On se reverra

L'ouvrage:
Depuis six ans, Alice Lake et ses trois enfants vivent à Riding House Bay, un petit village anglais en bord de mer. Un matin, alors qu'il pleut, la jeune femme voit un homme sur la plage. Il est assis par terre, en tee-shirt. Elle lui donne une veste, et lui conseille de se mettre à l'abri. Le soir, il est toujours là. Elle lui apporte du thé, et en discutant avec lui, s'aperçoit qu'il est amnésique. Ne pouvant se résoudre à l'abandonner à son sort, elle décide de l'héberger.

Critique:
Ce roman m'a plu. Je n'ai pas trop aimé que l'autrice alterne passé et présent, principalement parce que je voulais rester au présent, mais il est évident qu'il fallait que le roman soit construit ainsi. Il fallait que le lecteur se fasse peu à peu une idée de chacun, ait le temps de faire coller tel personnage du passé avec tel personnage du présent pour voir ce qui s'assemblait le mieux. Au bout d'un moment, j'ai fini par espérer que tel personnage du passé était tel personnage du présent, car je préférais que celui que je considérais comme «le gentil» soit celui que je pensais le plus sympathique dans le présent.

Il n'y a pas de temps morts. Les événements s'enchaînent de manière fluide. Lisa Jewell sait jouer du suspense et de la tension pour tenir le lecteur en haleine. De plus, elle s'arrange pour que le lecteur comprenne rapidement certaines choses, mais pour que ce ne soit pas assez pour qu'il tienne toute la solution. Pour cela, elle ne donne aucun faux indice. J'ai aimé qu'elle n'utilise pas cette ficelle.

Certains personnages souffrent beaucoup, et j'ai pensé que la romancière aurait dû leur épargner au moins une chose. Elle aurait pu le faire sans perturber la trame du récit.

Je n'ai pas vraiment compris l'attitude de l'un des protagonistes. Tout est expliqué, et le personnage ne ment pas. Mais pourquoi n'a-t-il pas dit, des années auparavant, ce qu'il savait à la police? La réponse de Lisa Jewell serait: «Pour qu'il puisse y avoir une intrigue à mon roman». Certes, mais en voulant que ce personnage ne soit pas dénué de conscience, elle a rendu sa non action incohérente...

À un moment, j'ai été agacée par Lily. Cependant, je me suis mise à sa place, et j'ai compris qu'elle souhaite défendre son bonheur, et ne veuille pas croire les horreurs que lui apprenait un inconnu qui semblait (en tout cas, aux yeux de Lily) malfaisant. J'étais plus encline à accorder ma compassion au personnage qui racontait cela à Lily parce que je n'étais pas impliquée, et parce que le récit m'avait naturellement poussée à la compassion pour la famille de celui qu'à ce moment-là, Lily ne connaissait pas depuis une heure.

Je ne sais pas si j'aurais souhaité que le «méchant» ait une part gentille. En général, je préfère, parce que ça donne un personnage complexe. Cependant, il existe des gens comme ce protagoniste. Là, il n'est plus question d'être gentil ou méchant, mais d'être malade ou pas... Lisa Jewell l'aurait rendu peu crédible si elle avait tenté d'atténuer le fait qu'il soit détestable, justement parce qu'il était fou.

Je recommande ce roman. :-)

Éditeur: Milady.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Van Daele pour la Ligue Braille.

Il existe une version de ce roman éditée par les éditions Hardigan, disponible sur Audible, lue par Émilie Ramet. Je ne peux pas me prononcer quant à la prestation de la comédienne, mais pour vous donner une petite idée, vous pouvez lire mon commentaire concernant son interprétation d'«Evie», de K. L. Slater.

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