Lecteur : Soler Rebecca

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lundi, 15 mai 2017

Caraval, de Stephanie Garber.

Caraval

L'ouvrage:
Depuis qu'elle a dix ans, Scarlett écrit à Légende, le maître du jeu Caraval. Elle souhaite que le jeu soit organisé sur Trizda, l'île dont son père est le gouverneur. Sa grand-mère lui ayant raconté la féerie de Caraval, elle rêve d'y participer. À dix-sept ans, elle reçoit enfin une invitation. Le jeu ne se fera pas sur son île, mais elle peut y participer. Tella, la soeur de Scarlett, est ravie. Seulement, les deux jeunes filles ne peuvent pas quitter Trizda: leur père les y retient, et n'hésite pas à leur faire payer le moindre écart.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre. L'histoire pourrait être banale s'il n'y avait pas le monde enchanté de Caraval. À la fois plein d'objets magiques qui font rêver et de chausse-trappes, cet endroit ambigu provoque envie et peur. L'auteur parvient très bien à faire cohabiter ces deux impressions contradictoires. Par exemple, plus elle joue (Attention, Caraval n'est qu'un jeu, rien n'y est vrai...) plus Scarlett découvre des choses peu reluisantes. Tout cela dans une ambiance de fête foraine où on trouve des choses comme du cidre qui accroît la perception, des salles qui s'adaptent à l'humeur, etc. Sans parler des rétributions que demandent les vendeurs ou ceux qui donnent une information permettant d'avancer dans le jeu. Pour moi, cette ambiance à la fois terrible et festive fait la force du roman. De plus, j'aime beaucoup les éléments magiques imaginés par Stephanie Garber.

Dès que le jeu commence, le lecteur ne sait pas trop ce qu'il doit croire. On a beau être prévenu (deux fois) que rien n'est vrai, le doute persiste. L'auteur dit, dans une interview en fin d'ouvrage, qu'elle-même n'a pas tout de suite décidé ce qui était vrai ou non. J'ai aimé ne pas savoir (sauf à la fin) ce qu'il fallait prendre pour acquis. Cela faisait que je me méfiais de tout le monde. Cela ne m'a pas empêchée d'apprécier certains rebondissements que j'avais pressentis. L'auteur a quand même su me surprendre, notamment avec la découverte de la présence de certains personnages.
Il n'y a pas de temps morts. Certaines scènes tiennent le lecteur en haleine. Je pense par exemple à ce qui arrive quand Scarlett achète deux nouveaux vêtements.

Le jeu fait évoluer notre héroïne. Elle se découvre capable d'accomplir beaucoup de choses au nom de l'amour sororal. Elle est peut-être un peu trop parfaite, mais cela ne m'a pas dérangée. J'ai moins aimé Tella, mais c'est sûrement parce qu'on la voit peu, et pour une autre raison que je ne dévoilerai pas ici. La fin laisse entrevoir une suite de laquelle Tella sera l'héroïne. Dans l'interview, Stephanie Garber confirme qu'il y aura bien une suite.

L'histoire d'amour est un peu trop convenue. Elle reste crédible selon la théorie qui veut que lorsqu'on vit des choses éprouvantes à deux, on se rapproche, mais pour moi, elle est quand même trop rapide.

Éditeur français: Bayard Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
J'aime bien cette comédienne que j'ai découverte dans «Les chroniques lunaires». Ici, je trouve qu'elle a amélioré un point qui m'agaçait: elle modifie moins sa voix pour les rôles masculins.

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jeudi, 21 avril 2016

Les chroniques lunaires, tome 4: Winter, de Marissa Meyer.

Les chroniques lunaires, tome 4: Winter

Si vous n'avez pas lu les trois premiers tomes, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:Cinder et ses amis se rendent sur Luna afin de tenter de renverser Levana. De plus, ils veulent retrouver Scarlet, prisonnière, et donnée par la reine à Winter, sa belle-fille, comme animal de compagnie.

