lundi, 10 février 2020

Une autre histoire, de Sarah Naughton.

Une autre histoire

L'ouvrage:
Londres. Abraham (dit Abe) McKenzie a sauté du Quatrième étage de l'immeuble (une église reconvertie) où il habitait. Il est dans le coma. Sa soeur, Mag, qui ne l'a pas vu depuis de nombreuses années, et qui est avocate à Las Vegas, se rend à son chevet. Elle y rencontre Jodi, la petite amie d'Abe.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Sarah Naughton utilise pourtant certaines ficelles qui, en général, me déplaisent. Par exemple, au début, il y a un chapitre évoquant quelque chose qui arrive bien plus tard dans le roman. Ici, il est assez habilement construit pour ne pas être un prologue qui ne sert à rien. Bien sûr, au bout d'un moment, on imagine qu'il se rapporte à tel élément, mais normalement, on ne le replace que très peu de temps avant l'événement dont il parle.

L'autre ficelle, ce sont des chapitres dont on ne sait pas de quel point de vue ils sont racontés (Celui d'une petite fille, mais qui est-ce?), et dont on devine rapidement qu'ils sont arrivés avant l'action centrale du roman. Concernant ces chapitres, j'ai su gré à l'autrice de ne pas trop traîner avant de nous dire qui ils concernent. Elle ne fait pas attendre le lecteur jusqu'à peu de pages avant la fin, et cela ne détruit absolument pas le suspense concernant l'action centrale.

J'ai apprécié la construction de l'énigme. Mag veut forcément savoir ce qui a poussé son frère au suicide, elle cherche, fouille, et fait fatalement des découvertes. J'ai trouvé tout cela bien amené. J'ai également pensé que la romancière s'en sortait bien entre faux indices et demi-vérités. Pour moi, tout est crédible et cohérent, et quand je me lançais sur des fausses pistes, je gardais en tête qu'elles pouvaient être fausses, parce que Sarah Naughton ne les pointait pas exagérément du doigt. Ce n'étaient que des hypothèses à ne pas rejeter tout de suite.

L'écrivain aborde avec justesse le thème de l'enfance meurtrie et ce qui en découle. Je n'ai pas trop apprécié ce qu'est devenu l'un des personnages, mais je l'ai compris. En outre, ce protagoniste finit par se remettre en question.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie. Ne connaissant pas bien le comédiennes, j'ai déduit la distribution. S'il y a une erreur, je suis désolée, et je la corrigerai si on me la signale. Clémentine Domptail lit les chapitres racontés par Mag, Lila Tamasit interprète ceux du point de vue de Mira, Caroline Tillette lit ceux relatés par Jodi et ceux du point de vue de la petite fille, Jean-Christophe Lebert interprète ceux du point de vue de Rob, et Xavier Bord lit celui narré par Abe.

Je me souviens avoir été sévère avec Clémentine Domptail concernant sa lecture de «Ça peut pas rater», puis avoir préféré sa prestation dans «Au fond de l'eau». Ici, j'ai beaucoup apprécié son jeu. Elle exprime les sentiments de Mag sans exagérer. En outre, elle fait partie des très rares personnes qui prononcent correctement le mot «moeurs».

Je ne connaissais pas du tout Caroline Tillette. J'ai apprécié sa lecture. Elle aussi a joué sans surjouer. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

J'avais un a priori négatif concernant la lecture de Lila Tamasit, car j'ai écouté un extrait d'un livre qu'elle a enregistré, et je l'ai trouvée trop sobre. Dans «Une autre histoire», elle a balayé mes craintes. Soit j'ai mal choisi mon extrait, soit c'était un accident de parcours... en tout cas, je retrouverai également cette comédienne avec plaisir sur d'autres livres. Tant mieux pour moi, car elle a enregistré au moins deux pavés qui me tentent.

J'ai été ravie de retrouver Jean-Christophe Lebert dont j'apprécie le jeu depuis plusieurs années. Ici, il n'a pas démérité.

Je ne connaissais pas du tout Xavier Bord. Il ne lit qu'un chapitre, donc j'avais peu de matière à entendre. À première écoute, son jeu est naturel. J'espère pouvoir l'entendre sur un livre entier.

