jeudi, 12 janvier 2023

Les grâciées, de Kiran Millwood-Hargrave.

Les grâciées

L'ouvrage:
1617, Vardø, nord du cercle polaire, Norvège. Une violente tempête décime les quarante hommes du village partis en mer. Les femmes sont désormais seules, et ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour survivre. Kiersten finit par proposer qu'elles fassent le travail qu'accomplissaient les hommes, et se mettent à pêcher.
Maren Magnus-datter, vingt ans, a perdu son père, son frère, et son fiancé dans la tempête. Elle ne sait pas encore que ses priorités et ses perspectives vont bientôt changer.

Trois ans plus tard, Absalom Cornet arrive dans le petit village en tant que délégué du seigneur Cunningham. Les femmes ignorent qu'elle est son réel but. Sa femme fraîchement épousée, Ursa, semble perdue, et ne parvient pas à s'adapter. Lorsque Maren lui apporte des peaux de rennes qui serviront de couvertures, Ursa lui demande de l'aider à apprendre à faire du pain, et d'autres choses que doit savoir faire une femme au foyer.

Critique:
Dans une note en fin d'ouvrage, Kiran Millwood-Hargrave explique que son roman est inspiré de faits réels. Pour ma part, je connaissais (comme tout le monde) la chasse aux sorcières de Salem, mais je ne savais pas que d'autres chasses aux sorcières l'avaient précédée. Je suis rapidement entrée dans le roman, et j'ai très vite respiré au rythme des personnages principaux. L'écrivain montre bien comment, une chose en entraînant une autre, certaines femmes se sont retrouvées accusées de sorcellerie. En jouant sur la peur et les inimitiés, il est très facile de pousser quelqu'un à accuser son semblable. L'autrice mêle la petite histoire à la grande en présentant ses personnages, et en montrant comment la mesquinerie de certains en a précipité d'autres qui étaient tout simplement différents. Par exemple, Dina observe des rites qu'elle tient de son peuple, Kiersten a du caractère et est pragmatique... Ce roman m'a fait penser que ce genre de choses était, malheureusement, toujours possible. Certes, ce ne seraient pas des accusations de sorcellerie, mais le fait que certaines personnes, un peu «aidées» par une autorité, se mettent à dénoncer ceux qu'elles n'aiment pas. Les horreurs de l'histoire nous disent qu'il ne faut pas les reproduire, mais malheureusement, je ne peux jurer que notre société actuelle ne reproduirait pas celle-là.

Certains personnages ont du mal à se comprendre. La mère de Maren et Dina n'y parviennent pas. Dina est fière, et la mère de Maren s'enferme dans une espèce de tour d'ivoire, d'où elle semble prendre tout le monde de haut. De plus, elle a perdu ses repères, et n'a pas la force morale de se relever. De ce fait, elle s'en prend à ce qu'elle ne comprend pas, et trouve un certain réconfort à s'allier à ceux qui semblent défendre l'ordre et la paix. Ce personnage m'a déplu, mais son raisonnement ne part pas d'une quelconque méchanceté ou malveillance. D'ailleurs, à un moment, la pression est tellement forte que Maren elle-même doute. On connaît tous cette situation où on nous donne des arguments avec conviction, arguments repris par plusieurs. Au bout d'un moment, cela finit par faire douter. De ce fait, j'ai compris Maren. Heureusement, quelqu'un a remis les choses à leur place en lui expliquant que sous la torture, n'importe qui avouerait n'importe quoi.

Outre cela, Maren doit faire face à un autre bouleversement. C'est d'autant plus difficile qu'elle ne peut se confier à personne, et que ce qu'elle ressent est «interdit». Son évolution est intéressante, car elle aussi perd ses repères, et elle aussi tente d'agir au mieux.
L'évolution d'Ursa est tout aussi passionnante pour les mêmes raisons. Ce personnage est plus fort et plus avisé que ce qu'on pourrait penser au départ.

Je ne me suis pas ennuyée avec ce roman travaillé, abouti, glaçant, réaliste... Je n'ai pas aimé l'un des éléments de la toute fin, surtout que j'avais un argument à opposer à Maren, mais c'est cohérent et vraisemblable.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lila Tamazit pour les éditions Lizzie.

Je connais peu cette comédienne. J'ai apprécié son jeu. Sans difficultés apparentes, elle interprète (sans excès) les différents personnages et leurs émotions. Son jeu est sans failles.

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lundi, 9 janvier 2023

Mission hygge, de Caroline Franc.

