Jusqu'à ce que la mort nous sépare

L'ouvrage:
J.T. Dylan, ancien militaire, vit retiré chez lui entre la bière, la tequilla, et ses remords. C'est alors qu'une jeune femme (Tess), débarque, et lui demande de lui apprendre la self-défense. Elle explique laconiquement qu'elle doit se protéger de son ex-mari.

Critique:
J'ai été déçue par ce roman. D'abord, son extrême lenteur est décourageante. Je l'ai fini parce que c'était un roman de Lisa Gardner. Cette lenteur lui fait perdre énormément de force. Par exemple, il y a de longues discussions pour savoir qui est réellement la jeune femme, de quoi elle a réellement peur, etc. Ce n'est qu'un exemple: tout le roman souffre de longueurs.

D'autre part, l'auteur jalonne son récit de retours en arrière dans le passé de Tess, afin que le lecteur comprenne ce qui lui est arrivé. Si l'histoire est intéressante, les retours en arrière finissent par être inutiles et provoquer des longueurs. En effet, l'auteur donne des exemples de maltraitance subie par Tess, mais tout est trop étalé.

C'est le troisième roman de Lisa Gardner que je lis, et le troisième où il est question de viol (ici, c'est même de l'inceste) sur mineurs. Si le sujet est délicat et douloureux, s'il faut se prémunir contre ces horreurs au maximum, j'ai peur que la romancière le galvaude en l'utilisant trop. Cela risque de lasser le lecteur.

D'autre part, le dangereux Jim n'est pas très crédible. Il échappe à tout le monde, est plus fort que tout le monde, est partout à la fois, triomphe de personnes armées et surentraînées... Soit, c'est un policier, donc, il a certains moyens; soit, il est malade, donc il a certaines capacités. Mais je l'ai trouvé plus ennuyeux qu'effrayant.

La manipulation est bien exploitée. Lisa Gardner donne des exemples pertinents de ce qu'a fait Jim pour que Tess finisse par se croire une moins que rien.
Il est d'ailleurs très bien que la jeune femme, malgré ce bourrage de crâne, ait trouvé la force morale d'agir. Cela fait que ce livre sort un peu des sentiers battus. La femme maltraitée ne tend pas l'autre joue. J'ai aimé cet aspect de l'intrigue.

D'autre part, les personnages de J.T. et de Marion sont également intéressants. La façon dont ils vivent avec ce qu'ils ont subi, le fait que J.T. se reproche le mal qui arrive à ceux qu'il aime... C'est assez complexe, mais tout à fait compréhensible et crédible.

Remarque annexe:
Ce roman est également le premier où l'on rencontre Pierce Quincy, l'agent du F.B.I. qui devient récurrent par la suite. Il faudrait creuser, mais je me demande s'il n'y aurait pas une incohérence. En effet, ce roman se passe en 1995 (c'est de là que date un interrogatoire de Jim), et Quincy vient de divorcer. J'avoue ne pas avoir saisi si c'était de Rainie (auquel cas, il n'y aurait pas d'incohérence), ou de sa première femme. Si c'est de sa première femme, il y a une incohérence, puisque «Say goodbye» se passe en 1988 ou 1989, et que Quincy et Rainie viennent chez Kimberly.

Éditeur français: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jennifer Woodrow.
L'interprétation était globalement bonne. Cependant (peut-être pour se mettre au diapason), la lectrice lit un peu trop lentement. En outre, sous prétexte que Tess vient d'un petit village du Nord, elle lui fait un horrible accent qui m'a écorché les oreilles! Ce n'était pas naturel du tout! J'ai trouvé, par exemple, que Julia Gibson jouait mieux lorsqu'elle prenait un accent du Sud pour la mère dans «Deep dish».

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