Jeux de dupes

L'ouvrage:
Une nuit, la famille McKenzie est sauvagement attaquée. Les parents sont tués, et leur fille de dix-neuf ans, Fiona, est retrouvée vivante par la femme de ménage. Elle a une blessure à la gorge, et son visage est recouvert de bandes adhésives.

La jeune fille est conduite à l'hôpital et placée sous protection. Elle finit par se remettre de sa blessure. C'est alors qu'on songe à lui trouver un foyer. Elle refuse de renouer avec son ancienne vie. Les médecins pensent à la placer chez Samantha, qui, pour l'heure, vit retirée à la campagne avec sa fille de cinq ans, Elsie. Samantha est en train d'écrire un livre sur le comportement posttraumatique.

Critique:
Ce livre me laisse un sentiment mitigé, et finalement, plus négatif que positif.
Certes, le plan que le lecteur finit par découvrir est très bien imaginé. On y retrouve la finesse des auteurs qui sont spécialistes de l'exploration de la personnalité et de la psychologie. Le lecteur aura beau chercher, il ne décèlera aucune faille dans ce plan, et comprendra comment certains ont pu être dupes.

Cependant, trop de choses m'ont déplu.
D'abord, il est vraiment très gros que Samantha finisse par accepter d'héberger une inconnue à problèmes. Elle a sa vie et sa fille à gérer, elle aspire à la tranquillité, elle n'a pas besoin de ça. La perspective d'avoir un sujet à étudier en direct l'emporte, mais ce n'est pas crédible.

Ensuite, lorsque Sam trouve la lettre, et ce que lui apprend cette lettre, le lecteur n'y croit pas. Comment Sam, censée être plus fine psychologue que le lecteur peut-elle y croire?
En outre, les auteurs insèrent un imprévu, et donc un événement déplaisant que je trouve inutile. Ils auraient pu s'en passer. Le plan aurait bien tourné, et le livre aurait été, du moins pour moi, mieux. En effet, j'ai été vraiment déçue par cet événement inséré.
En outre, ledit événement rappelle une ficelle utilisée dans «Sourire en coin». D'une manière générale, la façon dont se passent les choses rappellent ce roman, et d'autres de ces auteurs. Il faudrait donc, à mon avis, qu'ils se renouvellent. En effet, j'avais deviné pas mal de choses quant au plan, car apparemment, je commence à comprendre leurs trames, façons de raisonner et d'agencer leurs intrigues.

On retrouve, une fois encore, la passivité policière. Les policiers ne sont pas autant de mauvaise foi, et ne mettent pas autant de bâtons dans les roues que dans les autres romans que j'ai chroniqués, mais ils ne sont pas d'une grande aide, et c'est Sam qui trouve beaucoup de choses seule. Cette ficelle est régulière, et donc lassante, voire agaçante.

La fin est assez décevante. On me dira qu'il ne pouvait pas y en avoir d'autres. Soit, peut-être.

Les personnages ne m'ont pas vraiment été sympathiques, sauf Danny. Samantha ressemble trop à Miranda ou à Nina pour vraiment se démarquer. Et puis, elle est agaçante: elle ne voit pas ce qui est devant son nez et que le lecteur a plus ou moins deviné, ou tout au moins, pressenti. De plus, elle gère sa relation amoureuse de mamière déplorable. Enfin, le paroxysme est atteint quand elle veut forcer Elsie et Kirsty à jouer ensemble. Tu parles d'une psychologue! Bien sûr, ça fonctionne, mais il aura fallu une aide extérieure. Et puis qu'est-ce que c'est que ces façons de mettre deux enfants ensemble, et de leur dire: «Entendez-vous bien, maintenant.»! C'est le plus sûr moyen d'aller à l'échec.

Remarque annexe:
Le jeu de «Qu'est-ce qu'il y a dans ta maison?» est intéressant, mais je doute qu'il soit vraiment possible de retenir une chose qu'on a dite qu'une fois.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Annick Sorel pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.

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