lundi, 6 janvier 2020

Les jours de ton absence, de Rosie Walsh.

Les jours de ton absence

L'ouvrage:
Juin 2016. Sarah Mackey rencontre Eddie David. Ils passent une semaine à s'aimer. Eddie part ensuite en Espagne, ces vacances étant prévues. Sarah et lui se promettent de s'écrire, de se parler le plus possible, puis de rapidement envisager de vivre ensemble. Mais si la jeune femme écrit et téléphone à son amoureux, il ne répond pas. De plus, il ne se connecte plus à ses réseaux sociaux. Déboussolée, Sarah est sûre qu'il lui est arrivé quelque chose. Ses amis, Tommy et Jo, pensent que la pauvre s'est fait plaquer de la manière la plus cavalière qui soit...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je n'aime pas les coups de foudre, mais l'autrice a su atténuer l'invraisemblance de celui-ci. Il y a d'abord la réaction d'Eddie après la semaine de passion. Même si je n'étais pas aussi catégorique que les amis de l'héroïne, j'ai envisagé qu'il se soit bien amusé une semaine, puis ne veuille plus rien avoir à faire avec l'encombrante Sarah. Ensuite, je me suis accommodée de cette aspérité... De toute façon, l'histoire ne souffrant pas de temps morts, et rien d'autre ne me faisant vraiment tiquer, j'ai mis cela de côté. Par ailleurs, à un moment, l'autrice utilise cette idée du coup de foudre pour faire envisager autre chose aux personnages, et comme c'est bien amené et crédible, je lui ai pardonné cette petite mièvrerie.

À certains moments, l'écrivain flirte avec l'incohérence. Pour être sûre de moi, il faudrait que je relise certains passages alors que je connais la suite, mais de mémoire, elle parvient à ne pas être incohérente. Pour moi, elle n'utilise pas de procédés déloyaux afin de fourvoyer le lecteur. Je me suis fait avoir, mais parce qu'elle a bien joué. La version audio aurait pu avoir un désavantage, mais l'éditeur a (à juste titre) choisi de ne pas faire ce qu'il aurait fait si ce procédé (que je ne donnerai pas pour ne révéler aucun indice) n'avait pas été source de gâchis. Je précise cela, parce que si je n'avais pas compris que ce procédé aurait tout gâché, j'aurais été la première à m'offusquer qu'il n'ait pas été utilisé.

À un moment, quelque chose arrive, et le lecteur craint pour la vie d'un personnage. Je n'ai pas aimé que la romancière retarde l'instant où on sait ce qui s'est passé. En plus, pendant ce temps d'attente, elle introduit des éléments qui font qu'un protagoniste et le lecteur peuvent supposer ceci ou cela. Bien sûr, cela devait être trop tentant pour qu'elle ne le fasse pas, mais cela m'a agacée. Je reconnais que c'est de bonne guerre, et que n'importe quel auteur aurait agi comme elle. ;-)

En exposant les relations entre les membres de deux familles, l'écrivain montre à quel point on peut se nuire à soi-même si on ne parvient pas à canaliser et rationaliser une immense douleur. Elle ne nie pas que ce genre de douleurs est impossible à mettre de côté, elle ne dit jamais qu'il suffit qu'on le veuille pour arrêter de souffrir. Cependant, elle met en garde contre ce que cela peut faire si on se laisse submerger et diriger par cette souffrance. Je pense qu'elle a raison. J'ai trouvé qu'elle exagérait peut-être un peu à la fin, concernant ce que fait Carole, mais on m'objectera que justement, je dis qu'il faut tenter de ne pas se nuire, qu'apparemment, Carole commence à s'en apercevoir, et moi, je râle... ;-) C'est vrai, mais il aurait peut-être fallu que le cheminement de ce personnage soit davantage montré. On en a un petit aperçu un peu avant, et on sait aussi que la personne qui accompagne Carole à la fin est très positive, donc on imagine que la façon d'être de cette personne a été bénéfique, mais cela m'a quand même paru un peu gros.

Rosie Walsh aborde peu, mais avec justesse, le thème de l'adolescente qui fait n'importe quoi pour être admise par ses pairs, tout en sachant qu'elle s'avilit, mais ne parvient pas à faire autrement.

