jeudi, 23 mai 2019

Mauvais garçons, de Linwood Barclay.

 Mauvais garçons

L'ouvrage:
Zack Walker est maintenant journaliste. En ce moment, il observe le travail d'un détective privé (Lawrence Jones) pour son prochain article. L'ancien policier surveille des truands qui cambriolent des boutiques. C'est au cours d'une de ces surveillances que Zack lui raconte que sa fille, Angie (dix-huit ans), est embêtée par un adolescent de son âge. Zack ne sait pas vraiment si le garçon lui semble être un danger pour Angie ou pour lui-même qui serait obligé de voir sa fille grandir.

Critique:
Moi qui me suis lassée des polars «classiques» de Linwood Barclay, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé les Walker. Ce qui change, c'est que les romans mettant cette famille en scène sont majoritairement drôles. Zack est toujours obsédé par la sécurité, par ceux dont on ne se méfie pas assez... Il est un aimant à ennuis, car on le retrouve partout où il y en a. Il s'en attire aussi en se lançant dans des expéditions rocambolesques et en se transformant en détective du dimanche.

L'auteur a créé du comique de répétition, avec, par exemple, les allusions récurrentes à la garde-robe peu attrayante de Zack.
Même lorsque notre héros est en très mauvaise posture, l'écrivain glisse des instants cocasses qui ne tombent pas à plat. Certains reposent sur l'adoration fétichiste d'un truand pour les barbies. Celui qui m'a le plus fait rire est soigneusement préparé par de petits faits anodins, des circonstances qui s'additionnent pour aboutir à... ce qui arrive à la fin du chapitre 35 et au début du 36. Je suis étonnée que le romancier soit si bien parvenu à agencer situations et répliques pour faire rire et effrayer sans en faire trop. Il se sert d'ailleurs de l'humour pour détourner l'attention du lecteur... pour mieux le plonger dans la terreur de ce que vivent les protagonistes.

On s'identifie facilement aux personnages. Ils ont une vie quotidienne banale. De là à craindre d'être transporté dans les mêmes tourments qu'eux, il n'y a qu'un pas.

Une très bonne comédie policière!

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alain Petit pour l'INCA
Le lecteur a su entrer dans la peau des personnages, et louvoyer entre comique et terreur sans trop en faire. Sa prestation aurait pu être telle que je n'aurais pas regretté que ce tome ne soit pas enregistré par Yves Vanmeenen, qui a lu le 1 pour la Ligue Braille. Malheureusement pour moi, Alain Petit prononce certains noms propres avec un accent anglophone. Je sais qu'au Canada, on le fait encore plus qu'en France. Cela ne m'a pas empêchée de trouver affreux d'entendre «Trevor» à tout bout de champ prononcé à l'anglophone (et ce n'est pas le seul) dans le texte en français. J'avais même l'impression (mais peut-être prenais-je mes désirs pour des réalités) qu'il était pénible au lecteur de faire la gymnastique.

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lundi, 20 mai 2019

Where there's smoke and Larger than life, de Jodi Picoult.

Where there's smoke and Larger than life

L'ouvrage:
Ce livre se compose de deux nouvelles où on retrouve deux héroïnes de «La tristesse des éléphants». Elles se déroulent toutes les deux avant les événements contés dans le roman.
La première («Where there's smoke») raconte la chute de Serenity (elle évoque cela de manière bien plus brève dans le roman).
La seconde («Larger than life») est un moment de la vie d'Alice, alors qu'elle travaillait au Botswana.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ces deux nouvelles. Serenity et Alice sont des personnages très sympathiques, et il m'a plu de les retrouver un peu, et de les côtoyer avant ce qui arrive dans «La tristesse des éléphants».

Si Serenity dit de petites choses qu'elle évoque aussi dans le roman (comme certaines manières de procéder pour que le client lui donne des indices sur ce qu'elle doit dire), elle raconte aussi des choses qui ne sont pas dans le roman. Elle commence par l'histoire du petit garçon qui volait ses affaires. Cette anecdote, me semble-t-il, n'est pas reprise par la suite. De plus, dans la nouvelle, elle raconte l'histoire qui lui a fait perdre son émission télévisée, mais elle parle aussi d'autres événements qui se passent en parallèle.

