Ne gênez pas le bourreau

Note: Cet ouvrage est à lire avant «Le styliste»

L'ouvrage:
Pavel Saoliac était le bras droit du général Boulaknikov. Lorsque celui-ci fut assassiné, Pavel, qui en savait trop long sur trop de monde, s'est arrangé pour être emprisonné. Sa peine tire aujourd'hui à sa fin.
Le général Minaïev souhaite que Pavel arrive à Moscou en vie. Il demande à la milice d'agir. C'est Anastasia Kamenskaïa qui sera chargée de convoyer Pavel. Mais pas en tant que milicienne...

Critique:
J'avoue avoir préféré «Le styliste». Cependant, «Ne gênez pas le bourreau» est un bon roman policier. L'intrigue est solide et bien menée. L'auteur parvient à sortir des cartes de sa manche jusqu'au dernier moment. Le lecteur sait certaines choses, mais l'auteur l'a voulu ainsi. Peut-être souhaitait-elle recentrer l'attention du lecteur sur la psychologie des personnages et sur les dernières révélations qu'elle fait. Le lecteur pense tout savoir, et se doutera peut-être de certaines choses ton-dites, mais il sera tout de même surpris. Malheureusement, cela ne va pas sans petits dommages. En effet, il y a des lenteurs. La deuxième partie m'a semblé très longue et lente. On comprend vite ce qui se passe, et il me semble que l'auteur en fait un peu trop. En outre, dans cette partie, on ne voit pas du tout Nastia et ses collègues, ce qui m'a un peu dépaysée, et a accentué l'effet de lenteur à mes yeux.
De plus, l'histoire de l'hypnose m'a laissée dubitative. Je comprends qu'un médecin puisse hypnotiser un patient, mais j'ai du mal à croire qu'on puisse suggérer des choses à des gens en leur parlant cinq minutes dans la rue. La romancière explique bien comment tout cela est possible. Elle le rend presque crédible. Cependant, je reste peu convaincue.

Un autre intérêt de ce livre (et je pense, d'autres romans d'Alexandra Marinina), est qu'on en apprend davantage sur la vie quotidienne en Russie. Ici, par exemple, la possibilité d'échange d'appartements est quelque chose que j'ignorais. Mais ce n'est qu'un exemple...

Comme dans «Le styliste», j'ai apprécié Nastia. Elle aime son travail (peut-être un peu trop...), est paresseuse quant à tout le reste, fume trop... bref, un protagoniste très réaliste!
J'aurais aimé la voir davantage dans la vie du quotidien. Je sais que le but d'un tel roman n'était pas la vie privée de Nastia, mais j'ai trouvé que dans «Le styliste», enquête et vie privée étaient subtilement et habilement mêlées. J'aurais aimé retrouver cela dans «Ne gênez pas le bourreau».

Pavel est fascinant. Tout au long du roman, Alexandra Marinina nous en brosse un portrait de plus en plus complexe. Le lecteur aura une opinion défavorable à son sujet, tout en n'oubliant pas son charisme et ses côtés quelque peu attachants. Et puis, quand on fraie avec le pouvoir et les hommes sans scrupules, on finit par être contaminé...

Remarques annexes:
J'ai aimé la conversation entre Nastia et son mari quant à la littérature.
J'ai apprécié la première scène où on voit Nastia. Je ne m'explique pas vraiment pourquoi... peut-être parce qu'elle est très réaliste, et aussi parce que tout ce qui touche au froid me fascine...

Éditeur: éditions du Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Natacha Lytier pour l'association Valentin Haüy.

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