Mother land

L'ouvrage:
Rachel (américaine dans la trentaine) et Dhruv (indien) sont mariés depuis peu. Selon le souhait de Dhruv, ils ont quitté New York (où habitait la jeune femme et où il était de passage) pour s'installer à Mumbai. Rachel a du mal à se faire à la vie en Inde. Alors qu'elle cherche ses repères, la mère de Dhruv, Swati (qui habite Kolkata, et que Rachel n'a rencontrée qu'une fois) débarque, et annonce qu'elle a quitté son mari, et va maintenant vivre chez son fils. La cohabitation des deux femmes n'ira pas sans heurts.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Au-delà d'une histoire sympathique et de personnages attachants, il évoque très bien la tolérance à travers les différences à la fois de cultures et de personnalités. Au début, les deux héroïnes ne cherchent pas à se comprendre: La jeune femme se sent envahie par quelqu'un qui veut lui dicter sa conduite, et sa belle-mère veut diriger la maisonnée. Leurs désaccords culminent en un point: l'embauche ou pas d'une cuisinière. La copine que se fait Rachel lui dit qu'elle n'a qu'à en profiter. Certes, mais notre héroïne aime cuisiner. En outre, être contrariée sur ce point lui fait penser qu'elle n'a plus aucun droit chez elle. D'un autre côté, les expatriées avec qui elle déjeune amplifient les choses, et prêtent certaines mauvaises intentions à Swati. Heureusement, à ce moment-là, Rachel ne perd pas les pédales, et parvient à faire la part des choses: Sa belle-mère l'agace, elles ne se comprennent pas, Swati veut régenter certaines choses, mais elle n'a pas les mauvaises intentions que lui prête le groupe d'expatriées. Ces femmes disent à Rachel d'accepter la cuisinière pour avoir moins de choses à faire à la maison, et attaquent Swati en spéculant sur des choses qu'elle n'a pas faites.

Plus tard, Swati remet certaines choses en question, et bien qu'elle prône la bienséance dictée par sa culture, elle écoute ses envies, et comprend qu'il faut être nuancé. Les deux femmes finissent par s'écouter, et tenter de comprendre l'autre. Chacune fait un vrai travail sur elle-même, et se force à baisser certaines barrières supposées infranchissables afin de se trouver soi-même.

Outre cette belle leçon de courage et de tolérance, l'autrice parsème son roman de notes humoristiques. Par exemple, le bris de verres aux moments tendus engendre une espèce de comique de répétition. Le travail que fait Rachel est un genre de détente pour elle, et c'est un sujet grâce auquel elle trouve un moyen de communiquer avec Swati.

Je ne sais pas quoi penser de Dhruv. Je ne l'aime pas vraiment, mais ce n'est pas un personnage détestable.

J'ai apprécié que dans le dernier chapitre, Leah Franqui prenne le temps de décrire la manière dont ont évolué les choses. Bien sûr, cette évolution me plaît, mais en plus, moi qui trouve souvent que les romans auraient besoin d'un chapitre supplémentaire, ici, je pense que l'autrice ne frustre pas son lecteur.

Il existe un autre roman de Leah Franqui, mais je ne le lirai pas, car je n'apprécie pas le jeu de la comédienne qui l'a enregistré, entre autres parce qu'elle prend un accent exagéré pour les personnages étrangers.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Amy McFadden pour les éditions Harper Audio.

Amy McFadden fait partie de mes comédiens favoris. Ici, on pourrait me dire qu'elle aussi prend un accent pour les personnages étrangers. Certes, mais elle ne l'exagère pas.

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