Lecteur : Vanmeenen Yves

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jeudi, 28 mai 2020

La nuit de l'Orcière, de Pierre Petit.

La nuit de l'Orcière

L'ouvrage:
Années 70. Lorsqu'elle épouse Robert Chevrier, Louise devient la maîtresse de l'Orcière, la maison de son époux. Seulement, elle doit composer avec la présence de Rémi, le père de Robert. Le vieux n'est pas aimable, et semble guetter les faits et gestes de la jeune femme. D'autres événements vont, peu à peu, rendre l'atmosphère oppressante.

Critique:
Je ne suis pas friande de romans du terroir. En ayant lu pendant mon adolescence, j'ai maintenant peur d'y trouver du sirupeux et de l'invraisemblable, donc je m'en éloigne. J'ai tenté «La nuit de l'Orcière» parce qu'outre un synopsis intéressant, il est lu par un lecteur dont j'apprécie les interprétations. Je suis contente d'avoir essayé ce roman, car il m'a plu. C'est un roman du terroir, mais on n'y trouve pas les ingrédients qui me déplaisent. Reste ce qui me convient: le fait que nous sommes dans un village campagnard. En outre, un élément qui aurait pu m'agacer ne va pas assez loin pour que je râle, donc...

Si le père de Robert est un élément dont on se méfie rapidement, l'intrigue ne tourne pas uniquement autour de sa présence. Bien sûr, il interfère de différentes manières dans les rapports entre Louise et Robert, mais la jeune femme ne fraie pas uniquement avec lui. Par exemple, elle et sa grand-mère (qui, apparemment, fait une délicieuse charlotte au chocolat) sont très complices. Louise adore lire (fait qui introduit un pan de l'intrigue). Enfin, elle devient amie avec Rosa, la femme qui vient faire le ménage à l'Orcière.

À mesure que les choses avancent, la tension monte pour différentes raisons. Les motifs des uns et des autres sont «simples», mais cela ne fait pas que ce roman est simpliste. Pour moi, les faits ne sont pas trop gros. Certains penseront peut-être que des éléments sont du remâché. Pour ma part, je pense que l'auteur a su les introduire sans que cela n'amène de l'ennui. Une fois que j'ai compris que Rémi n'était pas net, j'attendais de voir quel serait son prochain stratagème, et je me demandais si ceux qui s'en apercevraient pourraient le déjouer.
Robert est un personnage intéressant. J'ai compris ses différentes réactions quant à ce qui arrive dans son couple. Il est un peu bourru, et n'exprime pas facilement ses sentiments, mais lors du premier «coup dur», il ne réagit pas si mal. Je me serais attendue à ce qu'il se referme. Ensuite, se débattant entre ce qu'il souhaite pour son entreprise et sa conscience, il effraie et attendrit à la fois. Enfin, la toute dernière chose qu'il fait montre sa lucidité quant à sa situation.

J'ai été un peu frustrée par la fin. J'aurais aimé savoir comment se passent les choses ensuite. On peut, certes, l'imaginer...

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Il me plaît toujours de retrouver ce lecteur qui n'est jamais monotone, et n'en fait jamais trop. Ici, il n'a pas démérité.

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jeudi, 21 mai 2020

Le secret d'Aiglantine, de Nicole Provence.

Le secret d'Aiglantine

L'ouvrage:
Messimi, petit village dans les environs de Lyon.
Ce jour-là, en rentrant chez lui, Firmin, le maréchal ferrant, trouve sa femme, Amélie, morte. Elle a été étranglée. Le gendarme Émilien Gontard trouve quelques maigres indices susceptibles de le mener au meurtrier. Cependant, pour cela, certains secrets devront être exhumés.

Critique:
Ce roman m'a plu. Certains éléments sont prévisibles (j'en avais deviné un bien avant qu'il se produise), et certaines façons de faire paraîtront peut-être un peu grosses, cependant, tout est cohérent, rien n'est bâclé. Il y a peut-être un détail qui, à mon avis, n'est pas très crédible, c'est la réaction de Gabrielle à la fin, mais on peut pardonner cela à l'autrice.

Certains aspects de l'intrigue (notamment ce qui est arrivé à Amélie lorsqu'elle était jeune) peuvent paraître mièvres et même convenus. Cela ne m'a pas dérangée parce que la romancière a su ne pas trop en faire.
On pourrait également trouver peu crédible qu'Aiglantine finisse par tomber amoureuse si vite alors que son passé lui crie de fuir les hommes. Là encore, Nicole Provence parvient à s'en tirer sans exagérer.

