Lecteur : Schwartz Danielle

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vendredi, 6 mai 2011

Le roman de l'été, de Nicolas Fargues.

Le roman de l'été

L'ouvrage:
John est enfin seul dans sa grande maison. Il va pouvoir se consacrer à l'écriture.
Frédéric et Élodie vont bientôt avoir un enfant.
C'est bientôt dimanche: Jean et Claudine reçoivent leur fils à déjeuner,.
Mary, dont le couple n'est pas des plus harmonieux, se prépare à accueillir Vienna, rencontrée lors de vacances.

Critique:
La qualité essentielle de ce roman est sa vraisemblance. Il est à la fois simple et captivant. En effet, l'auteur nous conte des histoires assez banales, et il parvient à rendre cela attrayant.
L'ordinaire des situations décrites fait qu'au lieu de tomber dans l'ennui, on s'identifie aux personnages. L'auteur analyse, de manière assez juste, les petits tracas de la vie. Il nous représente l'inimitié entre une jeune femme et ses beaux-parents, un couple qui part à la dérive, une femme de quarante-cinq ans qui aimerait bien ne pas être seule, un couple qui remâche son obsession...
Le lecteur se doute bien que tous ces personnages sont liés, et il est assez sympathique d'essayer de trouver comment. C'est une espèce de chasse au trésor. ;-) J'ai aimé la subtilité de Nicolas Fargues à ce sujet.
D'autre part, à un moment, Élodie sous-entend que Mary et Frédéric aimeraient avoir une aventure. Cela aurait été très cliché. Heureusement, l'auteur évite l'écueil. La chose ne m'aurait pas déplu, mais j'aurais trouvé cela trop facile.

Outre les situations, les personnages sont intéressants. On s'attachera plus ou moins à eux: certains m'ont exaspérée, attendrie, amusée, émue.
Il va de soi que je n'ai pas trop apprécié Élodie, sans pour autant la trouver antipathique. Elle est agaçante parce que, si on analyse ce qu'en dit l'auteur, il lui faudrait un psy. Je ne l'ai pas détestée parce que je pense qu'elle peut s'arranger.
Frédéric est sympathique parce qu'il est extrêmement gentil, et veut toujours que tout le monde s'entende bien. C'est assez attendrissant, et en même temps, cela peut conduire le lecteur à être excédé par ce personnage.

Jean et Claudine aussi suscitent plusieurs sentiments. J'avoue qu'ils m'ont fait rire. Je me suis souvent moquée d'eux... j'ai notamment adoré le premier chapitre où on les voit (le chapitre 2). Mon rire est venu du fait qu'ils sont un peu... disons français moyens. Certains diront qu'ils sont peut-être un peu caricaturaux, mais je n'en suis pas si sûre. Ils m'ont fait penser à mes grands-parents, ce qui a accentué ma sympathie et mon rire.
C'est l'attendrissement qui prendra le dessus quand on voit le mépris d'Élodie à leur égard, et aussi leur impossibilité à obtenir une petite satisfaction de la vie.

John m'a également plu. Loup solitaire qui se remet un peu en question, ne parvient pas à tenir toutes ses résolutions, doit louvoyer entre son égoïsme et sa conscience...
À ce propos, j'ai apprécié la façon dont le thème de l'écriture est abordé. Là encore, John va recevoir des leçons inattendues.

J'ai moins apprécié Mary... elle a l'air parfait. La seule chose agaçante chez elle est qu'elle reste avec un goujat. De mon point de vue, ça ne la rend pas plus sympathique. J'ai plutôt eu envie de lui donner des claques.

