mardi, 3 mars 2020

Le bal des folles, de Victoria Mas.

Le bal des folles

L'ouvrage:
Paris, 1885. Voilà vingt ans que Geneviève est infirmière. Elle travaille dans le service du docteur Charcot. Elle admire ce dernier pour ses méthodes de soins aux aliénées. Geneviève ne fraie pas avec ces femmes dont elle a la surveillance. Elle ne veut pas s'attacher ou ressentir de la compassion. C'est alors qu'Eugénie Cléry est internée par son père...

Critique:
Ce roman m'a plu. Je savais que les recherches de Charcot et les «expériences» sur des femmes internées avaient existé, mais je n'avais lu cela qu'au détour de livres dont ce n'était pas le sujet principal. Victoria Mas nous montre plusieurs personnes dont l'histoire illustre bien le fait qu'à l'époque, on n'hésitait pas à interner une femme considérée comme gênante, et on ne se souciait pas de savoir quel était son état psychologique. Louise en est un exemple intéressant. Elle prend son parti de la situation, finit même par être ravie que Charcot s'intéresse à elle, et travaille sur son cas, mais le lecteur comprend vite que ce qu'il fallait à l'adolescente, c'était un soutien psychologique et quelqu'un qui se préoccupe réellement de son bien-être. De plus, les méthodes de Charcot ne devaient aider personne à se construire ou à se remettre d'un traumatisme. Peut-être même qu'elles finissaient par engendrer le déséquilibre mental chez celles qui les subissaient.

Thérèse est également un personnage intéressant et attachant. Il est un peu déstabilisant de penser qu'elle est contente de sa situation, mais lorsqu'on se penche sur sa vie, on le comprend très bien.

Geneviève est également sympathique. Au début, elle semble fermée et revêche, mais on comprend très vite qu'elle gère son existence comme elle le peut en essayant de se faire le moins de mal possible. Au long du roman, elle est forcée de remettre certains éléments en question. À la fin, elle semble avoir compris des choses sur elle-même, sur la vie, et est peut-être davantage satisfaite de son sort qu'avant.

Quant à Eugénie, sa situation m'a paru «classique». En effet, elle est une personne gênante internée contre son gré. L'autrice prend le temps d'expliquer la manière dont la jeune fille a toujours été considérée dans sa famille, ce qui fait que le lecteur comprendra d'autant mieux la décision du père. Pour ma part, je m'identifiais à Théophile, m'imaginant que si j'étais témoin d'une telle barbarie, je ferais peut-être comme lui, et ne parviendrais peut-être pas à réagir (du moins, au début) pour l'empêcher.

Tous ces personnages et les événements qu'ils vivent sont criants de vérité.

Comme je suis une horrible pinailleuse, je note ici que j'ai relevé une ou deux erreurs de syntaxe.

En fin d'ouvrage, il y a un entretien avec l'autrice. Comme d'habitude, cela m'a beaucoup plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

J'ai peu entendu cette comédienne avant de lire ce roman, mais j'ai très vite apprécié son jeu naturel. Ici, elle n'a pas démérité. Elle joue sans surjouer, ne modifie pas sa voix à outrance, son intonation est toujours adéquate. Je n'ai pas noté de scènes où son talent s'est davantage illustré, mais pour moi, il n'y a aucune fausse note.

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60 lectures

lundi, 2 mars 2020

Cristallisation secrète, de Yoko Ogawa.

Cristallisation secrète

L'ouvrage:
La narratrice vit sur une île où, petit à petit, les choses disparaissent. Lorsque cela se produit, les habitants de l'île oublient ce qui disparaît. Par exemple, le jour où le parfum a disparu, chacun est allé vider ses flacons dans la rivière, et plus personne n'a parlé de parfum.
La police secrète et les traqueurs de souvenirs surveillent les gens, car certains d'entre eux n'oublient pas ce qui disparaît. Ceux-là sont arrêtés.

Critique:
J'ai un tel a priori concernant Yoko Ogawa (tout le monde l'aime, et le peu que j'ai lu d'elle m'a paru statique et contemplatif) que quand la BSR a fait enregistrer ce livre, je l'ai commencé (aimant beaucoup la lectrice), et arrêté, le trouvant ennuyeux parce que statique. Pour ma seconde tentative, j'ai réussi à mettre mon a priori de côté, et je me suis même demandé comment il se faisait que j'avais pensé ainsi la première fois. Maintenant que je l'ai lu en entier, je peux dire que ce roman m'a plu.

