lundi, 23 septembre 2019

Evie, de K. L. Slater.

Evie

L'ouvrage:
Voilà trois ans qu'Evie Cotter (qui avait cinq ans) a été enlevée. Les journalistes ont montré sa mère (Toni) comme négligente. Le dossier n'est pas classé, mais on a perdu espoir de retrouver l'enfant. Pourtant...

Critique:
Il n'est pas facile d'écrire un résumé aussi attrayant que celui de la quatrième de couverture, tout en essayant d'éviter un élément que celle-ci ne devrait pas donner. Donc, je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture, et de garder à l'esprit que le livre est plus palpitant que ce que laisse entrevoir mon résumé.

Ce roman m'a beaucoup plu, même si, en bonne pinailleuse, je lui adresserai quelques reproches.
K. L. Slater alterne le récit des quelques semaines ayant précédé l'enlèvement d'Evie et la narration du présent. Cette structure est ainsi car le but est de faire mariner le lecteur, ce que je n'apprécie pas, mais il aurait été étrange que l'écrivain ne l'utilisât pas.
Pendant le récit de ce qui arriva trois ans plus tôt, l'autrice dévoile certaines de ses cartes, ce qui m'a plu. En effet, elle ne tente pas de nous faire croire une certaine chose, alors qu'elle aurait pu. Je lui en ai été reconnaissante, j'aurais trouvé cela un peu déloyal. Ensuite, elle utilise un procédé qu'on retrouve souvent dans ce genre de romans: tout le monde est suspect. Comme dans d'autres livres, je me suis amusée à tenter d'écarter ceux que la romancière nous met trop sous le nez, à chercher des mobiles à chacun... J'avais deviné certaines choses. J'avais même réussi à trouver le mobile de la personne responsable. Bien sûr, je n'avais pas tout deviné, je n'avais que des suppositions et de grandes lignes.
Certains personnages m'ont tout de suite déplu, et je me suis dit que même s'ils n'étaient pas coupables, ils n'étaient pas appréciables. L'auteur a tenté de rendre l'un d'eux sympathique en expliquant certains faits, en en montrant d'autres... Certes, ce protagoniste finit par faire quelque chose de bien, mais de toute façon, au départ, ce n'était pas un personnage aimable. Soit, il a été abusé, mais cela n'aurait pu être possible s'il avait été moins présomptueux.

J'ai trouvé Toni trop prompte à juger certaines gens, et pas assez méfiante envers d'autres. Cela m'a agacée.

K. L. Slater fait quelque chose afin de créer un rebondissement, et je pense qu'elle s'y est prise de la manière la moins malhonnête possible. Malgré tout, il y a quelques incohérences. Certaines sont explicables, et donc ne sont pas de vraies incohérences, mais elles sont un peu discutables. D'autres sont plus difficiles à expliquer.

Afficher ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.Masquer ne cliquez ici que si vous avez lu le livre.

L'autrice tente de faire croire au lecteur que Jo, la femme qui a fait un AVC est Toni. Jo parle donc d'Evie comme si celle-ci était sa fille. Cela s'explique par le fait que, selon Tara, Jo s'attachait trop à l'enfant. Mais Jo en parle comme si elle avait gardé Evie très longtemps, puis Tara dit que la fillette était avec Phil et elle tout le temps. On imagine donc que l'enfant n'est pas restée si longtemps avec Jo, un mois tout au plus... En outre, une phrase de Jo ne cadre pas avec cela. Elle laisse entendre qu'Evie était avec elle jusqu'à son AVC, alors que celui-ci a eu lieu il y a peu. Enfin, il est étrange que personne ne trouve rien concernant cette femme qui a fait un AVC (D'ailleurs, qui donc l'a emmenée à l'hôpital si personne ne sait qui elle est?) et qu'on laisse entrer quelqu'un qui se dit sa soeur, sans rien vérifier. Surtout qu'ensuite, Nancy dit que les renseignements donnés par la soi-disant soeur ne semblent pas cadrer...

Comme souvent, j'aurais souhaité des chapitres supplémentaires racontant l'après.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Émilie Ramet pour les éditions Hardigan.

