jeudi, 20 septembre 2018

Sentinelle de la pluie, de Tatiana de Rosnay.

Sentinelle de la pluies

L'ouvrage:
2018.
Ce week-end-là, les membres de la famille Malgarde se réunissent à Paris pour fêter les soixante-dix ans du père, Paul. Celui-ci et sa femme (Lauren) arrivent de leur maison de la Drôme. Linden, leur fils aîné, part de San Francisco. Quant à Tilia, la cadette, elle vient de Londres. Ces retrouvailles ne se passeront pas aussi bien que ce à quoi on pourrait s'attendre: les eaux de la Seine montent dangereusement. De plus, certaines blessures familiales mal digérées refont surface.

Critique:
Ayant aimé trois romans de Tatiana de Rosnay, mais ayant été déçue par «Rose», j'ai hésité avant de tenter «Sentinelle de la pluie». Je me suis finalement décidée parce que j'aime beaucoup Stéphane Ronchewski (le lecteur), et parce que certaines chroniques disaient que ce livre était aussi bon que ceux que j'ai aimés. Après cette lecture, mon sentiment est mitigé, mais cet ouvrage m'a davantage plu que «Rose».

L'histoire est racontée du point de vue de Linden. Il est très sympathique. À travers ce qu'il vit à ce moment et le passé qui lui revient, on le découvre ainsi que sa famille. Ce personnage sensible, très attaché aux siens, qui a reçu un coup de la part de sa mère quelques années auparavant, éveillera forcément la compassion du lecteur.

Je n'ai pas apprécié Lauren. D'abord, il y a ce fameux coup qu'elle porte à son fils. Lors du week-end parisien, elle s'explique, et montre qu'elle aime Linden. Cela la rachète un peu, mais je n'ai pas réussi à lui pardonner, sûrement à cause du reste. Je ne comprends pas vraiment l'autre pan de sa vie, celui que Linden surprend, et qu'elle explique par une impossibilité de communiquer avec Paul. Ici, j'ai l'impression que la romancière n'a pas bien pensé ses personnages. Tout ce qu'on voit de Paul (surtout à travers les souvenirs de Linden) le montre comme quelqu'un d'aimant et d'attentionné. Pourquoi, soudain, Lauren a-t-elle à se plaindre? Certes, Paul est surtout passionné par son métier, mais rien chez lui ne montre du désintérêt pour sa famille, exceptées les paroles par lesquelles Lauren se justifie.

Tilia aussi m'a été sympathique. Victime de certains de ses choix, mais aussi d'un coup bas de la vie, elle tente d'avancer en s'accommodant de ce qui ne va pas. J'ai quand même trouvé que l'auteur en faisait trop concernant son traumatisme. Elle nous le narre, puis quelques chapitres plus tard, c'est Tilia qui le raconte. Il aurait peut-être mieux valu que Tatiana de Rosnay n'en parle pas lorsqu'elle passait en revue les souvenirs de Linden, ou qu'elle en parle moins, pour que le lecteur puisse découvrir toute l'horreur de la chose à travers le récit de Tilia. Là, j'avais l'impression d'une rediffusion.

Grâce aux souvenirs de Linden, nous rencontrons aussi Candice, la soeur de Lauren. C'est encore un personnage que j'ai apprécié. Ouverte, compréhensive, elle était, pour moi, plus posée et mûre que sa soeur. Cependant, à son sujet aussi, j'ai trouvé que la romancière en avait trop fait. Je ne blâme pas Candice, mais l'écrivain qui l'a rendue à ce point vulnérable, qui a décidé qu'elle ne serait pas capable d'envoyer promener JG, et ne pourrait qu'en souffrir. Pourquoi, après avoir créé un personnage si positif, l'a-t-elle entaché? On me dira que chacun remferme ses contradictions, et que quelqu'un qui agit souvent avec intelligence et discernement ne le fera pas toujours, et se trompera surtout en ce qui le concerne. Certes, mais le contraste entre Candice et ce qu'elle a fini par faire m'a paru trop important pour être réaliste.

