lundi, 2 octobre 2017

We could be beautiful, de Swan Huntley.

We could be beautiful

L'ouvrage:
Catherine West mène une vie dorée, et travaille, alors qu'elle n'en a pas besoin. Seulement, a quarante-trois ans, elle n'a pas rencontré le véritable amour, ce qui la désespère. C'est alors que sa route croise celle de William Stockton. Élégant, beau, raffiné, attentionné, il la séduit. Mais les choses ne sont pas si simples.

Critique:
Au départ, je m'attendais au genre de romans où l'homme, une fois sa proie ferrée, se transforme en monstre qui frappe, qui manipule, etc. Ce livre est plus subtil. À mon avis, Swan Huntley a pris un pari risqué. Elle raconte une histoire sérieuse, grave, parfois sordide, d'un style alerte, avec des répliques et des personnages caustiques. J'ai très souvent souri, voire ri, pendant ma lecture, et au début, je me demandais comment cela pourrait cadrer avec ce que le résumé laisse entrevoir de l'intrigue. Swan Huntley s'en sort parfaitement. On pourrait lui reprocher de traîner, car certaines choses sont révélées bien après que le lecteur les a devinées, mais il ne faut pas ramener ce roman à une intrigue simpliste. Si les découvertes sont intéressantes, la psychologie des personnages est ce qui domine.

Catherine se voile la face dès le départ. J'ai tout de suite vu les petits compromis qu'elle faisait, qui n'avaient l'air de rien à ses yeux, et qui pourtant l'étaient. Bien sûr, une relation est jalonnée de compromis, mais ceux que Catherine faisait étaient accompagnés d'une totale absence de discussion. Ce qu'elle n'aimait pas, ce qu'elle désapprouvait, elle le taisait. Ce genre de choses se retrouve très souvent, et pas seulement dans une relation amoureuse. Cela invite le lecteur à réfléchir...

D'autre part, l'héroïne peut être agaçante: elle ne profite pas de sa vie. Elle se focalise sur ce qu'elle n'a pas. (Pour ne rien arranger, elle ne cesse de gaspiller de la nourriture sans presque y penser.) Ce qui la rend sympathique, c'est d'abord l'idée qu'à sa place, on agirait peut-être comme elle. Ensuite, elle a des instants de lucidité quant à elle-même et au fait qu'elle est stressée. Entre son expérience amoureuse avec William et d'autres choses qu'elle est forcée de regarder en face, le roman montre comment elle gagne en maturité. Il est très facile de s'identifier à elle.

J'ai dit plus haut qu'il y avait beaucoup d'humour. Outre les remarques que Catherine adresse au lecteur, certaines situations sont cocasses. Par exemple, la scène du restaurant, au chapitre 43. La colère de Caroline satisfait le lecteur quant à l'intrigue, mais d'un autre côté, cela lui fait dire des choses qui feront rire quelqu'un d'extérieur.
Morty, l'homme engagé pour organiser le mariage de Catherine et William, est également amusant. Son apparition est souvent signe de divertissement. Swan Huntley prend la peine de le montrer, par la suite, dans un contexte plus grave, afin qu'il ne soit pas résumé à cela. C'est une bonne chose: il a ses blessures, mais tente de faire son travail (aussi artificiel soit-il aux yeux de personnes comme moi) au mieux, et prend les bons côtés lorsqu'ils se présentent.
Tout au long du roman, l'auteur mélange habilement sérieux et causticité. Cela et ses personnages attachants font que ce roman se démarque par rapport à d'autres qui content le même type d'histoire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Penguin Random House Audio.
J'aime beaucoup Cassandra Campbell. Ici, je l'ai trouvée particulièrement talentueuse. Il n'était pas facile de jouer Susan, Morty, Caroline, etc. Il ne faut ni surjouer ni être trop sobre. Elle a très bien fait tout cela.

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samedi, 30 septembre 2017

Les piliers de la terre, de Ken Follett.

Les piliers de la terre

L'ouvrage:
Kingsbridge, Angleterre, 1123. Un homme, arrêté pour vol, est pendu en place publique. C'est alors qu'une jeune femme se détache de la foule et lance une malédiction sur les individus responsables de cette arrestation et de cette pendaison.

Critique:
Dans ce livre, Ken Follett fait se rencontrer plusieurs personnes de classes sociales différentes. Chacun se frotte à l'Église, très présente à cette époque. Malgré leurs mauvaises actions, certains craignent le châtiment divin. Le roi ne peut compter sans l'Église, etc.

