Lecteur : Strole Phoebe

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 3 août 2020

Sparkers, d'Eleanor Glewwe.

Note: Les noms des deux peuples d'Ashara ne figurent pas dans le résumé du roman. Je les ai donc écrits à l'instinct, en me basant sur la prononciation de la lectrice: un Halon, des Haloni; un Kassir, des Kassiri.

L'ouvrage:
La ville d'Ashara est gouvernée par les Kassiri, un peuple de magiciens. L'autre peuple habitant la cité est celui des Haloni. C'est de ce dernier que fait partie Marah, adolescente excellant au violon. Les Haloni sont assujettis, car ils n'ont que leur intuition, alors que les Kassiri ont la magie.
Depuis quelque temps, Marah travaille un examen qui lui ouvrirait une grande école de musique. Un jour, elle croise la route d'une fillette kassir qui se prend d'amitié pour elle.
Peu après, un virus s'abat sur Ashara. Il rend noirs les yeux de ceux qu'il touche, et finit par les tuer. Marah craint pour la vie de ceux qu'elle aime. C'est alors qu'un concours de circonstances lui laisse entrevoir la possibilité de débarrasser la ville du fléau.

Critique:
J'ai hésité avant d'acheter ce roman parce que le résumé explique que Marah rencontre un garçon, et que c'est avec lui qu'elle va trouver comment préparer un remède contre le virus. J'ai eu peur d'une histoire d'amour niaise. Ce qui m'a décidée, c'est une chronique sur Audible.fr, dans laquelle il était dit que ce roman était à lire pour avoir une bonne idée de ce qu'est la discrimination. J'irais plus loin en parlant de racisme. En effet, non seulement la société d'Ashara repose sur l'idée que les Kassiri sont tout en haut de l'échelle sociale, mais les Kassiri peuvent mépriser les Haloni. Au début, lorsque Sarah (la fillette kassir) adresse la parole à Marah, et se montre amicale envers elle, l'adolescente est étonnée, et a même peur des représailles qu'elle encourt. D'autres choses étayent cette idée de discrimination, voire de racisme, mais je ne dirai pas lesquelles, car j'en dévoilerais trop.
Quant à ce que je croyais être une histoire d'amour niaise, j'ai été soulagée qu'Eleanor Glewwe ne fraie pas du tout avec cela.

Pour moi, l'intrigue ne traîne pas. L'autrice insère quelques rebondissements dont un que je n'avais pas du tout vu venir. Vers la fin du roman, j'ai reproché quelque chose à Marah, à l'instar d'Azarias, car il était évident qu'elle se fourvoyait. Mais la pauvre ne l'a compris qu'après avoir commis l'erreur. Du reste, son geste était compréhensible.

Les deux personnages principaux et leur famille sont attachants. Marah m'a d'abord été sympathique parce qu'elle ne ressemble pas à certaines héroïnes soit trop parfaites soit trop intrépides pour être crédibles. Certes, elle souhaite faire de bonnes choses, et elle brave des dangers, mais pour moi, elle ne le fait pas avec grandiloquence.
La mère de la jeune fille me fait un peu l'effet d'une force tranquille. Elle parvient à ne pas s'effondrer alors que l'avenir n'est pas serein.
Les parents d'Azarias m'ont plu parce qu'ils font partie des Kassiri respectueux de tous, et donc des Haloni. Ils cernent rapidement l'importance des événements, ne s'en laissent pas conter...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Penguin Random House Audio.

Phoebe Strole fait partie des comédiens dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle ne m'a pas déçue.

jeudi, 23 juillet 2020

Stay gold, de Tobly McSmith.

L'ouvrage:
Texas. Pony va faire sa rentrée en Terminale au lycée de Hillcrest High. Il a changé de lycée, car il a besoin d'être accepté en tant que garçon. On l'a toujours connu en tant que fille, et après qu'il a eu le courage de dire à son entourage que, dans sa tête, il était un garçon, et souhaitait en devenir un physiquement, il avait besoin de regards neufs. Le jour de la rentrée, ses yeux croisent ceux de Georgia, une majorette. Il espère tout de suite être le genre de garçon avec qui elle sortirait. Quant à elle, elle a juré de ne pas avoir de petit ami pendant cette année scolaire, car elle a connu une rupture difficile. Cependant, lorsqu'elle croise le regard de Pony, cela l'électrise.