Malgré le chagrin exprimé au long du roman, on trouve des notes d'humour. Le fils de Jo, Rudy, est toujours synonyme d'amusement. Certaines répliques (surtout de Jo et Tommy) sont également drôles. De plus, comment évoquer l'humour sans parler de la scène dans le vestiaire après le match?...

L'ex mari de Sarah m'a agacée. Il semble ne jurer que par sa nouvelle petite amie (Kaya), tout ramener à elle, ne voir qu'elle. Je m'attendais à ce qu'il lèche le sol avant qu'elle y pose ses pieds. Quant à elle, elle semblait bien plus mature que lui.

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Plusieurs fois, j'ai eu peur que le roman devienne très mièvre. Voici les hypothèses que j'ai faites quant à certains événements.
Quand Sarah se demande pourquoi Eddie ne répond pas à ses messages, j'ai eu peur qu'on découvre que ce cher Eddie était un espion, un agent de la CIA, un témoin sous protection... bref, un truc extrêmement bateau que j'aurais détesté.

L'amie de Sarah, Jenny, ne peut pas avoir d'enfants, et en souffre énormément. Lorsque Sarah découvre qu'elle est enceinte, j'ai pensé qu'elle allait faire adopter son bébé par Jenny et le mari de cette dernière. Ensuite, lorsque l'héroïne manque d'être renversée, et que l'autrice traîne avant de nous dire que le camion a réussi à l'éviter au dernier moment, j'ai imaginé que Sarah avait été renversée, était dans le coma, avait un électro-encéphalogramme plat, et donc ne pourrait jamais se réveiller. De ce fait, j'imaginais avec horreur les médecins la maintenant ainsi jusqu'à ce que son bébé naisse, et qu'ensuite, sa famille et celle d'Eddie oublient leur rancœurs et s'unissent pour élever l'enfant. Cela dégoulinait de niaiserie! Heureusement, cela n'est pas arrivé.

En bonne pinailleuse, j'aurais aimé davantage de chapitres montrant certains personnages ensemble. Rien n'est bâclé, tout est dit, mais j'aurais aimé (comme souvent) davantage de scènes comme ce que laisse entrevoir le dernier chapitre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Virginie Méry pour les éditions Lizzie.

Virginie Méry est une voix de mon enfance. Je la connais surtout pour ses doublages, et j'apprécie beaucoup son jeu. Je suis déçue que «Les jours de ton absence» ne soit que le troisième roman qu'elle a enregistré. J'espère que je l'entendrai plus souvent. Ici, j'ai autant apprécié son jeu que dans «La menace». Elle ne modifie jamais sa voix à outrance pour les rôles masculins. Elle rend bien les émotions des personnages. Par exemple, à un moment, Sarah raconte quelque chose dont l'évocation est difficile, et la comédienne joue parfaitement: on sent que l'héroïne a la gorge serrée, qu'il lui en faudrait peu pour se mettre à pleurer.
Je n'ai qu'un petit reproche: Virginie Méry fait partie des nombreuses personnes qui ne veulent pas prononcer Ruth comme cela se prononce en français, et qui, pour moi, le prononcent de manière affectée. Elle le dit à moitié à l'anglophone: Rousse. Je ne comprends toujours pas pourquoi, dans un texte en français, les comédiens (sauf Isabelle Miller, bénie soit-elle) tiennent absolument à ne pas prononcer ce prénom à la française. Heureusement pour moi, dans ce roman, on voit très peu le personnage nommé Ruth.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes, et un est coupé en trois.

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49 lectures

dimanche, 5 janvier 2020

L'île des disparus, tome 1: La fille de l'eau, de Camilla et Viveca Sten.

L'île des disparus, tome 1: La fille de l'eau

L'ouvrage:
Le roman se déroule sur un archipel suédois.
Ce jour-là, Tuva (douze ans) et ses camarades de classe doivent, dans le cadre du cours de sport, faire une course pendant laquelle ils doivent trouver des balises. À un moment, Tuva s'aperçoit que l'un d'eux, Rasmus, n'est plus avec son binôme (Axel), et va dans la mauvaise direction. Elle le rattrape, et voit de curieux points lumineux voleter autour de lui. Les deux enfants sortent de là sains et saufs, mais Axel reste introuvable.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. Peut-être en attendais-je trop. En effet, j'ai été très enthousiaste en découvrant un roman qui me tentait lu par Adeline Chetail.
J'ai apprécié le début: le mystère entourant la disparition d'Axel, le rapprochement entre Rasmus et Tuva, le fait que l'adolescente raconte au lecteur pourquoi elle est si solitaire à l'école, l'amour entre Tuva et ses parents... Cependant, des éléments qui m'ont déplu sont arrivés. Je n'aime pas l'idée (dans quel que roman que ce soit) du héros semblant être quelconque, et se révélant celui qui doit sauver son entourage. Ici, je caricature un peu, mais on retrouve quand même cette idée.