J'avais un a priori très négatif quant à cette comédienne. En effet, elle a enregistré d'autres livres qui m'ont tentée, et lorsque j'ai écouté des extraits, son jeu ne m'a pas paru naturel. Quand «Evie» est apparu dans les précommandes d'Audible, j'ai tellement voulu le lire que je me suis dit que je devais redonner une chance à la lectrice. Avant de le prendre, j'ai écouté un extrait, et la comédienne ne m'a pas semblé mauvaise. Après avoir lu un livre entier enregistré par elle, je peux dire que j'ai apprécié son jeu, mais que certaines choses m'ont déplu. Globalement, elle a bien rendu les émotions des personnages. Il y a eu un ou deux petits couacs, par exemple lorsqu'Anita répond doucement (ici, j'ai imaginé qu'elle répondait d'une voix lasse et triste à cause du contexte), et que la comédienne adopte plutôt un ton belliqueux. Je n'ai pas non plus apprécié qu'elle modifie sa voix pour certains personnages comme le policier. J'ai trouvé cela très peu naturel. En revanche, j'ai apprécié l'intonation et le timbre de voix qu'elle donne à Evie. Je tenterai d'autres livres qu'elle a enregistrés.

Acheter « Evie » sur Amazon
Acheter « Evie » en téléchargement audio (Audible.fr)

Partage

63 lectures

jeudi, 19 septembre 2019

Après l'incendie, de Robert Goolrick.

Après l'incendie

L'ouvrage:
Virginie, 1918. Diana Cook, dix-huit ans, va assister aux bals des débutantes de la saison. Ses parents espèrent qu'elle ferrera un bon parti. En effet, s'ils possèdent Saratoga, la plus belle maison de l'état, voire du pays, leur fortune décline. S'ils veulent pouvoir garder la maison, Diana doit épouser un homme riche. La jeune fille sait quel est son rôle. Elle n'en veut pas à ses parents, car elle aussi souhaite garder Saratoga.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'en ai été agréablement surprise. En effet, même si j'ai aimé les livres de Robert Goolrick que j'ai lus, j'ai tellement été traumatisée par «Féroces» que mon envie de tenter ses ouvrages se teinte de peur. Cet auteur n'étant jamais mièvre, il peut écrire une fresque familiale avec une histoire d'amour sans que cela soit niais.

Au départ, j'imaginais que les choses tourneraient mal: Diana veut pêcher un gros poisson, mais elle est quand même un peu naïve... Allait-elle se transformer en une femme froide et amère? Robert Goolrick a choisi une autre route qui m'a paru bien plus vraisemblable que ce que j'avais imaginé, car ce qui arrive est plus nuancé. Bien sûr, ce chemin n'est pas de tout repos pour l'héroïne, et on est forcément triste que cela tourne ainsi, mais tout est réaliste.

Plus tard, dans la deuxième partie de son existence (également la deuxième partie du roman) l'héroïne vit d'autres choses, et même si, parfois, je n'étais pas d'accord avec sa façon d'agir, je la comprenais.

Je n'ai pas apprécié Ashton. S'il aimait sa mère, comme il le dit, il aurait pris le temps de réfléchir, et n'aurait pas eu une attitude aussi détestable à un certain moment. On me dira que je suis peut-être trop sévère envers lui, parce qu'avant d'être détestable, il fait tout pour que Diana soit heureuse. De plus, l'héroïne se remémore souvent que lorsqu'il était petit, elle n'avait pas su être à la hauteur. Certes, mais il dit lui-même que ce qu'il ne veut pas accepter est peut-être ce qu'il faut à sa mère pour être heureuse. En outre, je l'ai trouvé bien prompt à se laver les mains de ses vilains actes, puis à réclamer quelque chose comme un sale gosse capricieux.

Le roman ne souffre pas de temps morts, mais le prologue est mal placé. C'est un de ces prologues qui gâchent la lecture en en disant trop sur l'intrigue. Il y a 29 chapitres et un épilogue. Le prologue devrait, en fait, être le chapitre 30. Précédant tout juste l'épilogue, il aurait été au bon endroit.
Je me suis aussi un peu ennuyée lorsque le romancier s'attarde sur Rose. Ce personnage ne me plaisait pas. Quant à Lucius, je l'ai apprécié, et à la place de Diana, je lui aurais peut-être accordé ce qu'il souhaitait. Après tout, ce n'était pas grand-chose, et il n'était pas méchant.

Il y a un fait que l'auteur aurait dû expliquer. Comment deux personnages font-ils pour en retrouver un troisième, après un certain événement?

