jeudi, 24 mai 2018

Les aventuriers de la mer, tome 8: Ombres et flammes, de Robin Hobb.

Les aventuriers de la mer, tome 8: Ombres et flammes

L'ouvrage:
Tintaglia veut sauver son peuple. Pour ce faire, elle se résout à demander l'aide des humains. Sur le Parangon, certaines choses se corsent. Quant à Malta, elle tente de tirer le meilleur parti possible de son sort.

Critique:
Là encore, Robin Hobb a traîné. Si les négociations entre Terrilville et Tintaglia étaient intéressantes, elles sont trop longues. C'est pareil en ce qui concerne Malta, les choses sont trop lentes. C'est un peu atténué par les échanges entre la jeune fille et le gouverneur, car celui-ci est tellement pénible qu'il en devient amusant. D'autre part, j'en ai un peu assez de l'admiration béate de certains (même si Hiémain doute, il perd son esprit critique) pour cette plaie de Kennit. Dans cette partie (qui est le milieu du tome 3), on en apprend davantage sur le pirate. Ce qui est dévoilé n'a pas été une révélation pour moi, des indices ayant déjà été éparpillés à l'intention du lecteur. Cela n'a pas changé mon opinion quant à Kennit. Ses souffrances passées n'excusent pas qu'il s'en prenne à ceux qui ne lui ont rien fait, et qu'il poignarde allègrement ceux qui l'aiment le plus. J'espère encore qu'il va beaucoup souffrir dans la dernière partie, mais mes espoirs s'amenuisent...

Même si j'ai trouvé les négociations longues, j'ai apprécié que l'auteur montre les désirs et exigences de chacun. Certains pensent au bien commun, mais chacun a ses revendications. Par exemple, les tatoués veulent certaines choses pour leurs semblables. Les habitants du désert des pluies aussi... Et Reyn veut sauver Malta.

Je n'arrive pas à déterminer ce qu'est Foudre... Cela doit être un mélange... Je la croyais moins sotte que Vivacia concernant Kennit, car elle semble moins impressionnable. Malheureusement, elle paraît aussi manipulatrice que lui, et n'hésite pas à faire affaire avec lui, quitte à faire le mal.

Depuis le début du tome 3 (le 7 en français), Selden a pris davantage d'importance. C'est un personnage sympathique. Il est quand même un peu dommage qu'il soit à ce point dévoué aux dragons, parce qu'on dirait que ceux-ci lui ont volé sa personnalité afin de servir leurs intérêts.

Tout au long de la série, il y a quelques allusions à «L'assassin royal». Plusieurs fois, des personnages parlent du royaume des Six-Duchés, disant que certaines de leurs coutumes sont barbares, que les femmes sont les égales des hommes... Ces allusions sont amusantes. De plus, elles renforcent la crédibilité des civilisations créées par Robin Hobb: l'une critique la culture de l'autre.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard.

Le comédien reste égal à lui-même: très bon. Entre les humains, les vivenefs, les serpents, et les dragons, il a fort à faire, d'autant qu'il a attribué à certains un style de voix précis.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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91 lectures

lundi, 21 mai 2018

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, de Virginie Grimaldi.

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie

L'ouvrage:
Un soir, Ben annonce à Pauline qu'il ne l'aime plus, qu'il veut la quitter. La jeune femme, espérant que c'est provisoire, va s'installer chez ses parents avec son fils (Jules). Elle décide de rappeler à Ben leur bonheur passé en lui écrivant les bons souvenirs qu'elle a de leur union.

Critique:
Lorsque j'ai vu que ce titre sortait en audio, j'ai d'abord voulu passer mon chemin parce que je n'aime pas ces livres qu'on qualifie de «livres qui font du bien», et dont certains (à mon avis) ne sont pas crédibles. Heureusement pour moi, j'ai lu des chroniques qui disaient que ce roman était plus grave, plus réaliste. Je l'ai donc essayé. Bien m'en a pris: je l'ai beaucoup aimé. Il raconte la vie. La famille de Pauline est très réaliste. On s'aime, et c'est justement ce qui fait qu'on ne peut pas s'empêcher de ressentir la moindre défaillance de l'autre comme une trahison. Par exemple, Pauline reproche à sa soeur (Emma) d'être très froide envers elle. De plus, celle-ci a une petite vie bien rangée, de laquelle rien ne semble déborder. Au départ, je trouvais ce personnage coincé. Et puis, Emma explique les raisons de sa façon d'être. Je les ai comprises.

