jeudi, 25 août 2022

Léonie, de Marlène Charine.

Léonie

L'ouvrage:
Voilà six ans (moins un jour) que Raymond a kidnappé Léonie à la sortie d'une soirée. La jeune fille avait dix-neuf ans. Ce matin-là, alors qu'elle vient de commencer à petit-déjeuner, Raymond a une crise cardiaque. Il lui demande d'appeler les secours, mais elle n'en fait rien. Il ne tarde pas à mourir. La jeune fille exulte: la voilà libre! Seulement, après presque six ans de séquestration et de bourrage de crâne, elle se rend compte qu'il lui est impossible de quitter cette maison...

Critique:
Après avoir beaucoup aimé les deux précédents romans de Marlène Charine, j'ai bondi sur «Léonie» en le voyant parmi les nouveautés de la Bibliothèque Sonore Romande. L'autrice ne m'a pas déçue. J'ai d'abord apprécié ne pas savoir où elle irait. En effet, une fois la situation posée, je n'arrivais pas à savoir quelle direction prendraient les choses. De plus, je ne voyais pas le rapport entre Léonie et Loïc, outre le fait qu'il avait, au début, enquêté sur la disparition de la jeune fille. Je me suis donc contentée de me laisser porter par l'histoire et la psychologie des personnages. La romancière s'y entend pour faire s'enchaîner les événements sans heurts ni incohérences... ou presque.

Tout en me demandant comment j'aurais agi à la place de Léonie, je me suis attachée à elle, et l'ai trouvée forte, voire admirable, malgré les dérapages occasionnés par son traumatisme. Après ce qu'elle a vécu, elle ne s'en sort pas trop mal. Si elle a pu me faire peur à un moment, je comprenais pourquoi elle voulait «mal agir». C'est ce qu'elle fait au moment où elle est devant ses potentielles victimes qui montre sa force, son bon jugement, et son intelligence. Accessoirement, la jeune femme parvient à réagir avec humour à certaines situations un peu délicates, notamment lorsque de petites choses lui rappellent Raymond. Je ne pense pas qu'à sa place, j'aurais eu sa force de caractère...

À travers Léonie, Loïc, et d'autres, l'écrivain analyse les différentes manières de réagir après un traumatisme. Elle montre aussi que le traumatisme peut être le fait de se sentir coupable: voir Nella.

J'ai trouvé certains éléments un peu trop manichéens concernant Diane et Jonas. Je ne partage pas l'avis de Loïc à 100% à leur sujet, mais je comprends ce qu'il ressent.
Il y a d'ailleurs une incohérence mettant en scène Diane et Jonas. Je parle de ce qui arrive avec Swan. Je n'en dirai pas plus, ceux qui ont lu le livre comprendront.

Comme dans ses autres romans, Marlène Charine alterne le présent et le passé, et comme d'habitude, je vais dire que, même si je n'aime pas ce procédé, je comprends pourquoi il est utilisé ici, et que je reconnais qu'il était plus intéressant qu'une structure totalement linéaire. D'ailleurs, l'autrice n'en use pas dans tout le roman, ce dont je lui sais gré.

Éditeur: Calmann-Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Karine Gremaud Mettraux pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Karine Gremaud Mettraux fait partie des lecteurs qu'il me plaît de retrouver. Son interprétation ne m'a pas déçue. Sa lecture reste sans affectation ni excès de sobriété.

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lundi, 22 août 2022

La fileuse d'argent, de Naomi Novik.

La fileuse d'argent

L'ouvrage:
Le père de Miryem est prêteur. Cependant, il est trop gentil, et n'ose pas réclamer son dû. Lorsqu'il le fait, poussé par la nécessité, il se laisse rapidement éconduire. Les conditions de vie de sa famille empirant, Miryem prend les choses en main, et ne s'en laisse pas conter. L'un des débiteurs de son père, Gorek, ne pouvant pas rembourser, il est décidé que Wanda, la fille de celui-ci, travaillera pour la famille du prêteur. Tout irait bien si les actes de Miryem n'avaient pas attiré l'attention du roi staryk.