Le suspense et la tension sont parfois adoucis par de petites notes humoristiques, comme par exemple certaines conversations entre Émilien et Césarine (sa femme). La romancière parvient à ne pas trop faire traîner les choses en parsemant son récit de révélations (j'en ai trouvé une, mais j'étais loin d'avoir tout deviné), et augmente la tension lorsque tous les protagonistes sont confrontés les uns aux autres dans les derniers chapitres.

Beaucoup de personnages sont sympathiques. Ils éveillent la compassion pour différentes raisons. Il est peut-être un peu dommage que le «très méchant» n'ait absolument rien d'aimable, mais ce genre de personnes existe malheureusement.

Éditeur: Calmann-Lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Il m'a plu de retrouver ce lecteur dont j'apprécie la façon de lire. Ici, il n'a pas démérité: il n'a pas fait d'affreux effets de voix selon les personnages, et son ton est adéquat.

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jeudi, 26 mars 2020

Quand je t'ai perdue, de Fionnuala Kearney.

Quand je t'ai perdue

L'ouvrage:
Décembre 2014. Anna, vingt-quatre ans, était aux sports d'hiver avec des amis. Il y a eu une avalanche. Certains s'en sont tirés, on a retrouvé le corps des autres... sauf celui d'Anna et d'un de ses amis.

Février 2015. Jess, la mère d'Anna, fait de son mieux pour ne pas s'effondrer. Heureusement, elle a Rose (sa petite-fille), Léa (sa soeur), et Théo (son meilleur ami). Mais ses tourments ne sont pas près de s'arrêter. Anna avait un secret, et Jess est sur le point de le découvrir.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Il explore sans complaisance la psychologie de personnages ordinaires confrontés à de douloureux événements. On voit surtout la manière réagit Jess parce qu'on est souvent dans ses pensées. L'autrice montre intelligemment la douleur de cette mère qui s'efforce de vivre, et de profiter de ceux qui lui restent, et qui, alors qu'elle sait qu'elle ne se relèvera jamais vraiment, reçoit un autre coup concernant sa fille disparue, et ne peut pas lui demander de s'expliquer.

Anna est assez dérangeante. Elle fait quelque chose de mal, le sait, et ne parvient pas à s'arrêter, même après certaines graves conséquences. Certes, comme le souligne un personnage, il ne faut pas la résumer à cette mauvaise action répétée, mais je ne suis pas vraiment encline à la défendre. L'autrice fait justement en sorte qu'Anna, en dehors de cela, soit appréciable. Ainsi, il est dur de trancher la concernant. Si j'ai tenté de me mettre à sa place, j'ai surtout réussi à comprendre ceux qui souffrent par sa faute. Je ne la condamne pas absolument, ma réprobation totale revient à un autre personnage. Lui, je ne lui ai trouvé aucune excuse.

À part la question de la douleur qu'on peut infliger aux siens parce qu'on ne parvient pas à faire autrement, le roman soulève une autre question tout aussi dérangeante: toute vérité est-elle bonne à dire? À l'instar de Jess, si je suis concernée, je préfère que mes amis me disent ce qu'ils sachent. Cependant, Théo et Doug décident de ne pas dire certaines choses à Jess. Même s'ils pensent que c'est mieux ainsi, que cela lui ferait mal pour rien, je pense que ce n'est pas à eux de décider. Si elle souhaite savoir ce qui la concerne, elle en a le droit. J'ai d'ailleurs trouvé étrange que Théo, qui a bien failli être rayé de la vie de Jess à cause de cela, fasse la même chose en lui cachant un autre fait.

J'ai apprécié les autres personnages, et je les ai compris. Sean m'a un peu agacée, au début, mais il était compréhensible qu'il souhaite passer davantage de temps avec Rose.

Pour moi, l'intrigue ne souffre pas de temps morts.

Éditeur: City.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

Yves Vanmeenen fait partie des lecteurs dont j'aime le jeu. Ici, il ne m'a pas déçue.

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jeudi, 1 février 2018

Les diaboliques, de Vincent Engel.

Les diaboliques

L'ouvrage:
Lucie et Fabian se connaissent depuis leur plus jeune âge. À l'adolescence, ils commencent à éprouver de tendres sentiments l'un pour l'autre. C'est alors que le prêtre du village leur apprend qu'il leur est impossible de se marier.

