Lecteur : Strole Phoebe

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lundi, 8 avril 2019

The cheerleaders, de Kara Thomas.

The cheerleaders

L'ouvrage:
Monica Rayburn a seize ans. Cinq ans auparavant, sa soeur, Jennifer, s'est suicidée: elle ne se remettait pas de l'assassinat de deux de ses amies. Ce soir-là, Monica, qui vient de se faire avorter, cherche des anti-douleurs. Ses pas la conduisent dans le bureau de Tom, son beau-père. Celui-ci est policier, il a enquêté sur le meurtre des amies de Jennifer. En fouillant le bureau, Monica découvre le téléphone portable de sa soeur. Elle le ramène dans sa chambre, et l'examine. Elle découvre que le jour de sa mort, Jennifer a reçu un appel d'un numéro qui n'est pas dans ses contacts. Intriguée, Monica envoie un texto à ce numéro.

Critique:
Ce livre m'a plu. Je me suis très vite attachée à Monica. J'ai compris son mal-être dû en partie à ce qu'elle vient de vivre. Rapidement, elle exprime ses doutes quant aux meurtres et au suicide des jeunes filles. Et voilà que l'occasion lui est donnée de chercher elle-même des informations. Les choses ne sont pas faciles pour elle, et c'est avec plaisir que j'ai vu se développer, au long du roman, son amitié avec Ginny, à qui elle ne parlait pas trop avant. Bien sûr, elle reste attachée à ses deux amies (Rachel et Alexa), mais dans ce tournant de sa vie, elles ne jouent pratiquement aucun rôle.

Si Ginny est sympathique, je ne parviens pas à comprendre totalement ce que le lecteur apprend à la fin la concernant. Elle l'explique, et ses raisons paraissent valables, mais il lui aurait été possible de tout raconter au moment où les événements se sont passés. Certes, il est une chose qu'elle aurait eu du mal à expliquer, mais elle aurait pu, uniquement concernant ce fait, tronquer la vérité...

L'intrigue est prenante et bien menée. Kara Thomas lance quelques fausses pistes, mais ne tente pas de nous y faire croire à tout prix: elle donne des éléments, et Monica échafaude des théories réalistes. J'ai été contente que deux des personnages ne soient coupables de rien. Je pense qu'incriminer l'un ou l'autre était assez tentant pour l'auteur, car ils faisaient des coupables intéressants. Cependant, elle a choisi quelqu'un d'autre, et j'ai trouvé cela très bien. Pour moi, la solution est vraisemblable. L'auteur n'a pas hésité à insérer des éléments qu'on raccroche au reste ensuite. Ils accentuent la crédibilité de la solution.

Je n'ai pas compris pourquoi Jennifer en était arrivée à cette extrémité. Certaines explications sont données, mais cela ne m'a pas vraiment convaincue. Ce n'est pas forcément une faiblesse de l'histoire, mais pour moi, on aurait dû avoir davantage d'informations sur les sentiments de Jennifer.

Un bon moment de lecture.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'apprécie beaucoup la voix et le jeu de Phoebe Strole. Ici, elle n'a pas démérité, tant dans sa narration que dans l'expression des sentiments des personnages. Elle n'a pas non plus exagéré pour les rôles masculins. À un moment, Monica pleure. La lectrice ne joue pas ce passage de manière affectée, elle s'en sort très bien. L'héroïne pleure à gros sanglots. Phoebe Strole a pris le parti de montrer ces pleurs, mais de ne pas tenter les gros sanglots. Je pense qu'elle a eu raison.

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jeudi, 28 mars 2019

Mosquitoland, de David Arnold.

Mosquitoland

L'ouvrage:
Mary Iris Malone (dite Mim), seize ans, vit, depuis un mois, à Jackson, dans le Mississippi, avec son père et sa belle-mère (Cathy). Sa mère, Êve, est à l'hôpital, à Cleveland, à 947 miles de Jackson. Mim n'aime pas sa nouvelle vie. Sa mère lui manque. La goutte d'eau est une conversation qu'elle surprend entre son père, sa belle-mère, et le proviseur du lycée où elle va. C'est alors qu'elle décide de partir rejoindre Êve.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Il aborde certains thèmes de manière très fine et juste. Par exemple, Mim tient à sa mère (ce qui est normal), et en veut à son père de s'être remarié si vite après le divorce. De ce fait, elle a pris Cathy en grippe, et lorsqu'elle découvre des faits semblant incriminer cette dernière, elle y voit un moyen de corroborer ce qu'elle pense. Le lecteur étant dans la tête de Mim, il voit les choses de son point de vue. Quant à moi, j'ai commencé à me demander si tout était aussi simple lorsqu'une personne extérieure a demandé à Mim si elle était à ce point sûre de la sournoiserie de Cathy.

Tout voir à travers les yeux de l'héroïne (qui est la narratrice) fait que le lecteur (du moins moi) ne trouvera pas le père de la jeune fille très sympathique. Attention, je ne veux pas dire qu'à la fin, nous découvrons que tout ce que dit Mim est faux, mais plutôt qu'il faut peut-être se mettre à la place de certains personnages au moment où la narratrice explique leurs réactions concernant ceci ou cela. Quant à moi, même après avoir fini le roman, j'en veux au père de Mim pour certaines choses, notamment pour avoir eu peur d'une petite fille de huit ans qui s'amusait à imaginer plusieurs personnages, et à attribuer une voix à chacun. On comprend sa peur, mais elle l'a bloqué, englué dans un raisonnement, et cela n'a pas aidé sa fille.