C'est là l'une des forces de ce livre: en peu de pages, l'auteur nous présente des personnages réalistes, humains, qu'on ne peut que comprendre, même si on les apprécie à divers degrés. Tout le roman est bâti là-dessus. En refermant le livre, on se surprend à penser naturellement à ce que feront les personnages ensuite. Ils sont si vraisemblables qu'on les voit très bien évoluer après la période contée par le livre.
La fin est, elle aussi, tout en nuance. Certaines choses sont réglées, d'autres ne le sont pas totalement, mais ce n'est pas grave. C'est même plus réaliste. Par exemple, John parvient à faire un pas vers sa fille: il lui dit des choses importantes. Cela ne veut pas dire qu'ils vont soudain s'entendre à merveille, et que Mary va passer tout son temps libre chez lui. Cela veut dire qu'un pas a été fait. Peut-être sera-t-il suivi d'autres, peut-être pas...

J'ai également apprécié le style de l'auteur. Les passages narratifs sont très différents des dialogues. Pour ceux-ci, Nicolas Fargues utilise souvent une syntaxe très relâchée, ce qui, étant donné le contexte, est plus naturel. Il y a parfois des redondances, mais elles sont peut-être là à dessein.

Éditeur: POL.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Schwartz pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'aime beaucoup cette lectrice à la voix agréable et souriante. Elle interprète toujours très bien, quoique parfois, son jeu soit un peu trop mécanique pour moi. Cependant, sa lecture reste vivante.
J'ai été particulièrement agacée qu'elle prononce Mary à l'anglaise. Mon exaspération a été renforcée lorsqu'un passage m'a prouvé que selon l'auteur, il faut le prononcer à la française. En effet, quand Frédéric parle de Mary à Élodie, elle pense d'abord qu'il s'agit d'une autre femme qui s'appelle Marie, ce qui veut dire que Frédéric l'a prononcé à la française, ce qu'aurait dû faire la lectrice. On me dira que grâce à sa prononciation, j'ai eu la bonne orthographe du prénom. Soit, mais j'aurais pu la deviner, étant données ses origines.

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lundi, 11 mai 2009

Au pays des vivants, de Nicci French.

Au pays des vivants

L'ouvrage:
Elle s'appelle Abby Devero, elle a vingt-sept ans... elle doit se souvenir de tout cela. Il lui semble que sa mémoire ne lui restitue pas tout ce qu'elle a vécu. Et maintenant, elle est allongée dans l'obscurité, attachée, une cagoule sur la tête, un chiffon sale dans la bouche, un fil de fer autour du cou. Elle est sur une plate-forme de quelques mètres carrés. Si elle saute, elle se pend. Elle ne peut donc pas s'enfuir. L'homme vient, lui fait absorber le strict nécessaire à sa survie, lui fait faire ses besoins... Il la domine. Lorsqu'il lui retire la cagoule et le bâillon, elle lui parle, essayant de le convaincre de la laisser partir. Elle ne se souvient plus dans quelles circonstances il l'a agressée et kidnappée, sûrement parce qu'il lui a donné un grand coup sur la tête pour pouvoir la maîtriser.
Un jour, Abby décide d'en finir. Le seul pouvoir qu'elle a sur cet homme, c'est de se suicider avant qu'il ne la tue. Elle saute de la plate-forme.

Critique:
J'ai été déçue par «Feu de glace» et «Dans la peau», ce dernier traînant beaucoup trop, et mon personnage favori (Zoé), n'ayant pas survécu. «Dans la peau» avait tout de même une résolution intéressante.

J'ai eu raison de donner une autre chance à Nicci French (qui, au cas où vous ne le sauriez pas, écrivent à deux, comme Boileau-Narcejac), car «Au pays des vivants» m'a plu, même si certaines choses m'ont déçue.
D'abord, il y a le fait que la police ne croie pas Abby. Bien sûr, son histoire est difficile à croire, mais de bons policiers se doivent de vérifier toutes les hypothèses, et il est un peu étrange que les policier de ce roman se fient si vite aux apparences. Cela est rattrapé par la gêne extrême de Jack Cross, à la fin, et par ce que lui dit Abby quant à ce qui a été traumatisant pour elle, dans cette affaire. Ici, le lecteur jubile.
Ensuite, le coup de foudre est un peu gros... Mais cela est rattrapé par le fait qu'Abby revive certaines choses, et parce qu'à la fin, ils décident de reprendre les choses de manière plus lente.
Enfin, le livre souffre malheureusement de quelques longueurs, surtout quand Abby remet ses pas dans les siens (si j'ose dire), et va de Betty aux hippies à Arnold Slater, etc.