L'autrice crée habilement une ambiance oppressante. À partir du moment où la narratrice se lance dans une certaine entreprise, la tension monte. Elle culmine le soir où on fête l'anniversaire du grand-père.
L'intrigue est sans temps morts. Peu à peu, Yoko Ogawa construit un édifice duquel les personnages ne pourront sortir. Les traqueurs de souvenirs et la police secrète rappellent bien sûr les oppresseurs en temps de guerre.

La narratrice est sympathique parce qu'elle est tiraillée. Tout comme la plupart des habitants de l'île, elle oublie ce qui disparaît, et n'a pas de problèmes pour vivre sans; cependant, elle n'est pas indifférente à ce qui arrive à ceux qui n'oublient pas. Bien sûr, cela vient de son histoire familiale, mais je pense aussi qu'elle sait faire preuve d'empathie. À certains moments, elle peut paraître insensible, parce que l'évocation des choses disparues ne la touche pas. Pourtant, il est évident qu'elle n'est pas insensible, mais pour elle, les choses disparues n'existent plus, et c'est comme si elles n'avaient jamais existé. Elle est constituée ainsi. À travers ce personnage, la romancière demande à son lecteur de faire preuve d'empathie. En effet, il ne faut pas juger son indifférence quant aux disparitions. Le roman qu'elle écrit, et dont certains passages sont proposés au long de l'histoire, en est une preuve. Elle maîtrise son sujet, parce qu'il rappelle ce qu'elle vit. Quant à son héroïne, elle finit par ressentir ce que la narratrice éprouve, tout en le craignant.

Le thème de la mémoire n'est pas forcément exploré et analysé sous toutes les coutures, cependant, ce qui arrive aux personnages provoque, chez le lecteur, une réflexion sur ce thème. J'ai trouvé cela plus intéressant que les romans où le personnage principal est amnésique, et tente de retrouver ses souvenirs. Dans les deux cas, on se dit qu'à la place du personnage, on serait déstabilisé, mais la façon de faire de Yoko Ogawa est plus effrayante, parce que la narratrice n'est pas touchée par la perte des souvenirs, et celle-ci se fait progressivement, sans qu'elle ne puisse rien y faire. Cette immuabilité m'a rappelé «L'âge des miracles» (de Karen Thompson Walker) et «En un monde parfait» (de Laura Kasischke).

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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78 lectures

dimanche, 1 mars 2020

*Parutions Audiolib, mars 2020.

Ces titres sont annoncés pour le 11 mars.