Critique:
Ce tome reste dans l'esprit des trois premiers. Certaines choses peuvent agacer, mais elles s'expliquent par le contexte. Par exemple, j'ai eu un peu de mal avec certaines histoires d'amour (les deux dernières). Je pensais que l'auteur aurait peut-être dû s'en tenir à deux. Pourtant, cela n'aurait pas été logique: nous sommes dans une série de romans reprenant des contes, et dans les contes (en tout cas, dans ceux repris, sauf un), il y a une histoire d'amour.
Il est d'ailleurs intéressant que Marissa Meyer en ait créé une à partir d'un conte qui n'en avait pas. Bien sûr, c'est l'interprétation qu'en donnent certains, lorsqu'il s'agit de décortiquer ce conte, mais c'est plus une histoire de possession. Or, ici, l'auteur a choisi que ce serait une histoire très forte, où «l'homme» ne pourrait pas exister sans celle qui l'aime. Cette histoire n'est pas celle qui m'a agacée.

J'ai apprécié que certaines allusions aux contes repris soient préparées depuis longtemps. En effet, à la fin du tome 3, on voit Winter. Lorsqu'une scène rappelant le conte à partir duquel elle a été créée arrive dans le tome 4, on n'est pas étonné de voir par quel appât (si j'ose dire) Winter est attirée.
Bien sûr, au détour des pages, on trouve d'autres allusions (plus ou moins décelables) aux contes dont il est question. Celles que j'ai reconnues m'ont paru judicieusement placées. L'une d'elles a été explicitées par Marissa Meyer dans l'interview qu'elle accorde à Rebecca Soler (dont une partie se trouve en fin d'ouvrage).

Comme dans les autres tomes, nos héros sont précipités dans une multitude de péripéties. Au plus fort de certaines, quelques personnages trouvent la force de plaisanter. Je pense surtout à Iko qui, par deux fois, est traitée de «coquille», avec un pistolet braqué sur elle, et trouve la force de riposter malicieusement: «Pas loin!»
Parmi ces péripéties, il y a certaines scènes de bataille. Marissa Meyer a su les écrire sans les transformer en un catalogue de coups. Elle a su décrire le chaos engendré par la révolution provoquée par Cinder. Entre désordre, manipulation mentale, effervescence, peur, et souffrance, le lecteur se représentera très bien ces passages.

Bien sûr, il y a d'autres formes de tension: les plus évidentes étant les confrontations entre Kai et Levana ainsi que celles entre Cinder et Levana. Là encore, le lecteur est tenu en haleine.

Iko et Thorn sont les personnages préférés de Rebecca Soler (la comédienne qui a enregistré la série). Je partage son avis quant à Iko, et pas seulement parce que celle-ci plaisante dans les situations désespérées. Elle est toujours pleine de ressources, d'idées, d'énergie... J'aimerais bien qu'une androïde comme elle soit mon amie. ;-)
Quant à Thorn, je comprends la comédienne. C'est probablement lui qui se démarque le plus parmi les personnages masculins. Wolf est sympathique et inspire la compassion; Kai force l'admiration et est attachant; mais Thorn semble plus vivant. Peut-être parce qu'il est risque-tout et que lui aussi manie l'humour dans beaucoup de situations, pour la plus grande joie du lecteur. Ce n'est pas Thorn que je préfère chez les garçons, mais je comprends pourquoi il est très apprécié. Quant à Jacin, il ne m'inspire pas grand-chose. Pourtant, il est travaillé, son histoire est intéressante...
Quant aux filles, après Iko, ma préférence va à Cinder. Elle sait faire preuve d'empathie, ne veut surtout pas faire règner la terreur, se remet en question en se demandant si elle pourrait devenir despotique, n'est pas en sucre...

La fin paraîtra peut-être convenue à certains, mais je pense qu'elle n'aurait pas pu être autre. Dans l'interview sus-citée, l'auteur explique qu'elle a voulu donner le temps à certains personnages de se retrouver. J'ai apprécié cela. En effet, je reproche parfois à certains auteurs d'avoir fait une fin trop rapide. Ici, elle prend le temps qu'il faut.

