lundi, 20 décembre 2021

The arrangement, de Robyn Harding.

The arrangement

L'ouvrage:
New York. Natalie Murphy a vingt-et-un ans, et est étudiante. Elle vit en colocation. Malheureusement, elle n'a pas assez d'argent pour subvenir à ses besoins. Un jour, elle va réviser chez Ava, une camarade avec qui elle a sympathisé. Celle-ci habite un confortable penthouse dans un quartier aisé. Lorsque Natalie s'enquiert de ses moyens financiers, Ava lui apprend qu'elle est, en quelques sortes, entretenue: des hommes la paient pour toutes sortes de services, pas toujours sexuels. Natalie commence par éprouver de la répulsion à cette idée, mais son besoin d'argent la pousse à examiner plus attentivement cette solution.

Critique:
Après avoir aimé «L'anniversaire», j'ai voulu lire d'autres romans de Robyn Harding, mais son roman sorti en 2018 a été enregistré par plusieurs lecteurs, dont une dont je n'aime pas le jeu. De ce fait, j'ai fait un genre de blocage, et n'ai pas suivi Robyn Harding. Son roman de 2021 étant lu par une comédienne que j'aime beaucoup et d'autres dont le jeu ne me déplaît pas, j'ai repensé à cette autrice, et me suis penchée sur ses livres de 2019 et 2020.

Ce roman m'a plu. L'autrice prend le temps de montrer la psychologie de ses personnages, surtout celle de Natalie. Par exemple, la jeune femme pense pis que pendre du fait d'être entretenue, puis elle finit par suivre le chemin d'Ava, puis ceux qui viennent à le savoir la jugent mal. Quant à moi, j'espère que je ne jugerais pas quelqu'un qui me dirait que ses finances le contraignent à agir ainsi. Bien sûr, dans le cas de Natalie, les choses se compliquent...

L'intrigue est bien ficelée. La romancière donne des semi faux indices. C'est-à-dire qu'elle nous montre un coupable potentiel pour certaines choses, mais elle nous dit aussi que cette personne n'est pas du tout à New York. Ensuite, elle nous fait entrevoir un événement, puis l'annule de manière totalement inattendue. D'ailleurs, à ce sujet, le prologue donne un indice que Robyn Harding n'aurait pas dû donner. Voilà ce que c'est de mettre des prologues qui sont censés faire saliver le lecteur, et qui, en plus d'être ennuyeux, dévoilent des éléments clés!

Au moment où le roman revient en profondeur sur les éléments du prologue, j'ai tout de suite cru en l'innocence du personnage. J'en ai d'abord accusé un autre, puis au moment où l'autrice donnait la solution, j'ai pensé au coupable en imaginant les raisons très peu de temps avant qu'elles soient données. Ce côté de l'intrigue est réussie.

Les personnages ne sont pas vraiment sympathiques. Ava et Natalie le sont, à première vue, mais Ava est rapidement esquivée. Quant à Natalie, son comportement finit par être agaçant. Certes, elle tombe dans un engrenage que, de surcroît, elle n'avait absolument pas imaginé...
Quant à Gabe, Céleste a beau exagérer, elle n'est pas très loin de la vérité le concernant. Envers Natalie, il agit selon les règles, au départ, mais ensuite... si c'est ça, sa manière de gérer une situation qui le dépasse...
Céleste tente de faire au mieux pour tous, mais je n'ai pas apprécié qu'elle ne veuille pas que justice soit rendue. Je dois reconnaître que j'aurais trouvé étrange voire dénaturé, qu'elle agisse autrement. De plus, il lui était impossible de faire un entre-deux. Donc, elle a agi le moins mal possible... Pourtant, je ne peux l'apprécier tout à fait.
Quant à Violet, pour moi, on ne la voit pas assez pour que je puisse avoir une opinion très claire à son sujet. On la voit beaucoup à travers les yeux d'autres...

Ne pas apprécier les personnages ne m'a pas du tout gênée. En fait, le seul reproche que j'adresse à ce roman est ce prologue qui n'apporte rien de constructif, et en plus, donne trop d'indices sur des éléments clés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amanda Dolan pour les éditions Simon and Schuster Audio.

