lundi, 1 avril 2019

Rien de plus grand, de Malin Persson Giolito.

Rien de plus grand

L'ouvrage:
Ce matin-là, dans une salle de classe du lycée, il y a eu des coups de feu. Tout le monde est mort, sauf Maja Norberg, dix-huit ans. Neuf mois plus tard, son procès a lieu.

Critique:
Ce roman m'a plu. Maja raconte son procès, mais aussi les événements qui y mènent. La jeune fille est un peu trouble, son récit montre que beaucoup de choses ne peuvent être compartimentées et catégorisées comme étant bien ou mal. Sa mère n'a pas un rôle très reluisant. Ce n'est pas une mère horrible, mais il y a mieux. L'adolescente évoque d'autres parents, ceux de ses amis. Elle s'attache à montrer au lecteur que tout n'est pas aussi simple que ce qu'il voit de prime abord. Alors que je me demandais comment elle pourrait expliquer l'un de ses gestes, que je me disais qu'au moins pour cet acte, on ne pouvait pas l'excuser, elle nous en raconte les circonstances... et celles-ci expliquent, voire excusent ce geste. Peut-être que certains lecteurs ne l'excuseront pas. Je dois dire que dès le départ, j'ai bien aimé Maja, malgré le cynisme dont elle fait parfois preuve. J'ai pensé que si elle s'était retrouvée là-dedans, cela ne pouvait pas être uniquement de sa faute... Elle m'a parfois donné envie de la secouer; d'autres fois, elle m'a paru perdue... Mais même quand elle m'agaçait, un fond de sympathie à son égard restait. De temps en temps, elle disait que son avocat pensait ceci et cela: elle ne semblait pas comprendre qu'au-delà de ce qu'il pensait, il faisait son travail, ce pourquoi il était payé: la défendre.

J'ai bien aimé la manière dont Samir retourne la situation lors de la conférence, au lycée. Le thème abordé est d'actualité, et je pense qu'il le restera. Avant cette conférence, on le retrouve évoqué entre les adolescents...

Je ne sais pas quoi penser de Sebastian. J'imagine que Malin Persson Giolito souhaite que le lecteur plaigne ce personnage et soit également écoeuré par lui... Je n'ai pas eu la force de le plaindre. Je sais pourtant qu'il aurait eu besoin d'aide, mais je pense que s'il avait demandé (à quelqu'un d'autre que Maja), il aurait pu avoir assez de soutien pour choisir un autre chemin... J'ai conscience que je suis sévère envers lui, mais j'en ai un peu assez de ceux qui prennent leur souffrance comme prétexte pour faire le mal.

J'aurais aimé des chapitres supplémentaires. À la fin, on sait ce qu'il advient de Maja (en tout cas immédiatement après le procès), mais j'aurais voulu savoir si certains pourraient se reconstruire moralement.

Je ne sais pas quel est le titre original, mais j'aime beaucoup le titre anglais: «Quicksand» («Sables mouvants»). Il décrit très bien ce que vivent ces adolescents...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Zoé Gauchet pour les éditions Lizzie.

Depuis un petit moment, j'avais repéré ce titre en anglais. Je souhaitais le lire, mais... je n'apprécie pas le jeu de la lectrice qui s'en est chargée. Lorsqu'il est sorti en audio en français, lu par une comédienne que je ne connaissais pas, je me suis fiée à l'extrait proposé sur Audible (dans lequel Zoé Gauchet me paraissait talentueuse), et me suis tournée vers cette solution. J'ai eu raison. La comédienne entre parfaitement dans la peau de Maja et des autres. Elle transcrit très bien les intentions de l'auteur. Elle adopte toujours le ton approprié, quel que soit le sentiment exprimé. Elle n'en fait pas trop, modifie sa voix juste ce qu'il faut pour certains rôles... Sa lecture m'a fait ressentir l'ambiance suffocante de certaines situations. J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres qui me tenteront, et je suis ravie d'avoir opté pour la version de ce roman lue par elle.

Pour information, la structure du livre a été partiellement respectée: le prologue est sur la même piste que le chapitre 1, et plusieurs chapitres (une dizaine) sont coupés en deux.

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vendredi, 29 mars 2019

Petit manuel de résistance, de Cyril Dion.

Petit manuel de résistance

L'ouvrage:
Cyril Dion constate le réchauffement climatique. Partant de là, il explique d'autres maux qui accablent la planète et ses habitants. Puis il expose des solutions afin de tenter de sortir le monde du mal-être.