Critique:
Mon résumé peut faire penser que ce roman est une histoire d'amour extrêmement mièvre. Ce n'est pas le cas, même si certains aspects du livre sont un peu à la guimauve. Ce roman est d'abord un appel à accepter l'autre pour ce qu'il est. Cela peut paraître galvaudé, parce que c'est un thème qu'on retrouve souvent. Pour moi, ce n'est pas galvaudé, parce que malheureusement, on a beau trouver des livres et des films prônant la tolérance, je n'ai pas l'impression qu'elle soit très développée dans notre société au quotidien. À travers le personnage de Théo (mais aussi celui de Ted), Tobly McSmith dépeint les dégâts causés par l'intolérance. Pour moi,, il n'y a pas de larmoiements ou de sirupeux. Je me suis étonnée de ce que fait le père de Pony vers la fin, parce qu'à mon avis, cela ne cadrait pas avec le personnage, et là, c'était de la guimauve pas crédible. Cependant, en creusant un peu, j'ai reconnu que ce que disait la mère de Pony était vrai: le père s'inquiète réellement pour ses enfants. Il le leur montre de la pire manière qui soit, mais à un moment, lorsqu'il se fâche après Rocky (la soeur de Pony), on comprend qu'il a peur pour elle.

Le roman exhorte également le lecteur à être lui-même. Georgia est un bon exemple de cela. Je pense que beaucoup d'adolescents s'identifieront à elle. La jeune fille fait des choses pour être acceptée. Elle n'ose pas en faire certaines parce qu'elle a peur d'être rejetée. Les événements qu'elle vit et sa rencontre avec Pony la forcent à se demander ce qu'elle veut vraiment. D'ailleurs, ses amies majorettes sont un peu comme elle, et certaines (je ne garantirais pas que Mia soit du nombre) ont un peu le même cheminement.

J'ai apprécié que Jack ne soit pas une caricature de l'adolescent dont les parents sont très riches. Il est sympathique, principalement parce qu'il ne tente pas de faire des vacheries à qui que ce soit. J'ai également été surprise par Jerry et Kengy, les amis de Pony. Je les trouvais superficiels, mais on a le droit de s'amuser et de dire des âneries, cela ne veut pas dire qu'on ne réfléchit pas.

Je ne sais pas trop quoi penser de la mère de Georgia. Je comprends qu'elle ait écouté son coeur, mais je pense que si, avant, elle s'était expliquée, beaucoup de dommages auraient été évités... Au final, je ne l'apprécie pas trop, je lui préfère de loin le père de l'héroïne. Je dois dire que j'aime bien ses blagues sur le prénom de Pony. ;-) Bien sûr, ce n'est pas la seule raison pour laquelle j'apprécie ce personnage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Theo Germaine et Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

Comme d'habitude, j'ai retrouvé Phoebe Strole avec plaisir. Son interprétation ne m'a pas déçue.
Quant à Theo Germaine, je crois que c'est le premier livre qu'il a enregistré. Son jeu m'a plu.

jeudi, 18 juin 2020

Je suis une viking, d'Andrew David MacDonald.

Je suis une viking

L'ouvrage:
Lorsque Zelda était dans le ventre de sa mère, celle-ci a trop abusé de l'alcool. Cela a pour conséquence que Zelda est attardée.
À présent, elle vit avec son frère, Gert. Celui-ci va à l'université. Quant à Zelda, elle se passionne pour la civilisation des vikings, et entend bien être digne d'en être une. C'est alors qu'elle rencontre l'une des fréquentations de Gert, un jeune homme qui ne lui plaît pas.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Le personnage de Zelda touchera forcément le lecteur. En tout cas, cela a été mon cas. Je n'ai pas vraiment compris sur quels points exacts la jeune fille était en retard, si elle avait des comportements autistiques (elle a besoin de règles, de listes, d'un cadre)... Sa vision des choses n'est pas si simpliste. Pour moi, ce n'est pas vraiment celle d'une personne attardée. Certes, elle s'exprime de manière enfantine. De plus, elle ne comprend pas certaines choses, ou prend au pied de la lettre certaines répliques dites au sens figuré, mais ce ne sont rien que des erreurs que pourrait faire quelqu'un qui n'est pas au fait de certains codes, et cela ne veut pas forcément dire qu'on a des difficultés de compréhension. En fait, il me semble avoir trouvé beaucoup de moi dans la façon de penser de Zelda. Je suis peut-être attardée, et j'ai réussi à le cacher. ;-)
L'héroïne est peut-être un peu trop admirative des vikings, a peut-être trop envie de leur ressembler (moralement), mais cela ne fait pas d'elle une inadaptée. On peut tous avoir une passion pour un sport, une culture, ou autre chose, et cette passion peut devenir une obsession. La différence entre Zelda et la personne lambda, c'est que la personne lambda ne dira pas à tous ceux qu'elle rencontre à quel point elle est passionnée de telle ou telle chose. De toute façon, je n'ai pas vraiment vu le handicap de l'héroïne comme quelque chose qui l'empêcherait d'avancer. Malheureusement pour elle, certaines personnes sont stupides (moralement), et ne veulent pas prendre les personnes comme elle au sérieux. De plus, sur certains points, la jeune fille est totalement dans les clous: il lui suffit de passer très peu de temps avec Toucan pour se rendre compte que c'est une personne peu fréquentable.
L'auteur donne quand même d'autres exemples. Marxy et Sarabeth sont moins évolués que Zelda, et ils ont davantage de mal à s'adapter à la vie et à ses codes. Je n'ai pas réussi à les apprécier, surtout Marxy qu'on côtoie davantage que Sarabeth.