Critique:
Ce livre (très court) est bien construit, l'intrigue est bien menée. L'enchaînement des situations, des révélations, les pièces qui s'emboîtent petit à petit, le fait que la toute fin est un dernier rebondissement, tout cela rappelle les romans de Boileau-Narcejac. Pour moi, l'auteur a finement joué, car je n'ai pas compris grand-chose avant qu'il ne le dévoile. J'ai deviné quelques éléments, mais je suppose que le romancier souhaitait qu'ils soient trouvés pour que le lecteur ait une petite longueur d'avance sur certains personnages. À un moment, je me suis même demandé si je saurais ce qu'est devenue Lucie. En effet, on passe de l'histoire de Fabian à celle de la personne dont il est l'homme de confiance. C'est un peu déroutant.

Certains passages sont assez choquants. Le langage n'est pas cru, mais les actes décrits le sont. Je ne suis pas prude, mais je trouve que les choses vont très loin.

Le roman s'achève sur un coup de théâtre. C'est voulu, le but est d'impressionner le lecteur. J'aurais préféré une fin plus détaillée, expliquant certains éléments. Le narrateur lui-même dit qu'il lui manque des réponses. Vincent Engel a voulu nous laisser sur une impression de chute: j'aurais préféré qu'il réponde aux questions. Cela a gâché quelque peu ma lecture, mais je recommande quand même ce roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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jeudi, 18 janvier 2018

Le jour où le diable m'a trouvée, d'April Geneviève Tucholke.

Le jour où le diable m'a trouvée

L'ouvrage:
Violet et Luke (seize ans), vivent dans le manoir familial avec leurs parents. Ceux-ci sont artistes, et s'absentent très souvent sur de longues périodes. C'est justement lors de l'une de ces absences que l'argent vient à manquer. Violet décide alors de louer la dépendance du manoir. C'est River, un étrange adolescent, qui se présente. La jeune fille est tout de suite attirée par lui.

Critique:
À cause du titre et du tout début, j'ai eu peur de tomber sur une histoire où tout le monde finirait par se transformer: qui en diable, qui en loup-garou, un peu comme dans un roman de Jennifer McMahon qui, pour moi, a viré au n'importe quoi. Heureusement, certaines chroniques m'ont rassurée à ce sujet.

Ce livre m'a plu, mais j'ai gardé de la distance. J'ai apprécié les personnages que l'auteur veut qu'on aime, mais je les ai trouvés plats. Ils étaient sympathiques, mais peut-être trop prévisibles ou trop caractérisés par une chose... Luke court les filles et feint de mépriser sa soeur, Sunshine semble traîner son ennui... Violet m'a paru un peu plus consistante, parce qu'elle aime lire, que sa grand-mère lui manque, et que comme elle raconte l'histoire, elle est bien obligée de nous en dire un peu plus sur elle.

J'ai lu une chronique dans laquelle la personne trouvait invraisemblable que les parents s'en aillent comme ça, abandonnant leurs enfants mineurs, sachant qu'ils avaient peu de ressources. Certes, c'est pour le moins incongru. J'ai mieux accepté cela que la chroniqueuse, parce que j'ai lu «Le château de verre» qui est une histoire vraie dans laquelle l'héroïne raconte que ses parents étaient à peu près comme ceux du roman.

Le récit est lent, surtout au début. L'auteur prend le temps d'installer une ambiance, de faire intervenir des événements étranges... C'est bien, mais ça a été un peu trop lent pour moi. Ensuite, on découvre des choses. Entre le don surnaturel d'un personnage, et les secrets qui entourent la famille de Violet et Luke, tout n'est pas trop mal ficelé, même si certains éléments sont un peu gros. Lorsque la narratrice raconte ce qui arrive au grenier, j'ai deviné que le responsable n'était pas celui auquel les personnages pensaient. De ce fait, j'ai trouvé que l'auteur mettait du temps à le révéler. Ensuite, la façon dont arrivent certaines choses m'a rappelé le «glamour» des personnages de Marissa Meyer. Bien sûr, vers la fin, on est embarqué dans le suspense, on attend de voir comment tout cela va se terminer, mais ça ne rattrape pas vraiment le reste, pour moi. Je ne pense pas lire la suite, ce roman ayant une fin. On peut donc s'arrêter ici. Je me doute de l'intrigue du tome 2.

Éditeur: Hachette.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Vanmeenen pour la Ligue Braille.

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