Je pense que l'éditeur aurait dû recruter une lectrice supplémentaire pour enregistrer les chapitres du point de vue de la petite fille. Si je dis pourquoi je pense cela, je risque de donner trop d'indices sur un pan de l'histoire. Je dirai donc que l'éditeur a été confronté au problème inverse (si je puis le tourner ainsi) dans «Les jours de ton absence», et que là, il a judicieusement choisi de ne pas faire intervenir un autre lecteur. Cela aurait donné le même type d'indices que ceux donnés par le fait qu'il n'y ait pas une lectrice qui lirait uniquement les chapitres dédiés à la petite fille dans «Une autre histoire».

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57 lectures

samedi, 8 février 2020

Dans son silence, d'Alex Michaelides.

Dans son silence

L'ouvrage:
Voilà six ans qu'Alicia Berenson a été arrêtée pour le meurtre de son mari. Depuis ce soir-là, elle ne parle pas. Comme beaucoup de monde, Théo, psychiatre, est très intrigué par cette histoire. Il veut percer le mystère d'Alicia, mais également l'aider. Il postule donc dans l'hôpital psychiatrique où elle est enfermée. Ayant obtenu le poste, il va tenter une thérapie avec elle.

Critique:
Ce roman m'a plu. L'auteur a fait un pari difficile. La solution de son énigme devait être à la hauteur des questions que suscite le comportement d'Alicia. Est-elle réellement coupable? Qu'elle le soit ou pas, pourquoi ne s'explique-t-elle pas? Pourquoi s'enferme-t-elle dans un silence à toute épreuve? Concernant ces questions, les explications ne m'ont pas absolument satisfaite. On peut comprendre l'état d'esprit d'Alicia, mais pour moi, certaines choses restent un peu bancales. En fait, pour avoir une opinion tranchée, il faudrait être Alicia.

L'auteur fait une seule chose qui m'a déplu. Afin de créer un rebondissement, tout en évitant de donner un indice important, il n'est pas honnête avec le lecteur, de la même manière que Michel Bussi ne l'a pas été dans «Nymphéas noirs». (Oui, j'ai la rancune tenace, car je reproche cela à Bussi dans différentes chroniques.) Je n'en tiens pas autant rigueur à Alex Michaelides qu'à Michel Bussi, parce que dans «Dans son silence», c'est mieux fait. Il est davantage possible de l'expliquer et de le justifier.

D'autre part, l'auteur a réussi à me surprendre avec des éléments auxquels j'aurais dû m'attendre. Par exemple, une chose est dite par un personnage, puis les faits viennent contredire cette chose. Dans n'importe quelle situation, on ne croirait pas forcément le personnage. Moi, je l'ai cru, car dès le départ, j'avais décidé que ce personnage ne mentirait jamais. J'avais d'ailleurs raison, ce personnage n'a pas menti, même si l'affirmation dont je parle s'avère fausse... Tout cela pour dire que l'auteur a bien amené les choses.
Quant à l'intrigue, elle est bien menée, et ne souffre pas de temps morts. Je n'ai trouvé aucune lenteur, et j'ai quand même eu le temps, à mesure que les choses avançaient, de me poser des questions sur tel ou tel aspect du récit.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Benjamin Jungers (qui narre les chapitres écrits du point de vue de Théo) et Audrey Sourdive (qui lit le journal d'Alicia).

J'avais un avis tiède concernant le jeu de Benjamin Jungers, après des expériences qui m'ont déplu. Et puis, j'ai lu «Mon amie Adèle» (ma critique paraîtra en mai), et j'ai trouvé qu'il jouait bien mieux. J'ai donc décidé de lire «Dans son silence» sans a priori négatif. J'ai eu raison, car là encore, son jeu m'a plu. Il a joué sans faire d'effets de voix ou d'intonation inappropriés.

Quant à Audrey Sourdive, son jeu est naturel. Elle est parvenue à faire passer les émotions d'Alicia sans exagérations, tout en nuances. Elle n'a pas fait d'effets de voix inappropriés pour les personnages masculins. À mon avis, cette comédienne est une excellente recrue. J'espère qu'elle enregistrera encore beaucoup de livres qui me tenteront.