Malgré ces petits désagréments, ce livre est une réussite. D'abord, les auteurs ont su créer une ambiance autour de leur personnage principal. Le lecteur ressent très bien tout ce qu'éprouve Abby. Il la suit, tâtonne avec elle, est complètement immergé dans son histoire.
En outre, Abby est un personnage attachant. Elle est loin d'être parfaite, elle n'a pas toujours su agir comme il le fallait, mais au fond, c'est quelqu'un de bien, bien sans être la parfaite héroïne casse-pied des romans de Juliette Benzoni.

Les auteurs reprennent cette ficelle du personnage sur les traces de son passé. Seulement, ici, certaines choses changent, et de ce fait, renouvellent ce topos. D'abord, Abby n'a pas tout oublié de sa vie précédente. Ensuite, le ton général du livre et ses personnages font qu'il n'est pas du tout pénible de suivre la trace de quelqu'un qui a oublié des pans de son passé. Bien sûr, quand Abby trouve la clé de chez Joséphine, le lecteur devine tout de suite ce qu'elle met beaucoup de temps à comprendre, mais ce n'est pas si ennuyeux.
De plus, le personnage à la recherche de son passé ne découvre pas qu'il était un tueur sanguinaire, ne se rend pas compte qu'il a commis des horreurs avant de tout oublier. C'est reposant. A un moment, j'ai eu peur qu'Abby ait commis un meurtre avant d'oublier...

Une autre originalité de ce roman est qu'il débute par où, habituellement, les romans se terminent. Il commence par un moment plein de tension qui accroche le lecteur bien plus sûrement que les débuts classiques des thrillers. Par ailleurs, le lecteur sait qu'Abby ne pourra être sauvé par son gentil chéri qui est parfait, et qui arrivera sur son cheval blanc juste au moment où l'homme va la tuer. Ca, c'est ce qui arrive dans certains romans policiers insipides. Ici, les auteurs bousculent les lieux communs pour le plus grand intérêt du lecteur. Ils savent maintenir le suspense de diverses manières tout au long du roman.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Shwartz pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Danielle Schwartz est une bonne lectrice. Mais pourquoi donne-t-elle un accent anglophone à des prénoms (comme Lauren, et parfois, Catherine) qui ont une prononciation tout à fait normale en français?

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lundi, 19 juin 2006

Les charmes discrets de la vie conjugale, de Douglas Kennedy.

Les charmes discrets de la vie conjugale L'ouvrage:
Dès sa première année universitaire, Hannah Winthrop Latham rencontre Dan Buchan, étudiant en médecine. Ils s'entendent bien, ils commencent à sortir régulièrement ensemble... A vingt ans, Hannah se marie avec Dan, et fait face à la désapprobation de sa mère, Dorothy. Celle-ci ne se prive pas de lui dire, de manière sarcastique et acerbe, qu'elle s'enferme dans une petite vie bourgeoise et coincée, sans avoir vécu sa jeunesse.
D'une manière générale, Dorothy se dispute assez souvent avec son mari, John, et sa fille.

Hannah se retrouve enceinte assez vite. Pendant un an, les Buchan vont s'installer dans un petit village perdu. L'un de ces endroits où les gens cancanent beaucoup, et montent la moindre chose en épingle. Les circonstances feront qu'Hannah trompera Dan. Après cette aventure, Hannah souhaite oublier tout cela, et ne vivre que pour son mari et ses enfants. Elle ne sait pas que trente ans plus tard, ce passé lui reviendra en pleine tête.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. Il montre d'abord des relations familiales compliquées. Les parents d'Hannah sont des intellectuels, et elle se sent inférieure à eux. Elle sait que sa mère désapprouve tout ce qu'elle est. Ne se sentant pas à leur hauteur, elle s'enferme dans un mariage avec un homme qu'elle n'aime pas réellement, ou plus de manière amicale.

