Lecteur : Walsh Suzanne

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lundi, 4 janvier 2010

Pour les yeux d'un enfant, de Richard North Patterson.

Pour les yeux d'un enfant

L'ouvrage:
Teresa Peralta est mariée avec Ricardo Arias depuis cinq ans. Ils ont une fille, Elena.
C'est alors qu'excédée par l'attitude de Richie (parasite manipulateur), Terry le quitte. C'est ici que son calvaire commence: Richie et Terry vont se battre pour la garde d'Elena, et Richie n'hésitera pas à manipuler l'enfant pour obtenir ce qu'il veut: de l'argent, toujours plus d'argent.

Critique:
Ce livre est très long. Je ne sais pas combien il y a de pages, mais en audio, il dure vingt-trois heures et quelques. Rassurez-vous, on ne passe pas vingt-trois heures sur le combat pour la garde d'Elena. Beaucoup d'événements se passent, justifiant la longueur du roman. Cependant, il souffre de longueurs. En plus, ces longueurs sont très balisées: description démesurée de petits détails du style: il s'assit, il prit un verre, il la regarda, etc. Ces longueurs sont donc d'autant plus exaspérantes qu'on voit gros comme une maison qu'elles sont là pour faire du remplissage.

Les personnages et les situations vécues sont très réalistes. C'est à se demander si l'auteur ne s'est pas inspiré de faits réels. Richard North Patterson nous expose les rouages du système judiciaire de manière très détaillée. J'ai déjà lu des romans dans lesquels il y avait des combats pour une garde, des enquêtes, des procès pour meurtre, mais jamais un livre rassemblant tout cela. C'est ce qui en fait un roman complet, à mon avis. Par exemple, avant le procès, nous assistons au choix des jurés, puis le procès est très détaillé: nous avons droit à des scènes comme celle du médecin légiste reconstituant la scène du meurtre d'après les indices trouvés sur le corps, la psychiatre de Richie décrivant son caractère... Tout cela est très intéressant.
En outre, l'enquête est menée normalement. On ne retrouve pas un policier teigneux qui s'acharne délibérément sur un innocent, qui n'envisage aucune autre hypothèse, qui se braque dans un raisonnement idiot. Bien sûr, les résultats des recherches finissent par incriminer quelqu'un, mais le policier ne lui en veut pas spécialement, il veut simplement mener à bien son enquête. Il peut parfois se montrer cruel, mais c'est pour pousser la personne interrogée dans ses derniers retranchements. Cela change un peu des livres où les policiers sont de doux idiots dont on se demande comment ils ont réussi dans ce métier, puisqu'ils ne veulent pas envisager d'autres hypothèses que celle à laquelle ils s'accrochent, et ce malgré les preuves ou l'absence de preuves, ou les éléments qui ne collent pas.
En bref, l'intrigue est bien menée, tout s'imbrique et s'explique à la fin.

Certains éléments sont un peu gros: le lecteur sait très bien qui abuse d'Elena, et se demande pourquoi Terry ne le devine pas tout de suite. En outre, l'une des preuves découvertes contre l'un des personnages a été laissée de manière un peu tirée par les cheveux. (Pour ceux qui ont lu le livre, je parle de ses empreintes sur le répondeur.)
En outre, le verdict auquel les jurés aboutissent semble gros au lecteur.

Je ne sais toujours pas pourquoi, mais je n'ai pas réussi à apprécier le personnage de Chris. Pourtant, c'est un personnage sympathique.
Ma sympathie allait à Terry, Elena et Carlo: personnages réalistes, qui tentent de faire au mieux, et qu'on sent intègres.
Le personnage de Richie est très intéressant, et terriblement réaliste! Quel portrait réussi!
Le personnage de Rosa m'a mise mal à l'aise. Je n'ai pas adhéré à cette femme maltraitée qui n'a su que se résigner (ce qui l'a menée, par la suite, à agir comme elle l'a fait), qui conseille à sa fille de rester avec Richie afin que le combat pour la garde d'Elena cesse... C'est un personnage sombre, qui a tiré des leçons de ses souffrances, mais ses leçons ne sont pas toujours les bonnes...

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Suzanne Walsh pour la Ligue Braille.

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lundi, 27 juillet 2009

Famille et autres supplices, de Béatrice Shalit.

Famille et autres supplices

L'ouvrage:
Laura Habner est professeur de français. Elle a pris une année sabbatique, afin de se consacrer à l'écriture de la biographie de l'un de ses ancêtres.
Laura et son mari, Antoine, sont séparés. Leur fille, Louise, traverse une crise d'adolescence.
Laura vient de se réconcilier avec sa mère après vingt ans de brouille.

Cette nuit-là, Louise vient réveiller sa mère, car un homme gît dans leur salon, et il faut l'aider. C'est le professeur de philosophie de l'adolescente. Il vient de se faire plaquer par son petit ami, et n'a nulle part où aller...
Maxime, le frère de Laura, a été renvoyé du domicile conjugale, sa femme ayant découvert son infidélité. Il n'a nulle part où aller...
En outre, le père de Laura, disparu depuis de nombreuses années, refait surface...
L'année sabbatique de Laura promet d'être mouvementée.

Critique:
Assez souvent, les auteurs qui s'essaient à nous faire rire se plantent magistralement. Leurs ficelles sont trop grosses, certaines sont répétées à outrance, bref, c'est souvent raté. Ici, je n'irai pas dire que je me suis tordue de rire, mais les situations sont cocasses, et les personnages attachants. Bien sûr, les hésitations de Grégoire le rendent moins crédible, mais dans l'ensemble, toutes les situations décrites sont amusantes. On pourrait objecter que l'auteur présente certaines choses d'une manière donnée exprès pour qu'on en rie, et que c'est un peu gros... par exemple, le chat mangeant les hormones de Grégoire, ou Louise écrivant un roman pour décrire tout ce que ses parents lui ont fait subir, Grégoire sortant "déguisé" en femme, le prénom féminin qu'a choisi ledit Grégoire, la décision finale de la propriétaire de Laura... Soit, mais la plupart des anecdotes de la vie de ces personnages est bien racontée, et plaisante à lire. Un livre de ce genre fait plaisir, car il est détendant sans être agaçant, comme ces livres qui se veulent amusants et sont lourds.
De plus, Béatrice Shalit s'ingénie à inventer des situations qui, énoncées, semblent plutôt négatives, et les tourne de telle façon que l'on ne peut qu'en rire: le père de Laura a commis des actes répréhensibles, Louise est en pleine révolte, la maison de Laura est envahie, Maxime a trompé sa femme avec une jeunette et doit en subir les conséquences...

Ma critique n'est pas très longue, car je ne peux pas trop en dire pour ne pas trop en dévoiler. Je suis restée floue, et ne suis pas entrée dans les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte. Sachez seulement que je vous recommande ce livre si vous voulez vous détendre.

Éditeur: Julliard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Suzanne Walsh pour la Ligue Braille.

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