Quant à Alice, elle nous narre sa rencontre avec un éléphanteau. C'est très intéressant parce qu'elle glisse certains détails concernant le comportement des éléphants (pas autant que dans le roman, bien sûr), et aussi parce que ce genre de récits est toujours très émouvant. C'est à la fin de cet épisode de sa vie qu'Alice découvre quelque chose qu'elle dit dans «La tristesse des éléphants». Je ne dirai pas quoi, mais cette chose m'avait beaucoup marquée, et je n'ai pas eu besoin d'aller la rechercher dans le roman, lorsque je l'ai entendue dans la nouvelle, pour me souvenir qu'Alice l'avait déjà dite. C'est quelque chose qu'il faut absolument savoir si on veut s'occuper d'éléphants. Dans cette nouvelle, j'ai retrouvé tout ce qui m'avait plu en Alice dans le roman, notamment son amour des éléphants. J'aurais quand même préféré que Jodi Picoult ne lui fasse pas vivre une aventure sentimentale. Entre ça et ce qui arrive par la suite, on dirait que cette pauvre Alice est destinée à être toujours déçue sur ce plan-là.
Je ne me souviens plus si, dans le roman, la jeune femme parle beaucoup de ses relations avec sa mère. Dans la nouvelle, il en est beaucoup question.
Il m'a semblé qu'il y avait une incohérence. L'épisode évoqué dans «Larger than life» se passe en 1999. Or, dans «La tristesse des éléphants», Jenna commence à rechercher sa mère en 2010. À ce moment, Alice a disparu depuis dix ans, et Jenna a treize ans. Elle serait donc née en 1997. Pourtant, dans la nouvelle, Alice n'a pas encore rencontré Thomas, et donc Jenna n'est pas encore née...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Penguin Random House Audio.
Kathe Mazur a enregistré «Where there's smoke», et Rebecca Lowman a enregistré «Larger than life».
J'aime beaucoup Kathe Mazur, mais parfois, elle m'agace parce que sa voix est trop murmurante. On dirait qu'elle se retient. Ici, tout comme dans «La tristesse des éléphants», cela n'a pas été le cas: elle lisait assez fort, tout en adoptant les intonations qui convenaient.
Rebecca Lowman fait partie de mes comédiens préférés. Ici, elle n'a pas démérité, à mon avis.

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jeudi, 16 mai 2019

Votre santé sans risques, de Frédéric Saldmann.

 Votre santé sans risques

L'ouvrage:
Le docteur Frédéric Saldmann nous donne des conseils pour aller mieux.

Critique:
Cela fait un moment que je veux lire des ouvrages de ce médecin. Je n'ai pas été déçue. Avec ce genre, j'ai toujours peur de tomber sur des extrémistes qui énonceraient leurs avis de manière docte et péremptoire. Heureusement, ici, tout est dans la mesure. De plus, les choses sont expliquées. L'auteur dit à plusieurs reprises qu'il déteste culpabiliser les gens, et ne soulève pas de problèmes s'il ne peut y apporter une solution. Souvent, ses conseils sont faciles à appliquer. Il a répondu (entre autres) à ma question concernant le nettoyage du micro-ondes. Maintenant, il faut que j'essaie sa méthode.

L'auteur dit que s'il pouvait, il ouvrirait une école du bon sens. J'approuve ce souhait. Je me rends de plus en plus compte que ce qui nous manque, c'est le bon sens et l'information. J'ai été ravie d'apprendre des choses, mais aussi de voir que j'en appliquais déjà certaines. Je pense notamment au fait d'être soi-même, de ne pas se conformer à une mode ou à un engouement collectif. D'ailleurs, lorsque j'ai lu ces conseils, j'ai tiqué, pensant que c'était évident. Pourtant, s'il prend la peine de le dire, c'est qu'il existe des gens qui agissent sans penser à ce qui leur plaît vraiment. En effet, le médecin ne parle pas seulement d'alimentation, de sommeil, et d'hygiène, mais aussi d'une philosophie de vie. Il nous exhorte à ne pas nous entortiller dans des chaînes, mais à nous écouter.

Il va de soi que certaines idées peuvent être adaptées. Par exemple, il dit que pour se détendre, il faut penser à ce qui nous a plu pendant nos dernières vacances, et il évoque la plage, le soleil, les voyages, etc. Détestant les voyages, je vais plutôt penser à un livre qui m'a beaucoup plu, à des conversations amusantes avec des amis, etc. À chacun de trouver ses moments heureux.

