La réserve

L'ouvrage:
Été 1936.
Jordan Groves est peintre. Il est marié à Alicia, ils ont deux enfants. Ce soir du 4 juillet, il a été invité à admirer les tableaux que possède le docteur Carter Cole. C'est ainsi qu'il va entrer dans la vie de la famille Cole, dont la représentante la plus charismatique est Vanessa, la fille du docteur. La jeune femme à la réputation sulfureuse ne laissera pas Jordan indifférent.

Critique:
Ce livre développe quelques idées intéressantes, mais elles n'ont pas vraiment contrebalancé le reste... D'abord, j'ai mis beaucoup de temps à entrer dans le roman. Il y a de longues descriptions des états d'âme des personnages. D'habitude, cela m'intéresse, ici, cela m'a pesé. Sûrement parce que la plupart d'entre eux ne savent que pleurer sur leur sort et justifier (à leurs yeux) leurs mauvaises actions. Jordan est le plus fort à ce petit jeu. Il est infidèle, capricieux, irascible, mais ce n'est pas grave puisqu'il ne souhaite pas faire mal! Le summum de la mauvaise foi est l'argument par lequel il se dédouane de ses infidélités: il ne tombe pas amoureux, donc ce n'est pas important. C'est d'ailleurs à travers ce couple que l'auteur pose cette question: est-il plus grave de tromper sans être amoureux ou d'être infidèle avec quelqu'un qu'on aime. À mes yeux, les deux sont une trahison. C'est pour cela que ces personnages m'ont agacée à tromper, puis à dire qu'ils allaient faire peau neuve, et repartir de zéro avec des conjoints qu'ils n'aiment pas assez pour leur rester fidèles.

Alicia ne vaut pas beaucoup mieux. Elle est plus franche, mais se complique beaucoup la vie. À partir du moment où elle sait qui elle aime, elle aurait eu une façon bien plus simple et logique d'agir. Bien sûr, le lecteur découvrira que c'est beaucoup plus complexe, ce qui fait que là aussi, j'ai eu du mal à comprendre les protagonistes. Au final, chacun se sert des autres pour son accomplissement, mais de manière égoïste.

Que dire de Vanessa? Être à plusieurs facettes, réclamant de l'amour, ne sachant donner le sien... Femme volage à l'enfance brisée, elle s'englue dans les chaînes que ses parents ont tendues pour elle. Malgré l'antipathie que sa conduite inspirera, elle suscitera également la compassion. Elle agit de manière irrationnelle, mais on peut comprendre ses motivations. D'autant qu'un mystère la concernant restera entier.

Les parents de Vanessa n'en ont jamais vraiment été. Même si on n'est pas sûr de l'une des choses qu'avance la jeune femme, leur éducation laisse beaucoup à désirer.
Hubert Saint Germain est sûrement le seul qui trouve grâce à mes yeux. Il représente la force tranquille, l'absence de calcul, les terres et le travail rude. Il cherche la simplicité.

Ces personnages sont très forts, mais outre mon absence de sympathie à leur égard, j'ai été bloquée par une espèce d'inertie qui m'a tenue tout au long de ce roman. Il me semble lent. Peut-être cela vient-il de ce que l'auteur prend le temps de décrire certaines choses, mais aussi de ce que le comédien qui l'a enregistré a une lecture trop sobre. Sa voix n'est pas assez forte, son ton n'est pas assez vivant.

Un livre à côté duquel il ne serait pas très grave de passer.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Villermoz pour les éditions Thélème.
Je sais bien que les éditions Thélème prônent la sobriété, mais ici, le comédien l'est trop. En outre, sa façon de prononcer Groves est exaspérante!

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