Lecteur : Sourdive Audrey

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lundi, 13 juillet 2020

L'archipel des larmes, de Camilla Grebe.

L'archipel des larmes

L'ouvrage:
Stockholm, février 1944. Elsey est auxiliaire de police. Un soir, ses collègues et elle sont appelés à se rendre dans un appartement où une dispute a été signalée. Ils trouvent le cadavre d'une femme clouée au sol. Le meurtrier est surnommé l'assassin des bas-fonds. En 1974, le même modus operendi est utilisé. Est-ce le même tueur ou bien un imitateur?

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. J'ai apprécié que Camilla Grebe évoque le contexte historique, car outre qu'il s'insérait dans son intrigue, cela m'a appris des choses. J'ignorais qu'en Suède, les femmes avaient pu entrer dans la police à la même place que les hommes dans les années 60-70. La réaction de certains hommes (comme le supérieur de Britt-Marie) est prévisible, mais rappeler ce contexte fait que le lecteur peut se rendre compte du chemin parcouru, même si le sexisme existe toujours, malheureusement.

En peu de pages, l'auteur parvient à rendre Elsey très attachante. Quant à Britt-Marie, je l'ai également très vite appréciée et comprise.
Il est un peu dommage pour moi de découvrir Malin et Hanne dans ce roman. Je sais qu'il aurait fallu que je lise la série dans l'ordre, mais je l'ai lu dans l'ordre dans lequel Audiolib l'a publiée. J'ai donc commencé par «L'ombre de la baleine» et n'ai pas encore lu «Un cri sous la glace» et «Le journal de ma disparition». Dans les romans que j'ai lus, on apprend, sur Hanne et Malin, des choses qu'il vaut mieux découvrir en lisant les deux premiers. Tant pis pour moi, mais au moins, je préviens les lecteurs qui ne sauraient pas que c'est une série, et qu'il vaut mieux la lire dans l'ordre.

L'intrigue est très bien agencée. Bien sûr, j'ai râlé très fort lorsque le narrateur nous explique (à la fin de la partie concernant Britt-Marie) qu'il ne peut pas nous en dire davantage sur elle pour le moment, mais je me doutais bien qu'il y avait une raison à cela. Il y en avait bien une, et elle était tout à fait valable. Il était impossible que le narrateur nous en dise davantage à ce moment-là, cela aurait tout gâché.
Je n'ai trouvé aucun temps mort, les personnages sont travaillés et bien analysés, et les rebondissements arrivent à propos.

Quant au coupable... J'ai soupçonné tout le monde (ce que souhaitait l'auteur) tout en espérant qu'un personnage n'était pas le meurtrier. Je trouvais des raisons à sa non culpabilité, et je m'aperçois que ce n'était pas seulement parce que je l'aimais bien. Si ce personnage avait été coupable, cela n'aurait pas cadré avec ce qu'on voit de lui. L'autrice a, encore une fois, très bien joué, car rien n'est incohérent.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

Comme d'habitude (même si je n'ai pas lu tous les livres qu'elle a enregistrés) Audrey Sourdive a été parfaite. Elle parvient, sans efforts apparents, à prendre la voix et l'intonation qu'il faut pour les rôles masculins. Elle joue le dépit, la colère, et bien d'autres émotions. Et tout ça sans affectation! En outre, elle prononce correctement les mots «moeurs» et «dégingandé», ce qui lui fait des points en plus dans mon esprit maniaque. ;-) :-)

Pour la petite anecdote, lorsque j'ai entendu mon premier livre enregistré par elle, je me suis fait la réflexion qu'elle avait le même type de voix que Martine Irzenski (que je connais surtout pour avoir doublé Meg Ryan entre autres dans «Quand Harry rencontre Sally», et qui, à ma connaissance, n'a pas enregistré de livres). Et pendant toute ma lecture de ce premier livre, je pensais beaucoup à la voix de Martine Irzenski. Je me rends compte qu'en lisant «L'archipel des larmes», je n'ai pas une seule fois évoqué cette voix. Je commence donc à bien distinguer les deux.

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mardi, 3 mars 2020

Le bal des folles, de Victoria Mas.

Le bal des folles

L'ouvrage:
Paris, 1885. Voilà vingt ans que Geneviève est infirmière. Elle travaille dans le service du docteur Charcot. Elle admire ce dernier pour ses méthodes de soins aux aliénées. Geneviève ne fraie pas avec ces femmes dont elle a la surveillance. Elle ne veut pas s'attacher ou ressentir de la compassion. C'est alors qu'Eugénie Cléry est internée par son père...

Critique:
Ce roman m'a plu. Je savais que les recherches de Charcot et les «expériences» sur des femmes internées avaient existé, mais je n'avais lu cela qu'au détour de livres dont ce n'était pas le sujet principal. Victoria Mas nous montre plusieurs personnes dont l'histoire illustre bien le fait qu'à l'époque, on n'hésitait pas à interner une femme considérée comme gênante, et on ne se souciait pas de savoir quel était son état psychologique. Louise en est un exemple intéressant. Elle prend son parti de la situation, finit même par être ravie que Charcot s'intéresse à elle, et travaille sur son cas, mais le lecteur comprend vite que ce qu'il fallait à l'adolescente, c'était un soutien psychologique et quelqu'un qui se préoccupe réellement de son bien-être. De plus, les méthodes de Charcot ne devaient aider personne à se construire ou à se remettre d'un traumatisme. Peut-être même qu'elles finissaient par engendrer le déséquilibre mental chez celles qui les subissaient.

Thérèse est également un personnage intéressant et attachant. Il est un peu déstabilisant de penser qu'elle est contente de sa situation, mais lorsqu'on se penche sur sa vie, on le comprend très bien.

Geneviève est également sympathique. Au début, elle semble fermée et revêche, mais on comprend très vite qu'elle gère son existence comme elle le peut en essayant de se faire le moins de mal possible. Au long du roman, elle est forcée de remettre certains éléments en question. À la fin, elle semble avoir compris des choses sur elle-même, sur la vie, et est peut-être davantage satisfaite de son sort qu'avant.

Quant à Eugénie, sa situation m'a paru «classique». En effet, elle est une personne gênante internée contre son gré. L'autrice prend le temps d'expliquer la manière dont la jeune fille a toujours été considérée dans sa famille, ce qui fait que le lecteur comprendra d'autant mieux la décision du père. Pour ma part, je m'identifiais à Théophile, m'imaginant que si j'étais témoin d'une telle barbarie, je ferais peut-être comme lui, et ne parviendrais peut-être pas à réagir (du moins, au début) pour l'empêcher.

Tous ces personnages et les événements qu'ils vivent sont criants de vérité.

Comme je suis une horrible pinailleuse, je note ici que j'ai relevé une ou deux erreurs de syntaxe.

En fin d'ouvrage, il y a un entretien avec l'autrice. Comme d'habitude, cela m'a beaucoup plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

J'ai peu entendu cette comédienne avant de lire ce roman, mais j'ai très vite apprécié son jeu naturel. Ici, elle n'a pas démérité. Elle joue sans surjouer, ne modifie pas sa voix à outrance, son intonation est toujours adéquate. Je n'ai pas noté de scènes où son talent s'est davantage illustré, mais pour moi, il n'y a aucune fausse note.

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