J'ai beaucoup aimé Mistral. Elle semble apporter la vie avec elle. Elle dispense généreusement réconfort, douceur, bonne humeur, joie de vivre, ouverture d'esprit...

Lorsque Lauren fait son mea culpa, l'auteur met l'accent sur la bêtise dont peuvent faire preuve les gens. Lauren explique qu'elle donne une certaine information à ceux qui lui demandent quelque chose de précis concernant Linden, puis elle parle de leur réaction. Ici, il m'a plu que, par l'intermédiaire de cette mère qui se rend compte que ce qui importe le plus, c'est son amour pour son fils, l'écrivain insiste sur la nuisance de l'intolérance. Elle fait cela très bien.

Le roman est divisé en six parties. Chacune commence par un très court prologue dans lequel quelqu'un raconte un épisode de sa petite enfance. J'ai rapidement deviné qui c'était. Je n'ai pas compris pourquoi cela n'a pas été davantage exploité. L'un des personnages finit par souhaiter que cela le soit, mais sa terrible créatrice lui met des bâtons dans les roues. Bien sûr, on me dira que c'est la vie, que la romancière a imaginé une intrigue qui se tient, que les choses auraient pu arriver ainsi dans la réalité. Certes. Je pense que j'en ai surtout voulu à l'auteur de ne pas mettre ce personnage (celui qui souhaite exploiter le récit narré dans les prologues) davantage sur le devant de la scène. Il m'a été très sympathique, et j'aurais, sans hésiter, évincé un autre protagoniste à son profit.

Généralement, je suis assez souple s'agissant du style d'un auteur. Il me semble ne m'être jamais plainte de celui de Tatiana de Rosnay. Ici, j'ai remarqué quelque chose qui ma énormément déplu. Assez souvent, au lieu d'écrire des dialogues, elle rapporte les paroles des personnages au discours indirect libre. Je n'aime pas que cette façon de faire se retrouve souvent dans le même écrit. Je trouve que des dialogues seront davantage fluides et vivants. Ici, mon agacement a été renforcé à cause de ce que cela a obligé le comédien à faire. Par exemple, lorsque Colin (le mari de Tilia) s'exprime, l'auteur fait du discours indirect libre. Le comédien le transcrit en jouant comme si le personnage parlait. Quelqu'un qui s'énerve pendant un bon moment au discours indirect libre, c'est exaspérant à entendre! Dans le cas de Colin, c'était encore plus laborieux pour moi parce que Stéphane Ronchewski a pris un petit accent anglophone, le personnage étant anglais. Il ne me semble pas qu'il soit dit qu'il a un accent, mais même s'il est précisé qu'il en a un, je trouve pénible que les comédiens prennent un accent étranger lorsque le personnage qui parle n'est pas français. (Je réagis de la même manière lorsque je lis en anglais: je déteste qu'un personnage non anglophone soit joué avec un accent. C'est d'ailleurs ce qui a fait que je n'ai pas pu lire «The women in the castle», de Jessica Shattuck, enregistré par une lectrice dont j'aime beaucoup le jeu, mais qui faisait des accents étrangers à tout-va.) Imaginez ma fureur lorsque j'ai dû entendre ces passages réunissant ces deux éléments: le discours indirect libre avec un accent étranger!

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Stéphane Ronchewski.

Je connais surtout ce comédien pour ses doublages. Il a déjà enregistré des livres, mais malheureusement pour moi, aucun ne m'a tentée. Si j'ai été déçue qu'il fasse un accent à Colin, j'ai beaucoup apprécié son jeu, à part cela. Il a très bien su faire passer les divers sentiments des protagonistes. D'ailleurs, à côté de l'accent de Colin, le comédien jouait également ce que ressentait le personnage, et cela était très bien fait. Pour moi, le jeu de Stéphane Ronchewski démontre son talent: il n'a été ni trop sobre ni cabotin, a interprété avec sensibilité et sans affectation, n'a pas exagéré les voix féminines... J'espère qu'il enregistrera d'autres livres qui me tenteront!

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en plusieurs pistes.