Ensuite, j'ai été abasourdie que des parents, sachant une chose concernant leur enfant, l'acceptent tout de suite sans rien dire, ni sans même se demander s'il n'y aurait pas un moyen de la changer. Au moins, dans la série «Pale Queen», c'est davantage vraisemblable, parce que les parents ne savent pas. Ici, ils ont toujours su, et n'ont rien fait!!!

À partir du moment où le roman glisse vers le thème du héros qui doit sauver les siens, cela m'a moins plu. Bien sûr, je préfère que les choses se terminent comme l'ont décidé les autrices, mais la façon de faire m'a paru grosse. Moi qui étais contente que ce roman soit un tome 1, car je me disais que j'allais pouvoir entendre Adeline Chetail tout en découvrant la série, je ne sais pas si je lirai la suite. Certains me trouveront sévère, et me diront de ne pas perdre de vue que c'est un roman pour la jeunesse. Certes, mais «Coeur d'encre», «La passe-miroir», ainsi que d'autres aussi, et les ficelles ne sont pas aussi grosses.

J'ai apprécié la note finale (avant la postface) concernant les gestes à faire pour tenter d'éviter la pollution de la mer. Je trouve bien que les autrices aient voulu montrer cela au jeune public, et aient souhaité le responsabiliser un peu.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Adeline Chetail.

Comme je m'y attendais, j'ai apprécié le jeu de la comédienne. Elle rend l'ambiance du roman et les sentiments des personnages avec justesse. Entre la jeune fille timide, les adolescentes populaires qui persiflent, la voix à la fois calme et impérieuse que Tuva entend dans des moments cruciaux, Adeline Chetail joue sans surjouer.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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41 lectures

jeudi, 2 janvier 2020

Sauvez-moi, de Jacques Expert.

Sauvez-moi

L'ouvrage:
Mars 1990. Nicolas Thomas a passé trente ans en prison pour avoir assassiné plusieurs jeunes femmes. Il vient d'être libéré. Au même moment, le 36 Quai des Orfêvres est sur une affaire de viols dont certaines victimes ont été tuées.

Critique:
J'étais assez en colère après avoir lu «Hortense», et je ne voulais pas tenter un autre roman de Jacques Expert. Mais le résumé de celui-là m'a tentée, alors j'ai décidé d'essayer. Ce roman m'a plu. Comme je suis pénible, j'ai quelques reproches, mais je sais que certains ne sont pas vraiment justifiés. Par exemple, je suis déçue que les choses aient tourné ainsi pour tels personnages... presque pour tous, en fait. Certes, mais malheureusement, tout cela est extrêmement réaliste. Tout ce qui arrive dans ce livre, si affreux soit-ce, pourrait arriver dans la vie. J'aurais voulu que cela se passe autrement, mais le fait que tel personnage souffre et que tel autre ne souffre pas n'est pas une incohérence, ce n'est pas invraisemblable.

Mon deuxième reproche est davantage recevable. Je vais le formuler sans dévoiler des éléments clés, donc certains le trouveront peut-être sibyllin. Un personnage avoue quelque chose. Par la suite, le lecteur a la preuve que ce personnage a menti. Je me suis demandé pourquoi il avait menti, car cela ne pouvait lui apporter que des désagréments. Je me suis répondu à moi-même que le personnage avait besoin de prétendre cela afin d'être estimé par sa famille. Quant à l'auteur, il n'aurait pas dû préciser que le personnage avait dit des choses qui faisaient qu'on ne pouvait mettre son aveu en doute, puisqu'après, il nous apprend que l'aveu est un mensonge...