Le roman est suivi de la nouvelle «Trois lamentations». Elle aborde des thèmes qui, malheureusement, sont toujours d'actualité: le racisme, le rejet de ceux qui ne font pas partie des élèves populaires... Le narrateur, lui, ne s'embarrasse pas de la couleur de peau ou du fait que telle personne n'est pas populaire. Ce qu'il fait, dans l'intention d'abolir les barrières, se révèle très maladroit dans le cas d'une personne, mais surtout à cause de la manière dont cela a été pris par ceux qui en ont été témoin. Je ne sais pas comment il aurait pu agir pour clouer le bec de tous ces idiots. Il est sympathique que son acte ait été bénéfique à une autre personne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Lizzie. Colette Sodoyer lit «Après l'incendie», et «Trois lamentations» est lue par Xavier Percy.

Après avoir entendu Colette Sodoyer lire une partie de l'audiodescription du film «Les innocentes», je me méfiais d'elle, parce que j'avais trouvé qu'elle en faisait trop. Mes craintes ont très vite été balayées. Elle a très bien rendu les sentiments et les émotions des personnages, sans jamais prendre un ton affecté. Moi qui me demandais pourquoi Audiolib et Lizzie faisaient appel à elle, je l'ai compris en lisant «Après l'incendie».

Il m'a plu de retrouver Xavier Percy. J'avais aimé sa lecture du roman «Une femme simple et honnête». Ici, il ne m'a pas déçue. Son intonation est toujours adéquate.

J'ai trouvé dommage qu'il y ait de la musique au début de beaucoup de chapitres.
Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. Quelques chapitres sont coupés en deux.

Acheter « Après l'incendie » sur Amazon
Acheter « Après l'incendie » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio (Audible.fr)

Partage

80 lectures

mercredi, 18 septembre 2019

La fenêtre panoramique, de Richard Yates.

La fenêtre panoramique

L'ouvrage:
Printemps 1955.
Frank et April Wheeler vivent en banlieue new-yorkaise. Ils tiennent à se persuader qu'ils sont supérieurs moralement à leurs voisins. Pourtant, cela ne semble pas si évident.

Critique:
Ce roman m'a davantage mise mal à l'aise que réellement plu. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas bon, mais plutôt que l'auteur a réussi son pari. Je pense que son but était de mettre le lecteur mal à l'aise.

En découvrant les premiers chapitres, je me suis demandé si l'un des personnages n'avait pas une maladie du genre sociopathie. À mesure que j'avançais, je me rendais compte que le problème était plutôt celui qu'on rencontre souvent: les deux personnages sont frustrés car ils mènent une vie qui ne leur convient pas, probablement avec un partenaire qui ne leur convient pas. Cela les amène à être exaspérés pour un rien. J'ai été étonnée qu'ils puissent se dire et se faire des horreurs, puis que peu de temps après, l'un d'eux ayant une idée qui lui paraît lumineuse, ils semblent tout se pardonner. Chacun m'a déconcertée. Par exemple, Frank n'aime pas son travail. Lorsqu'April a l'idée qui, pense-t-elle, sauvera leur couple, je me suis dit que Frank en serait ravi, car cela lui permettait de quitter cet emploi. Donc lorsque Bart lui fait miroiter de l'avancement, cela ne devrait pas l'intéresser. J'ai un peu le même sentiment quant au fait qu'il n'ait pas mal pris l'annonce de la première grossesse de sa femme. Tout comme elle, il trouvait qu'il était trop tôt pour qu'ils aient des enfants.

Quant à April, certaines de ses réactions sont plus cohérentes, mais c'est son attitude envers Frank qui n'est pas toujours compréhensible. Par moments, je l'ai trouvée plus lucide que son mari. D'autres fois, elle se fourvoie complètement. Ses motivations m'ont paru difficiles à cerner. Je pense que quoi qu'elle fasse, elle est sincère, mais je n'ai pas compris pourquoi elle était si tranchée à la fin. Certes, on me dira qu'elle n'avait pas d'autres solutions. Il est vrai que dans les années 50, il était moins facile de faire certaines choses que maintenant.

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi les Givins souhaitaient que leur fils socialise avec les Wheeler. C'est expliqué, mais cela ne m'a pas convaincue.