Le frère de l'héroïne est intéressant parce qu'il est complexe. Il fraie avec des individus louches, ne respecte pas toutes les règles que Zelda et lui ont fixées (il lui ment, par exemple), s'emporte très facilement... Mais il est évident que ce qu'il souhaite, c'est le bien-être de sa soeur. Il reconnaît qu'elle se bat tous les jours pour apprendre à vivre en société, qu'elle souhaite être quelqu'un de bien, et comprend qu'elle tienne à ce que rien de mal n'arrive à ceux qu'elle aime.

J'aimerais bien que ce livre ait une suite. J'aimerais savoir comment évolueraient Zelda, Gert, et AK47 (personnage très sympathique). Bon, je dois dire que je ne serais pas ravie de retrouver Marxy qui m'agace, mais j'imagine que s'il y avait une suite, il en ferait partie.

Éditeur français: Nil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Simon and Schuster Audio.

Phoebe Strole fait partie des comédiens dont j'aime beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité. Elle n'a jamais pris un ton affecté, n'a pas exagéré... Bref, encore une fois, son interprétation est parfaite.

Acheter « Je suis une viking » sur Amazon

lundi, 27 avril 2020

The art of breaking things, de Laura Sibson.

The art of breaking things

L'ouvrage:
Sky a dix-sept ans. Depuis qu'elle a douze ans, parfois, elle prend de la drogue. Parfois, elle boit tant d'alcool qu'elle ne se rappelle plus comment s'est terminée la soirée. Ce jour-là, sa mère (Beth) lui annonce, ainsi qu'à Emma (soeur de Sky, onze ans) que Dan revient dans leur vie. Dan est l'ancien petit ami de Beth. Elle l'a quitté quand Sky avait douze ans. L'adolescente ne voit pas ce retour d'un bon oeil.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai apprécié que Laura Sibson immerge son lecteur dans les pensées de sa narratrice. Grâce à cela, je savais exactement pourquoi Sky agissait ainsi. À côté de cela, Beth et Emma tentaient de comprendre Sky, tout en ignorant totalement qu'elle souffrait. Je me suis aussi mise à leur place, surtout à celle d'Emma, et j'ai compris à quel point la communication était délicate.

Je ne sais pas trop quoi penser de la réaction de Beth lorsque Sky a tenté de lui dire ce qui lui était arrivé, le soir même où c'est arrivé. Je pense que l'explication donnée à demi-mots vers la fin est satisfaisante. Elle ne me plaît qu'à moitié, parce que je sais que ma mère, si je lui avais dit cela, n'aurait pas agi comme Beth. Cependant, je comprends qu'entre le demi-sommeil et l'état d'ébriété, le cerveau de Beth n'ait pas assimilé ce que disait sa fille.

Au long du roman, on assiste à la lutte de la jeune fille pour que son monde ne s'écroule pas, pour garantir la sécurité d'Emma, pour être en paix avec elle-même. J'ai éprouvé beaucoup de compassion pour elle, tout en l'exhortant à dire ce qu'elle avait sur le coeur. J'ai apprécié qu'elle trouve refuge dans l'art, la création... Bien sûr, je pestais lorsqu'elle se détruisait, et qu'elle se rendait compte de ce que lui faisaient drogue et alcool. Dans ces moments, je me demandais ce que je ferais à sa place. La drogue lui permettait de refouler ses affreux souvenirs, alors... Lorsqu'on est brisé, qu'on se sent seul et incompris, comment ne pas plonger dans des éléments destructeurs? En tant que lectrice extérieure, j'avais beau jeu de froncer le nez lorsque Sky racontait ses joins, ses lignes de cocaïne, ses beuveries... En outre, ces excès ne cachaient pas le courage, la rectitude, et la force morale de la jeune fille. Laura Sibson dresse ici un portrait touchant d'une personne qui, malgré ses chutes, se relève. Tout en se dévalorisant, Sky restait déterminée à tout faire pour préserver Emma. Bien sûr, elle l'a fait très maladroitement, mais comment la blâmer?