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106 lectures

lundi, 17 septembre 2018

Parutions Audiolib, octobre 2018.

Ces livres sont annoncés pour le 10 octobre.

Calendar Girl 4 - Automne (Octobre, Novembre, Décembre), d'Audrey Carlan, lu par Helena Coppejans, 10h20.
Mia vit maintenant à Malibu avec Wes. Sa dette est payée et son ex n’est plus une menace. Elle n’a plus besoin d’être escort et décide de faire un métier qui la fait rêver. Elle devient réalisatrice de reportage télé pour Vivre en beauté. En novembre, son job l’envoie à New-York pour interviewer des stars, ce qui lui permet de revoir Mason Murphy, le joueur de base-ball, et Anton Santiago, le chanteur de hip-hop. Encore une fois, son père, toujours dans le coma, est absent pour Thanksgiving. Envoyée à Aspen, dans le Colorado pour faire un reportage sur une mystérieuse artiste locale, Mia n’est pas au bout de ses surprises. Heureusement, Wes est là pour l’accompagner.

Nos richesses, de Kaouther Adimi, lu par Jean-Paul Bordes, 3h49.
En 1935, Edmond Charlot, 20 ans, rentre à Alger avec une seule idée en tête : prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Charlot le sait, sa vocation est de choisir, d’accoucher, de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion. Pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu : Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres c’est aussi la sacrifier aux aléas de l’infortune et de l’Histoire.
En 2017, Ryad n’éprouve qu’indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il est de passage à Alger avec la charge de repeindre un local poussiéreux, où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant, vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple.

Marx et la poupée, de Maryam Madjidi, lu par l'auteur, 4h46.
Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes –, l’effacement progressif du persan au profit du français qu’elle va tour à tour rejeter,puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.

My absolute darling, de Gabriel Tallent, lu par Marie Bouvet, 12h52.
À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Passage des ombres - Trilogie des ombres, tome 3, d'Arnaldur Indridason, lu par Philippe Résimont, 8h27.
Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller. Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine. Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ? La police a-t-elle arrêté un innocent ? Soixante ans plus tard, l’ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête. Jumeau littéraire d’Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l’Islande de la « situation » n’est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l’affaire consommée, « tu diras que c’était les elfes ».

Le réseau Corneille. de Ken Follett, lu par Caroline Klaus, 14h18.
France, 1944. Betty a vingt-neuf ans, elle est officier de l’armée anglaise, l’une des meilleures expertes en matière de sabotage. À l’approche du débarquement allié, elle a pour mission d’anéantir le système de communication allemand en France. Après une première tentative catastrophique et coûteuse en vies humaines, Betty va jouer le tout pour le tout en recrutant une brigade unique en son genre: le Réseau Corneille, une équipe de choc. Six femmes à la personnalité hors du commun : l’aristocrate, la taularde, l’ingénue, la travestie... chacune va apporter sa touche très personnelle au grand sabotage.

C'était mieux avant ! Suivi de Petite Poucette et Temps des crises, de Michel Serres, lu par l'auteur, 5h43.
Dans «Le Temps des crises», Michel Serres décrit les grandes transformations de la société et la façon dont les institutions actuelles s'avèrent incapables de répondre à ces nouveaux besoins.
Dans «Petite Poucette», Michel Serres dresse, avec bienveillance, le portrait de la nouvelle génération modelée par la révolution numérique.
«C’était mieux avant» est la réponse à ces «dix Grands-Papas Ronchons qui ne cessent de dire à Petite Poucette... que “c’était mieux avant” » !

Livres pour la jeunesse:
Descendants t. 2 - Retour sur l'Île de l'oubli - dans l'univers des Descendants, de Melissa de la Cruz, lu par Nancy Philippot, 5h8.
Après avoir passé toute leur enfance sur l’Île de l’Oubli, Mal, Evie, Jay et Carlos n’ont pas rejeté le luxe et le confort d’Auradon ! Après tout, vivre avec des princes et des princesses, c’est loin d’être aussi terrible qu’ils le pensaient. Pourtant, lorsqu’ils sont invités en secret à retourner sur l’Île, Mal et ses amis ne peuvent pas s’empêcher de retrouver leurs mauvaises manies. Mais tout n’est pas exactement comme dans leurs souvenirs. Le danger rôde, et ils vont rapidement devoir unir leurs talents afin de sauver le royaume d’une nouvelle menace, plus sombre et plus mystérieuse encore que les précédentes.