L'épaisseur de ce roman ne doit pas vous rebuter. Pour moi, il n'y a pas de temps morts. Pendant une grande partie du roman, j'ai ignoré qu'un élément avait son importance. L'auteur donne pourtant des indices. J'ai été contente de découvrir, à mesure de ma lecture, que l'élément en question ne devait pas être oublié...
Ensuite, j'ai vite su une chose, mais je n'ai pas trouvé que l'auteur mettait du temps à la dévoiler. Je pense qu'il veut que le lecteur sache cette chose avant l'un des protagonistes.

On peut penser qu'il finit par y avoir trop de guerres intestines entre certains, mais finalement, c'est logique. William, par exemple, va si loin dans l'horreur qu'on ne l'imagine pas cessant de conspirer pour démolir ceux qui ne se sont pas pliés à sa volonté. Il pourra sembler excessif, mais outre qu'on rencontre des gens ainsi dans la vie de tous les jours, il faut se replacer dans le contexte. À l'époque, il existait malheureusement des seigneurs qui pouvaient se permettre de piller les habitants de leur comté, de violer les femmes, etc.

D'autres personnages sont moins manichéens. Je pense à Richard. Il a des côtés attachants, il n'est pas mauvais, mais il ne se débrouille bien que sur un champ de bataille. Il ne tente pas de gagner sa vie, et se permet de geindre quand sa soeur (qui fait ce qu'elle peut) ne lui donne pas assez d'argent...! À sa décharge, il n'a pas reçu une éducation qui l'aurait préparé à une vie de labeur. Cependant, sa soeur non plus, et elle s'en sort grâce à sa force de caractère.

Philippe est sûrement l'un des personnages les plus complexes. Il oeuvre toujours pour le bien commun, et se préoccupe sincèrement des autres, mais il est parfois intolérant et intransigeant. Bien sûr, il respecte scrupuleusement la religion, et pense agir au nom de Dieu, mais il ne va pas jusqu'à faire preuve de mansuétude lorsqu'il le faudrait. Je pense surtout au sacrifice auquel sont soumis Jack et Aliena. Philippe ne fait rien pour les aider, se retranchant derrière Dieu. De même lorsqu'un autre personnage se repent, Philippe est heureux, mais pour moi, il ne sait pas se réjouir humblement. Lorsqu'il tente d'obliger Jack à se faire moine, je le trouve particulièrement odieux et manipulateur. À ce moment, il n'oeuvre pour le bien de personne, et ne pense qu'à ce qu'il pourrait faire de Jack. C'est un homme bon, mais derrière cette bonté, il m'a semblé déceler une sorte d'orgueil mal placé. Il veut agir pour le bien de tous, mais se montre parfois dictatorial. Son ambivalence est intéressante, car il inspire des sentiments contradictoires.

Chaque personnage est travaillé, aucun ne laissera indifférent.

L'auteur s'est apparemment beaucoup documenté quant à la construction des cathédrales. À travers la passion et les découvertes de Tom et Jack, j'en ai appris davantage là-dessus. Dans la préface, Ken Follett explique qu'on ne sait pas exactement pourquoi la construction des cathédrales étaient si importante, à l'époque. Il y répond en partie, et dans son roman, il l'explique par l'engouement de certains hommes comme Tom et Jack.

L'ambiance de l'époque est également bien rendue. Par exemple, j'ai été étonnée de voir qu'une histoire crédible pouvait amener à condamner la personne accusée, même en l'absence de preuves. Entre la rumeur publique et la prépondérance de l'Église (ici, c'est un homme d'Église qui accuse), cela se comprend, mais c'est effrayant.

Je n'en dévoile pas plus, mais il y aurait beaucoup à dire quant à ce roman foisonnant et très réaliste.
Ce volume est le premier d'une trilogie, mais d'après ce que j'ai lu, il ne faut pas vraiment considérer les livres du cycle comme de véritables suites, le tome 2 se déroulant deux siècles après le 1, et le tome 3 deux siècles après le 2. Ils se passent dans le même décor, et certains personnages seraient les descendants de Tom le bâtisseur, mais à part cela, rien ne relie les romans.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Descamps.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien, car ses précédents livres enregistrés ne me tentent pas. J'ai aimé son jeu. Il parvient à modifier sa voix pour certains personnages sans que cela soit affecté. Quant aux rôles féminins, il ne prend pas une voix exagérément aiguë. Enfin, il prononce les noms propres anglophones sans tenter de faire un accent. Je l'entendrai avec plaisir sur les tomes suivants, mais aussi sur d'autres livres.

La structure du livre n'a pas été respectée. La plupart des chapitres sont coupés, parfois en cinq pistes.

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jeudi, 28 septembre 2017

Dis-moi si tu souris, d'Eric Lindstrom.