J'imagine bien que Richard Yates a voulu brosser le portrait d'une certaine partie de la société. J'espère que ce n'est pas une société si répandue, car aucun personnage ne m'a plu. Frank et April ont un peu éveillé ma compassion, mais les Campbell et les Givins m'ont agacée du début à la fin, surtout Ellen. Eux se pensent supérieurs et ne se remettent jamais en question. On aurait pu croire que les Givins, à cause de l'épreuve que traverse leur fils, seraient plus humbles, plus ouverts, plus tolérants. Que nenni!

Un livre qui montre la dangerosité de choisir une vie et des personnes qui ne nous conviennent pas, une critique d'une certaine société.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Damien Witecka.

Je connaissais ce comédien pour ses doublages. Ici, il n'avait pas forcément la partie facile: les personnages se fâchent, pleurent... Certains parlent même de manière un peu grandiloquente. Damien Witecka relève brillamment le défi. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir. J'ai d'ailleurs repéré d'autres livres qu'il a enregistrés pour Audible.

Pour information: la structure du livre a été respectée.

Acheter « La fenêtre panoramique » sur Amazon
Acheter « La fenêtre panoramique » en téléchargement audio sur Amazon (Audible.fr)

Partage

61 lectures

lundi, 16 septembre 2019

The virgin romance novelist chronicles, de Megan Quinn.

The virgin romance novelist chronicles

L'ouvrage:
Rosie Blume a vingt-trois ans. Elle travaille dans un magazine consacré aux chats, mais son rêve est d'écrire une romance. Ses deux meilleurs amis et colocataires (Henry et Delany) lui disent qu'elle ne pourra jamais exprimer des sentiments et des sensations amoureuses si elle ne les a jamais connus. Ils l'exhortent donc à sortir avec des garçons, et à perdre sa virginité.

Critique:
Avant d'acheter ce livre, j'ai pris certaines précautions, car j'avais peur qu'il soit mièvre. Une amie m'a donc dit que la couverture faisait plutôt chick-lit, et j'ai lu des chroniques sur Audible. Les lecteurs disaient ce que le résumé me faisait pressentir: le livre est très drôle, les amoureux sont mignons. En général, ces précautions me donnent une bonne idée du livre, et je peux l'acheter ou pas en connaissance de cause. Ici, j'ai déchanté. Si le début est effectivement amusant, et si les amoureux sont sympathiques, vers la fin de la première partie (il y en a trois), cela commence à tourner au vinaigre. Les amoureux se disputent pour rien, et cette embrouille de fin de première partie donne le ton de la deuxième. Ils passent leur temps à s'engluer dans des malentendus qui durent trop et qui les font ressasser. De plus, il y a trop de scènes de sexe pour moi. Je comprends que la toute première du livre entre les amoureux soit détaillée, parce que le lecteur attend que ces deux-là soient ensemble, mais ensuite, cela devient pénible. Certaines scènes m'ont tout particulièrement agacée: par exemple, Rosie qui fait un caprice et boude parce que son chéri ne veut pas faire l'amour avec elle... pour la troisième fois de la journée!

En outre, lorsque l'auteur ne parle pas de sexe, elle s'ingénie à rendre ses héros détestables. Par exemple, lorsque notre héroïne dit à son amoureux que certaines personnes n'ont pas apprécié son livre, il se fâche, parle d'aller donner une bonne leçon à ces gens, parce que le livre de Rosie est fabuleux...! Ce n'est pas crédible, et c'est très agaçant.

Megan Quinn fait autre chose qui m'a énervée. Rosie travaille dans un magazine consacré aux chats. Sa patronne adore les petits félins. Elle est donc automatiquement montrée comme une mémère un peu folle, n'ayant aucun sens de la mesure lorsqu'il s'agit des chats. Quel cliché! Quant à Rosie, elle déteste les chats, et l'un d'entre eux (sir Liks-a-lot, qu'on pourrait traduire par monsieur Lèche-beaucoup), lui livre une guerre sans merci. Cela n'est absolument pas crédible, et l'attitude de Rosie envers le chat et les félins en général est très pénible. Elle ne tente pas de les comprendre, ne voit pas en eux des êtres vivants qui ont un certain comportement que justement, les humains doivent tenter de comprendre pour faire avec. Je ne sais pas si Megan Quinn, à l'instar de Rosie, déteste les chats pour des raisons stupides, ou si elle a souhaité faire rire son lecteur avec ce qui, pour moi, sont des inepties, mais cet aspect du roman m'a énormément déplu. J'ai terminé le livre parce que je cherchais désespérément des améliorations, je souhaitais que la bonne humeur du début revienne...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Andi Arndt et Jeffrey Kafer pour les éditions Hot-Lanta. Certains me diront que le nom de l'éditeur aurait dû me mettre la puce à l'oreille concernant les nombreuses scènes de sexe. Certes, mais je n'avais pas regardé quel était l'éditeur, alors que je le fais très souvent... Il faudra que je le fasse toujours, maintenant. ;-)