Critique:
Comme je le dis à chaque fois que je chronique un documentaire, ce type de livres sera forcément lu par rapport à soi-même. C'est normal, puisque ce genre s'adresse à chacun de nous. Je fais partie des personnes qui ne savent pas grand-chose sur le réchauffement climatique. Je m'inquiète parce que j'entends de plus en plus de choses à ce sujet, mais je ne suis pas documentée. Je connais même une personne qui m'affirme s'être extrêmement documentée, et qui est sûre que le réchauffement actuel est une phase, que le refroidissement qui va stabiliser les choses arrive bientôt. Moi qui n'ai pas fait d'études concernant cela, j'aurais tendance à croire Cyril Dion (qui cite ses sources et explique les choses) plutôt que la personne qui m'a dit que c'était seulement un passage. Mais pour me faire véritablement une opinion, il faudrait que je lise ce sur quoi s'appuient Cyril Dion et cette autre personne.

Je fais également partie de ces gens qui tentent de faire des choses à leur petite échelle. Par exemple, je préfère les transports en commun à la voiture. Je sais aussi que même s'il est bien d'agir à son échelle, cela ne sert à rien. Je fais aussi partie de ceux qui s'étiolent dans un travail qu'ils n'ont pas choisi. Cependant, pour moi, les choses sont un peu plus compliquées que le schéma que décrit l'auteur. Malgré ce constat pessimiste, je tiens à dire que je connais plusieurs personnes qui s'épanouissent dans leur travail.

Parmi les constats de l'auteur, il y a tout ce qui touche au smartphone et aux réseaux sociaux. Je suis d'accord avec lui, notamment concernant l'obsolescence psychologique, et la façon dont les gens se raccrochent à du superficiel. Certes, il est facile pour moi de donner raison à Cyril Dion là-dessus, n'ayant pas de portable et ne fréquentant pas les réseaux sociaux.

J'aime beaucoup l'une des théories développées, à savoir que nous prenons conscience des choses par les histoires, que nous nous en racontons aussi pour mieux appréhender certaines situations, etc. Je suis tout à fait d'accord avec cela.

L'auteur nous explique que malgré notre défaitisme (même si nous savons qu'il faut agir, nous ne savons pas trop comment, et pensons ne rien pouvoir faire), il y a des solutions. Elles ne sont pas forcément faciles à mettre en oeuvre, et appellent à l'altruisme, à l'empathie de chacun, tout comme à une massive mobilisation dans le respect et la non violence. Il donne même des exemples de mobilisations qui fonctionnèrent. Il dit que tout notre système doit être repensé, et donne des exemples de ce que prônent certains militants. Je connaissais (surtout de nom) Pierre Rahbi, et le résumé que Cyril Dion fait de sa façon de voir la réfection me convient moins que la méthode prônée par Isabelle Delannoy. Je ne la connaissais pas non plus, même pas de nom.

J'espère que des mouvements auxquels je pourrai participer se mettront en place... Je le souhaitais déjà avant de lire ce livre. L'auteur n'a fait que renforcer mon opinion, et me montrer l'étendue du désastre.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par l'auteur.

Cyril Dion adopte un ton adéquat: ni trop sobre ni exagéré.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux pistes.

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jeudi, 28 mars 2019

Mosquitoland, de David Arnold.

Mosquitoland

L'ouvrage:
Mary Iris Malone (dite Mim), seize ans, vit, depuis un mois, à Jackson, dans le Mississippi, avec son père et sa belle-mère (Cathy). Sa mère, Êve, est à l'hôpital, à Cleveland, à 947 miles de Jackson. Mim n'aime pas sa nouvelle vie. Sa mère lui manque. La goutte d'eau est une conversation qu'elle surprend entre son père, sa belle-mère, et le proviseur du lycée où elle va. C'est alors qu'elle décide de partir rejoindre Êve.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Il aborde certains thèmes de manière très fine et juste. Par exemple, Mim tient à sa mère (ce qui est normal), et en veut à son père de s'être remarié si vite après le divorce. De ce fait, elle a pris Cathy en grippe, et lorsqu'elle découvre des faits semblant incriminer cette dernière, elle y voit un moyen de corroborer ce qu'elle pense. Le lecteur étant dans la tête de Mim, il voit les choses de son point de vue. Quant à moi, j'ai commencé à me demander si tout était aussi simple lorsqu'une personne extérieure a demandé à Mim si elle était à ce point sûre de la sournoiserie de Cathy.