La Sélection 3 - L'Elue, de Kiera Cass, u par Claire Tefnin, 6h50.
La Sélection a bouleversé la vie de trente-cinq jeunes filles. Déchirées entre amitié et rivalité, les quatre candidates encore en lice resteront liées par les épreuves qu’elles ont dû surmonter ensemble. Entre les intrigues amoureuses et celles de la cour, c’est une lutte de tous les instants pour demeurer fidèles à leurs idéaux. America n’aurait jamais pensé être si près de la couronne, ni du cœur du Prince Maxon. À quelques jours du terme de la compétition, tandis que l’insurrection fait rage aux portes du Palais, l’heure du choix a sonné. Car il ne doit en rester qu’une...

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73 lectures

Lucky baby, de Meredith Efken.

Lucky baby

L'ouvrage:
Meg Lindsay s'est toujours sentie désapprouvée et rejetée par sa mère. Aujourd'hui, elle souhaite que son mari (Lewis) et elle puissent donner tout leur l'amour à un enfant qui n'en a pas. Voilà pourquoi le couple décide d'adopter une fillette chinoise.

Critique:
Au début, ce roman m'a beaucoup plu. Meredith Efken décrivait avec justesse les sentiments des uns et des autres. Je comprenais Meg dont la mère semblait n'avoir que des reproches à la bouche, dont la famille l'avait presque reniée parce qu'elle désapprouvait ses choix. J'ai aussi apprécié qu'on ait un aperçu du point de vue de la mère. Je ne partageais pas son avis, mais il était intéressant de le connaître.

En parallèle de l'histoire de Meg, nous suivons Wen Ming et Zhen An, deux orphelines qui, dès leur rencontre, ont tissé un lien extrêmement fort. Là encore, j'ai apprécié que l'auteur s'attarde sur le caractère et les blessures de Wen Ming, ainsi que sur ses raisons d'agir et de penser comme elle le fait.

J'ai commencé à tiquer lorsque Lewis demande à Meg de ne pas imposer sa religion à leur fille, mais de la laisser se forger son opinion. Si elle avait été aussi tolérante qu'elle le clame, Meg aurait accepté, et n'aurait pas amené l'enfant à l'église. Elle lui aurait parlé de sa foi, lui aurait proposé de l'accompagner à la messe de temps en temps, mais ne lui aurait rien imposé.
D'une manière générale, Meg m'a souvent agacée. J'ai compris ses sentiments, et j'ai apprécié qu'elle se remette en question. Cependant, j'ai eu du mal à accepter qu'elle ne prenne pas davantage au sérieux (et même qu'elle y voie un danger) l'amitié entre sa fille et un autre personnage. J'espère qu'à sa place, j'aurais favorisé ce lien, et que je n'aurais pas essayé de le distendre.
Bien plus tard dans le roman, Meg remet certaines choses en question, et pour moi, elle s'y prend mal. Elle s'admoneste parce que, sa fille l'ayant blessée, elle a peur de souffrir à nouveau si elle passe l'éponge. Pourtant, cette crainte est logique. Ce n'est pas ça qu'elle devrait remettre en question.

J'ai été agacée que l'auteur fasse partie de ceux qui disent que pardonner fait du bien à celui qui pardonne. Je ne partage pas cet avis. Je pense que l'absence de pardon ne signifie pas fatalement forts sentiments négatifs. L'absence de pardon peut mener à l'indifférence vis-à-vis de la personne qui a mal agi. Je connais des exemples de cela, et je pense que le pardon n'apporterait pas l'apaisement, alors que l'indifférence, si. Dans le cas de ce que Wen Ming doit (ou pas) pardonner, je serais plus nuancée. Cependant, je ne comprends pas ceux qui l'ont trahie.
Je n'ai pas non plus aimé qu'on (surtout Zhen An) blâme, pendant plusieurs mois, une enfant de douze ans à cause de quelque chose qu'elle a fait par désespoir, et dont elle-même reconnaît la méchanceté. Il ne faut pas oublier le passé de cette enfant de douze ans, ni toutes les blessures qu'on lui a infligées.