Outre cela, l'intrigue est bien menée. Rapidement, on sait à quoi s'en tenir concernant une chose importante. Et pourtant, on ne s'ennuie pas du tout. L'histoire se poursuit, et même si on sait, on se demande comment va se passer ceci et puis cela, etc. On est toujours tenu en haleine, du moins, cela a été mon cas. De plus, mise à part la petite incohérence concernant l'aveu d'un personnage, je n'ai rien trouvé qui ne cadre pas avec l'intrigue. Bien sûr, un lecteur tatillon se demandera pourquoi certains personnages n'ont pas mis leur histoire par écrit, mais cela n'aurait rien changé, et le fait qu'ils ne l'aient pas fait n'est pas une incohérence.

Malheureusement, je ne peux pas trop dire ce que je pense des personnages en les nommant, car cela révélerait des éléments clés, mais je peux dire qu'il y en a un que je n'ai pas senti dès le départ. Je suis contente d'avoir tout de suite eu raison. J'ai d'ailleurs été étonnée que personne ne doute jamais de ce personnage. Cependant, cela se comprend. Il m'était facile de dire cela, n'aimant pas du tout le protagoniste en question.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Florian Wormser pour les éditions Lizzie.

J'avais apprécié Florian Wormser dans «Dans la neige». Ici, il n'a pas démérité. Il a une voix qui ne se prête pas du tout à des effets pour les rôles féminins, et heureusement, il n'en fait pas du tout. Bien sûr, il monte un peu sa voix pour ces rôles, mais n'exagère absolument pas. Parfois, un personnage ayant l'accent marseillais parle. Le comédien a pris cet accent de manière très naturelle.

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50 lectures

lundi, 30 décembre 2019

The starter wife, de Nina Laurin.

The starter wife

L'ouvrage:
Claire a vingt-sept ans. Voilà deux ans qu'elle est mariée à Byron Wescott, quarante-sept ans, professeur de littérature. Elle tente de faire publier son premier roman, et d'en écrire un deuxième. Tout semble aller pour le mieux, mais un jour, la jeune femme reçoit un étrange mail qui lui glace le sang, et lui fait remettre certaines choses en question.

Critique:
Ma lecture de ce roman n'a pas été absolument comme d'habitude. Au bout de quelques chapitres, cela m'a rappelé un autre roman que j'appellerai «***» afin de ne donner aucun indice. Je n'ai pas du tout pensé que Nina Laurin avait copié sur l'auteur de «***», elle n'est donc pas à blâmer. Seulement, la situation de Claire semblait être la même que celle de l'héroïne de «***». Je me suis donc mise à espérer que cela se terminerait un peu de la même manière. Souhaitant brûler des étapes, j'ai fait quelque chose que je fais très rarement: j'ai lu l'épilogue. Ce qu'on y apprend ne me plaisant pas, j'ai pesté après l'autrice. Je pensais abandonner ce roman, mais j'ai écouté des débuts de chapitres. Ceux-ci m'ont fait comprendre deux choses: premièrement, je me suis dit que Nina Laurin avait sûrement fait encore mieux que ce que j'espérais. Deuxièmement, j'ai pensé que j'allais pouvoir lire la suite en connaissant la solution. Cela pourrait me permettre de guetter les indices, voire de tenter de prendre l'autrice en défaut. Ce genre de paris est très risqué de la part d'un auteur. Je peux dire que Nina Laurin s'en sort très bien. Il y a trois points sur lesquels je tique un peu (le premier, je l'ai d'ailleurs lu alors que je ne savais pas à quoi m'en tenir), mais ces points n'ont pas perturbé ma lecture.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ma lecture n'a pas du tout été gâchée par le fait que j'avais entendu où voulait en venir la romancière avant de lire la majorité du roman. C'est un des rares livres où je suis contente d'avoir su à quoi m'en tenir avant. Pour moi, cela signifie que l'autrice est très forte. Bien sûr, j'ai tout fait pour en savoir plus au bout de quelques chapitres, donc de toute façon, si j'avais dû blâmer quelqu'un, cela aurait été moi. Je dis que l'écrivain est très forte parce que même si je savais ce que je n'aurais pas su si je n'avais pas écouté des débuts de chapitres avant d'y arriver de manière linéaire, j'étais tenue en haleine, voulant savoir comment ceci et cela se passerait, espérant que tel personnage souffrirait beaucoup... De plus, il y a quand même des choses que j'ignorais. À un moment, j'ai recommencé à pester parce que je croyais qu'un personnage se confiait à quelqu'un d'autre que celui auquel j'avais pensé au départ. Je me disais que cela rendait le tout bancal, que ça décrédibilisait le protagoniste... et puis je me suis aperçue que je m'étais fait avoir par un autre personnage. ;-) Cela m'a beaucoup plu, parce que l'autrice m'a bernée sans déloyauté. Bien sûr, on pourrait pinailler sur sa manière de faire, mais j'ai trouvé cela bien amené.