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58 lectures

vendredi, 7 février 2020

*Parutions Audiolib, janvier et février 2020.

Les titres suivants sont sortis en janvier.

  • Miroir de nos peines, de Pierre Lemaitre, lu par l'auteur, 14h.
    L’héroïne de ce nouveau roman est la petite Louise d’«Au revoir là-haut», qui a 30 ans en 1940. L’exceptionnelle fresque historique continue !
  • Bed bug, de Katherine Pancol, lu par Audrey Botbol, 15h.
    « Rose est une jeune biologiste. Elle fait des recherches à Paris et à New York sur une luciole qui semble très prometteuse pour la recherche médicale. Si elle étudie avec une grande maîtrise l'alchimie sexuelle des insectes et leur reproduction, elle se trouve totalement désemparée face à Léo quand elle en tombe amoureuse. La vie n'est pas comme dans un laboratoire. Et ce n'est pas sa mère (cachée derrière des lunettes noires) ni sa grand-mère (qui parle à Dieu et à ses doigts de pied) qui vont pouvoir l'aider. » Autour de Rose, s’agite une constellation attachante et pancolienne : un amoureux qui a tout l’air d’un goujat sexy, un scientifique vénézuélien qui étudie le sperme des grillons, une chercheuse obèse qui tombe amoureuse toutes les 28 secondes, ou une mère reine des abeilles… Mais tout cela est bien moins léger qu’il n’y paraît…
  • Éden, de Monica Sabolo, lu par Nancy Philippot, 7h.
    Dans une région reculée, à la lisière d’une forêt menacée de destruction, Nita, 15 ans, rêve de fuir ce lieu sans avenir depuis que son père a mystérieusement disparu. Bientôt, Lucy, une jeune fille venue de la ville, s'installe en face de chez elle. Secrète et solitaire, elle s'aventure souvent dans les bois. C'est là qu'elle est retrouvée quelques mois plus tard, nue et couverte de blessures. Nita relate l'année qui a précédé ce drame.
  • Même les arbres s'en souviennent, de Christian Signol, lu par Jacques Chaussepied, 5h34.
    Lucas vient de vendre la start-up spécialisée dans les produits pharmaceutiques qu’il avait créée. Il a trente ans, et rend régulièrement visite à Émilien, son arrière-grand-père. Lucas est très attaché à la région, et surtout à la maison de famille. Lassé de la vie urbaine, il décide de se rapprocher de ses racines et s’engage à restaurer les vieux murs où résonnent encore l’histoire familiale. En échange, il demande à son arrière-grand-père d’écrire le récit de ses aïeux. Émilien est né dans un petit hameau du Limousin en 1915. Après la guerre, son monde bascule dans une autre époque. Comme tous les agriculteurs, il s’endette à mesure qu’il assiste à la désertification des campagnes.
  • Le Retour du jeune prince, d'Alejandro Guillermo Roemmers, lu par Jean-Baptiste Artigas, 4h.
    Un jeune homme errant sur une route de Patagonie est recueilli par un automobiliste. L’adolescent est le prince d’une contrée lointaine qui explore l’univers. Dans les paysages désertiques et sauvages, les deux voyageurs, si différents, engagent un dialogue abordant avec simplicité les grandes questions de l’existence. Au fil de leurs aventures, chacun apprend à écouter le coeur de l’autre et à tenter de trouver le vrai sens de la vie. Ce voyage se transforme peu à peu en une véritable quête spirituelle. Et, au bout de ce chemin, il y a le secret d’un mystère que nous passons parfois une vie entière à chercher : le bonheur…
  • La Police des fleurs, des arbres et des forêts, de Romain Puértolas, lu par Thomas Marceul, 7h.
    Durant la canicule de l’été 1961, un officier de police de la grande ville est dépêché à P., petit village perdu dans lequel on vient de faire une macabre découverte: Joël, 16 ans, a été retrouvé découpé en morceaux dans une des cuves de l’usine de confiture. Accueilli par le garde champêtre, auto-désigné comme la « police des fleurs, des arbres et des forêts », l’officier citadin débarque alors qu’une tempête vient de couper le réseau téléphonique. Pour compliquer l’affaire, l’autopsie a déjà été pratiquée par le généraliste-vétérinaire improvisé légiste, et la victime est enterrée.
  • Métro 2033, de Dmitry Glukhovsky, lu par Julien Chatelet, 23h30.
    2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inhabitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfugiés dans les profondeurs du métropolitain, où ils ont tant bien que mal organisé des microsociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déliquescence reliées par des tunnels où rôdent les dangers les plus insolites, le jeune Artyom entreprend une mission qui pourrait le conduire à sauver les derniers hommes d'une menace obscure... mais aussi à se découvrir lui-même à travers des rencontres inattendues.
  • En secret, de Mary Higgins Clark, lu par Marie Bouvet, 7h.
    Il suffit d'un mystérieux e-mail adressé à la journaliste d'investigation Gina Kane pour l'alerter sur les méthodes de REL, une célèbre chaîne d'info. L'auteure du message dénonce le harcèlement sexuel dont elle a été victime et prétend ne pas être la seule. Mais après ce message, plus rien... Et pour cause : celle qui signait C. Ryan est morte dans un accident de jet-ski. Lorsqu'une autre femme, victime du présentateur vedette de REL, se suicide, Gina, soupçonnant un meurtre, comprend qu'elle a mis le doigt dans un engrenage. Et que la chaîne est prête à tout pour protéger la réputation d'un prédateur. Seule face à une véritable machine de guerre, Gina Kane n'a qu'une arme : la vérité. Un suspense coup de poing de Mary Higgins Clark.
  • Le naufrage des civilisations, d'Amin Maalouf, lu par Stéphane Boucher, 8h.
    L'écrivain était à Saigon à la fin de la guerre du Vietnam, à Téhéran lors de l’avènement de la République… Fort de son expérience, Amin Maalouf s'inquiète du délitement des sociétés et des valeurs morales partout dans le monde : l'absence de crédibilité de la superpuissance états-unienne, la dislocation politique de l'Europe, les crises du monde arabo-musulman et le règne des nationalismes belliqueux dans les pays émergents. Il mêle réflexions et témoignages sur cette dérive de l'humanité contemporaine.