Je n'ai pas non plus aimé que Lewis fasse tout ce qu'il fait dans le but de conquérir une personne dont il sait qu'elle s'en moque. L'auteur explique cela par une réflexion de Meg qui dit en substance que même si un parent fait souffrir son enfant, celui-ci, sous la colère et la tristesse, aimera toujours ce parent. Là encore, je ne partage pas cet avis, ayant plusieurs exemples prouvant le contraire. L'auteur aurait pu s'en sortir en choisissant un exemple moins extrême. Cela lui aurait permis de nuancer son propos. J'ai l'impression que tout ce qui ne m'a pas plu est une succession de surenchères destinées à prouver que l'amour est toujours le plus fort. Je pense qu'elle aurait pu montrer cela autrement, de manière plus pertinente et moins grandiloquente.

Ce roman m'a un peu rappelé «La mémoire du thé» à cause du sujet principal. J'ai préféré «La mémoire du thé», parce que Lisa See tente de montrer les mêmes choses et y réussit mieux. Ses personnages me semblent plus crédibles que ceux de Meredith Efken. Leurs réactions sonnent plus juste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Oasis Audio.

Dans ce roman, la comédienne est parvenue à modifier très légèrement sa voix selon la narratrice. Je ne sais pas trop comment elle a fait pour que ce soit à la fois perceptible et peu marqué, mais en tout cas, c'est une réussite.

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80 lectures

jeudi, 13 septembre 2018

La terre des morts, de Jean-Christophe Grangé.

La terre des morts

L'ouvrage:
Paris. Une strip-teaseuse a été assassinée. Son visage a été mutilé, et le tueur lui a enfoncé une pierre dans la gorge. Après qu'une équipe de policiers a travaillé sur l'affaire, et en a été dessaisie faute de pistes, c'est l'équipe de Stéphane Corso qui en est chargée.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai retrouvé quelques éléments qui m'agacent, mais je les pardonne à l'auteur. Par exemple, il y a des meurtres macabres, un thème qui m'ennuie et me fatigue beaucoup. Autre exemple: on a affaire à un policier cabossé depuis l'enfance qui se débat entre ses traumatismes passés et des choses douloureuses qu'il vit dans le présent, qui flirte avec le danger, l'illégalité... Cela aussi m'exaspère, mais ici, j'ai fait avec...

Très rapidement, j'ai souhaité que le coupable soit un personnage que je détestais. De ce fait, dès qu'une nouveauté apparaissait, j'échafaudais une explication qui se tenait et inculpait le personnage haï. J'ai été déçue que ce personnage ne soit pas du tout coupable parce que je ne l'aimais pas, mais aussi parce que je trouvais que mes explications concernant sa possible implication s'imbriquaient parfaitement dans les éléments de l'affaire. Souvent, quand j'ai des hypothèses qui se révèlent fausses, je trouve que l'auteur a bien mieux fait que moi. Ici, l'auteur a très bien fait, mais pour une fois, mes échafaudages n'étaient pas si branlants.

Si le livre est long, il ne traîne pas. L'auteur prépare ses effets et ses révélations. Il n'y a pas d'incohérences. Les rebondissements sont intéressants parce qu'à chacun d'eux, le lecteur ne sait pas vraiment quoi croire. Moi, bien sûr, je m'acharnais sur mon personnage détesté, donc ce qui me permettait de l'inclure dans le canevas me plaisait. À part cela, chaque rebondissement invite le lecteur à faire attention à ce qu'il croit savoir, d'une manière générale, sur son entourage. Lorsque le personnage coupable a fini par livrer le fond de son âme, j'ai trouvé qu'il y avait une certaine cohérence dans sa façon de penser. Non que j'approuve ses actes, mais j'ai trouvé que l'auteur avait bien construit son personnage.

