Lecteur : Stassard Colette

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vendredi, 11 mai 2012

Un bonheur inattendu, de Lucy Clare.

Un bonheur inattendu

L'ouvrage:
La veille de ses cinquante ans, Lydie découvre qu'elle est enceinte. Elle ne peut se résoudre à en parler à Martin, son mari, car voilà plusieurs années qu'ils ne font plus l'amour. L'enfant est de Barney, un jeune homme avec qui Lydie a eu une aventure, et a rompu. Lydie a déjà trois grands enfants: Laura (qui a elle-même trois enfants), Miranda, et Alex.

Critique:
J'ai fini le livre parce que je voulais savoir comment l'auteur allait sortir ses personnages de la mélasse dans laquelle elle les avait plongés. Si l'intrigue se tient, la plupart des personnages sont absolument détestables.
Laura est frustrée, capricieuse, elle se sent incomprise, alors, elle se transforme en une mégère aigrie. On me dira qu'elle a certaines raisons. Sûrement, mais la comédie qu'elle fait pour s'approprier sa demi-soeur m'a donné envie de lui envoyer plusieurs paires de gifles. J'adore le passage où elle dit ses quatre vérités à chacun, mais ne se remet absolument pas en question. Heureusement, quelqu'un se charge de le faire.
D'autre part, sainte Laura adore son frère (surtout quand elle peut jouer à la poupée avec), mais n'arrive pas à accepter son homosexualité. Belle façon d'aimer quelqu'un pour ce qu'il est.

Miranda ne vaut pas mieux. Profondément égoïste, elle a gardé tous les mauvais côtés de l'enfance. Son égoïsme la rend puérile, simpliste, et on a souvent envie de lui envoyer un bon seau d'eau glacée à la figure. (Certains personnages font ressortir mes pulsions tortionnaires.) Miranda ne se remet pas non plus en question.
Elle souffre d'anorexie, mais on dirait qu'elle s'est fabriqué ses problèmes toute seule. À l'heure où des enfants sont réellement incompris de leurs parents, mademoiselle Miranda s'invente des souffrances, fait une montagne parce qu'elle n'a pas la personnalité de sa soeur (elle passera d'ailleurs tout son temps à vouloir ce qu'elle ne peut avoir). Bref, c'est une méprisable sotte.

Alex n'est pas aussi méprisable que ses soeurs, mais lui aussi voit des problèmes où il n'y en a pas. Il tente de percer dans le milieu artistique, pour de mauvaises raisons, et à côté de cela, autre chose lui plaît, et il faut le secouer pour qu'il accepte de dévier vers cette voie. Je trouve ça idiot. Qui ne saisirait l'opportunité, sans se faire prier, de faire ce qu'il aime?!

Lydie et Martin trouvent grâce à mes yeux, ainsi que Cyn et Cléo. On n'est pas forcément d'accord avec tout ce qu'ils font, mais on les comprend.
Mention spéciale à Cyn qui, malgré son mauvais caractère, attirera la sympathie du lecteur, d'abord parce que sa détresse est réelle, et en plus, parce qu'elle énonce souvent d'incontestables vérités.

Le thème de l'enfant désiré ou non est abordé de plusieurs manières. Si les personnages sont de vrais crétins, l'auteur soulève des questions intéressantes.
Miranda ne veut pas d'enfants parce qu'elle a peur d'être enceinte. Ensuite, elle veut bien voler sa demi-soeur, et la faire garder par une nourrice... Son but est de garder Richard. Elle ne l'aime même pas, elle a besoin de quelqu'un.
Laura veut désespérément un quatrième enfant. Que ne se contente-t-elle d'élever ses propres enfants. Cette imbécile n'arrive même pas à cerner ceux qu'elle a déjà faits, et elle en veut un autre! Apparemment, Laura ne sait s'occuper que de petits enfants. Donc, elle en aura un quatrième, et quand il aura six ans, il lui en faudra un autre pour recommencer à pouponner...
Si les personnages s'y prennent aussi mal, le thème est intéressant. Que faire quand un couple n'est absolument pas d'accord sur le fait d'avoir des enfants? J'ai du mal à croire qu'on puisse quitter quelqu'un qu'on aime vraiment à cause de cette divergence d'opinions, mais il est vrai que quelle que soit la décision prise, elle ne satisfera aucun des deux. Le plus sage est peut-être de ne pas avoir d'enfants, car il faut se dire que c'est eux qui pâtiront d'avoir un père ou une mère qui les a eus à contrecoeur, pour ne pas être quitté par l'être aimé.