Comme dans la vie, chacun ramène les choses à soi (pas par égoïsme, mais parce qu'instinctivement, on pense à soi, à se préserver), chacun voit les événements à travers son vécu, ses expériences, et réagit par rapport à cela. Hé oui, mais en face, il y a quelqu'un qui a un vécu différent, un caractère différent, qui interprète et conçoit les choses autrement. Voilà pourquoi la communication n'est pas toujours aisée. De plus, par souci de l'autre, on fait des erreurs, parfois assez grosses.

L'auteur montre différentes manières d'appréhender les épreuves de la vie. Pauline étant la narratrice, j'ai commencé par prendre son parti. À mesure que le livre avançait, j'ai appris ce que certains lui reprochaient, ce qui a nuancé ma perception. Cela n'a pas fait que je l'ai moins appréciée, cela a seulement montré que, comme nous tous, elle est faillible. Comment aurais-je réagi à sa place? Je ne peux pas le savoir, mais ce qui est certain, c'est que le ressenti que transmet Virginie Grimaldi quant à la douleur qu'on éprouve après un coup dur est réaliste. Que ce soit à travers Pauline ou d'autres personnages, même si on n'a pas vécu ces situations, on retrouvera forcément des échos de ce qu'on a pu ressentir à un moment ou à un autre à cause de circonstances similaires.

Grave, tendre, drôle (beaucoup de répliques et de situations cocasses jalonnent ce roman), Virginie Grimaldi décortique les mécanismes de cette famille, expose ses secrets et ses souffrances (des thèmes délicats sont abordés), ses malentendus et ses non-dits... mais surtout le profond amour qui unit ses membres cabossés.

J'aime bien le docteur Pasquier, surtout à cause de quelque chose qu'il dit, et que chacun de nous peut garder en tête: ce n'est pas parce que ça ne se termine pas comme on le souhaiterait que ça se termine mal. En outre, il exhorte Pauline à prendre tous les bons côtés de la vie.

Je n'aime pas le titre de ce roman. D'abord, je l'ai trouvé niais, et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai failli m'en écarter. Il est expliqué vers la fin. Si j'ai compris la métaphore, elle ne m'a pas parlé parce que... j'adore la pluie. Il faudrait peut-être que je transforme ce titre en: «Le parfum du bonheur est plus fort quand il fait 30°». ;-) Je sais que l'auteur a pensé utiliser une image qui parlerait à tout le monde, mais pour moi, la pluie n'est pas du tout synonyme de larmes. C'est probablement parce que je ne vois pas: dans ma tête, lorsqu'il pleut, c'est plutôt un signe de gaieté, parce qu'il ne fait pas trop chaud, ou s'il fait trop chaud pour moi, la pluie rafraîchit l'atmosphère.

Remarque annexe:
Le roman se passe à Arcachon, Bordeaux, etc. Je sais gré à Virginie Grimaldi de ne pas entrer dans le moule de la conformité, et d'employer le terme «chocolatine». Même si ce mot n'est utilisé que par une minorité de gens, je pense qu'il est plus proche de la réalité que «pain au chocolat». Le pain au chocolat, c'est du pain avec des pépites (ou une barre) de chocolat. De plus, historiquement, le terme «chocolatine» est tout à fait légitime. Ce n'est pas parce que la majorité pense le contraire qu'elle a raison. ;-)

J'ai conscience de n'avoir pas donné assez d'exemples montrant les qualités de ce roman, et j'ai donc peur de ne pas lui avoir rendu justice. Cela tient à ce que je pense qu'il fallait que je vous en dise le moins possible tout en vous donnant envie.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison.