La mère d'Hannah a l'air d'être une mégère, surtout lors de la grosse dispute qui l'oppose à sa fille, et après, lorsqu'elle obtient son pardon... Apparemment, John et Dorothy se sont fait plus de mal que de bien en se mariant.

Plus tard, Hannah aura des enfants, et connaîtra aussi des relations difficiles avec eux. Son fils, Jeffrey, deviendra un bigot puritain. Il est un peu caricatural, mais malheureusement, ce genre de personne existe. Le pire, c'est que lorsque le scandale salissant Hannah éclatera, il ne la défendra pas, justement à cause de ce puritanisme, mais sa bigotterie sera plus forte que son amour pour sa mère. Il ne lui accordera même pas le bénéfice du doute.
Quant à Lizzie, la fille d'Hannah, elle n'est pas équilibrée moralement et mentalement. Elle est flouée par les hommes, et s'accroche à eux, devient hystérique... Hannah et Dan se posent les questions de tous parents en pareil cas: qu'ont-ils raté? Qu'ont-ils fait pour que leurs enfants deviennent ainsi? Ils ne semblent pas avoir fait partie des parents qui délaissaient leurs enfants ou les couvaient trop... Cela montre que parfois, (souvent même), les problèmes des enfants sont dus à l'éducation qu'ils ont eue, mais pas toujours. Hannah et Dan sont ouverts, et leur fils se transforme en une montagne d'intolérance.

Autre chose d'intéressant est mis en avant dans ce roman. Quelqu'un, (je ne dirai pas qui pour ne pas trop en dévoiler), se comporte mal pendant sa jeunesse, et plus tard, se repent, et assure qu'il a été éclairé par la grâce divine. Il décide d'écrire ses mémoires pour expliquer ses actes. Or, nous savons qu'une partie au moins de ce qu'il raconte est faux. Et bien sûr, le public qui lit le livre croit tout ce qui y est écrit. C'est une mise en garde contre les témoignages. Cela nous rappelle qu'il ne faut pas prendre tout témoignage pour argent comptant, juste parce que c'est écrit dans le livre. La personne raconte ce qu'elle veut, et nous n'avons jamais la preuve qu'un témoignage n'est pas enjolivé. Je ne veux pas dire qu'il faut douter de chaque témoignage que l'on lit, je dis qu'il faut prendre un peu de distance, et ne pas croire aveuglément tout ce qui est écrit parce que c'est écrit. Du reste, la personne qui a écrit son livre se cache derrière Dieu. Cela lui attire immédiatement la sympathie des puritains et des croyants. Il se sert de Dieu pour rentrer en grâce, car il sait que cela marchera. Douglas Kennedy brosse ici un portrait au vitriole de l'Amérique puritaine.

Il y a un autre thème à ne jamais oublier, même s'il a été souvent traité: les journalistes se comportant comme des charognards, harcelant sans relâche des personnes qui souffrent, avides de la moindre bribe de phrase pour s'en servir et faire du sensationnel. On en veut un peu à Hannah de craquer, mais on se demande également comment on réagirait à sa place. En s'énervant, en craquant, elle montre qu'elle n'est pas une femme parfaite.

(Attention, ici, la fin est évoquée. Même si tout n'est pas dévoilé, certaines choses le sont.)
A la fin, Hannah sort grandie de tout cela. Elle ne refait pas l'erreur de remettre son voyage à Paris, par exemple, même si elle meurt de peur. Elle ne pardonne pas à Dan, qui l'a rejetée, puis essaie de revenir en grâce, alors qu'avant, elle se serait peut-être laissée piétiner, et aurait pardonné tout de suite. On ne sait pas si elle finira par pardonner. Elle semble ouverte au dialogue, et ne rejette pas Dan en bloc.

Cela fait plaisir de lire de bons romans. "Les charmes discrets de la vie conjugale" fait partie des bons romans, à mon avis.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Schwartz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 30 janvier 2006

Grande avenue, de Joy Fielding.

