Noces indiennes L'ouvrage:
Madras.
Les Lindsay sont des colons anglais. Leur fils, David, est élevé avec Savitri Iyer, la fille du cuisinier. Madame Lindsay n'ayant plus de lait après la naissance de David, elle avait besoin d'une nourrice. Il se trouvait justement que madame Iyer venait d'accoucher de Savitri. David et Savitri sont donc frère et soeur de lait.
Plus tard, ils jouent toujours ensemble. Ils s'aiment. Ils veulent se marier.

Nat a cinq ans. Il vit dans un orphelinat religieux, dans le Tamil Nadu. Un jour, un médecin blanc l'adopte. Devenu le fils d'un homme bon, tout dévoué à ses malades, Nat sera élevé dans le respect de l'autre. Son père essaiera de lui inculquer des valeurs essentielles.

En Guyane Britannique, Saroj Roy aime beaucoup sa famille. Sauf Deodat, son père. Il est dur, la frappe parce qu'elle joue avec un petit garçon africain. Deodat est indien, et il déteste les africains.
Plus tard, il veut marier Saroj à l'indienne: un mariage arrangé, avec quelqu'un qu'elle ne verra pas ou peu avant la cérémonie. Saroj se révolte contre cela. Elle se confie beaucoup à son frère, Ganesh. Il lui semble qu'elle ne peut pas partager sa peine avec sa mère, une femme douce, discrète, effacée, qui se plie aux désirs de Deodat, qui préfère ne pas le contrarier.

Critique:
Ce roman est le premier qu'a publié Sharon Maas. Il a eu beaucoup de succès. Personnellement, j'ai préféré «La danse des paons». "Noces indiennes" est une grande saga qui n'est pas trop mal, mais je trouve que «La danse des paons» est supérieur.

Le roman est constitué de chapitres. Chaque chapitre nous plonge dans l'une des trois époques, dans l'entourage de l'un des trois personnages principaux: Savitri, Nat, et Saroj. Cela a deux conséquences. D'abord, c'est original. En général, les livres sont "à l'endroit". Là, selon les personnages, Sharon Maas nous parle de faits ayant eu lieu à différents moments, et jongle avec le passé et le présent de certains de ses héros.
Ensuite, ça permet de se livrer à un jeu de pistes. Tel chapitre parle de tel personnage, et dans un autre chapitre, concernant un autre personnage, on retrouve ce nom. Donc, on s'amuse à essayer d'assembler les pièces du puzzle avant que l'auteur ne le fasse. Selon les goûts de chacun, cela peut être plaisant ou agaçant.
En ce qui me concerne, j'avais trouvé presque tous les liens unissant les personnages avant que Sharon Maas ne le dise clairement.
(Note: Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre, car je vais donner des exemples précis, qui dévoilent beaucoup de choses.)
J'ai deviné assez rapidement que David était le père de Nat.
J'ai mis plus de temps à deviner que Savitri était Ma. Je l'ai trouvé quand Ma est morte.
J'ai également deviné assez rapidement que la théorie de Saroj, comme quoi sa mère avait eu un amant était erronée. Je n'avais pas trouvé qui était la maîtresse de Deodat, mais j'avais réussi à échafauder la théorie qui s'est révélée la bonne, en l'étayant par le fait que l'hallucination qu'avait eue Saroj à l'hôpital était une vraie personne. En outre, la théorie échafaudée par Saroj ne collait absolument pas au caractère de sa mère.

J'ai été assez déçue par certaines choses, notamment la mort du personnage qui a le plus souffert, juste au moment où ce personnage aurait pu trouver le bonheur. Bien sûr, ce genre de chose rend peut-être le livre plus réaliste, mais je pense qu'il n'aurait pas été invraisemblable que le personnage puisse retrouver le bonheur. Sharon Maas a été obligée de tuer ce personnage, car sinon, elle aurait dû faire certaines révélations bien avant la fin. J'aurais préféré qu'elle trouvât un autre moyen.

D'autre part, le livre traîne, à mon avis. Il est assez gros, mais parfois, les gros livres, surtout ce genre de sagas, ne traînent pas vraiment. Tout est intéressant. Là, je me suis parfois ennuyée.

Cette critique est récurrente chez moi: j'ai trouvé le coup de foudre entre Nat et Saroj extrêmement cliché et téléphoné. D'autant plus que l'amour existant entre David et Savitri s'était forgé pendant leur enfance, était né de leur complicité, et semblait très vrai.

Je n'ai pas trop aimé la fin... Enfin, si, mais je n'ai pas aimé le fait que tels personnages aient eu leur chance, alors que d'autres, non. Surtout qu'à mon avis, les personnages qui ont eu leur chance sont plus fades que ceux qui ne l'ont pas eue.

Donc, pour se plonger dans la culture indienne, je conseille plutôt «La danse des paons». Il est plus profond, traîne moins, et les clichés (s'il y en a un peu) passent mieux.

Allez, je ne peux pas finir cette critique sans râler après un détail insignifiant qui m'a énervée, car je pinaille souvent. La mère de Trixie s'appelle Lucy Quentin. Eh bien, à chaque fois que Sharon Maas parle d'elle, elle pourrait écrire Lucy, mais elle écrit toujours «Lucy Quentin». Pourquoi?

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claudine Humberset pour la Bibliothèque Braille Romande.

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