Je ne connaissais pas du tout Sophie Frison. Avant de me risquer à lire cet ouvrage, j'ai réussi à écouter sa voix. Le fait qu'elle soit agréable ne voulait pas dire que l'interprétation du roman le serait, mais c'était déjà un bon point.
À mon avis, la lectrice s'en est très bien tirée. Elle n'avait pas la partie facile. Par exemple, elle devait modifier un peu sa voix pour les rôles masculins, ce qu'elle a fait sans affectation.
Elle a toujours dit les répliques inattendues avec beaucoup de naturel.
J'ai adoré son jeu lorsque Pauline met Jules au monde!
J'ai été déçue qu'elle prononce Milane pour Milan, d'autant que les trois enfants d'Emma et Jérôme ont des prénoms de ville, ce que souligne la narratrice. Il aurait donc été plus logique de dire Milan.

Dans ce roman, on a du mal à communiquer, alors beaucoup de choses importantes se disent par lettres. Au début de chaque lettre, l'éditeur a ajouté le bruit qu'on fait lorsqu'on écrit. Je n'ai pas du tout aimé cela. J'ai trouvé que ça parasitait le texte, que ça enlevait du naturel. De plus, lorsqu'on écrit, ce bruit n'est pas aussi fort.

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samedi, 19 mai 2018

Les aventuriers de la mer, tome 7: Le seigneur des Trois Règnes, de Robin Hobb.

Les aventuriers de la mer, tome 7: Le seigneur des Trois Règnes

L'ouvrage:
Celle-Qui-Se-Souvient cherche ses congénères pour leur transmettre ses souvenirs. Hiémain doit s'habituer à ce qu'il a appris. À Terrilville et dans le désert des pluies, les habitants sont dévastés par les divers désastres qui se sont abattus sur eux. Chacun tente de se débrouiller, et veut garder espoir en la survie des siens.

Critique:
Je pensais que dès le départ, Robin Hobb prendrait un chemin totalement différent et déroutant. J'ai été soulagée que tout n'ait pas absolument changé. Seulement, j'ai trouvé que certaines choses traînaient. Par exemple, les péripéties de Malta s'étirent en longueur. L'auteur rattrape un peu cela: la jeune fille, qui n'a pas la langue dans sa poche, ne se prive pas de répondre vertement au gouverneur lorsqu'il pleurniche et propose des solutions impossibles. J'ai été déçue de ce qui arrive à ce groupe de personnages, surtout à Malta, parce que maintenant, elle m'est très sympathique. Cependant, tout n'est pas perdu, comme le montre un constat de la jeune fille. Voyons la suite.

Ronica se montre forte dans ce tome. Elle a toujours voulu braver l'adversité, mais ici, elle semble puiser une nouvelle force dans son désespoir, afin de sauver ce qui peut l'être. Keffria était ainsi dans la partie précédente (en réalité la fin du tome 2).

Hiémain m'a paru redevenir lui-même dans ce début de tome 3, parce qu'il n'admire plus Kennit sans réserves, il a retrouvé sa tête, et se permet de le contredire. Quant à Kennit, rien à faire, je ne l'aime toujours pas, parce que j'ai l'impression que quoiqu'il fasse, c'est intéressé. Bien sûr, le contact de Hiémain l'a adouci, mais je pense que ce n'est qu'une façade, et qu'il sacrifierait le garçon à son ambition sans hésiter. C'est d'ailleurs ce qu'il tente de faire, même si c'est plus complexe.

Je ne sais pas trop quoi penser de Foudre. Elle est plus vraie que Vivacia (dans tous les sens du terme), et même si elle semble aimer Kennit, elle lui tient tête. Vivacia était trop impressionnée par le pirate, ce qui faisait que je l'appréciais beaucoup moins au long de la série. De plus, ce qu'on apprend quant à l'existence de Vivacia fait qu'on préfère forcément Foudre...

J'ai apprécié les passages se déroulant sur le Parangon parce qu'on retrouve Althéa, Brashen et Ambre que j'aime beaucoup. Parangon est étrange. Il est parfois très pénible, surtout quand il se met en colère ou s'entête, mais il ne m'a jamais déplu. C'est peut-être la vivenef la plus lucide, en fait...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard.