Frédéric Saldmann prône le jeûne séquentiel. Il préconise un jeûne de seize heures une fois par semaine. D'autre part, Jean-Michel Cohen conseille douze heures. N'y connaissant rien, et n'étant pas fervente adepte du jeûne, je fais ce qui est également prôné par l'auteur de cet ouvrage: je m'écoute. Parfois, ayant déjeuné tard, je ne mange pas le soir (sauf si je cède à ma gourmandise). Cela fait que je me retrouve à jeûner douze heures, parfois un peu plus. Tant que je n'ai pas faim, cela me va.

Je n'ai qu'un petit reproche à adresser: certains conseils impliquent que tous les lecteurs sont en mesure de les appliquer. Or, je ne sais pas siffler, et je ne cois pas être la seule. Je suppose qu'on peut remplacer le sifflement par le chant, ce que je fais d'ailleurs. D'autre part, il paraîtrait qu'on s'endort mieux dans le noir complet. C'est peut-être vrai pour les personnes qui voient. Qu'en est-il de celles (comme moi) qui vivent dans le noir total? L'auteur donne d'autres méthodes pour vite s'endormir, donc je les essaierai, mais en ce qui concerne celle-là, elle ne sera pas probante sur moi. ;-)

Ayant aimé cet ouvrage, je lirai «Le meilleur médicament, c'est vous».

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour l'association Valentin Haüy.

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lundi, 13 mai 2019

Where we belong, de Catherine Ryan Hyde.

 Where we belong

L'ouvrage:
Angie (la narratrice) a quatorze ans. Sa mère, sa soeur (Sophie, six ans) et elle viennent d'emménager chez sa tante Vi. Elles ne savent pas si elles pourront rester parce que Sophie casse les oreilles de tous en hurlant dès que quelque chose ne va pas comme elle veut. Elle n'est pas capricieuse, mais autiste. C'est ce que va découvrir Paul, soixante-cinq ans. Un soir que les cris de l'enfant l'exaspèrent, il apprend qu'elle hurle ainsi parce qu'elle s'est entichée de sa chienne (Rigby). Sophie la regarde par la barrière qui sépare les deux maisons, et ne supporte pas qu'elle soit hors de sa vue.

Critique:
C'est le troisième roman de Catherine Ryan Hyde que je lis. J'ai eu du mal à y entrer, principalement parce que Sophie m'énervait. Pourtant, je savais bien que rien n'était de sa faute... La mère des deux fillettes me fatiguait aussi. Si j'ai fini par faire avec Sophie, j'aurais bien (à plusieurs reprises) donné une bonne paire de gifles à la mère. Même quand elle veut faire plaisir à Sophie, elle fait n'importe quoi! Si les trois personnages se sortent de certaines situations, c'est grâce à Angie. L'adolescente est d'ailleurs mal à l'aise dans ce rôle, et exhorte plusieurs fois sa mère à être l'adulte de la famille. En outre, Angie découvre par hasard que sa mère lui a toujours menti sur quelque chose d'important.

J'ai préféré la narratrice. J'ai d'abord apprécié le fait qu'elle fasse toujours attention aux autres, notamment à ceux qui sont sans défense. Par exemple, elle se fait tout de suite la championne de Rigby, et n'admet pas qu'il puisse lui arriver malheur. Elle ose même (alors qu'elle le connaît peu) faire une critique à Paul concernant la chienne. J'ai un peu moins apprécié qu'elle souhaite coûte que coûte ne pas placer sa soeur. Ses arguments sont valables, mais peut-être aurait-elle pu essayer de voir comment les choses se seraient passées pour l'enfant dans un endroit spécialisé. Il est vrai que beaucoup d'endroits spécialisés de toutes sortes sont, en réalité, totalement horribles. Cependant, si on ne tente rien, et qu'on reste bloqué sur certains préjugés, on n'avance pas. De plus, cela aurait peut-être pu aider Sophie. Heureusement, au long du roman, Angie réfléchit, et finit par envisager certaines choses.
Angie est attachante, parce qu'en plus de penser aux autres, elle a de jolis rêves. De plus, elle n'a pas peur d'être elle-même, ne tente jamais de se mentir. C'est une grande preuve de courage. Enfin, elle risque son amitié avec Paul pour débloquer une situation. Là encore, on ne pourra qu'admirer son courage.

Je sais que certains de mes reproches ne devraient pas être. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi je n'ai ressenti aucune sympathie envers Sophie. De toute façon, le roman m'a globalement plu.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vanessa Johansson pour les éditions Audible Inc.
C'est le premier livre que je lis enregistré par cette comédienne. J'ai beaucoup aimé son jeu, surtout le fait qu'elle ne prenne pas d'horribles voix pour les rôles masculins. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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samedi, 11 mai 2019

Vue pour la dernière fois, de Nina Laurin.