Mission hygge

L'ouvrage:
Chloé est journaliste. Sa préférence va aux reportages dans les pays en guerre. Cependant, voilà plusieurs mois qu'elle est de plus en plus irascible et acariâtre. Après qu'elle a fait un esclandre sans vouloir admettre qu'elle aurait pu éviter ce qui l'a mise hors d'elle, son patron décide de l'envoyer en reportage dans un petit village danois. Ce village est reconnu comme le village où tout le monde est heureux. Chloé doit découvrir les raisons de ce bonheur.

Critique:
Je n'aurais jamais lu ce roman s'il n'avait pas fait partie de l'offre d'Audible «inclus dans l'abonnement», offre qui consiste à proposer aux abonnés certains livres à écouter gratuitement. J'avais peur que ce roman soit tellement prévisible qu'il en serait niais. Je n'ai pas eu absolument tort, mais j'ai quand même passé un bon moment. Certaines choses sont amenées avec de gros sabots. Par exemple, Inga a toujours l'air heureux, alors qu'elle vit quelque chose de très dur. Elle est l'exemple que nous tentons tous de suivre, à savoir prendre les bonnes choses, et essayer de faire en sorte que les mauvaises nous atteignent le moins possible. Soit, mais elle est pénible. L'autrice trouve un moyen de la rendre un peu crédible, à un moment, ce qui sauve un peu les choses: ouf, Inga n'est pas toujours en train de sourire et de se réjouir de tout! ;-)

Ensuite, même si le lecteur souhaite que Chloé s'adoucisse, et prenne plaisir à sa mission, il est un peu gros qu'elle finisse par apprécier absolument tout le monde. Bien sûr, le lecteur aussi apprécie tous ceux que rencontre Chloé, et c'est sympathique. Mais peut-être aurait-il pu y avoir une personne à qui elle aurait pu être indifférente... Quant à moi, si on me demandait quel personnage j'ai le plus apprécié, je dirais Birgit. Elle aussi a certains côtés un peu tirés par les cheveux: elle a toujours l'air ravi de se couper en quatre pour faire plaisir à tout le monde. Mais je lui ai pardonné cela parce qu'elle est drôle et sympathique, et aussi parce que nous découvrons une chose (dont je me doutais un peu) qui montre un petit côté gentille canaille, ce que j'ai bien aimé.

C'est donc un gentil roman qui fait passer un petit moment de détente.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Avant de parler de la prestation de la lectrice, je dois avouer que j'ai failli lui écrire pour lui demander si elle pensait que je pouvais apprécier ce roman. Et puis, je me suis raisonnée, me suis dit de la laisser tranquille, et d'essayer le livre.

Étant donné que Camille Lamache est une comédienne dont j'apprécie beaucoup le jeu, on ne sera pas surpris de lire qu'encore une fois, elle a relevé le défi. Il lui fallait parvenir à ce que le lecteur différencie les personnages sans trop en faire. Ce n'était pas aisé, car étant donné le type de roman, c'est justement la porte ouverte au cabotinage. La lectrice s'en est bien tirée, jouant sans excès. Je me suis même surprise à ne pas trop râler de la voix qu'elle prend pour Birgit. En effet, je n'apprécie pas que les comédiens «marquent» les voix des personnes âgées, car je trouve que c'est un cliché. En effet, je ne connais aucune personne âgée ayant la voix «chevroto-tremblotante» que prennent certains comédiens. Donc pour Birgit, Camille Lamache a pris ce genre de voix, mais je pense que l'ambiance du roman l'exigeait. De plus, la comédienne s'est appliquée à ne pas trop forcer le trait.

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lundi, 2 janvier 2023

Le dompteur d'avalanches, de Margot Delorme.

Le dompteur d'avalanches

L'ouvrage:
Ditto, adolescent, habite le petit village de Torchebise. Un jour, alors qu'il mène une caravane d'ânes au lieu de rendez-vous où réceptionner des touristes en visite dans la région, il subit l'attaque d'un dragon-cristal, qui décime le troupeau d'ânes. Complètement paniqué, Ditto, sans vraiment comprendre ce qu'il fait, déclenche une avalanche qui engloutit le monstre. Seul, l'endroit où se tient le jeune garçon est épargné par les coulées de neige. Les habitants du village sont rapidement mis au courant. Ils réagissent mal, et par peur, conspirent en vue de faire exorciser Ditto. Celui-ci doit fuir.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'autrice reprend certains codes du conte, et s'amuse parfois avec, pour le plus grand plaisir du lecteur. Par exemple, certains animaux parlent. La première fois que l'un d'eux s'adresse à Ditto, la romancière parvient à faire rire (entre les propos échangés et l'étonnement de l'adolescent). C'est d'autant plus méritoire que la situation est délicate. Margot Delorme agit souvent ainsi au long du roman: alors que les choses ne s'annoncent pas très bien pour les personnages, elle parvient à faire rire. Outre la situation que je viens d'évoquer, je pense au «nuage-nouille», à la rencontre des personnages avec la nymphe des glaces, mais aussi à l'hôtel Le Bel Aujourd'hui dont les tenanciers s'appellent madame Hier et monsieur Demain. Il va de soi que tout cela ne représente qu'une petite partie de tout l'humour du roman.

