Lecteur : Schmitt Vincent

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samedi, 20 juillet 2019

Le problème à trois corps, de Liu Cixin.

Le problème à trois corps

L'ouvrage:
Chine, 1969. Après avoir été accusée d'avoir trahi son pays, Ye Wenjie est emmenée à Côte rouge, un complexe militaro-industriel où on fait des recherches scientifiques. Elle devra y travailler.

Trente-huit ans plus tard. Wang Miao, chercheur en nanotechnologie, se rend compte que sur des photographies qu'il a prises, de curieux chiffres sont inscrits.

Critique:
Ce roman ne m'a pas plu. La situation d'Ye Wenjie m'a intéressée, puis l'étrange découverte de Wang Miao m'a interpellée. Cependant, entre ces deux scènes (chapitres 2 et 3, puis chapitre 6), je me suis ennuyée. Ensuite, si le sort de ces deux personnages m'intéressait toujours, tout ce qui l'accompagnait me laissait froide. À mesure qu'on avance dans le roman, on retrouve un thème qui a souvent été utilisé (notamment par Serge Brussolo ou Pierre Bordage), mais ce n'est pas ce qui m'a ennuyée, car ce n'est pas parce qu'un sujet est réutilisé qu'il ne l'est pas à bon escient. J'ai d'ailleurs pensé que l'auteur décrivait des réactions plausibles concernant ce thème. (Je ne dirai pas ce que c'est pour ne pas trop en révéler)

Il y a également une idée qui devient de plus en plus courante, celle qui consiste à dire (en le prouvant) que l'homme est responsable de la dégradation de la planète, et n'a cure des autres espèces qui la peuplent. Les exemples donnés m'ont paru bien choisis. Je ne sais pas si cela m'aurait poussée à prendre la même décision qu'Ye Wenjie. Je suis incapable de dire ce que j'aurais fait à sa place...

Entre ces faits qui ont retenu mon attention, il y a de la science physique, de la politique, des stratégies de combat et d'assujettissement... Tout cela m'a agacée.

Wang Miao et d'autres jouent à un jeu en ligne appelé Les trois corps. Si certains aspects du jeu ont retenu mon attention (comme le système des ères régulières et chaotiques), j'ai trouvé que globalement, cela traînait.

Enfin, les personnages que j'appréciais finissent par faire des choses qui ne m'ont pas plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent Schmitt.
J'ai apprécié le jeu du comédien, mais je me rends compte que je n'ai pas grand-chose à en dire. Je pense que je m'ennuyais tellement que j'y ai fait moins attention. En tout cas, il n'a pas surjoué (je l'aurais remarqué) que ce soit pour ce qui est des sentiments des personnages ou quant au fait de modifier sa voix pour les protagonistes féminins.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: certains chapitres sont coupés en deux ou trois pistes.

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lundi, 20 mars 2017

Jeux de miroirs, d'Eugen Ovidiu Chirovici.

Jeux de miroirs

L'ouvrage:
Peter Katz, agent littéraire, reçoit les premières pages du manuscrit écrit par un certain Richard Flynn. Celui-ci y a joint une lettre expliquant que le reste du manuscrit est à la disposition de Peter. Le début raconte comment Richard Flynn rencontra Joseph Wieder, professeur d'université qui faisait des recherches sur le cerveau, la mémoire... Les pages reçues par Peter s'achèvent lorsque Richard évoque le meurtre de Wieder, en 1987. L'affaire ne fut jamais résolue...

Critique:
Ce roman m'a plu, malgré son aspect classique. En effet, il y a eu un meurtre, et il y a des suspects. Pour moi, plusieurs choses démarquent ce roman. J'ai surtout apprécié l'impossibilité pour le lecteur (et pour les enquêteurs) de dégager la vérité. Richard affirmait quelque chose, Laura disait autre chose, etc. Pourquoi croire l'un plutôt que l'autre? Comment vérifier la véracité des dires de chacun? D'ailleurs, la vérité n'oscille-t-elle pas entre tous ces points de vue? Si on décide d'être totalement objectif, on n'a aucune preuve quant au livre publié par Laura. On penche pour la version d'une personne à cause de ce qu'on apprend à propos de tel ou tel personnage, mais on n'a aucune preuve. Cela n'est pas gênant, c'est même très intéressant: les deux explications se tiennent. Bien sûr, on finit par savoir qui a tué, mais pour moi, ce n'est pas le plus important. Je l'avais plus ou moins deviné, et certains lecteurs le devineront sûrement. Ce qui compte vraiment, ce sont justement ces «jeux de miroirs» entre tous les témoignages recueillis tour à tour par Peter, John, et Roy.
J'ai également apprécié de constater qu'une personne dit la vérité tout en ne la disant pas. En effet, cette personne expose sa vérité, mais lorsqu'elle raconte son récit, «l'enquêteur» y apporte des précisions qui montrent que si l'histoire est vraie, la conclusion de la personne qui l'a vécue est erronée.

Le fait que trois personnes cherchent la vérité à tour de rôle est également un élément original. En tout cas, je ne me souviens pas l'avoir rencontré dans un autre roman. Au début, cela m'a un peu déroutée, et j'ai eu peur de décrocher. Je me suis rapidement aperçue que cela ne me gênait pas du tout. J'étais un peu détachée quant à la vie privée de John (le deuxième «enquêteur»). J'ai été davantage interpellée par celle du troisième, Roy. Sûrement parce qu'il s'implique davantage et nous en dit beaucoup sur lui-même.

Si on désire connaître l'identité de l'assassin, on veut surtout savoir pourquoi. D'ailleurs, l'auteur dit, dans une note finale, qu'il voulait surtout expliquer pourquoi. Ce mobile, mais surtout, ce qu'il révèle, fait réfléchir quant à un sujet qui revient régulièrement, sous différentes formes dans le roman, et qui passionne beaucoup de monde. L'auteur explique, dans sa note finale, que c'est quelque chose touchant à ce sujet qui l'a fait réfléchir et a été le point de départ de l'écriture de ce roman.

J'ai également apprécié que le romancier prenne le temps de planter un décor. Par exemple, lorsque Roy va voir Franck, on rencontre d'abord Matt qui semble avoir des idées assez tranchées quant à son métier. On voit peu ce personnage, mais il m'a intéressée parce qu'il semblait terriblement réaliste et profondément humain, malgré le fait qu'il avait souvent l'air de râler.

Le roman ne souffre pas de temps morts. Les rebondissements ne sont ni invraisemblables ni trop spectaculaires.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent Schmitt.
C'est le premier livre enregistré par Vincent Schmitt que j'écoute. J'ai beaucoup apprécié ce comédien dont la lecture est naturelle. En outre, il n'a pas modifié sa voix pour les rôles féminins ni tenté de prendre un accent pour les noms anglophones. Il a quelque peu modifié son intonation pour le rôle de Franck, ce qui, pour moi, est une bonne chose. Cela a donné plus d'épaisseur au personnage, car cela va bien à ce qu'on imagine de lui. En outre, le comédien fait cela de manière subtile, il n'exagère pas son jeu. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

L'éditeur n'a pas respecté la structure du livre. En effet, comme c'est souvent le cas chez Audiolib, certains chapitres sont coupés en deux. Je trouve cela dommage, d'autant que je ne comprends pas ce qui les empêche de faire un fichier par chapitre, comme ils le font pour certains livres. La seule explication que j'ai trouvée est qu'ils pensent qu'au-delà d'un quart d'heure, un fichier est trop long. C'est étrange, c'est comme si, dans un livre papier, on trouvait qu'au bout de tant de pages, un chapitre est trop long.

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