Dis-moi si tu souris

L'ouvrage:
Parker Grant, seize ans, est aveugle depuis l'âge de sept ans à la suite d'un accident dans lequel sa mère est morte. Son père a fait de son mieux pendant les années qui ont suivi.
Un matin, après son jogging quotidien, Parker trouve son père mort. Outre la peine due à cette perte, elle doit se faire à la cohabitation avec son oncle, sa tante, et ses deux cousins (Sheila et Petty).

Critique:
Avant de parler de l'intrigue, je tiens à dire que je suis reconnaissante à Eric Lindstrom de n'avoir pas écrit n'importe quoi concernant les personnes aveugles. Il m'est déjà arrivé de poser un livre en pestant parce qu'il racontait des âneries. Bien sûr, tous les aveugles ne se comportent pas exactement de la même manière, mais ce qui est dit ici me rappelle beaucoup ce que je fais. Par exemple, Parker demande aux gens de la prévenir avant de la toucher, de ne pas déranger ses affaires, de s'annoncer en entrant dans une pièce où elle est ou de prévenir en en sortant, de ne pas hurler en s'adressant à elle, de ne pas parler comme si elle avait 2 de QI. Ces demandes ne m'ont pas du tout paru incongrues. Malheureusement, j'ai connu ce genre de désagréments. En général, je réagis moins vertement que l'héroïne, surtout vis-à-vis de ceux qui, voulant bien faire, sortent (par exemple) mon déjeuner de mon sac, et étalent tout (plat, couverts, dessert) à côté de moi. Comme le dit Parker, on ne s'y retrouve plus si quelqu'un bouleverse tout.
À l'inverse de l'adolescente décrite ici, je ne compte pas les pas qui mènent d'un lieu à l'autre, je ne reconnais pas la voiture d'une personne que je connais au son de son moteur, etc.
Parker explique qu'elle connaît des restaurants proposant un menu en braille. Cela existe peut-être dans des pays anglophones, mais en France, je n'en ai jamais vu. (Il est vrai que la France est en retard sur beaucoup de choses...)
Parker cache ses yeux avec un bandeau où des yeux sont dessinés. Elle l'explique. Sur ce point, je ne pense pas du tout comme elle (que ce soit sa raison officielle ou sa raison officieuse). En plus, au long du roman, je me suis demandé comment il se faisait que le bandeau ne la gênait pas. Cette réflexion est assez logique de ma part, moi que le moindre bracelet gêne. ;-)

Outre la justesse de ses propos quant au handicap de l'héroïne, Eric Lindstrom signe un roman bien pensé, à la fois grave et cocasse. Parker s'engage dans une espèce de parcours initiatique au long duquel elle comprendra que des idées trop tranchées peuvent être nuisibles, que l'honnêteté n'empêche pas la diplomatie, et qu'elle va devoir vivre avec ses peurs et ses chagrins au lieu de les fuir. Il y a des moments où elle m'a vraiment agacée. C'est après qu'elle découvre ce qu'aurait dû lui dire Trish, mais aussi lorsqu'elle oblige Molly à la guider en certaines circonstances. Bien sûr, il vaut mieux une héroïne qui est à la fois sympathique et agaçante, une humaine qui a encore des leçons d'humilité à recevoir. D'autre part, si certaines choses exaspèrent, on peut aussi comprendre la jeune fille. Sa manière de se comporter avec Sarah, lorsqu'elle a des doutes, est également discutable, mais là encore, que ferions-nous si nous étions perdus (moralement)? Malgré tout, Parker avance et se remet en question.

J'ai eu un peu de mal à apprécier Sheila. Pourtant, elle agit pour les mêmes raisons que Sarah. C'est sûrement parce qu'elle agit différemment, et que sa manière de faire m'a déplu que j'ai eu davantage de mal à lui accorder les circonstances atténuantes. Tous les personnages sont attachants, à leur façon. Certains piétinent allègrement les apparences. Par exemple, Kent n'a pas l'air très futé ni très aimable, au début, et on se rend compte que ce n'est pas le cas. Lorsque Danny apparaît, tout le monde est époustouflé par sa beauté (cela donne lieu à une scène très drôle entre Sarah et Parker), puis Molly explique quelque chose, et force nous est de reconnaître qu'elle a raison. Faith fait partie du «trio dynamique», c'est-à-dire des filles les plus populaires, ce qui ne l'empêche pas d'être amie avec Parker et Sarah.

