La fille du cannibale

L'ouvrage:
Lucia Romero vit depuis dix ans avec Ramon. Le couple bat de l'aile depuis longtemps, mais Lucia n'a pas le courage de s'en aller.

Un jour qu'ils sont à l'aéroport, attendant un avion qui les emmènera en vacances, Ramon se rend aux toilettes. Il n'en ressort pas.
Peu de temps après, Lucia reçoit une demande de rançon.

Critique:
Ce livre est très riche, mais pas pour son histoire. L'histoire est banale, et cette banalité la rend secondaire. Le lecteur résout assez vite cette histoire d'enlèvement. Ce qui compte, c'est la psychologie des personnages, les réflexions pertinentes de Lucia, le fait qu'elle sorte différente de cette aventure.

Lucia interrompt parfois le récit de son présent pour expliquer sa vision à propos de certaines choses. Ce qu'elle dit me semble frappé au coin du bon sens.
Les disputes de Félix et d'Adrian sont également des moyens pour l'auteur d'exprimer des idées, de confronter des opinions. Personnellement, je partage plutôt l'opinion de Félix en ce qui concerne les croyances humaines.

Il y a certains passages détendants: les devinettes d'Adrian, les moments où Lucia se compare à Rosa Montero, le passage où la chinoise vient parler à Lucia (à écouter, c'est encore plus drôle), la rencontre impromptue des parents de Lucia chez cette dernière, Félix prenant l'avantage sur les assaillants et faisant enfermer l'un par l'autre dans le placard, les fois où on confond Lucia avec sa rivale. Cette situation est à la fois drôle et assez triste, d'ailleurs, Lucia ayant inventé un personnage qu'elle n'aime pas, faisant donc mal son travail, et par conséquent n'étant pas reconnue pour cela.
Lucia nous rappelle également qu'une personne racontant son histoire peut écrire absolument ce qu'elle veut, peut mentir.
Avec le récit de Constantino et de sa femme, Lucia nous montre une autre forme de mensonge. Je n'avais encore jamais entendu ce genre d'histoires, mais je suis sûre que cela a déjà dû arriver.

Lucia ressort grandie de cette aventure. Elle a le courage de prendre sa vie en main. Elle ne mène plus la petite vie rangée qui ne lui convenait pas, et qui était un leurre, mais une autre (rangée également, mais qu'elle préfère). Elle prend plaisir à vivre.
En outre, elle trouve la force d'avoir une véritable conversation avec son père.

Je me suis un peu ennuyée lorsque Félix raconte son passé.
J'ai également trouvé l'histoire entre Lucia et Adrian trop convenue.

Malgré quelques longueurs, ce livre est à lire, car ses points positifs sont nombreux.

Éditeur: Métailié.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bénédicte Sierra.

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