Lecteur : Sturm Fabienne-Xavière

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lundi, 5 mai 2008

Une mort obsédante, de Ruth Rendell.

Une mort obsédante

L'ouvrage:
Depuis quelques temps, Tim reçoit des lettres anonymes. Ces lettres ne sont pas anodines pour lui. Cela évoque de douloureux souvenirs en lui, souvenirs qu'il n'a d'ailleurs jamais pu enfouir au fond de sa mémoire. De prime abord, ces lettres sont sibyllines pour le lecteur. Ce sont elles qui poussent Tim à raconter son histoire, histoire dans laquelle il insère ces lettres.

Critique:
Au départ, Tim explique qu'il veut raconter son histoire, et insère la première lettre qu'il a reçue. Il émaille son récit de ces missives, et au fur et à mesure que l'histoire avance, le lecteur comprend mieux ce que veulent dire ces courriers. C'est une ficelle qu'on retrouve assez souvent, et qui peut générer l'ennui. Cependant, ici, il n'en est rien. D'abord, les lettres racontent des histoires surprenantes, et pas forcément connues.
Ensuite, Tim s'attarde sur la façon dont son histoire a commencé. Cela aussi peut entraîner l'ennui, mais ici, cela permet au lecteur de comprendre la psychologie de Tim, de bien resituer le contexte, l'époque, qui font que certaines choses étaient moins acceptées que maintenant.

Une autre force de ce roman est que divers personnages s'expriment tour à tour. C'est d'abord le récit de Tim, puis une lettre d'Isabelle, puis une autre d'un autre personnage, lettre dans laquelle est enchâssée la fin du récit de Tim. Cela fait qu'on entre dans les pensées des personnages. On voit comment ils se perçoivent et perçoivent les autres. On les comprend mieux. On a l'impression qu'ils se confient au lecteur.
C'est aussi l'occasion pour Ruth Rendell de faire montre d'un grand talent: elle adopte les différents points de vue de ces personnages, et sait parsemer leurs dires de détails qui font que ce n'est plus Ruth Rendell qui écrit, mais Tim ou Isabelle. N'est-ce pas l'ambition de tout écrivain? Ici, c'est réussi!

Les personnages ne sont pas vraiment sympathiques. On comprend leurs motivations, leur psychologie, on s'identifie à eux, on se demande ce qu'on ferait à leur place. Mais ils ne sont pas vraiment sympathiques.
Tim est un garçon égoïste et orgueilleux.
Isabelle semble fade.
Kit est une brute. Il ne pense qu'à lui, au fait qu'il a été trompé.
Seul, Ivo trouve quelque peu grâce à mes yeux, même s'il peut se montrer odieux.

J'avais deviné certaines choses. Je me doutais de ce qui s'était passé après le «premier meurtre«.
Je me doutais qu'un lien unissait deux personnages.
Je n'ai pas trop aimé la fin. Je la trouve trop précipitée, voire bâclée. Le meurtre est élucidé, mais j'ai trouvé cette résolution assez simpliste. Pourquoi la personne a-t-elle tué? Même si, apparemment, elle s'est trompée de victime, pourquoi aurait-elle voulu tuer ce personnage? Il y a une explication, mais elle ne me convainc pas, car l'assassin aurait pu s'y prendre autrement. J'ai peut-être raté quelque chose d'important qui éclairerait ma lanterne...
En outre, la scène que surprend l'avocat, à la fin, m'a semblé déplacée. Je comprends l'attitude de Tim, mais pas celle d'Isabelle. Ce qui attire Isabelle, selon elle, c'est l'amour qu'elle inspirerait, et pas la personne à qui elle l'inspire. Il est normal d'être flattée et de vouloir être aimée ainsi, surtout quand on ne l'a jamais été. Cependant, elle faisait clairement le distingo, et à la fin, elle ne semble plus le faire... Donc, son attitude m'a surprise, et a un peu gâché la fin, pour moi.
Par ailleurs, il semblerait que Tim ait changé, ait énormément mûri. Je trouve ça aussi un peu gros. Pourtant, ce qu'il a vécu, le fait qu'il y réfléchisse et le ressasse pourrait expliquer qu'il ait fait un travail sur lui-même. Mais tout au long de son récit, il n'avait pas vraiment l'air d'être en train d'accomplir ce travail.

Malgré mes trouvailles et la fin, j'ai beaucoup apprécié ce livre. L'histoire est bien écrite, l'intrigue est bien menée. On a envie de savoir la suite, et on ne trouve qui envoie les lettres à Tim que quelques temps avant qu'il ait la solution.

Éditeur: Calmann-lévy.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fabienne-Xavière Sturm pour la Bibliothèque Braille Romande.

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lundi, 13 juin 2005

La mariée de Saint Médard, de Jeanne Cressanges.

La mariée de Saint Médard

L'ouvrage:
Après son divorce, Solange tente de reconstruire sa vie. Elle devient esthéticienne. L'une de ses clientes la fait rentrer dans son club de femmes célibataires, les Amazones. Plus tard, grâce à sa troisième fille, Sandrine, elle est maquilleuse pour un film. Sa vie n'est pas finie comme elle l'avait d'abord cru... Elle nous raconte tout cela, en commençant par son enfance, son mariage, puis sa vie présente.

Critique:
C'est un joli roman, plein d'espoir. Solange reconstruit sa vie, alors qu'elle se croit perdue, et désoeuvrée, puisque son mari ne veut plus d'elle. Elle tire bien son épingle du jeu. Elle découvre de nouveaux horizons, se fait de nouveaux amis, apprend qu'elle est capable de faire quelque chose de sa vie, d'exister sans son mari... Le fait d'être maquilleuse pour un film lui fait entrevoir une autre vie. Elle nous raconte les acteurs et leurs crises de nerfs, le réalisateur qui veut tout changer et se fiche du désespoir de l'auteur du livre adapté, auteur qui finira par triompher. Mais dans ce métier, tout est une question de pouvoir, d'influence... Solange raconte aussi comment elle apprend à mieux connaître ses filles, surtout lorsqu'elles viennent s'installer chez elle pendant quelque temps. Elle doit aussi faire face à leurs choix de vie. Même si elle n'est pas toujours d'accord, elle doit les accepter.

On ne s'ennuie pas une seconde, avec ce roman de Jeanne Cressanges. On ne s'attend absolument pas à la rencontre que fait Solange, vers la fin. Comme quoi, le destin...

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fabienne-Xavière Sturm pour la Bibliothèque Braille Romande.

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