Corso est, comme je l'ai dit plus haut, un policier à la Grangé. Malgré sa part trouble, je l'ai apprécié, comme souvent s'agissant des policiers créés par cet auteur. Parfois, il m'a semblé qu'il se laissait trop facilement rouler (pas uniquement concernant l'enquête), mais cela ne fait pas de lui un personnage incohérent. C'est un bon policier, et parfois, aussi bien à ce titre que dans sa vie privée, il ne prend pas la mesure des choses. Comme tout le monde.

J'ai passé un bon moment, ne me suis pas ennuyée, et ai facilement réussi à faire avec les côtés qui me plaisaient moins. Je trouve quand même très dommage que l'auteur n'ait pas tué le personnage que je détestais. ;-) Bien sûr, il aurait eu d'autres choses à gérer s'il avait fait cela...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lionel Bourguet.

J'apprécie ce comédien dont le ton est toujours adéquat, ce qui fait que sa lecture est naturelle. Ici, il joue à merveille les divers sentiments des protagonistes. De plus, il parvient à modifier très légèrement sa voix pour les rôles féminins sans que cela soit affecté. Cela m'a plu, car beaucoup en font trop quand ils veulent jouer l'autre sexe.
Comme je pinaille, je dirai que j'ai été un peu déçue que Lionel Bourguet prononce «Perez» en roulant le «r». À côté de cela, il a prononcé Waterstone sans tenter de faire un accent anglais, ce qui m'a plu.

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mercredi, 12 septembre 2018

La coupure, de Fiona Barton.

La coupure

L'ouvrage:
Mars 2012.
Banlieue de Londres. Le squelette d'un bébé est trouvé sur un chantier. Kate Waters, journaliste, y voit une occasion d'écrire un article qui fera parler d'elle. Qui sont les parents de ce nourrisson? Dans quelles circonstances a-t-il été enterré?

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Je n'ai aucun reproche à lui adresser. Vous allez voir que si des choses m'ont quelque peu déplu, l'auteur n'est pas à remettre en cause.

Fiona Barton explore à merveille la psychologie de ses personnages. C'est grâce aux réactions de certains qu'on devine que ce qu'ils ont vécu les a marqués. Dès le départ, la romancière nous les fait «ressentir». Les concernant tous, mes premières impressions ont été les bonnes. Je me suis pourtant trouvée prompte à accorder ma sympathie à deux d'entre eux, et à me méfier d'une autre. La suite m'a donné raison...
Je n'ai pas toujours apprécié Kate. Je comprenais qu'elle souhaitait s'approprier une histoire qui pourrait donner lieu à plusieurs articles à sensations, mais je ne l'ai pas trouvée assez compatissante envers ceux qui se sont confiés à elle. Souvent, elle joue la compassion pour les amadouer. De plus, je n'ai pas aimé son exaspération teintée de condescendance à l'égard de Joe. Sa réserve se comprend, mais elle exagère. Elle est empathique, mais j'ai eu l'impression que tout le monde venait après elle. Il n'y a qu'au sujet de son désaccord avec son fils que je l'ai entièrement approuvée.

Assez rapidement, j'ai commencé à soupçonner ce qui était arrivé et qui était le bébé. L'auteur donne quelques indices factuels au début. Ensuite, il y a eu un personnage que j'ai très vite trouvé antipathique... Pour moi, il gérait mal ceci dans le présent, avait mal géré cela dans le passé... Mes griefs ne cessaient de s'accumuler contre ce protagoniste, ce qui m'a fait entrevoir un morceau de vérité. Puis, à mesure que le livre avançait, je confrontais mon idée aux indices donnés. Cela collait toujours. J'ai donc pu constater que mes suppositions étaient justes. Cela n'a absolument rien gâché pour moi. Je pouvais analyser le comportement de chacun à la lumière de ce que j'avais deviné, et au final, mes analyses se sont avérées bonnes. Plus les choses se tenaient, plus je pensais que Fiona Barton avait très bien construit ses personnages et son roman. Bien sûr, cette lecture s'accompagne de très forts sentiments. Il y a des personnages que j'aurais souhaité aider, un autre que j'aurais rageusement frappé et à qui je voulais dire ses quatre vérités... Qu'ils soient exaspérants ou qu'ils attirent la compassion, ils sont très réalistes, crédibles, criants de vérité.