Si la fin apporte des réponses, si les personnages ont l'air de s'être un peu remis en question, certaines choses ne sont pas vraiment crédibles, notamment la reprise en main de Miranda par elle-même. Quant à Laura, j'ai la sensation que c'est du reculer pour mieux sauter...

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Stassard pour la Ligue Braille.

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lundi, 17 décembre 2007

Quatre filles et un jean, tome 3: Le troisième été, d'Anne Brashares.

 Quatre filles et un jean, tome 3

Voir la critique du tome 1.

Voir la critique du tome 2.

Note préalable: Si vous n'avez pas lu les deux premiers tomes, ne lisez pas cette critique, car elle dévoile certaines choses sur lesdits premiers tomes, bien que j'aie essayé d'en dire le moins possible.

L'ouvrage:
Cet été, Bridget s'est inscrite à un stage de football.
Carmen, Tibby, et Lena resteront chez elles.
Trois des quatre amies ne seront donc pas séparées. Elles ont intérêt à en profiter, car l'an prochain, elles seront séparées pour de longs mois. Chacune ira dans une fac différente.

Lena et sa soeur, Effie, ont trouvé un petit boulot pour l'été. En parallèle, Lena se penche sérieusement sur le dessin. Avant, c'était son passe-temps, maintenant, elle aimerait entrer dans une école d'art. Mais son père n'apprécie pas de la voir dessiner un modèle nu.

Carmen ne fera pas de baby-sitting, cette année. Elle est embauchée par la mère de Lena pour s'occuper de Valia, ou Mamita, comme l'appellent Lena et Effie. Celle-ci est aux Etats-Unis contre son gré, et s'ingénie à rendre la vie de sa famille impossible. C'est sa façon de se révolter contre une décision qui a été prise à sa place.

Tibby n'a rien prévu de particulier, cet été. La vie a prévu pour elle. Son été sera riche en rebondissements.

Critique:
On prend du plaisir à la lecture de ce troisième tome, mais pas autant, à mon avis qu'à celle des deux premiers. Certaines choses passent moins bien. Par exemple, on apprend dans le prologue que Christina s'est mariée, l'hiver précédent, avec David. On ne peut s'empêcher de penser qu'ils sont allés un peu vite. En fait, Anne Brashares les a mariés pour pouvoir introduire en force l'événement qui va perturber Carmen.
Ca aussi, c'est gros. Cette pauvre Carmen passe ses étés à avoir sa vie chamboulée. Dans les deux premiers tomes, on le comprenait, les situations étaient plausibles, et ses réactions réalistes. Ici, ses réactions sont réalistes, mais la situation est vraiment grosse. En outre, on aimerait bien que Carmen sorte de ce rôle.
Autre chose m'a paru gros: l'équipée sauvage de Carmen et Win pour retrouver David.

Il y a toujours des moments forts en émotion: l'accident de Catherine, la discussion que Lena et son père ont vers la fin, ce que Carmen finit par réaliser, la détresse de Valia, l'accouchement, ce que Christina demande à Tibby (j'avais deviné qu'elle le lui demanderait au moment où Tibby l'a aidée), etc.

L'histoire de Bridget traîne un peu. Elle ne m'a pas agacée, mais j'ai trouvé qu'elle démarrait lentement.
Quant aux autres, elles se compliquent la vie par peur, par manque de confiance en elles. Rien de plus normal, elles sont à l'âge où beaucoup de choses se décident.

Malgré quelques ficelles un peu grosses, ce roman reste agréable à lire. On a envie de voir évoluer nos quatre héroïnes et leurs familles. On est content de voir, au fil des pages, que leur amitié est toujours la plus forte.

(Note: La critique du tome 4 n'est pas pour tout de suite, car le texte intégral n'est pas encore disponible en audio.)

Éditeur: Gallimard jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Colette Stassar pour la Ligue Braille.
(Note: Les noms des lecteurs de la Ligue Braille ne sont écrits nulle part. Je dois donc deviner leur orthographe. Je présente ici mes excuses à ceux dont j'estropie les noms.

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