Je connais très peu cette comédienne, ne l'ayant entendue que sur des extraits avant ce livre. Son interprétation m'a plu. Elle n'est ni monotone ni cabotine, et fait bien passer les émotions des personnages. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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90 lectures

jeudi, 16 décembre 2021

Changer l'eau des fleurs, de Valérie Perrin.

Changer l'eau des fleurs

L'ouvrage:
Violette est garde-cimetière depuis vingt ans. Ce jour-là, Julien Seul vient repérer l'endroit où sa mère, Irène, souhaite que ces cendres reposent. C'est sur la tombe d'un certain Gabriel Prudent. Julien est très étonné, car il ne connaît pas ce monsieur. En outre, pourquoi sa mère ne souhaite-t-elle pas reposer auprès de celui qui fut son mari? Les choses pourraient s'arrêter là, mais outre que Julien va trouver un élément qui lui permettra de tout comprendre, il désire revoir Violette...

Critique:
Il y a déjà eu une édition audio de ce roman. Je ne m'y suis pas attardée à l'époque de sa sortie, parce que je trouvais qu'on parlait trop de Valérie Perrin. Ayant apprécié «Trois», je me suis dit qu'il faudrait que je me penche sur les autres romans de l'autrice, et Audiolib a sorti cette version avant que je mette mon plan à exécution. Je dois dire que j'ai été soulagée de n'avoir pas lu la première version avant, car Françoise Cadol est, à mes oreilles, une excellente comédienne. Je ne sais pas quelle était la qualité de la prestation de Marine Royer, qui a enregistré la première version audio du livre pour Audible, mais il est peu de comédiennes qui surpasseraient Françoise Cadol. je n'ai donc pas hésité longtemps à tenter ce roman, sachant qui l'avait enregistré. Il m'a plu, même si, en bonne pinailleuse, j'ai quelques petits reproches à lui adresser.

Violette raconte son histoire au lecteur. C'est un personnage lumineux. Elle n'a pas toujours eu de chance, elle a touché le fond, elle a trop donné à quelqu'un qui ne le méritait pas, elle est celle à qui beaucoup s'identifieront. Elle est pleine d'attentions, et heureusement, elle a pu trouver des mains secourables quand elle en avait le plus besoin.

Mêlées à l'histoire de Violette, il y a celles d'autres personnages. Celle d'Irène est sûrement celle que j'ai le moins aimée, car pour moi, d'une manière générale, les coups de foudre sont irrecevables tant ils sont invraisemblables et niais. D'ailleurs, Gabriel revit son histoire avec Irène à travers un film que j'ai détesté. De plus, au cas où ce ne serait pas assez, la romancière ajoute de l'invraisemblance: au moment où Gabriel et Irène pourraient se retrouver, elle invoque une raison peu crédible pour que cela n'arrive pas.

Le roman est traversé par une énigme. J'en ai voulu à l'autrice de ne nous en donner la solution que vers la fin, mais elle pourrait me rétorquer que Violette, elle, a attendu vingt ans. Quant à la solution de cette énigme, je n'y aurais pas pensé. Elle ne souffre d'aucune incohérence. J'ai quand même cru, avant que les personnages racontent comment cela s'était passé, qu'ils l'avaient fait exprès. Certes, ce ne sont pas d'aimables protagonistes, mais je les ai rapidement faits plus noirs qu'ils (surtout l'un) ne l'étaient. J'avais même une idée de ce qu'aurait pu être leur mobile. Pour moi, ils n'ont pas assez souffert, même s'ils sont moins horribles que ce que je suis allée jusqu'à imaginer.

Entre deux tranches de récit bouleversant, Violette nous fait rire en évoquant le petit monde qui gravite autour d'elle. J'imagine un film tiré de ce roman où on verrait Gaston parvenir à se blesser avec un bol en plastique, où on entendrait Elvis chanter en yaourt, où on assisterait aux fous rires du père Cédric à l'écoute d'un récit de Nono... Cette ambiance bon enfant, fraternelle, chaleureuse, Valérie Perrin la décrit très bien.