Critique:
Ce roman (conte teinté d'un parfum de mythe, devrais-je dire) m'a beaucoup plu. Je parle de conte, car l'autrice en reprend les codes. L'un de ceux-ci m'a d'ailleurs fait rire, car je me suis aperçue que je n'ai jamais remis en question l'une de ses composantes. Dans un conte, quand un roi donne une épreuve à une jeune fille, et qu'il lui dit que si elle en triomphe, il l'épousera, on se dit toujours que la jeune fille est ravie de ce mariage. Naomi Novik met le doigt sur une chose importante: et si la jeune fille ne souhaitait pas ce mariage?
Ensuite, nous trouvons les diverses épreuves par lesquelles passent les héros du conte, certaines consistant à triompher de démons, ou à deviner ce qu'il convient de faire pour débloquer une situation semblant inextricable.
Bien sûr, on retrouve également les aspects magiques du conte, mais aussi le flou du cadre spatio-temporel. En effet, si les villes sont nommées, on ne sait pas vraiment à quel pays elles appartiennent, ni quand se passe l'histoire. Le fait qu'il y ait un tsar, certains noms de la monnaie, et certaines appellations évoquent la Russie, mais les prénoms ont des consonances plus neutres, et une autre partie de la monnaie a un nom à consonance anglophone.
Bref, ces aspects m'ont captivée, et je suis loin de les avoir tous évoqués.

En tant qu'adoratrice du froid, je me suis délectée à lire les descriptions de l'hiver Staryk.

Les héroïnes sont réalistes. Elles ne sont pas parfaites, et l'autrice se charge de les pousser dans leurs derniers retranchements. Vers la fin, je n'approuvais pas Irina, pourtant, elle agissait le moins mal possible. D'ailleurs, elle justifiait son choix en arguant qu'elle pensait au bien commun, ce qui est un argument valable.

Le livre est épais, mais ne souffre d'aucun temps mort. Bien sûr, il est frustrant de passer du point de vue d'un personnage à celui d'un autre (ficelle très souvent employée), mais Naomi Novik s'arrange pour que, quel que soit le narrateur, on soit content de le retrouver. J'ai donc souri d'être frustrée de quitter Miryem, mais en même temps, ravie de retrouver Wanda, etc. ;-)

La romancière n'oublie pas de saupoudrer son livre de petites notes d'humour. J'en retiendrai surtout une: lors d'une rencontre inattendue, Wanda pense: «On aurait dit de la magie.» C'est amusant, au regard de tous les éléments magiques qui arrivent sans interpeller personne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie. Les narrateurs alternent, et chacun raconte à la première personne du singulier. La distribution est la suivante:
Miryem: Marie du Bled,
Wanda: Sophie Pyronnet,
Irina: Aaricia Dubois,
Stepon: David Macaluso,
Magretta: Nathalie Hons,
Mirnatus: Aurélien Ringelheim.

Je n'ai rien lu enregistré par les trois comédiennes qui lisent les passages narrés par les trois héroïnes. J'ai d'ailleurs déduit leurs rôles en écoutant leur voix sur des extraits d'autres enregistrements (sauf pour Sophie Pyronnet, qui, apparemment, n'a rien enregistré d'autre). De ce fait, si je me suis trompée en attribuant tel rôle à telle comédienne, je leur présente mes excuses.
J'ai apprécié le jeu de chaque comédien. Aucun n'a été excessif, chacun a joué les sentiments et les émotions des personnages. Pour moi, le rôle de Stepon était peut-être difficile à jouer, car il fallait montrer de la candeur sans lui donner une intonation d'imbécile. David Macaluso s'en est très bien tiré.

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jeudi, 18 août 2022

Reine de beauté, d'Amy K. Green.