On trouvera peut-être Scott trop gentil. Peut-être que certains espéreront une fin où une chose est attendue mais pas encore arrivée... Je ne sais pas trop ce que j'aurais voulu quant à la fin, mais de toute façon, elle n'enlève rien au fait que le roman aborde intelligemment les thèmes de l'amitié, de l'adolescence, de la trahison... et surtout, il invite à ne pas négliger le point de vue des autres.

Éditeur français: Nathan.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lauren Fortgang pour les éditions Hachette Audio.

Je connais peu Lauren Fortgang. J'ai aimé son interprétation. Elle parvient à ne pas faire une voix trop pénible pour les garçons. J'ai quand même trouvé dommage qu'elle fasse des voix caractéristiques à Sarah et Sheila. Sheila a l'air d'une pétasse idiote, et Sarah, on dirait qu'elle a 2 de tension. Heureusement, la voix de Sarah devient moins caractéristique au long du roman.

Pour les personnes aveugles qui souhaiteraient lire ce roman en français, il existe en audio à la Ligue Braille. Je l'avais d'ailleurs commencé ainsi, mais la lectrice tentait de prendre un accent pour les prénoms anglophones, notamment «Parker», et je n'ai pas pu le supporter. J'ai donc été ravie de le trouver en anglais sur Audible.fr.

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lundi, 25 septembre 2017

The gilded hour, de Sara Donati.

The gilded hour

L'ouvrage:
1883.
Ce jour-là, alors qu'elle est en consultation dans un couvent, le docteur Anna Savard aperçoit quatre enfants. Leur mère est morte. Leur père, ne pouvant plus s'en occuper, les a laissés au couvent. Ils devraient être dispersés dans différents orphelinats. À ce moment, Anna ne sait pas que sa route croisera à nouveau celle des enfants.

Critique:
Ce roman m'a plu. Certaines choses sont peut-être un peu légères, mais cela ne m'a pas gênée. Sara Donati sait planter un décor, créer une ambiance, et les faits un peu discutables qu'on pourrait trouver dans son roman passent très bien. Par exemple, l'histoire d'amour est peut-être un peu rapide, mais elle est prétexte à nous montrer deux personnages ouverts, cherchant toujours à comprendre avant de juger. Entre les discussions sérieuses qu'ils ont et les scènes amusantes où ils se taquinent, le lecteur est content de partager un petit morceau de leur vie, et le fait qu'ils se soient plu presque au premier regard devient secondaire. Avec eux, certaines choses sont rendues possibles: je parle surtout des orphelins rencontrés au premier chapitre, mais pas seulement. Il faudrait davantage de familles comme les leurs, mais aussi davantage de personnes capables de savoir saisir leur chance. Bien sûr, tout le monde n'aura pas les moyens (la place et les finances) pour faire ce que font ces familles.

On pourrait aussi reprocher que les «méchants» soient très méchants, bornés, pas très futés... C'est un peu la caricature du méchant. Cependant, dans la vie, certains sont ainsi. En outre, un méchant moins stupide n'aurait pas occasionné la scène très drôle où un personnage, plutôt timoré, ose faire une chose amplement méritée. De plus, à travers ces «méchants», Sara Donati expose la condition de certaines femmes à une époque où l'avortement était puni par la loi, où on ne voulait pas comprendre qu'une femme ayant quatre enfants (dont les âges étaient très proches) ne s'en sortait plus, et voulait un peu de répit pour pouvoir élever correctement ses enfants.

L'auteur évoque également comment certaines expériences ou blessures nous font prendre des chemins qui apportent à la fois de bonnes et de mauvaises choses. Tout le monde réagit ainsi, dans la vie, mais ce qui m'a plu ici, c'est que Sara Donati en montre différents exemples. Que ce soit Anna, Rosa ou un autre dont je tairai le nom, personne ne réagit de la même manière à des expériences traumatisantes, et j'ai compris les réactions de chacun.

On pourrait aussi dire que tout se termine un peu trop bien. Pourtant, ce n'est pas le cas. Tout n'est pas réglé, et il y a au moins une chose qui finira mal, même si on ne la voit pas arriver, et même si elle semble avoir un peu reculé. D'autre part, lorsque c'est crédible, cela fait du bien que beaucoup d'éléments finaux soient heureux. Cela peut aussi arriver dans la vie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Blackstone audio.

Cassandra Campbell fait partie des lecteurs que j'affectionne. Ici, elle a réussi quelque chose d'inattendu pour moi. Le nom de famille de Jack est Mezzanote. Elle le prononce à l'italienne. Je m'attendais à en être agacée, comme c'est le cas lorsque dans un texte d'une langue, le lecteur prononce un mot d'une autre langue avec l'accent de ladite langue, cela m'agace. Cassandra Campbell n'en fait pas trop, et sa prononciation reste sympathique. Bien sûr, parfois, elle prononce d'autres noms à l'italienne, et cela m'a un peu gênée, mais pas trop. Elle doit avoir l'art de doser, tout comme l'a fait Isabelle Miller en interprétant les romans de Luca di Fulvio.