L'autrice tente de convaincre le lecteur que Philippe (que Violette appelle toujours par ses prénom et nom, comme si elle mettait, par ce biais, une distance entre eux) n'est pas aussi affreux que le montrent ses actes. Cependant, je ne lui ai rien pardonné. Certes, il a souffert, mais il a fait souffrir en sachant très bien ce qu'il faisait, et quand il aurait pu apporter une réponse, il a refusé. Il s'est traité de tous les noms, et a pleurniché qu'il ne pouvait plus supporter celui qu'il était avant... Il ne pouvait même pas le supporter le temps de faire une bonne action. Et la seule fois où il a à nouveau endossé sa peau, c'est pour menacer. S'il n'y avait pas eu une personne plus aimable, plus posée, plus altruiste que lui, Violette n'aurait jamais su. Surtout qu'à la fin, il aurait dû être heureux de donner à Violette ce qu'elle demandait.

Chaque chapitre commence par une citation. Je n'aime pas trop cela, même si ce sont de jolies phrases pleines de sensibilité et de raison. Au détour de certains chapitres, on trouve d'autres phrases exprimant très bien certains côtés de la vie, notamment lorsque Violette évoque Léonine.

Remarque annexe:
Le titre du roman m'a remis en tête la chanson «Canoë rose», de Viktor Lazlo... ;-)

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Cadol.

Comme je m'y attendais, la prestation de Françoise Cadol est irréprochable. Avec justesse, finesse, sensibilité, avec sa diction soignée, et sa voix douce, elle donne vie aux personnages, elle retranscrit parfaitement l'ambiance de chaque chapitre, elle ignore le cabotinage et l'excès de sobriété. De plus, je tiens à souligner qu'elle maîtrise les règles de prononciation du «e» muet en poésie. En effet, certains débuts de chapitres sont en vers, et elle les interprète sans failles. Et là encore, elle ne tombe ni dans la préciosité ni dans le larmoiement. Son jeu reste naturel. À un moment, Violette évoque «La trilogie marseillaise», et partage une ou deux répliques avec le lecteur. Le jeu de la comédienne reste naturel: on n'a pas l'impression qu'elle joue.
Je terminerai en disant que j'ai l'impression que la voix de cette comédienne n'a pas changé depuis le doublage de la série «Jamais deux sans trois», en 1990-1991, série que je dois être presque la seule à connaître, et à avoir regardé... C'est malheureusement souvent le cas des séries que j'apprécie. ;-)

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lundi, 13 décembre 2021

Par le feu, de Will Hill.

Par le feu

L'ouvrage:
Texas. Les bâtiments où vivaient les adeptes de la Légion du Seigneur ont brûlé. Les rares survivants sont des enfants. Un psychiatre, le docteur Hernandez, les fait parler de leur vécu et de leur ressenti, afin de tenter de les aider à s'en remettre. Parmi ces enfants, se trouve Moonbeam, dix-sept ans. Au départ, elle prend la résolution de ne jamais rien dire... Mais sa détermination s'effrite.

Critique:
Ce roman m'a plu. Sans que cela me surprenne, il m'a rappelé «The line between», de Tosca Lee, et «When she returned», de Lucinda Berry. Dans une note, l'auteur affirme que ce qu'il a voulu montrer, ce n'est pas la foi en une religion quelconque, mais la façon dont une ou des personnes peuvent en dominer et manipuler d'autres. À mon avis, il n'avait aucun besoin de préciser cela. C'est très clair, et c'est d'ailleurs pour cela que cela m'a rappelé les deux romans sus-cités, car ceux-ci évoquent la même chose.

L'auteur s'est documenté, alors, j'espère que l'une de ses idées provient d'une expérience vécue. À un moment, l'une des enfants explique que dès qu'elle a pu réfléchir, elle a compris que le père John ne faisait que manipuler pour dominer. Cette idée m'a quelque peu apaisée, car j'ai toujours l'impression que des enfants endoctrinés jeunes me peuvent développer aucun esprit critique, et ne parviennent pas à comprendre qu'ils sont manipulés. Cette petite fille affirmant qu'elle a très vite démasqué le malfaiteur est une note d'espoir.
En lisant ce roman, tout comme en lisant les deux autres dont j'ai parlé, j'ai pensé que, malheureusement, ce genre de choses pourrait arriver à n'importe qui. J'aime me dire que je ne serais jamais dupée, mais qu'en sais-je? Si quelqu'un savait où sont mes faiblesses, et était assez habile pour en profiter... C'est en effet ce qui arrive à ceux qui se laissent endoctriner.