L'interview que j'ai déjà mentionnée est très intéressante. L'auteur y parle de son travail, de certains changements opérés en cours de rédaction, des personnages, de l'écriture de certaines scènes, et de beaucoup d'autres choses. J'ai été également heureuse d'entendre l'avis de Rebecca Soler sur les personnages, comment elle les imagine, etc.
Sinon, Rebecca Soler et Marissa Meyer prononcent Iko, alors qu'en tant que narratrice, Rebecca Soler dit Aïko. Je suppose que lorsqu'elle a su que l'auteur le prononçait Iko, le tome 1 était déjà enregistré, et qu'elle a gardé cette prononciation pour le reste de la série. Je trouve que cela aurait dû être expliqué dansl'interview, parce qu'au départ, j'ai eu un moment de flottement à les entendre dire Iko et non Aïko... ;-)

Éditeur français: Pocket Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
La lecture de Rebecca Soler est toujours aussi vivante. J'aime particulièrement sa manière d'interpréter Thorn et Iko (ses personnages préférés). Comme d'habitude, son jeu est très bon. Je regrette qu'elle ait fait certains accents, mais je suppose qu'il était normal que la reine Camilla (par exemple) ait un accent anglais. Par contre, je pense qu'elle aurait pu s'abstenir pour Scarlet. Je ne sais plus s'il est explicité que Scarlet a un petit accent français, mais j'avoue que cela m'a agacée. Heureusement, la lectrice n'en fait pas trop. En revanche,, lorsque Scarlet parle à Émilie, je suppose qu'elles parlent toutes les deux en français: il était dons malvenu de leur faire un accent français à toutes les deux, puisque si leur conversation est transcrite en anglais, elle se tient en français. Enfin, ça, c'est l'habituel pinaillage de la livrophile. ;-)

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vendredi, 24 octobre 2014

Les chroniques lunaires, tome 3: Cress, de Marissa Meyer.

Les chroniques lunaires, tome 3: Cress

Si vous n'avez pas lu les tomes 1 et 2, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Cinder et ses compagnons ont un plan afin d'empêcher le mariage de Kai avec Levana. C'est alors que Cinder décide de contacter la jeune fille qui lui a avoué avoir fait en sorte que Levana puisse espionner la terre. Elle pourra peut-être les aider.

Critique:
Là encore, la romancière transforme le conte qu'elle a choisi d'adapter à bon escient. Comme pour les deux autres tomes, il est facile de repérer de quel conte il s'agit, puis de traquer les ressemblances, les différences, la manière dont certains faits sont transposés dans l'univers créé. Comme pour les autres tomes, cela m'a passionnée. Certaines choses sont un peu grosses, mais c'est le propre du conte.
J'ai apprécié que la romancière use d'humour, notamment lorsque Thorne ou Iko sont dans les parages. Ce paramètre ne fait pas partie des codes du conte, mais il est logique qu'on le retrouve dans le roman.

Là encore, nos héros sont précipités dans un vertige de péripéties. Cela m'a plu, même si certaines choses m'ont quelque peu dérangée, alors que dans le tome 2, cela n'a pas été le cas. Par exemple, même si la manipulation mentale me fascine toujours, même si l'auteur a compliqué le procédé (les lunaires ne peuvent pas contrôler tout le monde, chacun ne peut pas contrôler avec la même intensité...), j'ai trouvé qu'il y en avait peut-être un peu trop. Cela ne m'a pas trop gênée, d'autant que c'est un sujet de réflexion pour Cinder qui se demande si à force, elle ne cédera pas à la facilité de manipuler tout le monde, et ne finira pas par être aussi malfaisante que Levana.

J'ai été agacée par les diverses réactions de Wolf à cause de ce qui arrive à Scarlet. Elles sont compréhensibles, surtout à cause de sa nature lycanthrope, mais elles ne font pas avancer les choses, elles les retardent même.
Cress aussi m'a agacée, car je l'ai trouvée mièvre. Pourtant, ses réactions sont logiques lorsqu'on considère ce qu'elle a vécu et ses conditions de vie.

La formation des couples pourra agacer certains lecteurs. Pourquoi faut-il obligatoirement que tout le monde soit amoureux? Il peut aussi être étrange que ces personnages soient si jeunes (le plus âgé, Wolf, a vingt-trois ans), et parviennent à accomplir tant de choses. Ces éléments s'expliquent facilement: dans les contes, il y a généralement des couples très amoureux, et les héros sont très jeunes. D'autre part, les adolescents qui liront ces romans s'identifieront plus facilement à des personnages qui sont à peine plus vieux qu'eux. Néanmoins, ce paramètre m'a gênée, alors que dans le tome 2, je n'y ai pas fait attention. Au cours de ma lecture de «Cress», je ne cessais d'imaginer certains personnages dans la trentaine.