Comme dans certains contes, le jeune héros s'engage dans un périple en quête de quelque chose. J'ai apprécié qu'il trouve l'objet de sa quête bien avant la fin du roman, et que les choses se corsent, car ainsi, l'écrivain donne d'autres aventures à vivre à Ditto et ses amis.

Ditto est sympathique. Il est facile de s'identifier à lui, car s'il défend le bien et la justice, il est parfois tenté par certaines choses répréhensibles. Qui ne le serait pas à sa place?
Parmi les amis du jeune garçon, Fureteur et Étincelle sont à la fois sources d'humour et de bons conseils.

J'ai maintenant un énorme ( ;-) ) reproche à adresser à ce livre: il est trop court. En voyant la fin approcher, je pensais que je continuerais bien le voyage avec les personnages principaux.
À la fin, tout est expliqué, mais ce que veut entreprendre Ditto est quelque chose que Margot Delorme pourrait raconter dans une suite...

Service presse des éditions Voolume par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Simon Jeannin.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. J'ai beaucoup apprécié son jeu. Sa lecture est vivante sans excès. Il modifie sa voix (sans que cela soit affecté) principalement pour le rôle d'Étincelle. J'ai trouvé cela judicieux, car bien fait. En outre, il fait partie des rares à prononcer correctement «moeurs», et des encore plus rares à prononcer correctement «s'égailler». J'espère qu'il enregistrera d'autres livres qui me tenteront.

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jeudi, 29 décembre 2022

Le peuple de l'air, tome 1: Le prince cruel, de Holly Black.

Le peuple de l'air, tome 1: Le prince cruel

L'ouvrage:
Un jour comme les autres. Un homme fée débarque dans une famille humaine: il sait que ce qu'il a cru pendant dix ans est faux, sa femme et leur enfant ne sont pas mortes. Il les a maintenant retrouvées, et tient à ce qu'elles le suivent. Les choses tournent mal...

Critique:
Cette série m'est vantée depuis un moment par une amie. J'ai fini (pas trop tôt, dirait-elle) par me lancer dans cette lecture. Ce tome 1 m'a plu, mais pas autant qu'à l'amie sus-citée. D'abord, à la lecture de la quatrième de couverture, j'ai eu peur que cela ressemble trop à la série «Royal houses», de K. A. Linde. J'aime beaucoup cette série, mais je n'avais pas envie de quelque chose qui lui serait trop semblable. J'ai commencé par détester le prologue. Je deviens de plus en plus sensible. ;-) J'aurais souhaité que les choses se passent autrement. Certes, mais si cela s'était déroulé autrement, il n'aurait pu y avoir de suite. ;-) En réalité, si, mais l'autrice aurait eu d'autres paramètres à prendre en compte. J'ai mis du temps à digérer les événements du prologue, et à entrer dans l'histoire. Heureusement pour moi, le seul point commun entre cette série et «Royal houses», c'est le fait que nous frayons avec des fées et des humains.

Le personnage principal, Jude, m'a plu. Elle est loin d'être parfaite, cherche sa place, souhaite être aimée... Si elle l'avait pu, elle aurait coulé des jours paisibles. Elle comprend vite que tout n'est pas simple au royaume des fées. Entre ses aspirations et la réalité, elle est assez intelligente et dure pour parvenir à tirer son épingle du jeu. J'ai d'ailleurs préféré Jude (qui, même si elle cache certaines choses, et commet un acte irréparable, est globalement honnête) à Tarryn.
Dès le départ, j'ai déprécié le père adoptif de Jude et Tarryn, même s'il semblait les aimer.

L'histoire ne souffre pas de temps mors. L'autrice crée des rebondissements appropriés. L'un d'eux est très déstabilisant... Quant à ce qui arrive à la fin, je ne l'avais pas prévu. C'était pourtant évident. Pour moi, Jude a eu raison d'agir ainsi...