Ces titres sont annoncés pour le 12 février.

  • Le bal des folles, de Victoria Mas, lu par Audrey Sourdive, 6h.
    En 1885, Jean-Martin Charcot décide d’ajouter à sa panoplie de techniques expérimentales destinée à soigner ses malades, un rendez-vous festif, « costumé et dansant » appelé « Le bal des Folles ». L’argument avancé est pour le moins étonnant : « Il s’agit de faire de ces déshéritées des femmes comme les autres, d’éveiller leur esprit bercé de chimères, de donner, à celles qui sont devenues des enfants, la joie naïve d’un plaisir enfantin. » Ce véritable événement mondain, qui expose de façon inconsidérée les « aliénées », est le centre de ce livre. Ainsi, suivons-nous la vie de quatre personnages. Thérèse, une vieille prostituée, qui a tenté d’assassiner un souteneur qui la battait jusqu’au sang. La Petite Louise, une enfant violée par son oncle. Geneviève, l’intendante, marquée par le souvenir douloureux de la mort de sa jeune soeur. Eugénie Cléry enfin, qui entre en contact avec l’âme des disparus et que son père a internée de force...
  • À la recherche d'Alice Love, de Liane Moriarty, lu par Valérie Marchant, 16h.
    À la salle de sport, Alice chute et perd connaissance. Lorsqu'elle se réveille, elle pense qu'elle a 29 ans, qu'elle est enceinte de son premier enfant, et qu'on est en 1998. En réalité, on est en 2008, Alice a trois enfants, Madison, 10 ans, Tom, 8 ans et Olivia, 5 ans, et s’apprête à divorcer. Comment a-t-elle pu devenir cette femme autoritaire et maigrichonne ? Pourquoi Elisabeth, sa soeur adorée, est-elle en froid avec elle ? Comment Nick, son amour de toujours, et elle en sont-ils venus à se détester ? Alice devra s’efforcer de reconstituer le puzzle de cette décennie oubliée…
  • Shantaram, de Gregory David Roberts, lu par Damien Witecka, 45h.
    Australie, 1980. Lin s’évade de prison, et atterrit sous une fausse identité dans les rues fourmillantes de Bombay, où il espère disparaître. Il pénètre peu à peu le monde secret de la « ville dorée », où se côtoient prostituées et religieux, soldats et acteurs, mendiants et gangsters. Fugitif sans famille, Lin cherche inlassablement à donner un sens à sa vie, d’abord en improvisant un dispensaire dans un bidonville, puis à l’échec de celui-ci en faisant ses premières armes dans la mafia de Bombay. Cette quête le conduira jusqu’à la guerre, à la prison et ses tortures, et à une série de trahisons sanglantes. Puis à la rédemption, enfin. Mais les clés du destin de Lin se trouvent entre les mains de son mentor, Khader Khan, parrain de la mafia, à la fois criminel, saint et philosophe, et surtout de Karla, femme mystérieuse, belle et dangereuse dont Lin tombe follement amoureux.
  • La consolation de l'ange, de Frédéric Lenoir, 5h.
    Hugo, 22 ans, tente de mettre fin à ses jours. Il est réanimé et placé dans la même chambre d’hôpital que Blanche, une dame très âgée. Espérant lui redonner le goût de vivre, elle lui raconte l’incroyable histoire qui lui est arrivée lorsqu’elle avait 17 ans. Alors qu’elle était entre la vie et la mort, un être de lumière lui est apparu pour la réconforter… Au crépuscule de sa vie, elle décrit pour la première fois comment cette expérience et ses paroles consolatrices ont transformé son existence en lui donnant un sens. Un dialogue profond et émouvant s’installe entre ce jeune homme désespéré et cette femme mourante, qui a tant aimé la vie.
