Morts croisées

L'ouvrage:
Véra est mariée avec Stanley.
Depuis quelque temps, Maud, la mère de Véra, habite chez le couple. En effet, depuis son infarctus,il est préférable qu'elle ne vive pas seule. Maud est très riche. Elle promet à Véra que tout son argent lui reviendra. seulement, Maud souhaite que ce faignant de Stanley ne puisse pas en profiter. Elle pousse Véra à le quitter. Elle explique, par ailleurs, que son testament contient une clause spéciale: si elle meurt d'autre chose que d'une crise cardiaque, son argent ira à sa meilleure amie, Ethel Carpenter. Elle est sûre que Stanley voudrait la tuer pour hériter: cette clause la prémunit donc contre ce genre d'«accidents«.

Véra travaille d'arrache-pied pour gagner sa vie. Stanley vit sur ce que gagne sa femme, et travaille par ci par là. Tout ce que pense Maud à son sujet est vrai. Véra sait que son mari ne pense qu'à l'argent, mais espère encore. En outre, elle pense que son mari, même s'il est pressé d'hériter, n'irait pas jusqu'à tuer sa mère.

Critique:
Comme je l'ai dit dans une autre critique, certains livres de Ruth Rendell sont très bien ficelés, et d'autres sont plutôt faciles. Celui-là fait partie des faciles, à mon avis. Les personnages sont assez caricaturaux: Maud est une vieille dame cancanière, Stanley ne pense qu'à l'argent, Véra s'accroche à lui pour sauver ce qui pourrait l'être. A un moment, on pense que Véra n'est pas ce dont elle a l'air. C'est au moment où elle sermonne son mari et sa mère, et jure de partir si une dispute de plus a lieu. Ici, le lecteur se dit: haha! Véra n'est pas aussi bétasse qu'elle en a l'air. Plus tard, lorsque l'histoire avance, on se dit que c'est Véra qui va tout élucider, Véra qui, sous ses airs de dinde, va à nouveau montrer sa perspicacité. Malheureusement, les espoirs du lecteur sont déçus. Véra met très longtemps à comprendre ce que sont devenues les 400 livres, par exemple. Il lui faut également énormément de temps pour comprendre le mystère des comprimés. C'est un peu dommage, car son coup d'éclat du début laissait présager autre chose.

Il y a quelques rebondissements: l'accident fortuit d'Ethel Carpenter, l'apparition de Caroline... Mais certains autres éléments de l'histoire traînent et sont un peu gros: l'attente de Stanley après qu'il a arrangé la vérité, les scènes entre Stanley et Véra.
La fin aussi traîne un peu. En outre, je n'ai pas bien compris si Stanley délire vraiment, à la fin, ou s'il nous révèle quelque chose d'assez terrifiant (je parle du nom qu'il donne, alors qu'il se parle à lui-même). S'il ne délire pas, cela rehausse un peu la fin à mes yeux. On découvre un autre mobile à Stanley. On se demande si Maud n'était pas au courant, et si cela n'était pas pour beaucoup dans sa haine pour Stanley. Mais Maud ne devait pas savoir, sinon, elle n'aurait pas été si pressée de voir débarquer une personne dont je tairai le nom.
Je ne m'explique pas bien le geste final de Stanley. Enfin, on peut le comprendre, étant donnée sa situation, mais tout de même...

Le titre français est très bien choisi, à mon avis: entre la passion de Stanley et les événements qui se passent, le jeu de mots est bien trouvé. Je me demande si le titre original est aussi bon. Il a sûrement à voir avec la passion de Stanley, car le titre de chaque partie s'y réfère.

J'ai passé un bon moment avec ce livre, mais je ne vous le recommande pas absolument. Si vous ne savez pas quoi lire, et souhaitez un polar gentillet, vous pouvez choisir ce livre. On ne réfléchit pas, on se laisse porter. Moi, ça m'allait bien, car j'étais enrhumée (et donc très fatiguée) quand je l'ai lu. Il tombait à pic.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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