Nina et ses soeurs

L'ouvrage:
Normandie, 1900.
Bernard et Corinne Vigogne viennent d'avoir leur quatrième fille, Nina. Bernard aurait souhaité avoir un fils qui aurait repris les Tonneliers, sa ferme.
C'est le jour de la naissance de Nina que la famille Dévrou (famille riche habitant en ville), en panne de voiture, s'arrête aux Tonneliers. Malgré ce qui oppose les deux familles, cette première rencontre est loin d'être la dernière.

Critique:
Le roman de Karine Lebert s'étale sur trente ans. En général, je n'aime pas qu'un auteur fasse cela, car cela donne un résultat trop morcelé, où rien n'est creusé. Ici, cela ne m'a pas gênée, car l'auteur a bien fait les choses.

La romancière a bien planté le décor. Outre l'exploitation de la ferme qui court sur tout le roman, elle décrit certaines choses d'antan. L'école primaire était très différente. J'ai bien aimé, par exemple, la confrontation de Bernard et Corinne avec l'institutrice de Nina. Chacun a son point de vue, et chacun traite l'opinion de l'autre avec mépris. J'ai compris les raisons de chacun, mais la vraie question était de savoir ce que souhaitait Nina. Cela a fini par ne pas poser de problèmes, mais l'exemple m'a plu.

Plus tard, Karine Lebert plonge ses personnages dans les tourments de la première guerre mondiale. Ce bouleversement fait que certains seront amenés à faire des choix, à révéler certaines facettes de leur caractère. L'auteur montre bien l'impact de la guerre sur chacun et plus tard, sur les moeurs.
Outre un décor bien planté, les événements s'enchaînent de manière fluide. Les personnages sont creusés, etc.

Je trouve dommage que l'auteur ait traîné sur l'histoire d'amour. Le lecteur sait très vite quels personnages vont s'aimer. Il aurait été mieux (à mon avis) qu'ils soient plus vite ensemble, d'autant qu'elle crée des embûches assez tirées par les cheveux, et les résout de manière assez facile et répétitive. De plus, j'aurais aimé voir les amoureux dans leur quotidien.

D'autre part, l'auteur pose une énigme pendant la guerre. Cela n'avait pas forcément à être résolu. Karine Lebert décide de le faire. J'avais deviné ce qui s'était passé au moment des faits. La façon dont la solution est donnée m'a semblé très grosse.

Enfin, avant la guerre, un malheur s'abat sur la famille. Là encore, l'auteur y revient à la fin. C'est intéressant, mais les trois faits (l'énigme, le malheur et l'histoire d'amour) sont rapidement conclus les uns à la suite des autres. Cela donne une impression de bâclé, de bricolé. Bien sûr, le temps passe entre les trois faits, mais dans le roman, ils sont collés les uns à la suite des autres.

Éditeur: de Borée.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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