Tout voir à travers les yeux de l'héroïne (qui est la narratrice) fait que le lecteur (du moins moi) ne trouvera pas le père de la jeune fille très sympathique. Attention, je ne veux pas dire qu'à la fin, nous découvrons que tout ce que dit Mim est faux, mais plutôt qu'il faut peut-être se mettre à la place de certains personnages au moment où la narratrice explique leurs réactions concernant ceci ou cela. Quant à moi, même après avoir fini le roman, j'en veux au père de Mim pour certaines choses, notamment pour avoir eu peur d'une petite fille de huit ans qui s'amusait à imaginer plusieurs personnages, et à attribuer une voix à chacun. On comprend sa peur, mais elle l'a bloqué, englué dans un raisonnement, et cela n'a pas aidé sa fille.

La jeune narratrice se lance dans une aventure périlleuse, et ne manque pas de faire de mauvaises rencontres. Je dois dire que j'ai adoré lire comment elle se débarrasse de Joe. Mais sa route croisera aussi celles de personnes qu'il aurait été dommage qu'elle ne côtoie pas. Son périple lui fera vivre des événements qui la grandiront, la mettra face à des horreurs, mais aussi à des gens bien. Elle sera ensuite forcée de voir certaines choses, et elle devra vivre avec. Elle perdra une partie de son enfance. On en trouve des traces dans son attachement quasi mystique au rouge à lèvres d'Êve...

Avant d'acheter ce livre, j'ai lu des chroniques à son sujet. Une personne disait quelque chose qui m'a beaucoup plu: ce roman est pour la jeunesse, mais il n'aseptise pas les choses. Je suis d'accord avec cela. J'ai même beaucoup aimé le petit trait d'humour du chroniqueur qui dit que «Mosquitoland» risque d'effrayer les lecteurs de Guillaume Musso, Marc Lévy, et David Foenkinos. ;-)

Je me rends compte que je ne peux pas dire grand-chose de plus, afin de ne pas trop en dévoiler. Je ne peux que conseiller cette lecture. Je ne mets qu'un petit bémol à mes louanges: j'ai trouvé un peu gros que Mim rencontre justement le neveu d'Arlène...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listenning Library.

Phoebe Strole fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle n'a pas exagéré sa voix pour les rôles masculins. Elle a été obligée de prendre un accent anglais pour Êve (Mim précise dès le départ que sa mère est anglaise et a un accent), et même si je n'aime pas cela, je n'ai pas été trop dérangée, parce qu'Êve intervient peu.

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lundi, 25 mars 2019

La saison des feux, de Celeste Ng.

La saison des feux

L'ouvrage:
Shaker Heights, riche banlieue de Cleveland, est une communauté planifiée. Les habitants se doivent d'obéir à certaines règles, car, pensent-ils, il n'y a qu'ainsi qu'on peut être heureux et être de bons voisins. C'est ici que débarquent Mia Warren (photographe), et Pearl (sa fille adolescente). Elles vont louer une maison appartenant à Elena Richardson. Bientôt, Moody Richardson (l'un des quatre enfants de la famille) devient ami avec Pearl. C'est ainsi que celle-ci et sa mère côtoieront davantage les propriétaires de la maison qu'elles louent.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le seul reproche que j'ai à lui adresser, c'est qu'il se termine trop vite. J'aurais aimé qu'il soit deux voire trois fois plus gros, et que l'auteur continue de raconter la vie de ses créations. J'aurais voulu que certains se revoient, qu'un autre souffre beaucoup (on imagine que ce personnage va souffrir, mais pour moi, ce n'est pas assez).

Celeste Ng aborde des thèmes qui ne sont pas nouveaux, et pourtant, elle a très vite su me prendre dans ses filets. Il était parfaitement logique que Mia et Pearl attirent Izzy et Moody, que la famille Richardson attire Pearl, etc. Il était logique qu'à se côtoyer, ces personnages aux modes de vie différents laissent chacun une empreinte sur les autres... La romancière ne s'amuse pas à montrer qu'une communauté comme Shaker Heights est forcément négative à trop vouloir être positive. Elle montre plutôt que certaines interactions, certaines confrontations de points de vue, certains échanges peuvent être bénéfiques ou non.