Grande avenue L'ouvrage:
Elles sont quatre amies. Elles habitent toutes les quatre Grande Avenue. Elles sont très proches les unes des autres. Elles vont traverser la vie ensemble.

Susan est mariée à Owen Norman, un médecin. Elle arrive à reprendre ses études, et à devenir journaliste. Elle et son mari s'aiment. La petite ombre au tableau, c'est leur fille aînée, Arielle, au caractère rebelle et emporté, avec qui la communication est souvent difficile.

Barbara est mariée à Ron Azinger, professeur à l'université. Elle l'adore. Leur fille, Tracey, est une fille modèle. Mais le mari deBarbara est un coureur de jupons. Barbara tente de ne pas y prêter attention, et fait tout pour se rendre désirable aux yeux de Ron. Cela marche un temps...

Chris est mère au foyer. Elle traverse un calvaire qu'elle croitinextricable: son mari, Tony Malarek, est violent. Non seulement, il la frappe et l'humilie pour un rien, mais il la déconsidère auprès de leurs enfants, ne cessant de la faire passer pour la bonniche et de la rabaisser devant eux. Chris pense qu'elle ne s'en sortira jamais. Heureusement, ses amies l'aideront.

Vicki est mariée à Jeremy Lattimer. Au départ, il était le père de son petit ami, puis elle a décidé qu'elle préférait le père au fils. C'est une avocate très forte et très ambitieuse. Elle trompe allègrement son mari, et s'arrange très bien avec sa conscience.

Critique:
J'ai beaucoup aimé ce livre qui raconte les aléas de la vie de quatre femmes qui se serrent les coudes dans l'adversité.
Le personnage de Chris est certainement celui que l'on prend le plus en pitié. D'abord, elle ne se laisse pas faire, et cela la rend d'autant plus sympathique. Au début, elle préfère ne pas faire de vagues, mais au fur et à mesure que le livre avance, nous voyons sa révolte, et elle finit par se délivrer. Mais son calvaire ne s'arrête pas là...

Barbara est un personnage sympathique. Elle l'est d'autant plus qu'à un moment, elle commet certains actes répréhensibles. Justement, cela la rend plus humaine. Une femme trahie et en colère n'agirait-elle pas ainsi?

Susan est mon personnage préféré. Elle essaie d'élever ses filles du mieux qu'elle peut, et les rares moments de complicité qu'elle partage avec sa fille Arielle montrent que malgré les rebuffades de cette dernière, Susan est une bonne mère. Elle est une femme active, et son mariage est heureux, même si à un moment, il y a un passage à vide. Et surtout, Susan est une amie loyale.

Au début de l'ouvrage, c'est Susan qui présente les quatre amies. Elle explique que l'une d'elles a trahi l'amitié commune, et que deux autres sont mortes. Je me suis très vite doutée de l'identité de celle qui avait été déloyale. Pourtant, ce qu'elle a fait serait une preuve de loyauté. Mais elle a fait trop de mal autour d'elle en faisant cela. De plus, son amie aurait-elle vraiment approuvé ses actes? Je n'en suis pas absolument sûre.
Je trouve dommage que Joy Fielding annonce ce genre de choses, parce qu'on s'attend à une trahison, et à deux morts. De plus, il ne vaut mieux pas lire la quatrième de couverture qui nous apprend tout de suite laquelle des quatre a été assassinée et qui l'a tuée.

C'est un très bon livre, qui explore la psychologie, les motivations de personnages aux caractères différents, leurs choix, et la façon dont elles se débattent avec les coups du sort. En outre, c'est, une fois de plus, un avertissement: ne pas se fier aux apparences. En effet, l'un des personnages (je ne parle pas de l'amie déloyale) se révèle un être extrêmement dangereux. Le livre nous rappelle également à quel point on pouvait être fermé, il n'y a pas si longtemps, et sûrement encore aujourd'hui, quant aux homosexuels. Ce qui est montré ici est assez terrible. Susan résume très bien mon sentiment, lorsqu'elle va voir Vicki après le procès.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Schwartz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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