  • La mort immortelle, de Liu Cixin, lu par Vincent Schmitt, 28h30.
    Un demi-siècle après l’Ultime Bataille, l’équilibre précaire dû à la dissuasion de la forêt sombre continue de maintenir les envahisseurs trisolariens à distance. La Terre jouit d’une prospérité sans précédent grâce au transfert des connaissances et des technologies trisolariennes. La science humaine connaît des progrès pour ainsi dire quotidiens, les Trisolariens découvrent avec fascination la culture humaine et l’espoir grandit que les deux civilisations puissent bientôt coexister pacifiquement sans la terrible menace d’une annihilation réciproque. Mais lorsqu’une ingénieure en aéronautique originaire du début du XXIe siècle sort de son hibernation, elle réveille avec elle le souvenir d’un programme qui menace cet équilibre. Bientôt, l’humanité aura à faire un choix : partir à la conquête d’autres univers ou mourir dans son berceau.
  • Victime 2117 - La huitième enquête du département V, de Jussi Adler-Olsen, lu par Julien Chatelet, 19h.
    Pendant plus de 10 ans aux côtés de Carl et Rose, Assad a montré des connaissances dans les domaines les plus inattendus. Mais comment peut-il savoir tout cela ? Qui est-il vraiment ? Rattrapé par son passé, Assad plonge en dépression tandis que le service doit faire face à une attaque terroriste imminente au coeur de l'Europe. Pour sauver Assad et de nombreuses vies humaine, Carl Mørck et Rose vont devoir aller au-devant de grandes décisions.
  • Éloge du carburateur - Essai sur le sens et la valeur du travail, de Matthew B. Crawford, lu par Féodor Atkine. 7h
    Matthew B. Crawford était un brillant universitaire, bien payé pour travailler dans un think-tank à Washington. Au bout de quelques mois, déprimé, il démissionne pour ouvrir... un atelier de réparation de motos. Mêlant anecdotes, récit, et réflexions philosophiques et sociologiques, il montre que ce « travail intellectuel », dont on nous rebat les oreilles depuis que nous sommes entrés dans l'«économie du savoir», se révèle pauvre et déresponsabilisant. De manière très fine, à l'inverse, il restitue l'expérience de ceux qui, comme lui, s'emploient à fabriquer ou à réparer des objets. Il montre que le travail manuel peut même se révéler beaucoup plus captivant d'un point de vue intellectuel que tous les nouveaux emplois de l'«économie du savoir».
  • Retour à Birkenau, de Marion Ruggieri et Ginette Kolinka, Suivi d'un entretien avec Ginette Kolinka, 2h.
    À presque 94 ans, Ginette Kolinka livre un témoignage exceptionnel et bouleversant. Un livre nécessaire pour étendre la portée de l'action de Ginette Kolinka contre le racisme et l'antisémitisme.
    Arrêtée par la Gestapo en mars 1944 à Avignon avec son père, son petit-frère de douze ans et son neveu, Ginette Kolinka est déportée à Auschwitz-Birkenau : elle sera seule à en revenir, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et Theresienstadt. Dans ce convoi du printemps 1944, se trouvaient deux jeunes filles dont elle devint amie, plus tard : Simone Veil et Marceline Rosenberg, pas encore Loridan – Ivens. Aujourd’hui, à son tour, Ginette Kolinka raconte ce qu’elle a vu et connu dans les camps d’extermination. Les coups, la faim, le froid. La haine. Les mots. Le corps et la nudité. Les toilettes de ciment et de terre battue. La cruauté. Parfois, la fraternité.