  • Girl, d'Edna O'Brien, lu par Claire Cahen, 6h.
    S’inspirant de l’histoire des lycéennes enlevées par Boko Haram en 2014, l’auteure irlandaise se glisse dans la peau d’une adolescente nigériane. Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle, comme en apnée, le rapt, la traversée de la jungle en camion, l’arrivée dans le camp, les mauvais traitements, et son mariage forcé à un djihadiste – avec pour corollaires le désarroi, la faim, la solitude et la terreur. Le plus difficile commence pourtant quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s’évader, avec l’enfant qu’elle a eue en captivité. Celle qui, à sa toute petite fille, fera un soir dans la forêt un aveu déchirant – « Je ne suis pas assez grande pour être ta mère » – finira bien, après des jours de marche, par retrouver les siens. Et comprendre que rien ne sera jamais plus comme avant : dans leur regard, elle est devenue une « femme du bush », coupable d’avoir souillé le sang de la communauté.
  • Vie de Gérard Fulmard, de Jean Echenoz, lu par Dominique Pinon, 5h.
    La carrière de Gérard Fulmard n’a pas assez retenu l’attention du public. Peut-être était-il temps qu’on en dresse les grandes lignes. Après des expériences diverses et peu couronnées de succès, Fulmard s’est retrouvé enrôlé au titre d’homme de main dans un parti politique mineur où s’aiguisent, comme partout, les complots et les passions. Autant dire qu’il a mis les pieds dans un drame. Et croire, comme il l’a fait, qu’il est tombé là par hasard, c’est oublier que le hasard est souvent l’ignorance des causes.
  • Et toujours les forêts, de Sandrine Collette, lu par François-Éric Gendron, 8h25.
    Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Son enfance est une errance, jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.
  • Beloved, de Toni Morrison, lu parAnne Alvaro, 13h,
    « Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d'un bébé... » A Bluestone Road, près de Cincinnatti, vers 1870, les meubles volent, la lumière allume au sol des flaques de sang, des gâteaux sortent du four marqués d'une petite main de bébé. Dix-huit ans après son acte de violence et d'amour maternel, Sethe l'ancienne esclave et les siens sont encore hantés par la petite fille de deux ans qu'elle a égorgée. Jusqu'au jour où une inconnue, Beloved, arrivée mystérieusement au 124, donne enfin à cette mère hors-la-loi la possibilité d'exorciser son passé. Parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rédemption ne vient pas du souvenir, mais de l'oubli.
  • Rhapsodie italienne, de Jean-Pierre Cabanes, lu par Michelangelo Marchese, 26h30.
    1915. Deux hommes que tout sépare vont se rencontrer sur les champs de bataille. Lorenzo, jeune et brillant officier de l’armée italienne, et Nino le Sicilien, qui s’enrôle pour échapper à la prison après avoir commis un crime d’honneur. La guerre va faire d’eux des compagnons d’armes, des frères, avant que le règne de Mussolini ne les transforme en ennemis. Tandis que les hommes sont emportés dans le tourbillon des combats, le temps des femmes est venu. Elles vont s’engager dans la plus belle et la plus dangereuse des luttes, celle pour l’amour, l’indépendance et la liberté.
  • Juste derrière moi, de Lisa Gardner, lu par Claire Tefnin, 15h.
    Lorsque Telly Ray Nash a tué pour la première fois, il y a huit ans, c’était pour sauver la vie de sa soeur Sharlah. Depuis, le profiler du FBI à la retraite, Peter Quincy, et sa femme, Rainie Conner, ont offert à l’adolescente un nouveau départ, dans un cadre aimant et sécurisant. Toutefois, quand deux personnes sont assassinées dans une épicerie de leur petite ville de l’Oregon, c’est Telly qui est identifié comme meurtrier grâce aux caméras de surveillance. Alors que la liste des meurtres qui lui sont imputés s’allonge, Sharlah ne doute pas que son frère cherche à la retrouver…
  • Une vérité à deux visages, de Michael Connelly, lu par Jacques Chaussepied, 12h30.
    Harry Bosch est appelé pour enquêter sur l’assassinat de pharmaciens, le père et le fils. Toutes les pistes s’orientent vers un trafic de médicaments antidouleurs qui, pris inconsidérément, se transforment en véritables drogues. Bosch n’hésite pas une seconde et se lance dans l’enquête. Mais voilà qu’il est soudain accusé par la police de Los Angeles d’avoir, trente ans plus tôt, trafiqué des éléments de preuve pour expédier un tueur en série au couloir de la mort. Bosch n’en revient pas, mais il va malgré tout devoir prouver son innocence. Et la partie est loin d’être gagnée d’avance.
  • Shibumi, de Trevanian, lu par Sylvain Agaësse, 16h.
    Nicholaï Hel est l’assassin le plus doué de son époque et l’homme le plus recherché du monde. Son secret réside dans sa détermination à atteindre une forme rare d’excellence personnelle : le shibumi. Après avoir été élevé dans le Japon de l’après-guerre et initié à l’art subtil du go, il est désormais retiré dans sa forteresse du Pays basque. Il se retrouve alors traqué par une organisation internationale de terreur et d’anéantissement – la Mother Company – et doit se préparer à un ultime affrontement.
  • Métro 2034, de Dmitry Glukhovsky, lu par Julien Chatelet, 12h40.
    2034. La station Sevastopolskaya produit de l'électricité qui alimente le métro moscovite, mais la dernière caravane d'approvisionnement n’est jamais réapparue, pas plus que les groupes de reconnaissance envoyés à sa recherche... Ils seront trois à devoir résoudre cette énigme. Hunter, le combattant impitoyable revenu d'entre les morts, rongé de l'intérieur par les ténèbres ; Homère, qui a tout perdu aux premiers instants de la guerre et projette d'ériger un mémorial à l'humanité disparue ; Sacha, enfin, toute jeune fille qu'ils trouveront sur leur route dans une station où elle a vécu en exil avec son père.
  • Le Japon - Guide culturel et pratique, d'un collectif d'auteurs, lu par Bruno Meyère, 6h.
    Lorsque les Japonais évoquent leur pays, ils utilisent le plus souvent le mot wa, «harmonie». Et de fait, ce pays aux contrastes si violents, à l’histoire si mouvementée, est peut-être dans le monde celui qui dégage la plus forte impression de sérénité et, précisément, d’harmonie. Que vous projetiez ou non de vous y rendre, il est fascinant de partir à la rencontre de cet archipel à la culture et au passé si riches. Ce guide culturel audio, issu du Guide Bleu Japon, contient: un portrait économique et social du Japon contemporain, un panorama historique (de la préhistoire à nos jours), des focus sur la nature et la culture (volcans, gastronomie, us et coutumes...), une présentation des principaux lieux d’exception (de Tokyo à Osaka, en passant par le Fuji Yama), Des conseils pratiques pour préparer un voyage (astuces, formalités...) et un petit lexique de japonais.
  • La Sicile - Guide culturel et pratique, d'un collectif d'auteurs, lu par Clara Brajtman, 5h15.
    La Sicile est une terre du Sud, féconde et généreuse, plurielle et métissée, qui ne se laisse pas facilement étiqueter. Sa position aux confins de l’Afrique et de l’Europe n’y est pas pour rien. Que vous projetiez ou non de vous y rendre, cette île volcanique, riche d’une histoire et d’un patrimoine incomparables, gagne indubitablement à être découverte. Ce guide culturel audio, issu du Guide Bleu Sicile, contient: un portrait économique et social de la Sicile contemporaine, un panorama historique (de la préhistoire à nos jours), Des focus culturels (gastronomie, us et coutumes, patrimoine artistique...), une présentation des principaux lieux d’exception (de Palerme à Catane, en passant par l’Etna), des conseils pratiques pour préparer un voyage (astuces, suggestions d’itinéraires...), et une petite initiation à l'italien.

