Monster

Note: les noms propres ne sont pas épelés. Veuillez donc excuser, voire me signaler les éventuelles fautes d'orthographe les concernant.

L'ouvrage:
Paul Becker est médecin. Il a ouvert, il y a peu, sa clinique. En ce moment, il fait beaucoup de gardes, afin de pouvoir rembourser ses crédits.

Un soir, son ami, Cameron Cole, policier, arrive à la clinique avec un suspect blessé: Alan Smith. Paul le soigne. C'est alors que le patient tente de s'échapper. Il est rapidement maîtrisé, et Cameron l'emmène.
C'est après leur départ que Paul trouve le téléphone portable oublié par Alan Smith.

Critique:
Tout au long du roman, j'ai pensé: «Ah, mais ça ne va pas du tout! Telle chose est une incohérence! Telle autre aussi!» L'auteur n'étant pas aussi stupide que je voulais le croire, il a expliqué toutes les incohérences que j'avais notées, et je ne peux qu'admirer son talent.
J'étais également prête à lui reprocher une chose que je trouvais tirée par les cheveux, chose à propos de laquelle les futurs lecteurs ne manqueront pas de se récrier, avant de découvrir, à la fin du roman, qu'elle est expliquée de la manière la plus logique qui soit.

L'intrigue est bien menée, les personnages sont attachants. Bien sûr, il y a des personnages qui sont uniquement méchants, et donc qui paraissent un peu caricaturaux. Mais l'auteur a su leur donner une épaisseur, et finalement, ils ne font pas tellement cliché. Ils font plutôt peur, ce qui était le but.
De tous les personnages, le plus admirable est sûrement Sean.

L'auteur utilise des ficelles auxquelles j'aurais dû penser: il nous fait passer certains personnages pour ceci ou cela, puis nous révèle qu'il nous a bien eus, que ces personnages ne sont pas du tout ceux que l'on croit. C'est une ficelle que, d'habitude, on voit venir à des kilomètres. Ici, elle est finement employée, et les éléments dévoilés n'arrivent pas comme des cheveux sur la soupe. Au contraire, ils expliquent certains faits, en rendent d'autres plus réalistes.

Le coeur du roman (ce que font les «méchants»), est quelque chose d'effrayant. D'abord parce qu'on ne s'habitue jamais à une telle horreur, ensuite parce que Cosh a trouvé une manière d'intensifier l'horreur. La façon dont il s'y emploie, malgré l'étonnement de ceux qui la découvrent, est malheureusement simplissime.

La fin n'est pas toute rose. Cette fin me convient. Elle contient l'espoir et l'attente. Tout n'est pas réglé, c'est justement ce qui donne une impression de réalisme.
L'auteur nous laisse avec la question épineuse de l'amitié, du pardon. Personnellement, je comprends George et Cam, mais c'est facile de dire cela lorsqu'on n'est pas impliqué.

J'ai tout de même quelques petits reproches à faire.
Comme dans de nombreux romans policiers, la police a l'air d'être le dindon de la farce, et c'est encore le héros, qui est plus intelligent et plus ouvert d'esprit que tout le monde, qui résout l'affaire. Cette ficelle est un peu agaçante.
Je déplore que le récit soit écrit au présent de l'indicatif.
Il y a tout de même un passage un peu gros, dont le déroulement n'est pas absolument clair: l'arrestation de George... Où vivait-il exactement?... On dirait qu'il vivait aux deux endroits au même moment...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Antoine Tomé pour les éditions Audiolib.
Antoine Tomé, par ailleurs comédien de doublage, a très bien lu ce roman, sachant mettre le ton qu'il fallait, faire monter l'angoisse, et transformant sa voix à bon escient pour la majorité des personnages. Cependant, il a dû affronter le revers de la médaille de la fameuse transformation de sa voix. S'il a habilement fait des voix d'hommes, il a moins réussi à faire celles des femmes. Ça lui donne une voix affectée et précieuse. Pourtant, il est évident qu'il ne cherche pas à prendre une voix précieuse: il veut seulement marquer la féminité de la personne qui parle. J'espère qu'il enregistrera à nouveau des romans.

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