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jeudi, 6 février 2020

Le rêve de l'okapi, de Marianna Leky.

Le rêve de l'okapi

L'ouvrage:
Cette nuit-là, Selma a rêvé d'un okapi. Or, les rares fois où c'est arrivé, quelqu'un de son entourage est mort le lendemain. Selma souhaite donc qu'on ne sache pas ce qu'elle a rêvé. Seulement, elle le dit à une personne qui répand la nouvelle. Dans le village, tous s'interrogent, certains espèrent, d'autres s'inquiètent.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il part du rêve de Selma, et il est évident que le lecteur, à l'instar des personnages, veut savoir quelles conséquences cela aura. Cependant, cela se fond dans un genre de grand tout. Les choses ne s'arrêtent pas quelques jours après ce rêve. Le roman s'étale sur vingt ans. La narratrice, Louise, la petite-fille de Selma, a dix ans au début. Elle part donc du rêve de sa grand-mère pour raconter (avec verve) les petits soucis de certaines personnes de son entourage. Nous découvrons ainsi les parents de Louise. Son père, le fils de Selma, m'a paru assez inconséquent. Il fait une psychanalyse, ne cesse d'en parler, se découvre soudain une passion pour les voyages... La mère de notre héroïne n'est pas mieux. Pourtant, si j'ai commencé par en vouloir à ces personnages, leurs particularités ont fini par m'amuser. Le père est immature, mais c'est grâce à lui qu'Alaska entre dans la vie de Louise... Celle-ci ne souffre pas trop de la légèreté de ses parents (ceux-ci ne font pas grand cas d'elle), car Selma et l'opticien sont là. Peut-être faudrait-il remercier les parents de la narratrice: leur inconséquence lui a permis d'être élevée par des personnes attentionnées.

L'opticien est sympathique au lecteur. Celui-ci oscillera entre rire et empathie quant à ce personnage. Pour moi, la sympathie l'a largement emporté.

Malgré des faits tristes, certaines situations sont cocasses. Par exemple, lorsque certains se font un devoir d'avouer... leur tentative de meurtre, ou même le moment où Marlise (dont on rit souvent) décide de se suicider.

La narratrice n'est pas le personnage le plus marquant du roman, mais on suit sa destinée avec intérêt. Entourée de ces gens qui s'épanchent auprès de Selma ou qui se débattent avec un dilemme, marquée par les conséquences du rêve de sa grand-mère, comprenant très vite qu'il faut tenter de saisir les bonnes choses dès qu'elles se présentent, Louise m'a été sympathique. J'ai toujours compris ses réactions, et j'ai apprécié qu'elle se fasse chroniqueuse du petit village pour raconter ce qui arrive au lecteur dont elle fait son complice. Elle apprend de la vie, de ses déconvenues, mais aussi de ses plaisirs.

Je suis très loin d'avoir évoqué tout ce qui fait le sel et la pertinence de ce roman qui a été, pour moi, une très belle découverte. Livre divertissant, lumineux, gai (malgré certains faits graves), montrant comment tirer le meilleur parti de chaque situation (telle Selma ne mangeant que ce qu'elle estime être le meilleur du Mon Chéri).

