jeudi, 7 mai 2020

The kid, de Dan Savage.

The kid

L'ouvrage:
Dans ce livre, Dan Savage, journaliste américain, raconte comment se sont passées les choses lorsque son petit ami (Terry) et lui ont décidé d'adopter un enfant.

Critique:
Ayant beaucoup aimé «The commitment», je me suis précipitée sur «The kid» qui raconte un autre tournant de la vie de Dan Savage. Bien sûr, j'aurais préféré lire «The kid» en premier, mais lorsque j'ai lu «The commitment», je ne savais pas que «The kid» existait.

J'ai retrouvé avec joie l'humour du journaliste. Par exemple, lorsqu'il donne les raisons pour lesquelles Terry et lui ont décidé d'adopter un enfant... ;-) J'ai également beaucoup ri lorsqu'il explique qu'il ne parvient pas à écrire aux futures mères biologiques (l'agence par laquelle passent Dan et Terry demande que chaque couple souhaitant adopter adresse une lettre qui aidera celles qui désirent faire adopter leur enfant à choisir un couple) puis se met à écrire une lettre humoristique qui les ferait tout de suite rejeter. Il y a aussi l'anecdote du passé de l'auteur-narrateur , à la fois drôle et un peu inquiétante, racontée avec causticité. J'ai également retrouvé la personnalité truculente de la mère de Dan. Ah, quelle joie d'entendre ses remarques et son bon sens!

J'ai aussi apprécié de lire les démarches de Dan et Terry, de lire des détails sur leur vie quotidienne, ainsi que leur «histoire» avec Melissa. Je n'en dirai rien ici, mais c'est peu banal.

Le couple a choisi une «adoption ouverte» (je traduis littéralement, car je ne sais pas si cela existe en France). L'auteur décrit le principe, et explique comment cela s'est passé pour Terry et lui. J'apprécie beaucoup ce que permet l'adoption ouverte.

Je suis déçue, car il n'y a pas d'autres livres de Dan Savage racontant un autre pan de sa vie. Hé oui, j'aurais aimé savoir «la suite», si je peux le tourner ainsi. Avec «The kid» et «The commitment», je me suis attachée à Dan, Terry, DJ, leur famille, et Melissa. Bien sûr, pour que le journaliste écrive autre chose, il lui faut un sujet. Il ne va pas parler de sa vie quotidienne. Quant à moi, je serais bien contente qu'il le fasse. Entre son fils, son mari, sa mère, etc, je suis sûre que beaucoup d'événements drôles, graves, et tendres valent la peine d'être racontés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Dan Savage pour les éditions Penguin Audiobooks

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83 lectures

lundi, 4 mai 2020

There was an old woman, d'Hallie Ephron.

There was an old woman

L'ouvrage:
Lorsque Sandra Ferrante est emmenée à l'hôpital après une chute, elle demande à ce que ses filles soient prévenues. C'est sa voisine (Mina, quatre-vingt-dix ans) qui s'acquitte de cette tâche. C'est Evie qui vient voir si la maison a besoin d'un peu de ménage avant le retour de Sandra. La jeune femme est très étonnée de trouver de la saleté et de la vermine, comme si Sandra n'entretenait plus son habitation, et des choses incongrues. En parallèle, elle renoue avec Mina qui a toujours été la voisine de sa mère.
De son côté, la vieille dame a certains problèmes à gérer. Son neveu, Brian, souhaiterait qu'elle aille en maison de retraite, car il a peur qu'elle ait besoin d'assistance dans les tâches quotidiennes. Mina se porte très bien, et ne veut pas entendre parler de maison de retraite. Cependant, elle se rend compte qu'elle oublie certaines choses. Par exemple, elle retrouve son sac à main dans le réfrigérateur, et ne se souvient pas de l'y avoir mis...

Critique:
Ayant apprécié deux autres romans d'Hallie Ephron, je me suis laissée tenter par celui-ci. Il m'a plu. J'avais compris certaines choses avant qu'elles me soient dévoilées, mais je pense que c'était voulu. De plus, je ne pouvais pas être sûre de l'implication de tel ou tel personnage. De toute façon, je croyais que l'un d'entre eux en savait plus qu'en réalité. Enfin, la plupart du temps, la romancière parvient à ce que, concernant un protagoniste, deux hypothèses soient plausibles presque jusqu'à la fin. J'aurais quand même voulu que l'écrivain s'attarde davantage sur le rôle d'un autre personnage que j'appellerai X. Comment tel méchant a-t-il rencontré X? (On peut s'en douter.) Comment ce méchant savait-il que X accepterait de l'aider? J'aurais également voulu que le lecteur soit sûr du rôle exact de celui sur lequel on peut faire deux hypothèses. Il dit quelque chose, mais chacun sait qu'il n'aurait rien à gagner à dire autre chose.