À mon avis, l'intrigue est très bien menée, et rien ne traîne. La preuve est que malgré ma rapide trouvaille, je ne me suis pas ennuyée. À tel point qu'à la fin, j'aurais souhaité qu'il y ait une suite. L'auteur ne bâcle rien, ne laisse rien au hasard, dit tout ce qu'il y a à dire. Sa fin est bonne. Néanmoins, j'ai été triste de quitter certains personnages, et j'aurais voulu savoir comment se passait leur vie. On me dira qu'il n'aurait pas pu y avoir grand-chose. Je pense que si. J'aurais voulu un dernier chapitre comme celui de «The survivor's guide to family happiness», de Maddie Dawson. J'imaginais un déjeuner entre certains protagonistes... Cela aurait été un plus, à mon avis, pour ce livre déjà excellent.

Service presse des éditions Lizzie par l'intermédiaire d'Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par plusieurs comédiens. Chacun dit son nom en début d'ouvrage, et il me semble connaître la voix de l'une d'eux. Donc, j'ai déduit que la distribution était la suivante: Anne O'Dolan lit les chapitres narrés par Emma, Anne Tilloy interprète ceux du point de vue de Kate, Anne Kreis lit ceux du point de vue d'Angela, Clémentine Yelnick lit ceux du point de vue de Jude, et Daniel Kenigsberg interprète celui du point de vue de Will.

Il me semble que je connaissais Anne O'Dolan (sous le nom d'Anne Dolan), pour ses doublages, notamment la voix d'Abby dans «NCIS». J'apprécie cette comédienne pour ses doublages, mais allez comprendre pourquoi, je n'aurais pas parié sur elle pour enregistrer des livres. Heureusement que d'autres que moi ont pris les paris. Maintenant que je l'ai entendue, je n'ai qu'une envie: qu'elle enregistre d'autres livres qui me tenteront! Elle est tout de suite entrée dans la peau de son personnage, a su exprimer sa peur, son inertie feinte, sa douleur... Tout en finesse, par un jeu subtil et sensible, Anne O'Dolan a parfaitement incarné Emma.

Je ne connaissais pas du tout les autres comédiens.
J'ai beaucoup aimé la lecture et le jeu d'Anne Tilloy. Je me rends compte, en écrivant cette chronique, que la journaliste aux dents longues ne devait pas être si simple à interpréter. Certes, Kate est ainsi, mais si je le lui ai reproché, j'ai reconnu que la compassion qu'elle éprouvait se ressentait aussi. Cela donne un personnage complexe. La comédienne la joue avec un grand naturel.

J'ai apprécié l'interprétation d'Anne Kreis et celle de Clémentine Yelnick. Chacune a une voix assez caractéristique, et comme certaines voix peuvent me gêner, j'ai commencé par craindre que ce soit le cas. Mes appréhensions ont rapidement été balayées, car ces deux comédiennes ont, elles aussi, très bien joué les personnages de Fiona Barton.

Daniel Kenigsberg ne lit qu'un chapitre. Je n'ai donc pas pu me faire une très bonne idée de sa lecture, mais à première écoute, son jeu m'a plu.
Une excellente distribution pour un roman très bien pensé!

Je regrette que l'éditeur ait mis de la musique au début de chaque chapitre. Bien sûr, cette musique, et ici ces bruitages cadrent avec le contenu du livre, mais pour moi, c'est inutile, et cela ne fait que retarder la lecture, tout comme les blancs que la plupart des comédiens font (cela doit être demandé par les éditeurs) après avoir annoncé le numéro d'un chapitre, et (dans ce cas) donné le nom du personnage à qui il se rapporte.

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