Maria Vandamme L'ouvrage:
Maria s'est forgé une carapace après s'être heurtée à des personnes mal intentionnées. Elle se démarque de sa condition. Elle ne se laisse pas faire par les valets des fermes où elle travaille, qui essaient de la posséder. Elle ne se résigne pas, comme d'autres. Elle ne voit pas d'inconvénients à coucher avec un homme, mais elle veut qu'il lui plaise. Elle ne supporte pas qu'on fasse du mal aux animaux. Elle n'accepte pas les événements en se disant que c'est sa condition de femme qui le veut. Elle voudrait savoir lire, pour découvrir, et apprendre des choses. Elle passe sa vie à travailler...
Un jour, sa patronne, Céleste Rousset, lui propose d'épouser Aloïs, le cocher de la maison Rousset, qui est très amoureux d'elle. Maria accepte, parce que le garçon est gentil, et qu'elle n'est amoureuse de personne. Mais elle rencontre Blaise Riboulet. Il ne se souvient pas d'elle, ce jour-là, mais elle se rappelle que c'est l'homme qui l'a sauvée, lors d'un incendie, allumé par elle, un jour où on voulait la forcer à travailler dans une maison close. Elle lui avait demandé son nom, se disant qu'il faudrait qu'elle le remercie, un jour. Elle ne sait pas encore que c'est lui, le seul homme qu'elle aimera.

Critique:
L'histoire de Maria est toujours intéressante à lire: elle montre une femme qui ne se résigne pas à faire ce que font toutes les autres. Elle est intelligente, et fine. Elle sait que le savoir l'aidera à mieux comprendre le monde où elle vit, et elle veut l'acquérir. Bien sûr, l'avancée de Maria n'est pas aussi grande que celle de sa fille, Catherine, (héroïne de "Catherine courage", du même auteur, qui fera l'objet de la prochaine critique), mais elle est déjà grande pour son époque. Il est un peu dommage que plusieurs hommes soient amoureux de Maria, d'abord parce qu'elle les fait souffrir en ne pouvant pas les aimer, et aussi parce que cela fait un peu cliché: ils sont tous amoureux d'elle. Le fait que Blaise et elle s'aiment presque aussitôt est aussi un peu cliché: ils se rencontrent, et c'est le coup de foudre. Mais à part ça, Jacques Duquesne sait bien nous replonger dans l'ambiance de l'époque qu'il décrit. Et le personnage de Maria est attachant: c'est une femme qui essaie de s'en sortir, qui fait ce qu'elle croit être juste, mais qui n'est pas non plus une sainte ou superwoman. Je n'aime pas les héroïnes trop parfaites, et il me semble que les imperfections de Maria la rendent plus crédible, et plus aimable aux yeux du lecteur.

Il y a une petite incohérence, mais je la souligne parce que je pinaille. A un moment, il y a tout un passage expliquant que Maria n'a jamais pleuré quand on la maltraitait. Ca fait partie de sa carapace. A ce moment, elle apprend à exprimer sa peine par les larmes. Sauf qu'au début, lors d'un événement antérieur à celui-ci, elle pleure...

Le film en plusieurs épisodes, avec Corinne Dacla, est bien. Il suit assez bien le roman, et ce qui s'en écarte est bien, et reste dans l'esprit de l'ouvrage. Ca fait plaisir, une bonne adaptation d'un livre.

Anecdote amusante: Maria travaille chez Arthur et Céleste Rousset. Alice van Meulen (l'héroïne du roman éponyme), est leur fille. Plus tard, dans "Les héritières" (série en trois tomes, dont le tome 1 est bon, le tome 2 un peu moins, et le tome 3 beaucoup moins, à mon avis), Jacques Duquesne explique que Laurent Surmont, l'un des personnages principaux, a épousé Célestine Rousset, une lointaine cousine d'Alice van Meulen. C'est un clin d'oeil au lecteur qui a suivi Maria, Alice, et Catherine.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nicole Vautier pour les éditions VDB.

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