Moonbeam est un personnage très attachant. Elle tente de se cacher, afin que plus rien ne l'atteigne, afin de ne plus souffrir. Au cours de son récit, elle se dévoile, elle expose son cheminement, les raisons qui l'ont poussée à regarder les choses, et à les voir telles qu'elles étaient. Elle a dû l'accomplir seule ou presque. Cela et d'autres éléments montrent une grande force de caractère.

La mère de Moonbeam est un personnage intéressant. C'est surtout à elle que je me suis identifiée. Qu'aurais-je fait à sa place? Même si je me demande pourquoi elle n'est pas partie avec sa fille lorsqu'elle en a eu la possibilité (au moment de la «purge») je comprends pourquoi elle a reculé. Elle a toujours tenté d'agir dans l'intérêt de sa fille, même lorsqu'elle faisait des choses que celle-ci ne comprenait pas ou réprouvait.

L'auteur a alterné les chapitres racontant le présent et le passé. Je n'aime pas cette structure, et s'il est des livres dans lesquelles je la trouve pertinente, ici, j'aurais préféré que les choses soient linéaires. Certes, il y a au moins un élément du passé qu'il vaut mieux ne savoir qu'alors que le récit de Moonbeam est presque achevé, mais l'auteur aurait pu faire un retour en arrière uniquement pour cet élément. Cette structure n'a pas gâché ma lecture, mais elle m'a dérangée, même si je comprends son utilité.

Un livre bien pensé, qui fait réfléchir.

Éditeur: Casterman.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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126 lectures

jeudi, 9 décembre 2021

Artifices, de Claire Berest.

Artifices, de Katharine

L'ouvrage:
Abel Bac, trente-neuf ans, est policier. Il vient d'être suspendu. Sa coéquipière, Camille, veut absolument savoir pourquoi. En effet, Abel est un très bon policier. Quant à lui, il attend de savoir quel sort on lui réserve... C'est alors qu'il tombe sur un fait divers qui devrait, tout au plus le faire pouffer, mais qui le dérange, voire le perturbe.

Critique:
Après avoir lu (et pas du tout aimé) «Bellevue», je m'étais juré de ne plus lire de romans de Claire Berest. Cependant, j'ai été interpellée par le synopsis d'«Artifices». Je suis contente d'avoir pris le risque, car le roman m'a plu.

Dès le départ, on sait que quelque chose ne va pas, qu'Abel est marqué par une chose qui l'a dévasté, et qui, de manière insidieuse, continue de le ronger, l'enfermant dans une prison mentale dont il ne parvient pas à sortir. Au début, je pensais qu'il était autiste, même si, dès les premières pages, il est clairement établi que ce qui l'a abîmé est la personne qu'il voit en cauchemar. Sachant cela, Abel n'est pas si simple à cerner: le lecteur le rencontre alors qu'il est désœuvré. Cela fait que je l'ai tout de suite vu comme quelqu'un de faible qui avait absolument besoin de protection, et qui ne pouvait s'en sortir seul au quotidien. Pourtant, au détour des pensées de Camille ou même d'Abel, on apprend comment travaille ce dernier, et tout semble normal. Abel paraît être une personne comme une autre...

À mesure que le livre avance, l'autrice déroule son énigme, et présente certaines solutions qu'on ne cherchait pas forcément. C'est, en tout cas, ce qui m'est arrivé: l'une des solutions m'a été donnée, alors que je n'imaginais pas qu'il fallait chercher de ce côté. Pourtant, cela s'imbrique parfaitement dans l'intrigue. Claire Berest a bien joué, en tout cas, elle m'a dupée. ;-)
Lorsqu'on connaît le fin mot de l'énigme, on se rend compte que ce qui est arrivé est, comme souvent dans ce genre de traumatismes, une histoire de circonstances. Cela pourrait arriver à n'importe qui. C'est ce qui effraie le plus, et c'est en reprenant cette idée assez souvent employée, et en ne l'affadissant pas que Claire Berest fait preuve de talent. J'ai apprécié qu'elle nous montre des personnages perdus, tentant de faire de leur mieux pour s'en sortir, et dont l'un d'eux se rend compte (même si cela lui prend un peu te temps) que la vengeance (surtout exercée sur le mauvais cheval, si j'ose dire) ne lui apportera aucun bien-être. J'ai également apprécié que la romancière ait concocté un mélange de conte et de fable arrosé à la sauce contemporaine.

