Noir dehors

L'ouvrage:
New York.
Cet après-midi-là, la ville subit une panne générale d'électricité. Cet événement perturbant va avoir des conséquences inattendues sur certains personnages. Nous suivrons Naomi et Bijou, les deux prostituées d'un bar clandestin de Brooklyn; ainsi que Simon Schwartz, avocat très médiatisé; et enfin, Canal, recueilli par une famille de Canal Street, alors qu'il était nourrisson, famille qui l'a toujours méprisé,

Critique:
Tout comme dans «Providence», Valérie Tong Cuong fait se croiser des personnages qui, en d'autres circonstances, ne se seraient pas rencontrés. Ils viennent tous d'un milieu différent, et ont en commun un passé chaotique, une vie qu'ils aimeraient changer. Bien sûr, Simon est moins à plaindre que les autres, car il a choisi sa vie.
Canal et Naomi sont probablement ceux qui ont la plus grande force de caractère. L'attitude de Naomi pourrait même paraître peu crédible, compte tenu de ce qu'elle a subi.
Le lecteur appréciera Canal dont les particularités en font un être à part et charismatique.
Le roman est court, mais dense. En peu de pages, la romancière analyse finement événements et personnages.

Il est peut-être un peu étrange qu'un événement comme une panne d'électricité fasse se croiser ces gens, et fasse que certains opèrent une remise en question, mais l'auteur a su agencer son récit de manière à ce que tout s'enchaîne très bien, et que cela soit vraisemblable.

Il est peut-être un peu gros que chacun développe aussi vite de très forts sentiments en rencontrant les autres. Cela s'explique en partie par le confinement de certains personnages, et par le fait que parfois, un échange de regards peut se révéler très chargé émotionnellement. Dans le cas de Simon, il y a d'autres explications. l'une est Eden, l'autre est ce qu'il a vécu au cours de cette journée.

Vers la fin, on pourrait accuser l'auteur de piétiner un peu, lorsqu'elle raconte un même événement vu par les trois personnages principaux. Là encore, j'ai trouvé que c'était bien amené. Il n'est pas facile d'avancer et de divertir en faisant raconter la même chose à plusieurs protagonistes à tour de rôle.

Il y a quand même une petite incohérence. On ne saura jamais pourquoi, jusqu'au bout, un personnage est pris pour qui il n'est pas. Est-ce parce que celui qui se méprend souhaite ardemment rencontrer cette personne? Est-ce autre chose? En tout cas, je n'ai pas aimé ne pas savoir. C'est le seul reproche que je ferai à ce roman.

Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nelly Robert pour le GIAA

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