Autre chose fait que tout en cherchant à duper son lecteur, la romancière lui donne des indices. Là, elle risque gros, mais ces indices, elle est obligée de les donner. Sinon, à la fin, tout aurait été incohérent. Je trouve qu'elle a bien amené les choses parce qu'à un moment, on ne sait plus trop ce qu'il faut croire: on sait ceci et cela, mais tel protagoniste se comporte comme ci et comme ça, ce qui contredit l'impression qu'on a de lui. Et à mesure que les choses se dévoilent, tout prend sens, même ce qui semblait contradictoire.
De plus, même si je savais certaines choses, la romancière a réussi à me surprendre. J'ai deviné un fait très peu de temps avant qu'elle ne le dévoile, et je me suis trouvée bien bête de ne pas l'avoir compris avant.

Dans ce livre, Nina Laurin étudie avec force détails un esprit malade. C'est très effrayant parce qu'on ne pourra s'empêcher de se mettre à la place de ceux que le personnage persécute, et d'espérer que cela ne nous arrivera jamais. Ce qui est un peu rassurant (en tout cas, dans ce roman), c'est que l'esprit malade fait des erreurs. Ses plans ne sont pas parfaits. Le lecteur voit ces erreurs, et est ravi quand certains autres les voient également. En espérant que s'il existe des gens aussi gravement atteints, ils feront de très grosses erreurs bien avant de causer tant de dégâts...
Une autre bonne chose est que l'autrice nous montre les côtés vulnérables de l'esprit malade. Oui, c'est un affreux personnage qui mérite mille très longs supplices, mais ce personnage a souffert, et souffre. Quand les romanciers font ainsi, j'en arrive toujours à la même conclusion: la souffrance n'est pas une excuse pour devenir bourreau, que ce soit dans les livres ou dans la vie.

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Voici les quelques éléments qui me font un peu tiquer:
Pendant une partie du roman, Nina Laurin fait en sorte que le lecteur croie que c'est Claire qui est harcelée par la personne qui s'adresse à Byron en disant qu'elle a fait ceci et cela. Donc, au début, on croit que c'est une mystérieuse inconnue qui a volé la bague que Claire a oubliée sur le lavabo du restaurant. Plus tard, Claire (Tracy) et Byron vont dans ce restaurant, et la jeune femme est mal à l'aise à cause de la bague. Lorsqu'elle pense que son mari va lui en parler, au départ, on se dit: «Elle a peur qu'il lu rappelle sa négligence.» Après avoir fini le livre, on pense: «En fait, au restaurant, elle croyait que Byron allait lui raconter que Colleen avait perdu la bague ancestrale, et elle (Tracy) avait peut-être peur de se trahir.» Seulement, au moment où Byron décide d'aller justement dans ce restaurant, elle dit: «And for a moment, I let myself imagine that maybe, just maybe, he forgot and forgave. That the ancestral ring gone from the family forever because of me is not such a big deal.» Quand on ignore la vérité, on se dit naturellement que Tracy espère que son mari lui a pardonné sa négligence. Mais quand on a fini le livre, que faut-il penser du passage que j'ai cité? À ce moment du roman, Tracy ne sait pas encore que Byron sait qu'elle a volé la bague de Colleen. Donc pourquoi s'inquiète-t-elle de cela au moment d'aller au restaurant où la bague a été volée par elle?

La seconde chose un peu discutable concerne Sarah. Tracy explique que c'est elle qui l'a dissuadée de continuer de voir Byron, mais comment a-t-elle fait, puisque Sarah raconte qu'elle a reçu des courriers électroniques de rejet de Byron lui-même? Tracy ne pouvait pas pirater le compte de Byron à ce moment-là...