On pourrait reprocher à l'auteur de jouer un peu trop du hasard. Il est un peu gros que certains personnages se retrouvent justement à tel endroit, et que Thorne ne se souvienne même pas que c'est justement ici qu'il risque de retrouver ses amis. C'est un exemple, mais il y en a d'autres. Là encore, cette ficelle peut s'expliquer par le fait que nous sommes dans un roman-conte. Dans les contes, le hasard a peu de place. L'auteur joue de cette ficelle pour créer quelques complications qui sont des rebondissement. Cela m'a plutôt ennuyée. Heureusement, cela ne dure pas.

La série comportera un autre tome: «Winter». Malheureusement pour moi, j'ai su cela alors que je venais de commencer «Cress». J'aurais dû faire mes recherches avant. En effet, il vaut mieux lire la série en suivant et sans laisser passer trop de temps entre deux tomes. Or, «Winter» sort en anglais en novembre 2015.
En janvier 2015, sort, en VO, un tome qui est une préquelle à la série: «Fairest». Il racontera la vie de Levana avant les événements qui commencent dans «Cinder».

Éditeur français: Pocket Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.

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mercredi, 22 octobre 2014

Les chroniques lunaires, tome 2: Scarlet, de Marissa Meyer.

Les chroniques lunaires, tome 2: Scarlet

Si vous n'avez pas lu le tome 1, ne lisez pas cette chronique.

L'ouvrage:
Michelle Benoit, la grand-mère de Scarlet a disparu depuis deux semaines. Alors que la police ne prend pas les inquiétudes de la jeune fille au sérieux, un homme étrange (un «fighter» prénommé Wolf) propose de l'aider.
Pendant ce temps, Cinder parvient à s'enfuir de prison.

Critique:
Ce deuxième tome m'a autant plu que le premier. Paradoxalement, j'ai eu du mal au tout début, car je souhaitais retrouver Cinder tout de suite, et les premiers chapitres sont consacrés à Scarlet. À partir du moment où je suis entrée dedans, je m'y suis plongée.

Marissa Meyer précipite ses héros dans un enchaînement de péripéties qui semble ne pas pouvoir prendre fin. J'ai beaucoup apprécié cela, car il n'y a pas de temps morts. Là encore, j'ai aimé la façon dont le conte était «adapté». Pour moi, la romancière a su tirer parti de son idée de transposition. Par exemple, j'ai aimé l'idée que les soldats sont ainsi parce qu'ils ont été génétiquement modifiés, entraînés, et manipulés depuis leur enfance. Outre que cela évoque les enfants-soldats manipulés par les hommes, démunis au point qu'ils ne peuvent qu'obéir, cela renvoie à l'idée que si l'image du loup est mauvaise, dans les contes, c'est à cause de l'homme qui a créé et propagé ces idées à travers les contes.
En outre, l'auteur fait cohabiter les deux interprétations du conte transposés: celle qu'on comprend à la première lecture, mais aussi celle dont la première est une métaphore.

À travers l'histoire de quelques personnages (notamment la grand-mère de Scarlet), l'auteur montre à quel point des gens pouvaient se sacrifier, persuadés qu'ils oeuvraient pour le bien d'un pays (en l'occurrence, de la planète Terre et de la Lune). Il est un peu déroutant de penser que si certains n'hésitèrent pas à donner leur vie, ils l'ont fait sans vraiment connaître l'objet qu'ils protégeaient. Comment savoir que la princesse serait quelqu'un de bon? Le tout n'est pas de renverser Levana, encore faut-il que Sélène soit quelqu'un qui en vaille la peine. Comment ces gens pouvaient-ils savoir qu'elle ne s'emploierait pas à être aussi (voire plus) détestable que sa tante? Cette abnégation, cette lutte aveugle qui revêt tant d'importance pour certains rappellent des événements historiques: des enfants royaux cachés afin d'être soustraits à des attentats.

Cinder, confrontée à des dangers, mais aussi à la connaissance de choses qu'elle ignorait à propos d'elle-même, poussée dans ses retranchements, se révèle davantage que dans le tome 1. Elle se bat contre les facilités que lui procurent sa nature lunaire, peut se montrer irascible, piquante, égoïste... Je l'ai très bien comprise. Les échanges entre Thorne et elle sont savoureux, et sont souvent synonymes de détente pour le lecteur.