La jeune narratrice se lance dans une aventure périlleuse, et ne manque pas de faire de mauvaises rencontres. Je dois dire que j'ai adoré lire comment elle se débarrasse de Joe. Mais sa route croisera aussi celles de personnes qu'il aurait été dommage qu'elle ne côtoie pas. Son périple lui fera vivre des événements qui la grandiront, la mettra face à des horreurs, mais aussi à des gens bien. Elle sera ensuite forcée de voir certaines choses, et elle devra vivre avec. Elle perdra une partie de son enfance. On en trouve des traces dans son attachement quasi mystique au rouge à lèvres d'Êve...

Avant d'acheter ce livre, j'ai lu des chroniques à son sujet. Une personne disait quelque chose qui m'a beaucoup plu: ce roman est pour la jeunesse, mais il n'aseptise pas les choses. Je suis d'accord avec cela. J'ai même beaucoup aimé le petit trait d'humour du chroniqueur qui dit que «Mosquitoland» risque d'effrayer les lecteurs de Guillaume Musso, Marc Lévy, et David Foenkinos. ;-)

Je me rends compte que je ne peux pas dire grand-chose de plus, afin de ne pas trop en dévoiler. Je ne peux que conseiller cette lecture. Je ne mets qu'un petit bémol à mes louanges: j'ai trouvé un peu gros que Mim rencontre justement le neveu d'Arlène...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listenning Library.

Phoebe Strole fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle n'a pas exagéré sa voix pour les rôles masculins. Elle a été obligée de prendre un accent anglais pour Êve (Mim précise dès le départ que sa mère est anglaise et a un accent), et même si je n'aime pas cela, je n'ai pas été trop dérangée, parce qu'Êve intervient peu.

jeudi, 17 janvier 2019

Toute la beauté du monde n'a pas disparu, de Danielle Younge-Ullman.

Toute la beauté du monde n'a pas disparu

L'ouvrage:
Ingrid, environ dix-sept ans, doit passer trois semaines en camp de vacances, cet été-là. Cela ne l'enchante guère, mais sa mère y tient. La voilà donc embarquée dans un groupe d'adolescents ayant vécu quelque chose de douloureux, voire de traumatisant. Encadrés par deux moniteurs, les jeunes gens doivent faire de la randonnée, apprendre à se débrouiller dans la nature, et exprimer leur mal-être lorsque quelque chose ne va pas. Si Ingrid écoute les autres, elle ne tient pas à se dévoiler.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Danielle Younge-Ullman alterne les chapitres racontant le présent d'Ingrid et ceux narrant son passé. En général, je n'aime pas trop cette structure, mais ici, elle ne m'a pas du tout gênée. Je me rends compte que je dis cela dans de plus en plus de chroniques: je vais peut-être finir par apprécier ce procédé, à force de tomber sur des auteurs qui l'emploient correctement.

Ingrid a très vite attiré ma compassion. D'abord, elle est ici contre son gré. On dirait que c'est une punition. Ensuite, elle a vécu des moments difficiles. D'un autre côté, je n'ai pas apprécié sa mère, Margot-Sophia. J'ai compris qu'elle ne souhaite pas revenir sur le malheur qui l'a frappée, et qu'elle refuse de tenter d'améliorer les choses, de peur d'espérer pour rien. Cependant, je l'ai trouvée injuste envers Ingrid et Andreas, et également trop prompte à s'apitoyer sur son sort. Elle n'a jamais été une vraie mère pour sa fille. Celle-ci a dû, très jeune, s'occuper d'elle-même et de Margot-Sophia... Si la narratrice tarde à se dévoiler à ses camarades (et encore, seul Tavic connaîtra une partie de son histoire), le lecteur obtient des éléments à mesure de l'avancée du récit. Moi qui me demande toujours ce que j'aurais fait dans telle situation à la place du personnage principal, je n'ai pas souvent désapprouvé Ingrid. Il y a juste un point sur lequel elle m'a paru trop dure, mais sa réaction était compréhensible.

J'ai bien aimé ceux qui font partie du groupe de campeurs, sauf une personne. En outre, les deux moniteurs m'ont parfois agacée... Ils semblaient trop formatés par la «mission» du camp. Certes, ils avaient des raisons d'agir comme ils le faisaient... À leur décharge, tous les deux sont à la hauteur lorsque les choses prennent une vilaine tournure.

Mélissa, l'une des adolescents, est très discrète. Au début, elle est même effacée. Ensuite, elle a le courage de faire ce qu'il faut (lors de la vilaine tournure des choses dont je parle ci-dessus), et a la force de reconnaître ce qui la tourmente le plus, et ce dont elle a peur de ne pas pouvoir se débarrasser. Elle parle peu, mais tout ce qu'elle dit est très intéressant.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Ingrid nous conte tout d'une plume alerte et caustique. En effet, elle n'oublie pas l'humour. Parfois, elle nous fait même rire à ses dépens, par exemple, lorsqu'elle compte les moustiques écrasés, puis cesse tant il y en a, ou qu'elle explique que le repas des campeurs se compose... d'insectes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.
Je connais peu Phoebe Strole, mais j'apprécie beaucoup son jeu. Son intonation est toujours adéquate. Qu'il s'agisse d'humour grinçant, de colère, de désarroi, de peur, la comédienne fait preuve d'un grand talent. En outre, elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins. J'ai été un peu déçue qu'elle prenne un accent pour Andreas, mais elle n'en fait pas trop, donc cela n'est pas gênant.

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