Ne me quitte pas

L'ouvrage:
Ce soir-là, en rentrant chez elle, Anna reçoit un choc: Matt, son petit ami, est parti en emportant toutes ses affaires. Il a même pris le soin, entre autres, de remplacer la télévision (qu'il avait achetée) par celle qui se trouvait là avant.

Critique:
Ce roman m'a plu, malgré certaines petites failles. L'intrigue est bien menée, et quand on arrive au retournement de situation qui, au départ, m'a fait tiquer, on s'aperçoit qu'il est préparé depuis le début. De plus, il montre une certaine chose sous un angle différent de celui sous lequel la plupart des gens la voient. Quant à l'autre rebondissement (celui qu'on apprend très peu après celui que je viens d'évoquer) il m'a moins plu. C'est à ce sujet que je trouve que Mary Torjussen en a un peu trop fait. Certes, celui-là aussi est préparé depuis le début. Cependant, l'une de ses composantes (justement celle qui n'est pas préparée) n'est pas crédible.

Anna est d'abord attachante, puis elle est agaçante, à vouloir retrouver Matt à tout prix. Mais finalement, elle agit comme nous le ferions tous. Lorsque je pestais après son entêtement, je pensais que si mon mari partait comme l'a fait Matt, je tiendrais à le retrouver pour que nous en parlions.

La romancière fait quelque chose d'intéressant: concernant son travail et sa vie privée, l'héroïne rencontre des soucis (je dis cela ainsi pour ne pas trop en dévoiler). Les faits étant racontés par Anna, à un moment, on peut se demander si elle dit toute la vérité. J'ai choisi de la croire. Ai-je eu raison?...

La romancière ne s'amuse pas trop balancer de fausses pistes. Il y en a une que j'ai allègrement suivie, mais je ne regrette pas qu'elle ait été là, car elle était intéressante. En outre, l'autrice ne la désigne pas avec de gros sabots, c'est le lecteur qui peut s'y engager après certains dires d'Anna.

La mère d'Anna suit un schéma classique, mais son attitude m'a agacée. J'ai beau savoir que la manière dont elle agit est courante, cela m'énerve toujours lorsque j'y suis confrontée.

D'autre part, Anna est ambivalente. Lorsqu'elle se décide à ouvrir les yeux, elle fait certaines choses en toute bonne foi, surtout une dont elle sait qu'elle est importante, mais elle fait autre chose dont elle sait que cela sera néfaste. J'imagine que c'est cohérent par rapport au genre de personne qu'elle est.

Je ne sais pas s'il y a une erreur du traducteur ou de la lectrice, mais à un moment, est employée la tournure «je la pardonne», le «la» désignant un personnage. Or, cette tournure est fausse. Quand on pardonne, «le» ou «la» désigne l'acte qu'on pardonne; pour la personne, on dit «lui». Ce qui est étrange, c'est que deux ou trois phrases plus tard, la même formule est utilisée, correctement cette fois.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sarah Amsellem pour les éditions Hardigan.

Globalement, l'interprétation de la comédienne m'a plu. Elle a su faire passer les sentiments et les émotions des personnages.
Au début, j'ai été soulagée qu'elle ne tente pas de prendre un accent anglophone pour les noms propres, et je n'ai pas compris pourquoi elle a fait une exception pour le prénom Grace. Cela ne m'a pas plu, mais heureusement pour moi, on n'entend pas trop ce prénom.
D'autre part, elle fait partie de ceux qui prononcent mal «dégingandé».
Enfin, vers la fin, un personnage compose le 999. Je n'ai absolument pas compris pourquoi la comédienne a dit «nine nine nine» au lieu de neuf-cent-quatre-vingt-dix-neuf.

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