Scarlet évolue, elle aussi, au cours de ce tome. Au départ, elle semble très centrée sur l'image qu'elle a de sa grand-mère, n'hésitant pas (par exemple) à se montrer injuste envers son père. Bien sûr, celui-ci est à blâmer, mais il l'est d'une manière générale. Dans ce cas précis, elle est injuste car il est normal de parler sous la torture. Si quelqu'un qui ne dit rien est admirable, quelqu'un qui le fera n'est pas à blâmer. Ensuite, Scarlet, brutalement tirée de sa petite vie protégée, est forcée d'évoluer. Si j'ai eu un peu de mal à l'apprécier, au départ, j'ai fini par la comprendre. De plus, si j'ai trouvé qu'elle s'enflammait un peu trop, parfois, il faut reconnaître que c'est ce caractère fort qui l'a aidée à faire face aux événements.

Un roman captivant, des personnages attachants. À lire!

Remarque annexe:
J'ai été ravie du retour de l'un de mes personnages préférés, Iko. Vivement qu'elle ait un nouveau corps!

Éditeur français: Pocket Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
Comme dans le tome 1, la lecture de Rebecca Soler est fluide, dynamique, vivante, et exempte de surjeu.

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lundi, 20 octobre 2014

Les chroniques lunaires, tome 1: Cinder, de Marissa Meyer.

Les chroniques lunaires, tome 1: Cinder

L'ouvrage:
Futur.
Cinder, seize ans, est mécanicienne. Tout ce qu'elle gagne est versé à sa tutrice légale, Adri, la femme de son père adoptif. Celui-ci est décédé.
La communauté de New Beiging est en effervescence à cause de plusieurs événements: Un grand bal se prépare, la peste fait rage et on ne trouve pas d'antidote, et la reine lunaire (Levana) souhaite négocier une alliance. C'est dans ce contexte que le prince Kai apporte un androïde à Cinder afin qu'elle le répare.

Critique:
Cette série a piqué ma curiosité, car Marissa Meyer transpose certains contes (ou pans de contes) dans le futur. Concernant ce tome 1, je trouve qu'elle a réussi son pari. Rien n'est tiré par les cheveux ou bâclé. Tout au long de ma lecture, je me surprenais à chercher les indices. Si «Cendrillon» est le conte le plus présent, la reine Levana n'est pas sans évoquer celle de «Blanche-Neige», et pas seulement à cause de son miroir.
J'ai apprécié que l'auteur désigne un certain personnage pour être la bonne fée. C'est un personnage auquel on s'attache très vite. Elle ne pouvait pas choisir mieux.

Marissa Meyer ne transpose pas seulement les contes à une époque où les robots travaillent pour les hommes et où la Lune est habitée. Elle développe certains thèmes de manière très intéressante. À travers l'héroïne, elle montre qu'une différence pour laquelle on est décrié peut s'avérer bénéfique.
La manipulation mentale a beau avoir été abordé de plusieurs façons dans divers romans, je ne l'ai pas trouvé malvenu ici. On peut d'ailleurs le rapprocher des contes dans lesquels un tour de magie peut déformer la réalité.

Cinder est sympathique, bien sûr. Cependant, ce n'est pas un paillasson comme l'est Cendrillon. Par exemple, même si elle est coincée de tous les côtés, elle tient tête à Adri. J'ai apprécié que la romancière ne tente pas à tout prix de coller au conte. Outre que certaines choses seraient mal passées, il n'y aurait eu aucun intérêt pour moi à lire un copier-coller du conte dans le futur.

Si j'avais un reproche à faire, il concernerait ce que Cinder apprend à la fin. Je l'avais deviné depuis très longtemps. Cependant, mon reproche est injuste, car ce fait était évident. Certains lecteurs n'auraient sûrement pas compris qu'il en soit autrement.

La fin de ce tome laisse le lecteur dans l'expectative.

Remarque annexe:
La reine du Royaume Uni s'appelle... Camilla. ;-) J'aime beaucoup le clin d'oeil.

Éditeur français: Pocket Jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Rebecca Soler pour les éditions Macmillan.
J'ai beaucoup apprécié la lecture de Rebecca Soler. Outre son dynamisme, elle fait partie de ceux qui savent modifier leur voix pour certains personnages sans en faire trop.

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