Lecteur : Summerer Eric Michael

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lundi, 12 mars 2018

Monster, d'A. Lee Martinez.

Monster

L'ouvrage:
Il y a un yéti dans le congélateur du Food Plus Mart. Il est en train de manger toute la réserve de glace. Judy, employée du magasin, appelle les services d'urgence pour demander de l'aide. On lui envoie Monster, qui tient une agence de secourisme des crypto. Monster et Judy ne savent pas encore qu'ils se rencontreront à nouveau autour d'autres crypto.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «A nameless witch», j'ai décidé de tenter un autre livre d'A. Lee Martinez. Je n'ai pas été déçue. J'ai trouvé le livre un peu inégal, mais c'est surtout parce que j'ai adoré le début qui m'a plongée dans un monde tout autre où toutes sortes de créatures cohabitent et où on trouve un tas de loufoqueries. Je ne donnerai qu'un exemple: la poupée qui sert de téléphone et qui renferme un diablotin qui ne laisse pas son propriétaire en paix tant qu'il n'a pas pris connaissance de ses messages. En outre, l'auteur commence avec quelque chose de marquant: le yéti mangeant les réserves de glace (sauf la vanille) d'un grand magasin. À mesure que le récit avance, il est normal que l'excitation due à la découverte s'émousse. Cependant, cela ne signifie pas que je me suis ennuyée.

Monster et Chester (son aide) font partie des particularités de cette histoire. Entre autres, Monster change de couleur à chaque réveil, et cela lui donne différents «pouvoirs». Quant à Chester, c'est surtout la matière dont il est fait qui prête à sourire, et qui rend certaines choses qu'il fait difficiles à imaginer. Cette présentation de diverses créatures et de différentes façons de vivre soulève la question de la tolérance. Je trouve cela bien fait, montré par plusieurs exemples dont un événement qui arrive à cause de l'ignorance et de l'empressement de Judy.

Un livre très intéressant qui, sous une légèreté apparente, soulève certaines questions graves.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eric-Michael Summerer pour les éditions Audible Studios.

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lundi, 5 mars 2018

The care and feeding of rubber chicken, de Scott William Carter.

The care and feeding of rubber chicken

L'ouvrage:
Été.
Trevor Livingston a dix-sept ans. Ce jour-là, il apprend que Janna (pour qui il soupire sans espoir depuis cinq ans) n'est plus en couple. Il doit tenter sa chance. Mais sa mère contrarie ses plans en lui annonçant que dans quelques semaines, il ira en internat à cause des mauvaises notes qu'il a eues au long de l'année scolaire. L'adolescent est désespéré: il ne peut partir alors que la fille de ses rêves est peut-être à sa portée!

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu, mais il était risqué. L'humour domine. Certains trouveront peut-être que l'auteur est très lourd. C'est voulu, et pour moi, c'est très bien fait.

Scott William Carter prend plaisir à parodier des codes. Par exemple, dès le début, il annonce un élément qui ne se produit qu'à l'avant-dernier chapitre, dévoilant donc quelque chose. Pourtant, cela ne gâche rien, puisqu'on ignore qui sera la cible. On sait juste qu'on doit s'y préparer, et on peut se poser des questions quant à celui qui sera touché. Le roman étant majoritairement amusant, j'ai pu assez vite parier sur quelqu'un...
Au dernier chapitre, le moment d'annoncer quelque chose est retardé à dessein. C'est encore un clin d'oeil aux romans où ce genre de ficelles est trop employé.

L'auteur n'hésite pas à verser dans la caricature. Par exemple, Victor, le jardinier, est russe. On apprend rapidement que c'est un ancien espion, qu'il est spécialiste de la torture... Puis, il est tourné en dérision plusieurs fois au long du récit. On n'a pas très peur de lui... On ressent de la compassion pour sa victime lors de la scène de torture, mais... on rit aussi justement à cause de ce qui est torturé.

Dès le début, Trevor s'adresse au lecteur. Il le fait très souvent pendant le livre. Il s'amuse, par exemple, à dire que ceux qui ont acheté l'ouvrage uniquement pour la scène de sexe ne seront pas déçus, il jure qu'elle y est. Cependant, il traite ces lecteurs de pervers. À un moment, il parle d'un film adapté d'un roman, et dit en substance: «Non non, je ne suis pas du genre à ne pas lire le livre! Je lis toujours le livre et ne regarde pas forcément le film! Qu'est-ce que vous croyez!»

Le meilleur ami du narrateur (Rick) est également cocasse. J'aurais d'ailleurs aimé en savoir un peu plus sur lui, à la fin. Trevor n'est pas toujours très sympathique avec lui. Rick est un peu étrange, complètement dans son univers de geek et de «Star Trek», mais c'est un ami fidèle.

L'humour est omniprésent. Outre la parodie de la caricature, beaucoup de répliques, de remarques, de situations sont drôles, même lorsqu'elles semblent désespérées. Par exemple, quand Trevor est poursuivi par Kurt, il est d'autant plus en mauvaise posture qu'un autre danger se matérialise. On rit malgré tout à cause de la tenue du héros et des dialogues entre lui, Kurt et Janna.

Le titre du roman donne bien le ton: «Soigner et nourrir les poulets en caoutchouc». Cela résume bien: absurde, loufoque, étrange, délirant... Sinon, le titre fait référence au père de Trevor, fier propriétaire d'une usine de poulets en caoutchouc.

Un roman inclassable avec lequel j'ai passé un très bon moment, souriant beaucoup, et ayant quelques éclats de rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eric-Michael Summerer.

Pour moi, le comédien est parfaitement entré dans l'ambiance du roman. Il n'était pas facile de jouer des personnages si marqués. Il devait exagérer, mais pas trop. Il a réussi à le faire sans tomber dans l'excès. Je ne sais pas quel personnage (de Rick ou de Victor) était le plus dur à jouer...

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