Shantaram

L'ouvrage:
Un homme s'évade d'une prison australienne. Il se rend à Bombay où il espère que ceux qui le cherchent ne le trouveront pas. Il se fait rapidement un ami, Prabaker, qui décide de l'appeler par le diminutif du nom sous lequel il se présente: Lin. Lin fera des rencontres, et vivra des événements éprouvants.

Critique:
J'ai tenté ce livre il y a plusieurs années. Le premier chapitre étant très descriptif (en tout cas, de mon point de vue), j'ai renoncé. Récemment, une amie m'a dit qu'elle l'avait lu et beaucoup aimé. Et puis il est apparu dans les sorties Audiolib.. J'ai pensé que je devais le retenter, d'autant qu'il est enregistré par un comédien très talentueux. Je suis contente d'avoir donné une seconde chance à ce livre, car il m'a beaucoup plu.

Le narrateur décrit, avec justesse et précision, les multiples facettes de la ville de Bombay. Ce qu'il y vit le poussera à des introspections, et il ne niera jamais sa responsabilité dans tel ou tel événement. Il mettra du temps à expliquer pourquoi il a été emprisonné en Australie, en parlant par petites touches...
Parfois, Lin explique qu'il comprend que dans telle situation, ses actes n'étaient pas totalement désintéressés, qu'il se rendait compte qu'entrait une part de présomption dans ce qu'il faisait. Lorsqu'il expose ses sentiments et ses raisons d'agir, il décide de ne rien cacher au lecteur. Il vit un tourbillon d'aventures et d'émotions, dont il reconnaît (sans le tourner ainsi) que certains le rendront humble. Par exemple, il est d'abord rebuté à l'idée d'habiter dans le bidonville de Prabaker, à l'idée que Karla (la mystérieuse femme dont il est tombé amoureux) sache qu'il y vit), puis il se rend vite compte qu'il apprécie beaucoup l'ambiance de l'endroit, la sympathie des gens, etc. C'est d'ailleurs dans le bidonville que se déroule une chose extrêmement marquante qu'à mon avis, on devrait mettre en pratique pour toute personne frappant son conjoint ou sa conjointe. Outre cet épisode, la vie dans le bidonville apporte des leçons de sagesse à Lin et au lecteur aussi.

Si j'ai bien compris, ce livre est basé sur l'histoire de l'auteur. Je ne sais pas quelle est la part de vérité et ce qui a été romancé, mais en tout cas, cela se lit comme un roman. Il n'y a pas de temps morts, malgré l'épaisseur de l'ouvrage. Bien sûr, le lecteur s'attachera à certains personnages, et en dépréciera d'autres. Par exemple, au tout début, je n'ai pas aimé Lisa. À sa décharge, la première fois qu'on la voit, elle est en mauvaise posture, et a très peur. À mesure du récit, elle évolue, et se révèle posée. Je ne peux pas trop parler des autres, car je ne veux pas dire ce que le livre nous apprend sur celui-ci ou celui-là. Je peux seulement dire qu'il en est certains que je n'ai pas aimés dès le départ, et sur lesquels je ne me suis pas trompée. Quant à ceux qui m'ont plu dès le début, je n'ai pas de mérite à les avoir bien cernés, car n'importe quel lecteur devinera rapidement qu'ils ne recèlent aucun artifice. Quant au narrateur, je me demande comment il a supporté tant de souffrance morale et physique... Je ne peux pas en dire davantage pour ne pas trop en dévoiler. C'est un peu la même chose concernant beaucoup d'événements du livre: je ne veux pas trop en dire...

Il semblerait que l'auteur ait écrit la suite de ses tribulations. Je ne sais pas si cette suite a été traduite, mais si c'est le cas, j'espère qu'elle sortira en audio.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Damien Witecka.

Ce n'est que le deuxième ouvrage enregistré par ce comédien que je lis. Son interprétation m'a confortée quant à ce que je pensais de son jeu après ma lecture de «La fenêtre panoramique». Dans «Shantaram», Damien Witecka n'avait pas la partie facile. Plusieurs scènes sont pleines de très fortes émotions, il a décidé (sûrement en accord avec l'éditeur audio) de donner un accent à certains personnages. Ces cas de figure sont deux cas où beaucoup surjouent, ce que Damien Witecka n'a pas fait. Il a parfaitement joué les émotions (certains personnages pleurent ou sont dans un état psychologique déplorable), et n'a jamais exagéré les accents. C'est la même chose lorsqu'il joue la verve et la bonne humeur de Prabaker: son interprétation est sans failles! Il a brillamment relevé le défi que constituait cet énorme livre aux multiples personnages et émotions. Je ne me mêle pas des prix du livre audio parce que je serais obligée, si j'y participais, de lire des ouvrages qui ne m'intéressent pas, mais j'estime que Damien Witecka mérite une récompense pour sa lecture de «Shantaram».

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