Dans les remerciements, Laura Sibson explique que ce roman a d'autant plus d'importance pour elle qu'il est basé sur des faits réels. Elle ne dit pas à quel point son histoire ressemble à celle de sa narratrice, mais à travers son héroïne, elle montre le courage nécessaire pour affronter ce genre d'atrocités. L'autrice donne juste un détail qui montre une petite différence entre son histoire et celle de Sky.

Un roman juste, bien écrit, la traversée du désert d'une jeune fille, un appel à ne jamais rester seul avec sa douleur.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Listening Library.

J'ai d'abord acheté ce roman parce qu'il est lu par Phoebe Strole dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, elle n'a pas démérité.

Acheter « The art of breaking things » en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

lundi, 13 avril 2020

Dear Sweet Pea, de Julie Murphy.

Dear Sweet Pea

L'ouvrage:
Patricia, dite Sweet Pea, a treize ans. Ses parents viennent de divorcer. Pour que les choses soient un peu moins difficiles pour leur fille, ils ont décidé que le père (André) habiterait dans une maison similaire à la maison familiale (où reste Liz, la mère de Sweet Pea), et se trouvant dans la même rue.
Un jour, la célèbre voisine de Sweet Pea (miss Flora May, qui tient une rubrique «courrier des lecteurs» dans l'un des journaux de la ville) demande un service à l'adolescente. Cela ne sera pas sans conséquences.

Critique:
Ce roman m'a plu. J'ai d'abord apprécié la manière dont les parents de l'héroïne gèrent leur divorce. Ils souhaitent le mieux pour elle, et font en sorte de ne pas agir comme les mauvais parents dont les enfants pâtissent du comportement.
J'ai aimé que Liz ne soit pas devenue une sale bonne femme revêche et aigrie, qu'elle ne souhaite pas accabler André, et veuille sincèrement être son amie, dans la mesure du possible. J'ai également apprécié qu'elle ne tente pas d'être prise pour un parangon de tolérance. J'ai quand même trouvé, à l'instar de la narratrice, qu'elle faisait une certaine chose trop tôt. Pour moi, ce n'est pas très cohérent.
J'ai également imaginé la souffrance du père de Sweet Pea. On ne voit pas à quel point les choses sont dures pour lui, mais on peut l'imaginer. J'ai apprécié qu'il ne tente pas de jouer les martyrs.

Quant à Sweet Pea, elle m'a tout de suite été sympathique. À mesure que le roman avançait, je me disais qu'elle ne devrait pas faire telle et telle chose, mais même lorsque je la blâmais, je comprenais pourquoi elle agissait. Comme je voyais les choses de son point de vue, je n'ai pas tout de suite compris (je l'ai quand même compris avant elle) à quel point elle était injuste envers son meilleur ami. Quant à Kira, je trouve que Sweet Pea lui a un peu vite pardonné. Certes, elle n'a pas très bien agi à côté de cela, mais je trouvais qu'elle s'aplatissait devant Kira.

Il m'a plu que la narratrice apprenne de ses erreurs, et voie aussi des détails, comme par exemple le fait qu'elle n'avait jamais cherché à être amicale envers Greg. À travers ce que vit et expérimente l'héroïne, Julie Murphy exhorte son lecteur à la tolérance. Elle ne le fait pas avec grandiloquence ni avec de gros sabots. Voilà pourquoi c'est bien amené.

N'oublions pas les notes humoristiques dont l'autrice parsème son roman. Les scènes où Chease apparaît ainsi que la sérénade de Sweet Pea sous les fenêtres d'Oscar en sont de bons exemples, et ce ne sont pas les seuls.

Remarques annexes:
J'ai apprécié que l'héroïne adore les chats.
Si le livre est traduit en français, je me demande comment sera traduit le surnom de l'héroïne. L'appellation «Sweet Pea» est un genre de «ma puce», mais ici, se glisse un peu d'humour, car «Pea» se prononce «pi» comme le «p», première lettre de Patricia, le prénom de l'héroïne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Phoebe Strole pour les éditions Harper Audio.

Phoebe Strole fait partie de mes comédiens préférés. Ici, elle n'a pas démérité. Sans cabotiner, sans horribles effets de voix, faisant juste ce qu'il faut, elle interprète brillamment tous les personnages, et rend leurs émotions sans difficultés apparentes.

Acheter « Dear Sweet Pea » en téléchargement audio anglais sur Amazon (Audible.fr)

- page 1 de 2