Mille soleils splendides

Note: Ne lisez pas la quatrième de couverture, elle on dit trop.

L'ouvrage:
Afghanistan.
Mariam vit avec sa mère. Elle voit son père tous les jeudis. Celui-ci a trois femmes et dix autres enfants. Mariam est une enfant illégitime.
Un jour, son père lui parle d'un dessin animé qu'il diffuse dans le cinéma dont il est propriétaire: «Pinocchio». Elle veut le voir en compagnie de ses «frères et soeurs». C'est à partir de ce moment qu'elle se rend compte que l'amour de son père n'est pas si grand qu'elle le pensait.

Critique:
J'ai de très loin préféré ce roman à «Les cerfs-volants de Kaboul». L'auteur y décrit magnifiquement des personnages, un décor, une époque, un pays. Il tisse artistement un écheveau de sentiments et d'émotions duquel le lecteur ne sortira pas une fois le livre refermé.
Les protagonistes voient leur histoire indissociable de celle de leur pays. En effet, leurs vies prendront certaines trajectoires à cause d'hommes qui déchirent le pays et piétinent ses habitants. Au milieu de ce chaos, l'espoir naît de petits gestes, d'une indéfectible amitié construite au coeur de l'angoisse, du sourire d'un enfant qui montre à ses «mères» que là est l'essentiel. En d'autres circonstances, cette amitié n'aurait jamais existé.
L'auteur évoque également l'amour presque viscéral que les afghans vouent à leur pays.

Mariam touchera le lecteur. C'est un personnage noble. Malgré ce qu'elle pense elle-même, elle n'est jamais aigrie ni rustre. Elle est sage. Elle rayonne, sa présence illumine le roman. Elle trouve la force et la sagesse de se résigner lorsqu'elle ne peut rien changer. Elle trouve le courage de se révolter lorsque ceux qu'elle aime sont menacés. Elle est comme un soleil protecteur, forte d'un savoir que seul la grandeur d'esprit apporte. Enfant solaire que la vie se chargera d'endurcir, elle se construit seule.

Pour moi, Mariam éclipse un peu les autres personnages. Cependant, aucun n'est fade. Khaled Hosseini a su les créer épais.
Je reste tout de même dure envers le père de Mariam. Malgré son cheminement, je ne parviens pas à lui pardonner.
Quant à Laila, il est facile de s'identifier à elle, car elle a des réactions et des préoccupations qui seraient sûrement les nôtres à sa place.

La structure du roman est pertinente. L'auteur nous présente Mariam, puis Laila. Dans la troisième partie, les points de vue alternent.
Malgré son épaisseur, ce livre ne souffre d'aucun temps mort. Le lecteur respirera au rythme des personnages, et ne les abandonnera qu'avec regret... à la fin de l'ouvrage.
Le style est direct, fluide, parfois poétique.

Attention! Ne lisez pas ce paragraphe si vous n'avez pas lu le roman.
Rien n'est bâclé, rien n'est incohérent, mais j'aurais préféré que Mariam s'en sorte. Bien sûr, son raisonnement était logique, il n'y avait pas d'autres solutions. Et puis, j'en ai voulu à Laila (que je trouve un peu tiède à côté de Mariam), de n'avoir pas fait son possible pour la «sauver». Là encore, je suis injuste, puisque le juge explique bien qu'il lui faudrait un autre témoignage que celui de Laila... Ma plainte est donc totalement subjective et illégitime... mais je la formule quand même. ;-)

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Frédérique Pralong pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix douce et agréable. D'autre part, elle a su trouver le ton adéquat pour lire ce roman, prêtant à merveille sa voix à l'auteur et à ses personnages. En outre, j'ai apprécié sa diction claire et soignée.

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