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marianne Pernet pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Marianne Pernet enregistre depuis longtemps pour la BSR. J'apprécie sa façon de lire, mais les rares romans lus par elle que j'ai essayés ne m'ont pas plu. Je suis contente d'être tombée sur un livre lu par elle qui m'a plu. Elle ne surjoue jamais, et fait subtilement passer émotions des personnages et ambiance du roman. Je vais regarder à nouveau quels livres elle a lus dans l'espoir d'en trouver qui me plairont.

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lundi, 3 février 2020

Le reste de leur vie, de Jean-Paul Didierlaurent.

Le reste de leur vie

L'ouvrage:
Manel est aide à domicile pour les personnes âgées. Elle s'est prise d'affection pour certaines de ces personnes. Parmi elles, il y a Samuel, quatre-vingts-deux ans.
Ambroise est thanatopracteur. Depuis longtemps, ses relations avec son père ne sont pas bonnes. Il vit chez sa grand-mère (Beth), aimable, drôle, et toujours prête à mijoter des pâtisseries.
À cause d'un événement particulier, Manel et Samuel vont rencontrer Ambroise et Beth.

Critique:
Cela fait un petit moment que j'ai repéré ce roman, mais j'avais peur qu'il soit mièvre, et plein d'invraisemblances. Je me suis laissée tenter parce que j'aime beaucoup la lectrice qui l'a enregistré. Je suis contente d'avoir essayé ce livre, parce que pour moi, l'auteur parvient à faire en sorte que son histoire ne soit pas mièvre. Je pense quand même qu'il va un peu loin à propos d'un ou deux éléments finaux, mais globalement, il s'en tire bien.

Le livre est court, et ne souffre pas de temps morts. Les choses se mettent rapidement en place. Au départ, je ne voyais pas trop comment les personnages pourraient se croiser. Ce qu'a trouvé l'auteur m'a convenu, ce n'était pas tiré par les cheveux. Je n'ai pas non plus tiqué du fait que Beth soit du voyage. Après tout, les raisons invoquées sont bonnes, et la manière dont s'y prend Ambroise est acceptable. En outre, la présence de Beth facilite beaucoup les choses. Pleine d'entrain, disant toujours ce qui a besoin de l'être avec bonne humeur, la vieille dame fait souvent office de passerelle, surtout au moment où Ambroise doit oublier son hostilité envers un personnage pour faire ce qu'il faut. Comme je suis pinailleuse, je ne peux m'empêcher de noter ici le petit reproche que j'ai adressé à Beth au long de ma lecture. Pour elle, si on n'aime pas le kouign-amann, on est indigne d'intérêt. Partageant l'amour de Beth pour les pâtisseries, mais n'aimant pas le kouign-amann, cela m'a fait râler. De toute façon, on ne juge pas quelqu'un sur ce genre de choses. Cela me rappelle qu'un jour, en plaisantant, j'ai dit que toutes les personnes qui avaient aimé «Sur la route de Madison» n'étaient pas dignes d'être mes amies. ;-) Ici, Beth manque justement d'ouverture d'esprit, alors que dans le reste du roman, elle en fait preuve. On me dira que personne n'est parfait... ;-)

Une fois que certains éléments sont posés, l'auteur doit trouver un moyen de résoudre cela au mieux. C'est tout cela qui, pour moi, a été bien fait. Il y a une chose que je n'ai absolument pas vue venir, alors que j'aurais peut-être dû... À part cela, le roman est traversé de répliques savoureuses, certaines situations secondaires m'ont réchauffé le coeur (par exemple ce qui arrive au chat). J'ai également apprécié la raison pour laquelle Ambroise a choisi son métier. Certaines scènes montrent d'ailleurs qu'il veut toujours faire au mieux, et se soucie réellement des familles. Je pense à l'histoire du clown.

Un roman sympathique, une note d'espoir malgré de petits éléments un peu gros, un récit qui donne envie que ça se passe toujours comme ça dans la vie.

Éditeur: Au diable vauvert.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Elvire de Montjou pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Comme je l'ai déjà dit, Anne-Elvire de Montjou fait partie des lecteurs dont j'apprécie la lecture. Je suis contente de m'être plus attentivement penchée sur ce qu'elle a enregistré pour la BSR, parce que j'ai découvert des livres qui m'ont plu, et la lectrice n'a pas démérité.

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