Sara Donati a écrit une série en six tomes que je ne lirai pas, car je n'apprécie pas trop la lectrice. J'ai donc lu les résumés des six tomes. Ils racontent l'histoire des ancêtres d'Anna et Sophie. De ce fait, je me demande pourquoi «The gilded hour» n'est pas le septième tome de la série. Le côté positif, pour moi, c'est que s'il avait officiellement fait partie de la série, il aurait été lu par la lectrice qui a lu la série, et non par Cassandra Campbell.

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samedi, 23 septembre 2017

L'Éducation Nationale, une machine à broyer, d'Isabelle Dignocourt.

L'Education nationale, une machine à broyer

L'ouvrage:
Isabelle Dignocourt est enseignante de lettres classiques depuis vingt-cinq ans. Ici, elle raconte son parcours, et explique (en donnant des exemples concrets) pourquoi l'Éducation Nationale va mal.

Critique:
L'une des raisons pour lesquelles je recommande ce livre, c'est qu'Isabelle Dignocourt expose les idées reçues que beaucoup ont quant au professorat, et démontre leur ineptie. Je caricature (à peine), mais on entend souvent un peu partout que les professeurs ne travaillent que dix-huit heures par semaine (ils refont toujours les mêmes cours, sont toujours absents, ont quatre mois de vacances... À ces remarques, une de mes amies répond que ceux qui les font devraient suivre des professeurs pendant un an, ou même passer le concours.
D'autres réponses apportées par Isabelle Dignocourt concernant d'autres idées reçues me semblent tomber sous le sens. Par exemple, des personnes de mon entourage ne comprenaient pas le désarroi des professeurs à l'idée de faire de l'accompagnement personnalisé en classe entière, et donc de faire trois choses différentes, voire davantage. À ce sujet, Isabelle Dignocourt invite les gens à reconnaître qu'en tant que parent, il est toujours plus facile de s'occuper d'un enfant unique que de deux. C'est la même chose pour l'enseignant qui, lui, a au moins trente élèves par classe. Bien sûr, le contexte n'est pas le même, mais un enseignant voudra toujours être le plus à même d'aider tous ses élèves à progresser.
Tout au long de ce livre, d'autres idées reçues sont démontées.

D'autre part, l'enseignante fait l'historique des réformes qui se sont succédé à l'Éducation Nationale, et explique pourquoi, selon elle, elles sont inadaptées à la situation. Elles vont toutes dans le même sens, chacune allant plus loin que la précédente. Extérieurement, les professeurs y étant réfractaires semblent refuser de s'adapter pour le bien des élèves. Isabelle Dignocourt, s'appuyant sur son expérience, suggère de réformer dans l'autre sens. Si les enseignants ne veulent pas aller là où on veut les mener, pourquoi ne pas les écouter? Après tout, ce sont eux qui sont sur le terrain, ce sont eux qui expérimentent tous les jours l'impact négatif de ces décisions. L'état des lieux fait ici montre que toutes les réformes, couronnées par la dernière, poussent vers un extrême: en demander de moins en moins aux enfants (tant au niveau du travail que de la rigueur). De ce fait, ils en feront encore moins. C'est logique. Je pense que nous réagirions tous de la même manière. C'est humain.
Autre exemple, les projets culturels sont appréciés de certains. C'est une autre manière d'enseigner: on emmène les élèves en sortie (musée, cinéma, théâtre, spectacle...), puis on travaille sur ce qu'on a vu. Pourquoi pas? Cependant, Isabelle Dignocourt s'interroge sur l'intérêt de faire cela avec des élèves qui ne connaissent pas leurs conjugaisons, ne savent pas structurer leurs idées...

L'auteur décortique le texte de l'arrêté de la dernière réforme du collège. Ses explications sont claires. Elle en profite pour donner quelques exemples d'intitulés d'Enseignements Pratiques Interdisciplinaires proposés lors des formations, exemples qui m'ont fait frémir, parce que cela ressemble à des propositions d'animations de colonie de vacances.

Certains diront peut-être que l'auteur est alarmiste, et qu'elle n'a rien compris. Mais ceux-là ont-ils son expérience?

À lire d'urgence!

Ce livre est une lecture commune avec mon mari. Vous trouverez sa chronique ici.¸

Service presse des éditions du Rocher.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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