À partir du moment où le lecteur soupçonne qu'il y a anguille sous roche, on pourrait imaginer qu'Hallie Ephron va traîner, et ne dévoilera ses cartes qu'à la fin. Heureusement, elle n'agit pas ainsi. Le lecteur a le temps d'échafauder des théories, mais ce n'est pas pour cela qu'il s'ennuie. L'intrigue fait avancer l'énigme, tout en montrant la psychologie des personnages principaux. Par exemple, Evie et Ginger n'ont pas une relation paisible avec leur mère. Entre elles, les deux soeurs ne sont pas toujours en bons termes. Cependant, tout ce qui arrive les aide à se rapprocher.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nan McNamara pour les éditions Harper Audio.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Avant d'acheter le roman, j'ai écouté des extraits de livres enregistrés par cette lectrice, et ces quelques minutes m'ont décidée. Je n'ai pas regretté. Nan McNamara a une voix agréable, et son ton est toujours adéquat. Elle ne prend pas une horrible voix pour les rôles masculins, et n'exagère pas son interprétation des sentiments des personnages. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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78 lectures

jeudi, 30 avril 2020

Mon amie Adèle, de Sarah Pinborough.

Mon amie Adèle

L'ouvrage:
Louise est divorcée, elle a un fils de six ans. Un soir, dans un bar, elle rencontre un homme qui lui plaît. Ils discutent, s'embrassent... Mais Louise se rend compte que c'est son nouveau patron, David Martin, et qu'il est marié. Elle se résout à faire une croix sur lui. C'est alors qu'un matin, dans la rue, elle entre en collision avec Adèle, la femme de David. Elles sympathisent, Adèle semble souhaiter garder le contact, et faire de Louise une amie.

Critique:
J'ai rapidement compris que ce roman était de ceux qu'il fallait lire en faisant attention à certains «indices» parce qu'il est de ceux dont on a envie de décortiquer les chapitres une fois qu'on sait la fin. Maintenant que je l'ai terminé, je peux dire que ce n'est pas au point d'autres thrillers (comme par exemple les Nina Laurin), mais qu'il est bien de se souvenir que tel personnage a dit ceci de telle manière. Il y a quand même certains chapitres que j'ai envie de relire... ;-)

Pour moi, ce récit ne souffre pas de temps morts. Pendant un moment, Sarah Pinborough remplit la tête du lecteur de questions: quel personnage faut-il croire? Pourquoi Untel agit-il ainsi? Le lecteur fait le même cheminement que Louise. D'abord, les éléments qu'elle a la mènent à penser d'une façon donnée pendant une partie du roman. Ensuite, autre chose retourne la situation. À ce moment, j'ai su gré à l'autrice d'expliquer certains éléments, un en particulier. Si elle ne l'avait pas fait, elle aurait pu être prise en flagrant délit d'incohérence.
À ce sujet, pour moi, il y a une incohérence. Il n'est pas logique que Louise fasse ce qu'elle fait à la fin du chapitre 55. Elle aurait même dû penser quelque chose qui l'aurait carrément dissuadée. Bien sûr, il n'y avait pas vraiment de moyens de le lui faire faire autrement, et la romancière a expliqué les raisons de son geste, mais Louise a beau être une bonne pâte, ce n'est absolument pas crédible, sachant ce qu'elle sait.

Un aspect du roman pourrait déplaire à certains. C'est ce que j'appellerai (pour en dire le moins possible quant à la nature de l'élément) le côté fantastique. Cela ne m'a pas dérangée pour plusieurs raisons. D'abord, même si le roman est un thriller psychologique, et qu'on ne s'attend pas à trouver du fantastique dans ce genre-là, cela m'a fait penser à ce qu'a pu écrire Bernard Werber dans plusieurs de ses romans, même si chez lui, le côté thriller est bien moins présent. De plus, un de mes films préférés est le thriller fantastique «Dead again» où les deux aspects sont bien exploités et bien imbriqués. La façon de faire de Sarah Pinborough m'a rappelé cela: l'incursion du fantastique ne m'a pas paru incongrue parce qu'elle est préparée et bien amenée. Ensuite, l'aspect fantastique utilisé ici est quelque chose que certains disent pouvoir faire. Quant à moi, je ne suis pas dans la tête de ceux qui affirment que c'est possible, donc je ne peux pas savoir s'ils mentent ou disent la vérité. En tout cas, l'éventualité que cela soit réalisable n'est pas à rejeter.

