Shining

L'ouvrage:
Danny Torrance a cinq ans. Parfois, il fait de drôles de rêves. Parfois, il sait à quoi pensent ses parents.
Son père, Jack, a perdu son emploi à cause d'un incident, et va maintenant travailler dans un hôtel de luxe l'Overlook. Il en sera le gardien pendant l'hiver.

Critique:
Au long de ma lecture, j'ai sans cesse dû me remémorer que ce livre avait été écrit en 1977. En effet, je retrouvais certaines choses que Stephen King utilisa dans d'autres romans. Cela veut dire que «Shining» est, en quelque sorte, l'un des précurseurs de tout le fantastique de l'auteur. Le connaissant un peu, je savais que certaines choses seraient à surveiller. Par exemple, dès que j'ai entendu parler de guêpes, je me suis dit qu'elles allaient jouer un rôle important. À ce sujet, Stephen King parvient très bien à effrayer le lecteur rien que par sa narration de piqûres d'insectes. Je les entendais bourdonner à mes oreilles...!

D'autres choses concernant le fantastique m'ont paru prévisibles. Par exemple, lorsque l'auteur présente ses personnages, puis que d'étranges phénomènes commencent à apparaître, on se doute de qui sera touché, et de qui va basculer du côté sombre. Il y a aussi des mots ou des phrases récurrents: «redrum» («tromal» en français). À ce sujet, je n'avais pas décrypté la signification du mot avant que l'auteur ne la révèle.
Je me suis amusée à chercher des variantes de certains de ces codes dans mes souvenirs d'autres livres de Stephen King. Par exemple, on retrouve les insectes (pas seulement les moustiques) dans «La petite fille qui aimait Tom Gordon», et le personnage dont le fantastique happe la personnalité et y mélange des éléments désagréables du passé dans «Rose Madder». Je ne vais pas faire un catalogue, mais il est sympathique de jouer au jeu de pistes avec ces codes.

Les personnages sont bien campés. On comprendra très bien pourquoi Jack et Wendy sont ainsi. Entre leur passé et ce à quoi ils sont confrontés dans l'Overlook, tout s'explique.

En général, je n'aime pas trop le spectaculaire ou bien le fantastique qui me semble trop prévisible, mais je ne regrette pas ma lecture. D'abord parce qu'à mon avis, ce roman est un classique de l'auteur, mais aussi parce que les éléments fantastiques sont bien décrits, bien ancrés dans la réalité qu'ils perturbent. La preuve est que je suis plusieurs fois entrée dedans, et que j'ai été effrayée (pas seulement par les guêpes). Je compte d'ailleurs lire la suite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Campbell Scott pour les éditions Recorded Books.
J'aime beaucoup Campbell Scott. Ici, il ne démérite pas. Il sait prendre un ton effrayant, modifier quelque peu sa voix pour certains personnages... Il adopte également le ton approprié lors des chansonnettes qui jalonnent le roman (encore un code affectionné par Stephen King): à la fois joyeux et effrayant. Bref, il interprète ce roman en retranscrivant parfaitement l'ambiance voulue par l'auteur, et sans jamais en faire trop.

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