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97 lectures

Shantaram, de Gregory David Roberts.

Shantaram

L'ouvrage:
Un homme s'évade d'une prison australienne. Il se rend à Bombay où il espère que ceux qui le cherchent ne le trouveront pas. Il se fait rapidement un ami, Prabaker, qui décide de l'appeler par le diminutif du nom sous lequel il se présente: Lin. Lin fera des rencontres, et vivra des événements éprouvants.

Critique:
J'ai tenté ce livre il y a plusieurs années. Le premier chapitre étant très descriptif (en tout cas, de mon point de vue), j'ai renoncé. Récemment, une amie m'a dit qu'elle l'avait lu et beaucoup aimé. Et puis il est apparu dans les sorties Audiolib.. J'ai pensé que je devais le retenter, d'autant qu'il est enregistré par un comédien très talentueux. Je suis contente d'avoir donné une seconde chance à ce livre, car il m'a beaucoup plu.

Le narrateur décrit, avec justesse et précision, les multiples facettes de la ville de Bombay. Ce qu'il y vit le poussera à des introspections, et il ne niera jamais sa responsabilité dans tel ou tel événement. Il mettra du temps à expliquer pourquoi il a été emprisonné en Australie, en parlant par petites touches...
Parfois, Lin explique qu'il comprend que dans telle situation, ses actes n'étaient pas totalement désintéressés, qu'il se rendait compte qu'entrait une part de présomption dans ce qu'il faisait. Lorsqu'il expose ses sentiments et ses raisons d'agir, il décide de ne rien cacher au lecteur. Il vit un tourbillon d'aventures et d'émotions, dont il reconnaît (sans le tourner ainsi) que certains le rendront humble. Par exemple, il est d'abord rebuté à l'idée d'habiter dans le bidonville de Prabaker, à l'idée que Karla (la mystérieuse femme dont il est tombé amoureux) sache qu'il y vit), puis il se rend vite compte qu'il apprécie beaucoup l'ambiance de l'endroit, la sympathie des gens, etc. C'est d'ailleurs dans le bidonville que se déroule une chose extrêmement marquante qu'à mon avis, on devrait mettre en pratique pour toute personne frappant son conjoint ou sa conjointe. Outre cet épisode, la vie dans le bidonville apporte des leçons de sagesse à Lin et au lecteur aussi.

Si j'ai bien compris, ce livre est basé sur l'histoire de l'auteur. Je ne sais pas quelle est la part de vérité et ce qui a été romancé, mais en tout cas, cela se lit comme un roman. Il n'y a pas de temps morts, malgré l'épaisseur de l'ouvrage. Bien sûr, le lecteur s'attachera à certains personnages, et en dépréciera d'autres. Par exemple, au tout début, je n'ai pas aimé Lisa. À sa décharge, la première fois qu'on la voit, elle est en mauvaise posture, et a très peur. À mesure du récit, elle évolue, et se révèle posée. Je ne peux pas trop parler des autres, car je ne veux pas dire ce que le livre nous apprend sur celui-ci ou celui-là. Je peux seulement dire qu'il en est certains que je n'ai pas aimés dès le départ, et sur lesquels je ne me suis pas trompée. Quant à ceux qui m'ont plu dès le début, je n'ai pas de mérite à les avoir bien cernés, car n'importe quel lecteur devinera rapidement qu'ils ne recèlent aucun artifice. Quant au narrateur, je me demande comment il a supporté tant de souffrance morale et physique... Je ne peux pas en dire davantage pour ne pas trop en dévoiler. C'est un peu la même chose concernant beaucoup d'événements du livre: je ne veux pas trop en dire...