Malgré la longueur de la série et l'importante galerie de personnages, Vincent de Boüard n'a pas failli. Bravo à lui.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 17 mai 2018

Sur un mauvais adieu, de Michael Connelly.

Sur un mauvais adieu

L'ouvrage:
Harry Bosch se voit remettre un chèque de dix mille dollars uniquement pour rencontrer un vieux milliardaire. Celui-ci souhaite que le policier retrouve son héritier, car il en a peut-être un.

Critique:
Ce roman m'a davantage plu que les précédents. D'abord, j'ai apprécié de retrouver Bosch, son sens de la justice, sa complicité avec sa fille, etc. J'ai également été touchée que l'évocation d'événements qu'il a vécus plusieurs décennies plus tôt l'émeuve à ce point, et qu'il se sente proche de l'homme qu'il cherche, parce que celui-ci a connu la même chose. J'ai aussi apprécié de retrouver la bonne entente entre Harry et Mickey, et de les voir travailler main dans la main.

Dans ce roman, Bosch s'occupe de deux affaires en même temps, l'autre est celle qu'il traite pour le SFPD (la police de San Fernando). Cela a permis à l'auteur de moins traîner. D'ailleurs, j'ai trouvé qu'on avait rapidement des réponses quant à l'enquête concernant le vieux milliardaire. Je savais bien que ces solutions menaient à d'autres questions, mais j'ai aimé que les choses ne stagnent pas. De plus, au tout début, j'étais sceptique quant à la façon dont Michael Connelly parviendrait à faire trouver un indice à Bosch de manière plausible: en effet, celui-ci avait très peu d'indications exploitables sur ce qu'il cherchait. Finalement, l'auteur a bien amené les choses.

Les deux intrigues sont totalement différentes, ce qui contribue à l'absence de longueurs. En outre, je n'ai pas deviné grand-chose. Une réponse m'est venue cinq secondes avant que Bosch ne la donne. ;-)

Ici, notre héros fait équipe avec Bella Lourdes. J'ai apprécié ce personnage. J'espère qu'on la reverra par la suite, et qu'elle ira bien...

J'ai été agréablement surprise, parce que depuis quelques romans, les enquêtes me paraissaient ternes, et ici, les deux m'ont plu. De plus, Bosch n'a pas de relation sentimentale, ce que j'ai apprécié. (J'ai dit dans les deux ou trois chroniques précédentes pourquoi ses histoires de coeur m'agaçaient.)

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Chaussepied.

Mon opinion est à peu près la même que lors de mes autres chroniques. Je reste déçue que Jacques Chaussepied ait remplacé Éric Herson-Macarel pour la lecture des Bosch, mais je sais que c'est un bon comédien. Ici, j'ai davantage apprécié sa lecture parce qu'il m'a semblé qu'il faisait moins les accents pour les noms étrangers, ou qu'il le faisait de manière plus subtile. Il a une voix assez grave, donc je comprends qu'il la modifie pour les rôles féminins. Il le fait bien, car cela n'est pas affecté.

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lundi, 14 mai 2018

La forme de l'eau, de Guillermo del Toro et Daniel Kraus.

La forme de l'eau

L'ouvrage:
Elisa est femme de ménage dans un laboratoire qui fait des recherches et des expériences scientifiques. Un jour, elle découvre une créature enchaînée dans un bassin. Elle parvient à communiquer avec.

Critique:
On parle beaucoup de ce roman en ce moment. Je ne sais pas si les avis sont positifs ou non, mais je dois dire qu'il m'a laissée indifférente, voire ennuyée. Bien sûr, j'ai ressenti de la compassion pour Elisa et la créature, ainsi que pour Giles et Zelda, mais ils ne m'ont pas fait entrer dans le livre. J'ai été sensible à la manière dont Elisa arrange sa vie pour qu'elle soit le moins pénible possible, mais certaines choses m'ont paru étranges. Par exemple, je n'ai pas compris pourquoi elle était à ce point dingue de chaussures à talons hauts. Vous allez me dire que chacun a son dada, et que le sien, c'est sa passion pour ce genre de chaussures... Soit. Si l'héroïne est sympathique, elle ne m'a pas vraiment touchée.

