut-être faudrait-il qu'elle s'attachât davantage à Ysé et Cindy, tout en reléguant certains personnages au second plan, comme elle a commencé à le faire à la fin du roman. En effet, j'aimerais savoir comment évoluent Ysé, Thadée, Cindy, Jordy... Tel personnage souffre-t-il autant que d'autres et moi le souhaitons?...

Au début du livre, il est indiqué que Rebecca Lighieri est un pseudonyme d'Emmanuelle Bayamack-Tam. Je n'ai lu qu'«Arcadie» et «Les garçons de l'été», mais je me demande pourquoi elle ne publie pas tous ses romans sous le même nom. Après tout, ce sont des «romans sociaux»... J'imagine qu'à l'instar de l'autrice de «L'assassin royal» (et peut-être d'autres, mais je ne parle que de ce que je connais), elle trouve que ses romans sont trop différents pour cela.

Éditeur: POL.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Karine Gremaud Mettraux pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Une fois encore, j'ai apprécié la lecture fluide et le jeu ni trop sobre ni exagéré de la lectrice.

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lundi, 7 décembre 2020

The distance from me to you, de Marina Gessner.

The distance from me to you

L'ouvrage:
McKenna Berney a dix-sept ans. Avant d'aller à l'université, elle souhaite faire une randonnée: le circuit des Appalaches qui va du Maine à la Géorgie. Sa meilleure amie (Courtney) et elle préparent cela depuis plusieurs mois. Seulement, au dernier moment, Courtney annonce qu'elle souhaite rester chez elle, car elle vient de se remettre avec Jay, son petit ami, et veut lui consacrer le plus de temps possible. McKenna décide alors de faire la randonnée seule. Ses parents refuseraient... s'ils le savaient.

Critique:
La quatrième de couverture en dit davantage que mon résumé. Sans entrer dans les détails, je peux préciser qu'une histoire d'amour est évoquée. Cette idée et le fait que dans l'extrait proposé sur Audible, Courtney est extrêmement pénible, tout cela m'a d'abord écartée de ce roman. Je craignais qu'il soit sirupeux à souhait. Deux choses m'ont fait changer d'avis: les chroniques, sur Audible, disent justement que le livre n'est pas niais. De plus, je me suis dit (à juste titre) qu'il était normal que Courtney soit pénible dans l'extrait proposé, puisqu'elle annonçait justement sa défection à son amie. Je suis contente d'avoir finalement acheté ce livre, car il m'a plu. J'ai aimé suivre les efforts de McKenna pour atteindre son objectif. J'ai également apprécié que la jeune fille mûrisse en se voyant confrontée aux dangers de la randonnée, mais aussi à quelqu'un qui lui fait prendre conscience que tout le monde n'a pas le même genre de vie qu'elle. McKenna est gentille, ce qui est une bonne chose. Le fait qu'elle ait une vie privilégiée l'a un peu aveuglée, mais cela ne l'a pas rendue égoïste et sans pitié. De ce fait, lorsqu'elle rencontre une personne cabossée par la vie, elle fait attention, et accepte de reconnaître ses torts, même si elle commence par se fâcher.
D'une manière générale, l'évolution des personnages m'a plu: celle de McKenna, bien sûr, mais aussi celle de ses parents, celle de Sam... Cela ajouté au déroulement de l'intrigue fait que j'aimerais bien qu'il y ait une suite. Certes, ce ne serait pas simple, il faudrait que Marina Gessner trouve des choses à dire. Je pense qu'entre les aspirations de McKenna et les casseroles de Sam, elle pourrait trouver de la matière à une suite.

Le livre ne souffre d'aucun temps mort. En bonne pinailleuse, j'ai regretté que la romancière ait fait une petite chose, qu'elle aurait pu ne pas faire, mais je sais que c'est justement cet élément qui fera que les parents de McKenna accepteront l'autre chose qui est très bien. ;-)

J'aime bien le titre du roman. Je le trouve bien choisi. Il évoque la distance (différente selon les humeurs) entre McKenna et Sam pendant la randonnée, mais aussi la distance sociale entre eux. C'est aussi celle parcourue par notre héroïne en tant que randonneuse et qui l'éloigne un peu de ce qu'elle était.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'ai repéré ce roman parce qu'il a été enregistré par Phoebe Strole dont j'aime beaucoup le jeu. Elle n'a pas démérité. Je n'ai pas trop aimé qu'elle prenne une pointe d'accent du Sud pour le rôle de Sam, mais elle y était obligée. De toute façon, elle n'a rien exagéré.

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