Il y a un genre de faiblesse. Les fées ne peuvent pas mentir. Pourtant, quelqu'un parvient à cacher quelque chose à Jude pendant assez longtemps, chose que le lecteur, lui, devine confusément. Outre que cette chose est un peu mièvre, il est difficile de la cacher. Certes, on comprend que cela a été dissimulé par omission. Cependant, j'ai trouvé que la romancière avait pris un pari un peu risqué. Il faut voir ce qu'elle fera de cet élément dans le tome 2...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Caitlin Kelly pour les éditions Hachette Audio.

La série a commencé à sortir en audio français ce mois-ci, aux éditions Audiolib. Ne connaissant pas la lectrice, Zina Khakhoulia, alors que je connais et apprécie le jeu de celle de la VO, j'ai opté pour la VO. J'ai écouté l'extrait de la VF disponible sur Audible, et à première écoute, le jeu de la lectrice m'a plu. Si, plus tard, elle lit d'autres livres qui me tentent, je n'hésiterai plus, et j'essaierai.

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lundi, 26 décembre 2022

Le livre de maître Mô, de Jean-Yves Moyart.

Le livre de maître Mô

L'ouvrage:
Dans ce livre, sont rassemblées (majoritairement) des affaires auxquelles l'avocat Jean-Yves Moyart (dit maître Mô) prit part.

Critique:
Ce livre m'a plu. J'ai découvert (ce qui n'est pas surprenant) des histoires bouleversantes, et un avocat toujours soucieux de ses clients, s'attachant au fait que chaque client est unique, toujours humble, montrant toujours que rien n'est ni simple ni acquis...

Quelque chose m'a un peu embêtée, mais cela ne vient pas du livre, cela vient de moi. Lorsqu'on lit ces tranches de vie, on ressent forcément des émotions. J'ai trouvé mal de ma part de les ressentir, parce que ces «histoires» sont vraies, et il m'a semblé que cela faisait de moi une «voyeuriste». Lorsque ce sont des personnages de romans, leur non existence fait qu'on ne peut leur causer aucun tort. Ici, même si, évidemment, les personnes évoquées ne me rencontreront jamais, je sens que je ne devrais pas avoir le droit de penser quoi que ce soit concernant leur vie. C'est étrange: je n'ai jamais éprouvé ce sentiment lorsque j'ai lu des témoignages.

Certaines affaires ont, malheureusement, de nombreux pendants (comme «Petite fille» ou «Plainte»), et dans de nombreux cas, cela ne se termine pas aussi bien. J'imagine que c'est aussi cela que maître Mô a voulu faire comprendre: pour telle affaire, cela s'est terminé ainsi, mais il existe des gens qui vivent ce genre d'atrocités, et ne s'en sortent pas...

Certains récits se terminent un peu abruptement, et on a envie de savoir comment cela s'est fini. Je me suis blâmée de vouloir savoir, car ce n'était pas un roman, mais de vraies personnes dont la vie était en jeu.

L'une de ces histoires m'a fait éprouver l'horreur à l'état pur... il s'agit de «Noël». Peut-être est-ce parce que j'ai entendu moins de récits de ce genre...

À la fin, l'auteur nous confie une histoire le touchant personnellement. Il ne s'agit pas d'une affaire, mais d'une amitié. Vous pouvez imaginer que lire un pan (même petit) de sa vie privée m'a mise encore plus mal à l'aise. ;-) Bien sûr, je n'ai pas perdu de vue le fait que pour lire tous ces récits, j'avais son aval, faisant partie de tous ses lecteurs.

Je ne connaissais pas du tout maître Mô. Ce livre m'a donné envie de découvrir son blog. Celui-ci est encore en ligne. J'ai lu quelques articles (il avait, apparemment, convaincu l'une de ses amies juge d'y écrire également), et je pense le lire en entier.

Un livre qui fera réfléchir ceux prompts aux jugements hâtifs, qui exhorte à penser que tout n'est pas perdu, même lorsqu'une situation semble désespérée...

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Hugues Martel.

Hugues Martel est un comédien dont j'apprécie beaucoup la lecture toujours vivante et naturelle. Il fait partie de ceux qui peuvent lire indistinctement romans et documentaires. Son intonation est toujours adéquate. Ici, il avait fort à faire, car il devait faire passer les émotions (souvent très fortes) sans excès. Il s'en tire parfaitement.

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