Que dire de Richard Strickland? Ah, lui, il est pire que la caricature du méchant! Les auteurs se sont dit: «Allez, pour celui-là, il faut qu'on mette le paquet! Que tout le monde le déteste!» Certes, Strickland est haïssable, mais il aurait justement été plus intéressant qu'il le soit moins, ou que ses motivations soient plus recevables. Ici, on a affaire à un capricieux (ou à un sociopathe) qui prend prétexte de son énorme souffrance pour s'arroger le droit de détruire tout le monde. Sa femme tente de faire en sorte qu'il se sente mieux: il a envie de la tuer (au sens propre). Puis il imagine qu'elle le trompe: il a envie de lui faire endurer les pires supplices qui soient, sans penser qu'il est atroce avec elle depuis son retour d'Amazonie. La mission au cours de laquelle il a attrapé la créature l'a soi-disant anéanti: c'est donc de la faute de cette pauvre créature qu'il veut battre à mort pour cela. N'oublions pas qu'à ce moment-là, la créature est attachée... Strickland rencontre Elisa cinq minutes: sans la connaître, il souhaite l'entraîner dans son univers de malade. Bref, ce personnage aurait peut-être gagné en crédibilité si je n'avais pas eu envie, toutes les cinq minutes, de lui dire: «Tais-toi, sale gosse!» Ses souffrances passées auraient pu expliquer un comportement d'écorché vif, mais sûrement pas celui d'un capricieux ni d'un psychopathe. On me dira qu'il était peut-être psychopathe avant. Certes, mais sa femme semble dire que non...

Quant à l'intrigue, elle m'a ennuyée. D'abord, j'ai trouvé le tout très lent. Ensuite, il y a des éléments très gros. Lorsque vous avez un minimum de jugeote, vous ne vous préparez pas à accueillir, dans votre baignoire, un animal évoluant habituellement dans un bassin, sans prévoir de quoi manger de surcroît. Il y a d'autres choses de cet acabit, et quand j'y repense, on dirait un sketch tellement c'est surréaliste et donc risible. En tout cas, cela a été ma réaction.
Ensuite, j'aurais compris qu'Elisa et la créature s'attachent l'un à l'autre, mais pas davantage. Ils communiquent, mais assez sommairement. J'atténuerai quelque peu cette remarque en disant qu'à la fin, on comprend pourquoi certaines choses sont arrivées ainsi. Cependant, cette révélation soulève des questions qui, bien sûr, ne trouvent pas de réponses.
Ce n'est pas parce qu'on est dans un ouvrage fantastique qu'on doit utiliser de grosses ficelles et tout se permettre. Il faut une logique interne crédible.

Les auteurs ont voulu aborder les thèmes de l'intolérance, du rejet, du refus de la différence (pas seulement à travers la créature, mais aussi avec la mutité d'Elisa, le fait que Zelda soit noire, et d'autres biais). Cela ne m'a pas touchée parce que ces thèmes m'ont paru mieux abordés dans d'autres romans, mais aussi à cause de tous les autres points qui ne m'ont pas plu.

Service presse des éditions Hardigan par l'intermédiaire d'Audible. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain.

C'est le premier livre enregistré par cette comédienne que je lis. Globalement, j'ai apprécié son jeu sensible et posé. Je regrette qu'elle ait modifié sa voix pour Giles, par exemple, d'autant que cette modification n'était pas nécessaire pour moi parce qu'elle ne correspond pas à l'image que je me faisais de lui. J'ai aussi trouvé dommage qu'elle prononce son prénom Djaïlze. J'ai trouvé cela affecté. J'aurais préféré qu'elle le dise à la française, même s'il n'y a qu'un «l».
C'est également le premier livre de cet éditeur audio que je lis. J'ai été déçue qu'il y ait de la musique, mais je dois être une des rares à ne pas apprécier cela, car les éditions Audiolib et Sixtrid en mettent aussi. Hardigan en met quand même davantage, car il y en a à tous les chapitres.

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