Mon amie Adèle

L'ouvrage:
Louise est divorcée, elle a un fils de six ans. Un soir, dans un bar, elle rencontre un homme qui lui plaît. Ils discutent, s'embrassent... Mais Louise se rend compte que c'est son nouveau patron, David Martin, et qu'il est marié. Elle se résout à faire une croix sur lui. C'est alors qu'un matin, dans la rue, elle entre en collision avec Adèle, la femme de David. Elles sympathisent, Adèle semble souhaiter garder le contact, et faire de Louise une amie.

Critique:
J'ai rapidement compris que ce roman était de ceux qu'il fallait lire en faisant attention à certains «indices» parce qu'il est de ceux dont on a envie de décortiquer les chapitres une fois qu'on sait la fin. Maintenant que je l'ai terminé, je peux dire que ce n'est pas au point d'autres thrillers (comme par exemple les Nina Laurin), mais qu'il est bien de se souvenir que tel personnage a dit ceci de telle manière. Il y a quand même certains chapitres que j'ai envie de relire... ;-)

Pour moi, ce récit ne souffre pas de temps morts. Pendant un moment, Sarah Pinborough remplit la tête du lecteur de questions: quel personnage faut-il croire? Pourquoi Untel agit-il ainsi? Le lecteur fait le même cheminement que Louise. D'abord, les éléments qu'elle a la mènent à penser d'une façon donnée pendant une partie du roman. Ensuite, autre chose retourne la situation. À ce moment, j'ai su gré à l'autrice d'expliquer certains éléments, un en particulier. Si elle ne l'avait pas fait, elle aurait pu être prise en flagrant délit d'incohérence.
À ce sujet, pour moi, il y a une incohérence. Il n'est pas logique que Louise fasse ce qu'elle fait à la fin du chapitre 55. Elle aurait même dû penser quelque chose qui l'aurait carrément dissuadée. Bien sûr, il n'y avait pas vraiment de moyens de le lui faire faire autrement, et la romancière a expliqué les raisons de son geste, mais Louise a beau être une bonne pâte, ce n'est absolument pas crédible, sachant ce qu'elle sait.

Un aspect du roman pourrait déplaire à certains. C'est ce que j'appellerai (pour en dire le moins possible quant à la nature de l'élément) le côté fantastique. Cela ne m'a pas dérangée pour plusieurs raisons. D'abord, même si le roman est un thriller psychologique, et qu'on ne s'attend pas à trouver du fantastique dans ce genre-là, cela m'a fait penser à ce qu'a pu écrire Bernard Werber dans plusieurs de ses romans, même si chez lui, le côté thriller est bien moins présent. De plus, un de mes films préférés est le thriller fantastique «Dead again» où les deux aspects sont bien exploités et bien imbriqués. La façon de faire de Sarah Pinborough m'a rappelé cela: l'incursion du fantastique ne m'a pas paru incongrue parce qu'elle est préparée et bien amenée. Ensuite, l'aspect fantastique utilisé ici est quelque chose que certains disent pouvoir faire. Quant à moi, je ne suis pas dans la tête de ceux qui affirment que c'est possible, donc je ne peux pas savoir s'ils mentent ou disent la vérité. En tout cas, l'éventualité que cela soit réalisable n'est pas à rejeter.

Je n'ai pas aimé la fin. Elle fait fin de mauvais film d'horreur, et je n'aime pas tout ce qu'elle implique pour les personnages. Je pense que l'écrivain aurait pu la faire différente tout en rendant possibles la révélation finale. De plus, cette fin a été possible à cause de l'incohérence du chapitre 55.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Audiolib. Les chapitres narrés par Adèle sont lus par Françoise Cadol, ceux relatés par Louise sont enregistrés par Audrey Sourdive, et les autres sont interprétés par Benjamin Jungers.

J'ai retrouvé avec plaisir la voix classe et la diction soignée de Françoise Cadol. Ici, elle devait jouer totalement différemment que dans, par exemple, «La part des flammes», car l'ambiance est complètement autre. Elle s'est très bien tirée de ce rôle. Je ne peux pas trop dire ce qu'elle devait faire passer, pour ne pas en dire trop concernant l'intrigue, mais elle l'a très bien fait.

Je n'étais pas ravie quand j'ai su que Benjamin Jungers était de la partie, trouvant qu'il en fait trop. Ici, son interprétation ne m'a pas déplu. J'en suis contente, car soit il est parvenu à ajuster son jeu, soit je deviens un peu moins sévère. En tout cas, dans «Mon amie Adèle», il n'a pas surjoué, et a bien rendu les sentiments des personnages. Je lui redonnerai donc sa chance avec moins de réticence.

Je ne connaissais pas du tout Audrey Sourdive. Dans ce roman, c'est sûrement elle qui avait le plus d'émotions et de sentiments à jouer. Je l'ai trouvée parfaite! Pour moi, c'est une excellente recrue dans le monde du livre audio! Pourvu qu'elle enregistre d'autres livres qui me tenteront!

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