La structure est de celles qui me gênent souvent, mais ici, cela n'a pas été le cas. L'écrivain commence par relater un fait. Puis dès le chapitre 2, elle raconte à partir d'à peu près un an plus tôt. Pendant le récit de cette année, elle révèle le passé d'un personnage. D'habitude, je n'aime pas les retours en arrière de ce genre. Ici, j'ai trouvé cela approprié, surtout celui concernant le passé du personnage. J'ai préféré rencontrer ce protagoniste pendant l'année où les Richardson et les Warren se côtoient, puis me poser des questions à son sujet... questions auxquelles l'auteur répond à point nommé pendant son retour en arrière.

J'ai apprécié que Celeste Ng laisse le lecteur se faire quelques idées sur les personnages, puis montre leur évolution. Par exemple, j'ai très vite catalogué Lexie et Trip comme superficiels incapables de compassion. J'ai été soulagée de voir que tout n'était pas simple. Ça ne veut pas dire que j'ai fini par les apprécier, mais j'ai vu qu'ils étaient récupérables. ;-)

Je n'ai pas aimé les McCullough... Ils sont pourtant gentils, et sûrement sincères, mais il ne m'a pas du tout plu qu'ils agissent ainsi. Le lieu qu'ils choisissent à la toute fin (ceux qui ont lu le livre me comprendront) les rend encore plus pathétiques, à mon avis. J'irais même jusqu'à dire que ça fait peur...

Je n'ai pas non plus aimé Elena Richardson. Malheureusement, cette horrible femme et moi avons un point commun. Comme elle, j'aime suivre certaines règles dans mon quotidien, ça me donne l'impression que tout est à sa place. C'est étrange, car dès le départ (alors qu'elle n'a encore rien fait), j'ai eu un mouvement de recul quant à elle. Elle s'avère être le personnage du roman que j'aime le moins. Le pire, c'est qu'elle est convaincue d'agir pour le bien de tous, d'être quelqu'un de bon.

J'ai apprécié Mia, surtout parce que je l'ai comprise. Certains penseront peut-être qu'elle a mal agi envers ceux auprès de qui elle s'était engagée, mais elle a fait de son mieux. Elle a d'abord pris une décision sans en mesurer les conséquences, puis lorsqu'elle s'est aperçue qu'elle ne pourrait s'y tenir, a tenté d'agir le moins mal possible. Elle s'est retrouvée plongée dans une vie difficile à cause d'un enchaînement d'événements, et elle a toujours préservé l'essentiel. C'est également elle qui comprend, sans qu'on ait besoin de lui expliquer, le mal-être de certains membres de la famille Richardson, et qui les aide.

J'ai aussi apprécié Izzy. Elle n'est pas vraiment comprise par sa famille (sauf Moody). Elena explique pourquoi elle est ainsi avec sa fille, mais je n'ai pas été convaincue. Apparemment, c'est un genre de réflexe, ce n'est pas voulu, mais cela ne fait que montrer la stupidité d'Elena, ça ne m'a pas du tout donné envie de la plaindre.

Que les personnages m'aient été sympathiques ou pas, Celeste Ng a très bien exposé leur psychologie, leurs motivations, etc. Cela explique qu'il m'ait été difficile de les quitter.

Remarque annexe:
J'ai ri que Bryan surnomme ses parents Cliff et Claire. ;-) L'auteur explique pourquoi, cela m'a un peu replongée dans mon enfance...

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Micky Sébastian pour les éditions Lizzie.

J'appréciais déjà Micky Sébastian comme comédienne de doublage, et j'avais aimé son interprétation de «Terminus Elicius». Ici, elle ne m'a pas déçue. Elle rend très bien les divers sentiments exprimés par les personnages. Elle modifie peu sa voix, et le fait toujours avec justesse. Je trouve quand même dommage qu'elle ait prononcé les noms propres où il y avait des «r» en faisant ces «r» à l'anglophone. Pour moi, dans un texte en français, ce n'est absolument pas naturel.

Pour information, la structure du livre n'a pas été respectée. La plupart des chapitres sont coupés en deux (parfois trois) pistes.

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jeudi, 21 mars 2019

Fleur de cadavre, d'Anne Mette Hancock.