Vue pour la dernière fois

L'ouvrage:
À dix ans, Ella Santos est enlevée. Trois ans plus tard, son ravisseur la relâche.
Dix ans passent. Un jour, la jeune femme voit une affichette: une fillette, Olivia,a été enlevée. Elle ressemble trait pour trait à Ella lorsque celle-ci avait dix ans.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je me doutais qu'il serait difficile psychologiquement, et cela m'effrayait un peu, mais mon envie de le découvrir a été la plus forte. Ella est un personnage sympathique. Si sa propension à s'autodétruire est agaçante, elle est compréhensible. Sa situation est terrible. Comment s'en sortir après ce qu'elle a vécu? En tout cas, l'autrice montre une héroïne travaillée, creusée, crédible.

Le récit est sans temps morts. L'écrivain maîtrise la tension, le suspense... À mesure que la lecture avance, certaines choses se mettent lentement en place. Très vite, et ce pendant tout le roman, Nina Laurin éparpille de petits indices en rapport avec tel ou tel aspect de l'intrigue. Cela fait qu'un élément, tout en m'horrifiant, ne m'a malheureusement pas surprise. Il m'a d'ailleurs fait penser à un autre roman que je ne citerai pas pour ne pas donner une indication trop importante. Quant à l'autre révélation (qui est, elle aussi, très bien préparée), je l'ai devinée très peu de temps avant que la romancière ne la donne. Tout est cohérent, tout s'imbrique très bien.

Comme dans le roman auquel certains aspects de celui-ci m'ont fait penser, j'aurais voulu que deux personnages souffrent davantage. Pour moi, ils n'ont d'ailleurs même pas souffert. Mes raisons sont identiques à celles que j'avais en lisant l'autre roman. D'ailleurs, la seule chose pour laquelle j'en ai voulu à Sean, c'est parce qu'il n'a pas torturé l'un de ces personnages quand il le pouvait. Certes, ce n'était pas si simple...

Comme souvent, j'aurais souhaité une fin qui se prolonge. Je pense que l'autrice n'est absolument pas à remettre en cause: c'est moi qui voudrais pouvoir suivre les personnages qui m'intéressent, et qui ai du mal à les quitter. D'habitude, cela m'arrive avec des romans plus légers. Si cela commence à me faire la même chose concernant les thrillers, je ne suis pas sortie de l'auberge. ;-)

Je me rends compte que j'aimerais dire beaucoup d'autres choses, mais que je ne le peux pas sous peine de trop en dévoiler. Alors, je ne peux que vous conseiller ce roman bien pensé.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alexandra Mori.

La comédienne adopte toujours le ton adéquat. Son jeu m'a plu. Elle ne force pas sa voix pour les rôles masculins, et à part Lainey (qu'elle prononce Leïné», alors que cela se dit «Leïny»), elle n'a pas mal prononcé les noms propres anglophones. J'ai trouvé, par exemple, que sa prononciation de Sugar était bonne, alors qu'à mon avis, il est très facile d'exagérer en disant ce mot.
Quelque chose m'a dérangée. C'est en écoutant Alexandra Mori que je me suis pleinement rendue compte (je le savais déjà, mais là, il a fallu que je l'admette) que... j'étais une extrémiste du français standard! En effet, j'ai été très gênée que la comédienne prononce certains sons «é» fermés alors qu'ils doivent être ouverts. Par exemple, certaines formes verbales terminées par «ais» ou «ait» ou «aient», ainsi que certains mots terminés par «ès», etc. Elle fait aussi cela en prononçant certains «o», et des mots terminés par «euse» ouverts alors qu'ils devraient être fermés, mais elle ne le fait pas à chaque fois. En tant que puriste, voire extrémiste (snif snif), du français standard, j'ai déjà râlé après certains comédiens qui faisaient ce genre de fautes, mais je n'ai rien dit parce qu'elles n'étaient pas si fréquentes. J'ai l'impression qu'Alexandra Mori les a accumulées, voilà pourquoi je le souligne ici.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée: il y a plusieurs chapitres (de trois à cinq) sur une piste. Cela m'a étonnée, parce que cela fait un moment que les éditions Audible respectent la structure des livres.

Acheter « Vue pour la dernière fois » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)
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