Reine de beauté

L'ouvrage:
Wrenton, Nouvelle-Angleterre. Jenny Kennedy, treize ans, a été assassinée. Son corps a été retrouvé dans les bois. Elle était vêtue d'une nuisette. Pour la police, il ne fait aucun doute que le coupable, c'est Benjy. Celui-ci fréquentait tous les concours de beauté auxquels participait l'adolescente, et il a été arrêté lors du dernier après que Linda (la mère de Jenny) l'a trouvé dans un cagibi avec sa fille. Cependant, Virginia, la demi-soeur de Jenny, ne croit pas à cette théorie. Elle pousse alors l'inspecteur chargé de l'enquête à la laisser parler à Benjy...

Critique:
Ce roman m'a plu. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si dur psychologiquement. En effet, dès le premier chapitre, Virginia apprend au lecteur qu'elle n'est pas en bons termes avec son père et sa belle-mère. Plus le roman avance, plus le lecteur s'enfonce dans des eaux troubles. Certains personnages sont louches, et certains actes sont définitifs. Il sera impossible à leurs victimes de les digérer.

Les chapitres alternent le point de vue de Virginia (à la première personne) et celui de Jenny (à la troisième personne). Bien sûr, les chapitres «Jenny» se passent avant la mort de cette dernière, et expliquent, peu à peu, comment les événements se sont enchaînés. Les deux narratrices m'ont été sympathiques.
Au long du roman, Virginia s'analyse, et finit par se juger sévèrement. On trouvera peut-être étrange qu'elle m'ait été sympathique, entre la tonne de casseroles qu'elle traîne et autre chose. Certes, mais je me suis, comme je fais toujours, demandé comment j'aurais agi à sa place. La vie de Virginia est en miettes. Elle le sait. Cette lucidité ne la met pas à l'abri de mal agir sur un coup de tête... J'espère que concernant un élément, j'aurais agi différemment, mais qui sait? D'autre part, il est un point (ce qu'aurait dû faire Calvin, plus de vingt ans auparavant) sur lequel je partage totalement l'opinion de Virginia.
Je pensais quand même qu'à la fin, elle ferait une certaine chose que, me semble-t-il, elle souhaitait faire, et qui lui aurait apporté un peu d'apaisement. Malheureusement, elle préfère continuer à se complaire à ressasser certains éléments douloureux de sa vie...

Quant à Jenny, entre un père absent et une mère que ses souffrances empêchent de comprendre sa fille, je l'ai trouvée assez mature pour son âge.

De multiples manières, Amy K. Green aborde le thème du paraître. Linda voulait que sa fille soit la plus belle, d'autres souhaitaient avoir l'air de ce qu'ils n'étaient pas, afin de ne pas être jugés par la société. Dans le lycée de Jenny, certaines filles se battent pour être les plus populaires, et s'en prennent à Jenny qui ne cherche pas à l'être.

Quant à l'énigme, la romancière parvient à ne pas trop la faire traîner. Elle se retrouve bien, à un moment, à nous présenter plusieurs suspects, mais je lui pardonne cette ficelle parce qu'elle fait partie des incontournables, et que, par ailleurs, le roman ne traîne pas.

Après avoir fini ce livre, je suis allée lire les quelques chroniques à son sujet sur Audible.fr. J'ai été choquée de la manière dont une personne a exprimé sa dépréciation. Elle commence par énumérer les mauvais côtés. Pour moi, elle a beaucoup simplifié. Par exemple, elle parle de triangles amoureux. Or, je pense que c'est bien plus compliqué. Elle dit aussi qu'elle préfère les vraies enquêtes. J'ai trouvé son point de vue très subjectif. Peut-être cette personne préfère-t-elle les romans du genre «cozy» qui sont plus tranquilles. En tout cas, il aurait mieux valu qu'elle précisât le genre qu'elle préférait, car «vraies enquêtes», cela veut juste dire que l'enquête policière de «Reine de beauté» est fausse. ;-) ;-) ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache (lisant les chapitres narrés par Virginia) et Sonia Erhard (lisant les chapitres contés du point de vue de Jenny) pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Encore une fois, j'ai retrouvé Camille Lamache avec plaisir. Outre son ton toujours adéquat, elle fait partie de ceux qui savent jouer un personnage en train de pleurer. Ayant eu envie de massacrer certains comédiens (j'ai des noms!) parce qu'ils surjouaient les pleurs, je me devais de souligner que Camille Lamache ne cabotine pas dans ce cas.