Fleur de cadavre

L'ouvrage:
Copenhague.
Héloïse Kaldan est journaliste. Un jour, elle trouve une étrange lettre dans son casier. Puis elle en reçoit d'autres... Elles viennent d'Anna Kiel. Il y a trois ans, celle-ci a assassiné un riche avocat, puis s'est enfuie, non sans se montrer à la caméra de surveillance près de chez sa victime. Avec la réception de ces missives, Héloïse espère que si elle peut rencontrer Anna, elle pourra peut-être écrire un article sur l'affaire...

Critique:
Ce roman m'a plu. On trouve un thème qui me semble galvaudé par certains auteurs qui le mettent à toutes les sauces, et que justement, Anne Mette Hancock parvient à aborder de manière juste. En tout cas, cela ne m'a pas agacée de le retrouver ici. Non seulement l'auteur fait s'exprimer une victime, mais en plus, elle montre le point de vue d'une victime collatérale. Celle-ci n'a rien subi, mais souffre de ce qui a été infligé à d'autres. De toute façon, l'auteur n'en fait pas trop, rien n'est ni cliché ni grandiloquent.

Le roman ne traîne pas. Le lecteur assiste aux péripéties des policiers qui rouvrent l'enquête, et à celles d'Héloïse qui s'en mêle forcément et dont on découvre également la vie privée. À la fin, le lecteur a toutes les réponses, rien n'est bâclé. Il reste une chose qu'on se demande, mais il n'est pas grave qu'on l'ignore.

J'ai aimé qu'au début, on ne sache pas trop quoi penser d'Anna. On sait qu'elle a commis un meurtre, et est en fuite. Ensuite, Héloïse recueille des informations de diverses sources concernant la jeune femme, on s'en fait une idée, mais ces sources semblent se contredire. On ne saisit vraiment Anna (si j'ose dire) que lorsqu'elle se livre. (On me dira peut-être que c'est une lapalissade...)

Comme dans tout roman, il y a des personnages que j'ai appréciés, d'autres que j'ai détestés... Il y en a surtout un que j'aurais aimé faire énormément souffrir. J'ai imaginé différents supplices à lui infliger. Bon, disons qu'il y en a deux. Le deuxième aurait d'abord regardé les horreurs que j'aurais faites au premier, puis il les aurait également subies. ;-)

Je n'ai pas aimé que la meilleure amie d'Héloïse prône le pardon dans le sens où il aiderait la journaliste à aller mieux. Comme je l'ai déjà dit dans d'autres chroniques, on peut ne pas pardonner, et finir par être indifférent. Ne pas pardonner ne veut pas forcément dire qu'on ressasse une rancoeur. Cela peut vouloir dire que la personne qui ne mérite pas le pardon hérite de l'indifférence de celui à qui elle le demande. Je dis encore cela (alors que je l'ai dit dans d'autres chroniques) parce que je déteste ceux qui, la bouche dégoulinante de bons sentiments (qui, pour moi, sont faux), disent que si on pardonne, c'est d'abord pour se faire du bien à soi-même. Certains peuvent trouver du soulagement à pardonner. C'est très bien pour eux. Mais tout le monde n'est pas ainsi. J'ai donc apprécié l'amie d'Héloïse jusqu'à ce qu'elle dise cela... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Gaëlle Billaut-Danno.

La comédienne a été victime (de ma part) de la même chose que Sandra Parra. En écoutant l'extrait proposé sur Audible, j'ai pensé que ça pouvait aller, mais que ce serait moyen. Puis en lisant le roman, j'ai trouvé que j'avais été injuste à première écoute. Gaëlle Billaut-Danno a toujours le ton qui convient. Quelque chose m'a quand même interpelée: elle modifie un peu (mais elle ne le fait pas mal) sa voix pour les rôles masculins, et parfois, elle prend une voix plus grave pour Lisa et Connie, comme si c'étaient des hommes.
Sinon, il me semble qu'elle fait partie des très rares personnes qui prononcent correctement le mot «moeurs». Je n'ai jamais lu qu'il y avait une règle de prononciation particulière pour ce mot, et je ne comprends pas pourquoi 99,9% des gens le prononcent «moeurse». On ne dit pas «coeurse» pour «coeurs» ni «soeurse» pour «soeurs», donc pourquoi dire «moeurse» pour «moeurs»? C'est peut-être une exception, mais étant donné que je n'ai jamais lu de règle de prononciation concernant ce mot, je me demande d'où vient cette façon de dire, et je la suppose erronée.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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