Je n'ai pas aimé la fin. Elle fait fin de mauvais film d'horreur, et je n'aime pas tout ce qu'elle implique pour les personnages. Je pense que l'écrivain aurait pu la faire différente tout en rendant possibles la révélation finale. De plus, cette fin a été possible à cause de l'incohérence du chapitre 55.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Audiolib. Les chapitres narrés par Adèle sont lus par Françoise Cadol, ceux relatés par Louise sont enregistrés par Audrey Sourdive, et les autres sont interprétés par Benjamin Jungers.

J'ai retrouvé avec plaisir la voix classe et la diction soignée de Françoise Cadol. Ici, elle devait jouer totalement différemment que dans, par exemple, «La part des flammes», car l'ambiance est complètement autre. Elle s'est très bien tirée de ce rôle. Je ne peux pas trop dire ce qu'elle devait faire passer, pour ne pas en dire trop concernant l'intrigue, mais elle l'a très bien fait.

Je n'étais pas ravie quand j'ai su que Benjamin Jungers était de la partie, trouvant qu'il en fait trop. Ici, son interprétation ne m'a pas déplu. J'en suis contente, car soit il est parvenu à ajuster son jeu, soit je deviens un peu moins sévère. En tout cas, dans «Mon amie Adèle», il n'a pas surjoué, et a bien rendu les sentiments des personnages. Je lui redonnerai donc sa chance avec moins de réticence.

Je ne connaissais pas du tout Audrey Sourdive. Dans ce roman, c'est sûrement elle qui avait le plus d'émotions et de sentiments à jouer. Je l'ai trouvée parfaite! Pour moi, c'est une excellente recrue dans le monde du livre audio! Pourvu qu'elle enregistre d'autres livres qui me tenteront!

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87 lectures

lundi, 27 avril 2020

The art of breaking things, de Laura Sibson.

The art of breaking things

L'ouvrage:
Sky a dix-sept ans. Depuis qu'elle a douze ans, parfois, elle prend de la drogue. Parfois, elle boit tant d'alcool qu'elle ne se rappelle plus comment s'est terminée la soirée. Ce jour-là, sa mère (Beth) lui annonce, ainsi qu'à Emma (soeur de Sky, onze ans) que Dan revient dans leur vie. Dan est l'ancien petit ami de Beth. Elle l'a quitté quand Sky avait douze ans. L'adolescente ne voit pas ce retour d'un bon oeil.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que Laura Sibson immerge son lecteur dans les pensées de sa narratrice. Grâce à cela, je savais exactement pourquoi Sky agissait ainsi. À côté de cela, Beth et Emma tentaient de comprendre Sky, tout en ignorant totalement qu'elle souffrait. Je me suis aussi mise à leur place, surtout à celle d'Emma, et j'ai compris à quel point la communication était délicate.

Je ne sais pas trop quoi penser de la réaction de Beth lorsque Sky a tenté de lui dire ce qui lui était arrivé, le soir même où c'est arrivé. Je pense que l'explication donnée à demi-mots vers la fin est satisfaisante. Elle ne me plaît qu'à moitié, parce que je sais que ma mère, si je lui avais dit cela, n'aurait pas agi comme Beth. Cependant, je comprends qu'entre le demi-sommeil et l'état d'ébriété, le cerveau de Beth n'ait pas assimilé ce que disait sa fille.

Au long du roman, on assiste à la lutte de la jeune fille pour que son monde ne s'écroule pas, pour garantir la sécurité d'Emma, pour être en paix avec elle-même. J'ai éprouvé beaucoup de compassion pour elle, tout en l'exhortant à dire ce qu'elle avait sur le coeur. J'ai apprécié qu'elle trouve refuge dans l'art, la création... Bien sûr, je pestais lorsqu'elle se détruisait, et qu'elle se rendait compte de ce que lui faisaient drogue et alcool. Dans ces moments, je me demandais ce que je ferais à sa place. La drogue lui permettait de refouler ses affreux souvenirs, alors... Lorsqu'on est brisé, qu'on se sent seul et incompris, comment ne pas plonger dans des éléments destructeurs? En tant que lectrice extérieure, j'avais beau jeu de froncer le nez lorsque Sky racontait ses joins, ses lignes de cocaïne, ses beuveries... En outre, ces excès ne cachaient pas le courage, la rectitude, et la force morale de la jeune fille. Laura Sibson dresse ici un portrait touchant d'une personne qui, malgré ses chutes, se relève. Tout en se dévalorisant, Sky restait déterminée à tout faire pour préserver Emma. Bien sûr, elle l'a fait très maladroitement, mais comment la blâmer?