C'est le premier livre où j'entends Sonia Erhard. Je craignais un peu de l'écouter, car sur l'extrait d'un autre livre, j'avais trouvé qu'elle en faisait trop. Cela ne devait pas être mon jour quand j'ai écouté cet extrait, car dans «Reine de beauté», le jeu de cette comédienne m'a plu. Elle a joué les sentiments des personnages sans excès, et n'a pas modifié sa voix à outrance pour les rôles masculins. Elle a trouvé le ton juste lorsqu'il s'est agi de faire s'exprimer Christine et Malory, les pestes du lycée.

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lundi, 15 août 2022

Dans la gueule de l'ours, de James McLaughlin.

Dans la gueule de l'ours

L'ouvrage:
Rice Moore est en cavale. Il n'est pas recherché par les autorités, mais par quelqu'un qui veut sa peau. Soucieux de discrétion, il se fait embaucher comme gardien d'une réserve dans les Appalaches.
Un jour, un homme lui montre la carcasse d'un ours abattu. Rice finit par en trouver d'autres, mutilées. Il décide de piéger les coupables.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'auteur s'aventure dans des zones sombres, ce qui est très réaliste. En effet, Rice, par exemple, est sympathique, tient à bien faire son travail, veut lutter contre l'injustice... Cependant, il a une part d'ombre, et elle ne se résume pas seulement aux absences qu'il a parfois. Il est capable d'actes très durs. Sarah lui en reproche d'ailleurs un, arguments à l'appui. Je dois reconnaître que concernant cet acte, les deux points de vue se défendent. En outre, il aurait été préférable, pour les gens comme Sarah et moi, que Rice livrât «le gamin» à la justice. Certes, mais il est évident que celle-ci n'aurait rien fait. Ce n'est pas le seul moment du roman où Rice fait des choses qui (pour le dire sans trop en dévoiler) sont à remettre en question. Et c'est dans ces situations que le lecteur se demandera: qu'aurais-je fait à sa place? Cependant, il y a d'autres faits qu'il règle de manière plus civilisée.
Ses relations avec ses pairs ne sont pas toujours simples. J'ai quand même l'impression qu'à la fin, Boger et lui se comprennent... surtout parce que je pense que ce que Boger fait en prétextant que Rice a une dette envers lui est plutôt un cadeau qu'il lui offre...

James McLaughlin a donc créé un personnage très complexe, et son intrigue l'est également. Le braconnage des ours est le point de départ de plusieurs thèmes, notamment celui de l'homme et la nature. À quel point l'homme peut-il communier avec la nature sans tenter de la dominer, ou sans être aspiré par elle? Jusqu'où l'homme irait-il pour préserver la nature? Jusqu'à quel stade de destruction de la nature irait-il pour s'enrichir?
Je n'ai trouvé aucun temps mort. Les événements s'enchaînent avec fluidité, les effets de surprise sont réussis... Quelques chapitres sont des retours en arrière. Ils expliquent certains éléments du passé de Rice.
Enfin, James McLaughlin est de ces auteurs qui font des prologues intéressants. En effet, son prologue, tout en mettant le lecteur dans une certaine ambiance, lui montre tout de suite que Rice vit des choses très rudes, et de quoi il est capable. Et bien sûr, il est à l'inverse de ces insipides prologues dont les événements se déroulent en plein milieu d'un moment clé, moment que nous ne retrouvons que vers la fin du livre.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Guillaume Orsat.