Enfin, il semblerait que ce soit Chrissie qui ait tué Tracy. Il est un peu étonnant que blessée comme elle l'était, elle ait eu la force de frapper assez fort. À cause de ce que voit Tracy, on peut imaginer que c'est Emily qui, arrivant à ce moment-là, s'est emparée du marteau, et lui a donné le coup de grâce, mais c'est un peu gros. Pourquoi Byron ne s'en est-il pas chargé lui-même? Du reste, quand a-t-il prévenu Emily? Pourquoi a-t-il attendu qu'elle arrive, alors que Tracy était à terre:...

Un roman réussi (malgré les trois points qui me font un peu tiquer), des situations oppressantes, des personnages bien décrits et analysés, une intrigue bien menée...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Molly Parker Myers pour les éditions Mulholland Books.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Son intonation est toujours adéquate, et dans ce livre, elle avait fort à faire avec les différentes émotions (souvent fortes) des personnages. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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59 lectures

jeudi, 26 décembre 2019

Au scalpel, de Sam Millar.

Au scalpel

Note:
Ce livre est le volume 4 de la série en quatre tomes mettant en scène le détective privé Karl Kane. Il faut lire ces romans dans l'ordre de publication. Attention: sur le site Audible.fr, le tome 3 («Un sale hiver») n'est pas déclaré comme appartenant à la série, et le tome 4 («Au scalpel») est indiqué comme étant le tome 3.

L'ouvrage:
Une nuit, Karl reçoit un appel désespéré de Lipstick. Elle est enfermée dans la salle de bains d'une chambre d'un hôtel de luxe, et l'occupant de la chambre veut défoncer la porte. Apparemment, il souhaitait que Lipstick fasse certaines choses, et celle-ci a refusé. Karl vole à son secours...

Critique:
Ce roman m'a autant plu que les tomes précédents. Quelques points m'ont un peu gênée, mais ce sont des détails. Le premier concerne Dorothy. Lorsqu'elle raconte des éléments de sa vie à Tara, elle parle de ses grands-parents. Entre ce qu'elle dit et ce que dit Tommy à Karl, il semblerait que du côté maternel, Dorothy ait quatre grands-parents au lieu de deux. De ce fait, je me suis dit, pendant tout le reste du roman, qu'on allait finir par apprendre que Tommy et Thérésa n'étaient pas les grands-parents de l'enfant, mais des voisins très proches d'elle moralement.

L'autre point discutable est un minuscule détail. Dans les premiers tomes, il est dit que le nom de famille de Naomi est Kirkpatrick. Dans «Au scalpel», cela devient Killpatrick.

Karl et Naomi sont toujours aussi sympathiques. Le détective est tourmenté par son passé, mais aussi par certains éléments de son présent. Malgré cela, il tente d'aller de l'avant, et agit toujours de manière à aider les plus faibles.

Je me suis demandé pourquoi Scarman n'avait pas accompli son noir dessein concernant Dorothy dès le départ. Je ne le souhaitais absolument pas, mais cela ne cadrait pas avec le personnage. À ce sujet, Sam Millar aborde un thème qui, je pense, va finir par être galvaudé à force d'être si abondamment utilisé dans les livres. J'ai déjà fait cette remarque dans des chroniques de romans abordant ce thème.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Malgré ses côtés très sombres, l'humour se glisse ici et là. Tout comme dans les tomes précédents, le lecteur est tenu en haleine. Entre suspense et ambiance oppressante, on n'a pas le temps de s'ennuyer. J'ai imaginé toutes sortes de conclusions à ce roman (surtout concernant Karl et Scarman) et je suis contente de ce que l'auteur a choisi de faire.

Ce qui arrive à la toute fin est également un point discutable. À la fin du tome 3, on comprend que la personne dont il est question n'est presque plus lucide, donc il est un peu gros que cette personne ait pu décider de faire ce qu'elle fait à la fin de «Au scalpel». En effet, cela a nécessité un minimum de préparation...

D'après ce que j'ai lu sur Wikipédia, il n'y a pas d'autres tomes à cette série. J'espère que c'est seulement une pause, et que Sam Millar en écrira d'autres.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lazare Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.

Comme dans les tomes précédents, le comédien adopte toujours le ton approprié, et ne cabotine jamais.

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