My absolute darling

L'ouvrage:
Turtle Alveston a quatorze ans. Elle connaît les bois environnant son village comme sa poche. Elle vit seule avec son père depuis de nombreuses années. À l'école, elle ne parvient pas à faire grand-chose. Elle n'a pas d'amis, est réservée...

Critique:
Avant de lire ce roman, j'avais entendu dire qu'il était très bien, mais très dur. Je partage cet avis. Le livre m'a beaucoup plu. Si certaines scènes sont extrêmement dures, ce que suggèrent d'autres l'est également.

Je ne suis pas allée aussi loin que la quatrième de couverture dans mon résumé, non (pour une fois) parce qu'elle en dit trop, mais parce que je ne voudrais pas que les personnes qui me lisent et qui n'ont pas lu ce roman pensent que Turtle va se battre pour elle-même uniquement parce qu'elle a rencontré Jacob. (C'est ce que j'ai cru à la lecture du résumé.) Turtle fait les choses par paliers. Elle finit par se prendre en main et faire la part de tous ses sentiments, mais Jacob ne joue pas un rôle si grand que cela dans ses choix. Il a son importance, mais ce n'est pas lui qui fait que Turtle décide de lutter.

Turtle est le personnage qui donne sa force au roman. C'est une enfant dotée d'une extraordinaire force de caractère. Je ne sais pas ce que je serais devenue si j'avais subi ce qu'elle a enduré. Elle est remarquable. Sa psychologie est très bien décrite et analysée. J'ai compris chacune de ses réactions, même si j'en désapprouvais certaines. Sa mésestime de soi, la façon dont elle s'admoneste et sermonne (plus tard) Jacob, le déchirement qu'elle éprouve lorsque son coeur lui dit à la fois de lutter et de se soumettre... tout cela est compréhensible.

Je ne sais pas trop ce que l'auteur voulait que le lecteur pense de Martin. Pour ma part, je n'ai rien trouvé de positif chez lui. Il n'a jamais attiré ni ma compassion ni ma sympathie. Je m'attendais à ce que Gabriel Tallent atténue mon dégoût envers ce personnage en montrant des moments de réelle tendresse et de véritable complicité entre Turtle et lui. Je n'en ai trouvé aucun. On me dira peut-être qu'il y a le rite de la bière lancée par Turtle. Si ça, c'est un moment de complicité...

Martin se plaint de son père qui ne l'aimait pas, mais le lecteur ne sait jamais ce qu'il lui reproche exactement. Il n'y a jamais d'anecdotes. J'ai fait le parallèle avec «Shelter» où, au début, je trouvais le héros (Kyung) injuste avec son père, jusqu'à ce que soient contées au lecteur des scènes de l'enfance de Kyung. Ici, on n'a que la parole de Martin, et étant donné ses actes, elle ne vaut rien. Je me suis d'ailleurs demandé pourquoi Turtle l'aimait. Peut-être à cause de l'attachement presque inné qu'on éprouve pour ceux qui nous élèvent, mais dans le cas de Martin, je ne l'ai pas compris, car rien ne me plaisait ou ne me paraissait digne d'intérêt chez lui. Cela n'a pas rendu Turtle fade à mes yeux. Au contraire, j'ai pensé qu'elle se raccrochait à ce qu'elle pouvait pour ne pas sombrer.

Le roman se passe dans les années 2010 (un personnage lit «Twilight»), mais j'avais l'impression qu'il se passait dans les années 50, voire avant. Peut-être à cause de l'amour de Turtle pour sa maison et ses bois, peut-être parce qu'un village entouré de bois et d'eau évoque (pour moi en tout cas) des temps reculés...

L'auteur ne bâcle pas sa fin. Cependant, j'aurais aimé qu'il y ait des chapitres supplémentaires qui en auraient dit davantage sur la manière dont les choses évoluent. Les derniers chapitres en donnent une bonne idée, mais je crois que je ne voulais pas quitter un certain personnage après qu'un événement donné s'est passé...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Bouvet.

Je ne connaissais pas du tout Marie Bouvet. J'ai apprécié son jeu. Ce livre plein d'émotions n'a pas dû être facile à lire à voix haute. Pour moi, la lectrice s'en sort très bien. C'est un tour de force parce qu'elle n'a pas surjoué. Les situations et le caractère de certains auraient pu pousser à trop en faire. Colère, désespoir, effroi, haine, Marie Bouvet joue très bien ces sentiments paroxystiques. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins. Elle ne prononce pas les noms étrangers en tentant de faire un accent. (J'avais peur qu'elle dise «Turtle» de manière affectée.) Je l'entendrai à nouveau avec grand plaisir.

J'ai remarqué que l'éditeur a demandé à la comédienne d'indiquer qui avait traduit l'ouvrage. J'espère que cela sera toujours mentionné (pour les romans étrangers, bien sûr ;-) ) dorénavant.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux ou trois pistes.

Comme je lis également en anglais, il arrive que je tombe sur des livres audio existant en anglais et en français. Lorsque le lecteur me plaît dans les deux langues, mon dilemme est terrible! ;-) Pour «My absolute darling», je n'ai aucune question à me poser, non seulement parce que la prestation de Marie Bouvet est excellente, mais parce qu'en VO, le roman est lu par une lectrice qui, pour moi, fait d'horribles effets de voix. Sa voix a une particularité, et elle la fait énormément ressortir, ce qui me déplaît beaucoup.

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