Je connais Guillaume Orsat en tant que comédien de doublage. Étant donné que j'apprécie son travail dans ce domaine, j'ai sauté de joie quand j'ai vu son nom apparaître sur des notices de livres audio. Dans ce roman, il n'a pas déçu mes attentes. Il joue les sentiments des personnage sans excès. Il évite tous les écueils, comme par exemple, une tessiture aiguë pour les rôles féminins. Il modifie parfois sa voix pour certains rôles, et il m'a impressionnée, car on dirait vraiment que quelqu'un d'autre parle. Je pense notamment à la voix qu'il fait au shérif Walker. Il aurait été à côté de moi, je l'aurais applaudi.
Enfin, je ne peux terminer cette chronique sans souligner qu'il fait partie de ceux qui prononcent correctement «gageur».

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jeudi, 11 août 2022

Les ailes collées, de Sophie De Baere.

Les ailes collées

L'ouvrage:
Mai 2003. Paul et Anna se marient. À cette occasion, la jeune femme a voulu faire une surprise à son époux. Elle a retrouvé ses amis d'enfance et d'adolescence, et les a invités. Parmi eux, Joseph. Paul et Joseph ne se sont pas vus depuis vingt ans...

Critique:
Ce roman se déroule en 1983-1984 (il y a un retour en arrière après le prologue) puis en 2003-2004, mais les événements et les sentiments qu'il relate sont intemporels. Par exemple, l'autrice décrit avec justesse la façon dont le personnage principal est harcelé par ses camarades de classe. Malheureusement, elle n'exagère pas. Il est impossible de penser: «Ouf, ce n'est qu'un roman!» On sait bien que ce qui est raconté ici arrive. Sophie De Baere montre également les aspects néfastes de l'effet de groupe. Certains n'auraient pas harcelé Paul si le chef de la bande et ses proches acolytes ne s'en étaient donné à coeur joie.
La romancière expose également la réaction du personnel scolaire. Les professeurs disent ne rien avoir vu. C'est également ce qui arrive souvent. On est prompt à penser qu'il est facile de ne rien voir quand on ne le veut pas. J'espère que le fait de fermer les yeux exprès n'est pas si courant que cela, que si les enseignants ne voient pas, c'est que les harceleurs se sont réellement montrés rusés. Dans «Les ailes collées», on peut quand même reprocher aux adultes de n'avoir pas été vigilants après que le harcèlement a été dénoncé par la victime.

Sophie De Baere nous raconte également l'état de la famille dans laquelle le cataclysme a lieu. Le plus gros souci est l'absence de communication. Le père de Paul ne lui a dit que la partie immergée de l'iceberg, ce qui a causé davantage de mal. Lorsque Cécile va au fond des choses, et explique à son frère ce qu'il y a à savoir, son seul tort (à mon avis) est d'en vouloir à ce dernier. Comment Paul aurait-il pu imaginer qu'il fallait creuser? Les événements de 1983-1984 sont racontés de son point de vue, et à sa place, j'aurais réagi de la même façon, et aurais pensé la même chose de mon père. Ce n'est pas vingt ans après que Cécile aurait dû parler. Si elle a compris ce que ressentait Charles, c'est parce qu'elle a été témoin de davantage de choses que Paul.

Outre une exposition sans complaisance des ravages de l'intolérance, l'écrivain nous montre un amour hors du commun entre deux personnes. J'aurais beaucoup de choses à en dire, mais je dévoilerais trop d'éléments... Je peux seulement dire que cet amour touchera forcément le lecteur.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Gabay.

Bernard Gabay fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, il n'a pas déçu mes attentes. Je sais qu'un mauvais comédien aurait fait beaucoup de dégâts, notamment en tombant dans le larmoiement. Bernard Gabay a joué les sentiments des personnages et les nuances de la narration sans excès.

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