Dans les remerciements, Laura Sibson explique que ce roman a d'autant plus d'importance pour elle qu'il est basé sur des faits réels. Elle ne dit pas à quel point son histoire ressemble à celle de sa narratrice, mais à travers son héroïne, elle montre le courage nécessaire pour affronter ce genre d'atrocités. L'autrice donne juste un détail qui montre une petite différence entre son histoire et celle de Sky.

Un roman juste, bien écrit, la traversée du désert d'une jeune fille, un appel à ne jamais rester seul avec sa douleur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'ai d'abord acheté ce roman parce qu'il est lu par Phoebe Strole dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité.

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86 lectures

jeudi, 23 avril 2020

Le couple d'à côté, de Shari Lapena.

Le couple d'à côté

L'ouvrage:
Ce soir-là, Marco et Anne vont dîner chez leurs voisins, Graham et Cynthia. La baby-sitter de Cora (leur fille de six mois) ayant eu un empêchement au dernier moment, Anne aurait préféré rester à la maison, mais Marco est parvenu à la convaincre. Ils se mettent d'accord: ils iront voir Cora toutes les demi-heures.
Lorsqu'ils rentrent de chez les voisins, ils constatent que leur enfant a disparu.

Critique:
Ce thriller m'a plu. Le début paraîtra peut-être lent à certains, mais pas à moi. La police enquête, le couple est soupçonné, on voit les états d'âme de chacun... Cela m'a plu, car cela montre la psychologie des personnages. En outre, Shari Lapena a eu raison, à mon sens, de préparer la suite avec ce début. Après que le lecteur a pris la mesure des relations entre le couple, mais aussi entre le couple et les parents d'Anne, l'autrice commence à créer des rebondissements. Vous aurez donc compris que pour moi, ce roman est sans temps morts.

Je n'avais pas deviné ce qu'on apprend vers le chapitre 20. J'ai même commencé par penser que cela ne cadrait pas avec l'un des protagonistes, et puis les explications de ce personnage au lecteur m'ont convaincue que cela cadrait très bien. Quant à l'énigme à plusieurs inconnues qui se déploie ensuite, j'en avais deviné des morceaux, mais pas tout. De toute façon, j'ai trouvé que tout était cohérent et bien amené.

La toute fin est de celles qui, si elle n'avait pas été préparée, m'aurait frustrée. Mais là, il est assez facile de prévoir ce qui va arriver. Bien sûr, je ne peux pas être absolument sûre des conséquences pour l'un des personnages, et je ne peux même pas être sûre que ce personnage dise vrai, mais il est quand même aisé d'imaginer comment les choses tourneraient s'il y avait un autre chapitre.

Je ne peux pas vraiment dire ce que je pense des personnages, cela en dirait trop. Je peux quand même dire que j'ai apprécié l'inspecteur chargé de l'enquête. Il suit son instinct tout en tenant compte de tous les indices. Il suit ses pistes favorites, mais ne néglige rien. Il n'est pas casse-pieds à l'inverse d'autres policiers d'autres romans.

Comme je peste lorsque je trouve des erreurs de syntaxe, je veux souligner qu'ici, la traductrice n'en a pas fait une que beaucoup font. Beaucoup disent «mette à jour» au lieu de «mettre au jour». Valérie Le Plouhinec ne fait pas cette erreur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Taric Mehani pour les éditions Lizzie.

Je connais à peine ce comédien. Je l'ai entendu faisant du doublage, mais très peu. Malgré ce très peu, je me disais qu'il était une bonne recrue pour enregistrer des livres. J'avais raison. Il ne fait pas d'horribles effets de voix, mais différencie quand même les personnages. Il joue leurs sentiments sans affectation. Malheureusement pour moi, les trois autres livres qu'il a lus ne me tentent pas (il y en a un que j'ai lu enregistré par d'autres comédiens). J'espère qu'il en enregistrera d'autres qui me tenteront.

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