J'apprécie toujours autant le jeu d'Andi Arndt. Ici, si le livre m'a déplu, la comédienne, elle, n'a pas démérité.
Je connaissais très peu Jeffrey Kafer. Son jeu m'a plu. Je n'ai pas fait autant attention que si j'avais aimé le roman, mais je sais que j'entendrai à nouveau ce comédien avec plaisir.

Acheter « The virgin romance novelist chronicles » en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

Partage

65 lectures

jeudi, 12 septembre 2019

La dame de Reykjavik, de Ragnar Jónasson.

La dame de Reykjavik

L'ouvrage:
Islande.
Hulda est policière. Elle doit prendre sa retraite à la fin de l'année. Cela ne l'enchante guère, car elle aime son métier. Quelle n'est pas sa déconvenue lorsque son patron, Magnus, lui apprend qu'il la met à la retraite dans quelques jours, son remplaçant étant attendu sous peu. Elle ne peut même pas achever ses enquêtes en cours, car il les a distribuées aux autres membres du commissariat. La voyant désemparée, Magnus lui jette un os à ronger: elle peut, si elle le souhaite, rouvrir une enquête non élucidée. Hulda choisit l'une de celles effectuées par un collègue dont elle n'approuve pas les méthodes: la découverte, un an pus tôt, du cadavre d'une femme russe demandeuse d'asile.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je me suis très vite attachée à Hulda, et j'ai aimé découvrir son passé au fil des chapitres. À certains moments, je me disais que dans telle situation, elle aurait plutôt dû faire ceci ou cela, et j'aurais souhaité savoir ce qui serait arrivé si elle avait choisi ma solution. Je pense surtout à son attitude face à son mari.
Je me suis identifiée à elle parce qu'elle agit souvent en solitaire dans son métier.

En parallèle, nous découvrons l'histoire d'une jeune mère et de son bébé. Au début, j'ai hésité à relier ce récit à l'un des personnages. Au bout d'un moment, quelques indices m'ont menée vers quelqu'un, et quelques chapitres plus tard, cela a été confirmé par le personnage. Cette histoire m'a touchée et beaucoup frustrée. J'aurais voulu que la jeune mère soit davantage aidée, qu'elle parvienne à tisser des liens avec son bébé... et j'ai regretté d'autres choses par la suite.

Ensuite, il y a l'enquête. Elle n'est pas fourmillante de rebondissements, mais elle m'a plu. Il y a au moins deux choses que je n'avais pas comprises avant que l'auteur ne les dévoile. De plus, j'ai trouvé sa façon de faire originale. En effet, on ne voit pas seulement Hulda enquêter, on suit un pan de l'histoire d'un autre point de vue.

La fin m'a laissée perplexe, parce que j'avais cru comprendre que ce roman était un tome 1. Or, il y a peu de possibilités (même s'il y en a quand même) qu'il puisse y avoir une suite. J'ai pu constater, sur Audible, que les romans existent en audio anglais. Il y a bien un tome 2. Cependant, il me semble que l'intrigue se passe avant celle du tome 1. Bien sûr, je ne me suis basée que sur la date de l'intrigue du tome 2 (1997), et sur le fait que je suis persuadée que le 1 se passe dans les années 2010. Mais en réfléchissant, rien n'indique que le tome 1 se déroule à cette période' J'ai sûrement dû rater des indications temporelles...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne O'Dolan pour les éditions Lizzie.

J'avais beaucoup apprécié la lecture de cette comédienne dans «La coupure». J'ai donc été ravie de la retrouver ici. Elle ne m'a pas déçue. Son intonation calme n'est jamais trop sobre, son jeu est naturel et approprié. J'espère qu'elle enregistrera beaucoup d'autres livres qui me tenteront.

Acheter « La dame de Reykjavik » sur Amazon
Acheter « La dame de Reykjavik » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio ici (Audible.fr)

Partage

79 lectures

- page 2 de 413 -