Comme souvent, j'aurais aimé qu'il y ait un ou plusieurs chapitres supplémentaires, afin d'en savoir plus sur les personnages. Que va-t-il arriver exactement à Abel? L'élément que révèle la fin est-il définitif? A priori, non, mais... J'aurais également aimé savoir ce qu'il advenait de l'autre personnage.

L'autrice a fait une chose que j'avais déjà imaginée, mais jamais rencontrée: les titres des chapitres sont des phrases ou morceaux de phrases qui se suivent. À mi-parcours, elle dit au lecteur de quoi il s'agit exactement... Cela aussi s'imbrique bien dans l'intrigue.

Je n'adresserai qu'un reproche à Claire Berest: les anglicismes qu'elle a utilisés auraient pu être remplacés par des mots existant en français.

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Blanc.

Comme je l'ai déjà dit, Thierry Blanc fait partie des comédiens que je retrouve avec plaisir. Il n'a pas démérité: son ton est toujours adéquat, son jeu est naturel, et il ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles féminins. D'ailleurs, le fait que le roman ait été enregistré par lui m'a autant poussée que le résumé à tenter un autre écrit de Claire Berest.

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lundi, 6 décembre 2021

She wouldn't change a thing, de Sarah Adlakha.

She wouldn't change a thing, de Katharine

L'ouvrage:
Maria Forsman est psychiatre. Elle est mariée, a deux enfants, et est enceinte du troisième. Ce jour-là, Sylvia, l'une de ses patientes, l'informe qu'elle a déjà vécu cette vie, l'a déjà rencontrée, et qu'à présent, elle vient l'avertir de se tenir éloignée du garde-meubles dont son mari et elle ont prêté une clé à Rachel, la secrétaire de Maria. Si Maria n'écoute pas Sylvia, un malheur arrivera.

Critique:
Ce roman m'a intriguée dès que je l'ai vu dans les précommandes, sur Audible, en février 2021 (il est sorti en août). Je fais partie de ceux que l'histoire de quelqu'un revenant dans le temps attirera toujours. Cette idée me fascine, et même si je sais que c'est impossible, je me demande ce que je ferais si cela m'arrivait.

Je fais aussi partie de ceux qui n'aiment pas la sacro-sainte règle de certains auteurs: un changement ne peut avoir que de mauvaises répercussions. Heureusement, Sarah Adlakha n'a pas pris les choses ainsi. Quoi que fasse l'héroïne, elle perdra quelque chose. Cependant, étant donné la manière dont les éléments se présentaient, elle aurait pu agir d'une certaine façon, façon qu'elle évoque lorsqu'elle fait la liste des options après avoir demandé conseil à son père. Je n'ai pas du tout compris pourquoi elle n'a pas essayé de faire ce qui me semblait le plus évident. Pour moi, c'est une incohérence. L'autrice avait deux moyens de la gommer: soit Maria faisait ce à quoi je m'attendais, soit la romancière aurait dû nous montrer, au début du livre, qu'elle avait raté sa vie. On me dira que Maria a fait ce que je ne voulais pas parce qu'il fallait que l'autre personnage, lui, change radicalement sa propre vie. Certes, il est logique que lui ait souhaité changer, mais il n'avait pas forcément besoin de Maria pour construire sa nouvelle vie. Il pouvait rencontrer quelqu'un d'autre.

J'ai apprécié le cheminement de l'héroïne, ses doutes, ses hésitations, le fait qu'elle ne se cherche jamais d'excuses et regarde la vérité en face. Moi qui me demande toujours ce que je ferais à la place des personnages d'un livre, je pense que là, j'aurais uniquement agi dans mon intérêt. Ce n'est pas glorieux, mais c'est ce que j'aurais fait.
J'ai aussi apprécié les questions que pose la romancière quant à ce que nous choisissons, ce que nous ferions si nous savions quelles conséquences cela aurait...

Il y a une autre incohérence au début du chapitre 39. Il y a une allusion à Google. Or, le chapitre 39 se passe en 1988: Google n'existait pas, à ce moment-là.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Macmillan.

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