Il semblerait que l'auteur ait écrit la suite de ses tribulations. Je ne sais pas si cette suite a été traduite, mais si c'est le cas, j'espère qu'elle sortira en audio.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Damien Witecka.

Ce n'est que le deuxième ouvrage enregistré par ce comédien que je lis. Son interprétation m'a confortée quant à ce que je pensais de son jeu après ma lecture de «La fenêtre panoramique». Dans «Shantaram», Damien Witecka n'avait pas la partie facile. Plusieurs scènes sont pleines de très fortes émotions, il a décidé (sûrement en accord avec l'éditeur audio) de donner un accent à certains personnages. Ces cas de figure sont deux cas où beaucoup surjouent, ce que Damien Witecka n'a pas fait. Il a parfaitement joué les émotions (certains personnages pleurent ou sont dans un état psychologique déplorable), et n'a jamais exagéré les accents. C'est la même chose lorsqu'il joue la verve et la bonne humeur de Prabaker: son interprétation est sans failles! Il a brillamment relevé le défi que constituait cet énorme livre aux multiples personnages et émotions. Je ne me mêle pas des prix du livre audio parce que je serais obligée, si j'y participais, de lire des ouvrages qui ne m'intéressent pas, mais j'estime que Damien Witecka mérite une récompense pour sa lecture de «Shantaram».

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127 lectures

jeudi, 27 février 2020

Tout ce que nous allons savoir, de Donal Ryan.

Tout ce que nous allons savoir

L'ouvrage:
Melody, trente-trois ans, est enceinte de Martin, dix-sept ans. Elle lui apprenait à lire. Voilà des années que la jeune femme et son mari, Pat, se déchirent. L'une des raisons à cela est le fait que Melody n'a fait que des fausses couches depuis le début. Or, cette fois-ci, l'enfant semble bien se porter, alors que la narratrice en est à sa douzième semaine. Apprenant cela, Pat quitte la maison.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai l'impression d'être plus souple, car le livre m'a plu malgré le fait que le personnage principal ne soit pas très sympathique. D'ailleurs, j'ai du mal à comprendre pourquoi l'héroïne est si méchante. C'est principalement ce pauvre Pat qui reçoit toutes les horreurs dont est capable Melody. Elle raconte leur passé par petites touches, et si elle appuie sur le fait qu'il allait voir des prostituées, elle ne cache pas qu'elle était détestable. Je n'ai d'ailleurs pas compris pourquoi. On dirait que c'est dans sa nature. Certains diraient peut-être qu'inconsciemment, Melody punit Pat et se punit aussi pour l'horrible acte qu'elle a commis dans son adolescence, acte qui avait un rapport avec Pat. Je ne pense pas cela plausible, parce que c'est vraiment gros, mais un psychologue dirait peut-être que c'est vraisemblable.
L'attitude de la narratrice envers son père n'est pas non plus très nette. Elle sait très bien qu'elle trahit le grand amour que lui porte ce dernier. Elle se rapproche d'ailleurs de lui au long du roman, mais je me demande si c'est absolument désintéressé.

Au long du roman, Melody évolue. Elle met à plat les atrocités dont elle est responsable, et tente de se raisonner. Elle analyse également le comportement passé de sa mère. Il est simple de voir que la méchanceté gratuite dont la narratrice fait preuve vient de sa mère. J'ai dit que je n'avais pas apprécié Melody, mais ce n'est pas absolument vrai. J'ai aimé qu'elle tente de découvrir pourquoi elle était comme cela, qu'elle veuille s'en corriger... On constatera que son évolution commence lorsqu'elle rencontre Mary. Melody prend la peine de l'écouter, s'intéresse vraiment à elle, accepte de voir qu'autour d'elle, des gens souffrent...
Mary est très sympathique. Elle apaise Melody (même si c'est en présence de Mary que celle-ci fera un coup d'éclat inapproprié, mais tellement drôle), aide au rapprochement entre la jeune femme et son père, est une présence réconfortante pour ce dernier, est posée...

J'ai apprécié certains éléments de la fin. Je pense qu'il n'aurait pas pu en être autrement. Il en est un autre sur lequel je doute. Il ne m'a pas déplu, mais je doute qu'il soit bénéfique. L'auteur laisse entrevoir que c'est possible parce que les personnages qui sont dans l'équation ont évolué. Il aurait peut-être fallu un chapitre supplémentaire (hahaha, voilà que je réclame encore un chapitre supplémentaire) afin que le lecteur sache comment s'annonçaient les choses...

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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