Le procès du docteur Forester

L'ouvrage:
New York.
Cette nuit-là, comme d'habitude, les urgences de l'hôpital de la Cité sont combles. Kate Forester est le seul médecin de garde, son collègue étant malade. C'est alors que Claudia Swivesand, dix-neuf ans, est amenée par sa mère. Elle se plaint de nausées. Elle décèdera quelques heures plus tard.
Son père, Claude, homme influent, est convaincu que Kate n'a pas fait de son mieux, et que Claudia aurait pu être sauvée. Il exige donc qu'elle soit jugée par ses pairs.

Critique:
Ce livre est assez simple, certaines choses sont un peu grosses, mais j'ai passé un bon moment. Il est intéressant de voir les différentes attitudes possibles face au pouvoir. Certains sont amis avec Claude Swivesand et lui sont tous dévoués, mais c'est parce qu'il est puissant. D'autres sont effrayés alors qu'ils ne le connaissent même pas, car il a le bras si long qu'il peut réduire n'importe qui à néant. C'est intéressant, car réaliste. Cependant, Henry Denker en fait un peu trop. À l'inverse, l'attitude de Scott et de Kate est un peu incroyable. Ils bravent le danger, et ne semblent pas toujours en mesurer la puissance. Scott est même inconscient, voire naïf, lorsqu'il promet à Rick que rien ne lui arrivera. Le lecteur sait tout de suite que c'est faux.

L'histoire d'amour aussi est un peu grosse. Elle est sympathique, mais fausse quelque peu le jeu. Scott se montrerait-il si épris de justice si sa cliente n'était pas Kate? J'ai trouvé cela dommage, car cela apporte une dimension mièvre au roman.

Je me suis doutée de l'issue du procès, mais je ne savais pas trop comment Henry Denker y parviendrait. Heureusement, il trouve un rebondissement qui n'est pas invraisemblable.

J'ai aimé les différentes séances pendant lesquelles Scott fait répéter Kate, et l'accable de questions perverses tout en lui montrant pourquoi elle répond mal alors qu'elle ne dit que la vérité. C'est sûrement l'aspect qui m'a le plus intéressée, car il montre à quel point ces «procès» sont comme des pièces de théâtre. Et puis, les jeux de manipulation par le langage m'ont toujours fascinée.
J'ai également apprécié les joutes verbales dues au «procès», et surtout la manière dont les hommes corrompus parvenaient à argumenter leur partialité. Ils étaient grotesques. C'est un autre aspect de l'intrigue que j'ai trouvé très bien exploité.

J'ai bien aimé les valeurs défendues par le médecin qui accepte de témoigner pour Kate. Il pourrait avoir l'air d'un vieux rabat-joie, mais c'est un personnage assez fort, car il ne perd pas l'essentiel de vue. Il déplore les dysfonctionnements de sa profession, et propose des solutions pour y remédier. Il ressort de son analyse que l'homme est le seul responsable de ce qui arrive, car son évolution n'est pas forcément bonne. Je suis assez d'accord avec lui.

D'une manière générale, les personnages ne sont pas très creusés. Cela ne m'a pas trop dérangée, car j'ai suivi l'intrigue avec beaucoup d'intérêt, mais le livre aurait pu être meilleur si les protagonistes avaient été plus épais.
J'ai quand même apprécié Gladys Ward qu'on voit peu, mais qui semble avoir un caractère bien trempé, forgé par une expérience pas toujours agréable.

Je ne sais pas si l'auteur a fait un clin d'oeil à un autre roman, mais j'ai trouvé certaines similitudes avec «Le procès du docteur Scott», de Franck Gil Slaughter. D'abord, le titre. Ensuite, c'est un thriller médical. Enfin, les héros s'appellent Paul Scott et Katherine Story; ici, c'est Katherine Forester et Scott Vanclev.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sylviane Tastavi pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix agréable, et met le ton approprié. Elle n'en fait pas trop et ne tombe pas dans la monotonie. Il est cependant regrettable qu'elle ait laissé certaines erreurs de lecture.

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