Lecteur : Scaramuzzi Anne-Marie

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 14 septembre 2015

Loin de Margaux, de Karine Lebert.

Loin de Margaux

L'ouvrage:
1940. C'est l'exode. La famille Sorel fait partie de ces gens à chercher un endroit plus sûr. Lors d'un bombardement, Margaux (quatre ans), sort de sa cachette afin de récupérer Toscane (la chienne) dans la voiture. C'est alors que, profitant de la confusion, Clémence l'enlève, souhaitant faire d'elle sa fille.

Critique:
Le résumé de ce roman m'a tout de suite attirée, et je me suis demandé comment Karine Lebert avait poursuivi son idée de départ. Comment ne pas s'enliser- Sur ce point, soyez rassurés: rien ne traîne, rien n'est incohérent.

La romancière pose certaines questions. Clémence enlève une enfant, souhaitant lui donner de l'amour. Cependant, son acte est purement égoïste. Elle va détruire une famille et prendre, telle une pillarde, ce qui ne lui appartient pas. Pour moi, un tel acte est inexcusable. Clémence jette son dévolu sur une enfant, et l'amour qu'elle dit éprouver ne peut être que frelaté, sali, voire perverti, puisqu'elle n'hésite pas à traumatiser l'enfant en l'arrachant à sa famille.
Karine Lebert ajoute un autre paramètre, que nous découvrons au long du récit, et qui fait qu'on se demande si les choses n'auraient pas tourné de manière pire si Margaux n'avait pas été enlevée. Quant à moi, je n'ai pu apprécier Clémence, au long du roman, à cause de l'enlèvement de Margaux, de la manière dont elle le justifie, etc.

Au long de la deuxième guerre mondiale, les destins des personnages vont se jouer, se croiser, parfois de manière ironique. Par exemple, Charles tente d'imaginer le calvaire des parents de Margaux, mais il ne se sent pas de taille à lutter contre Clémence. À ce moment, il ne sait pas qu'il va être confronté à cette douleur, et qu'il sera obligé de réellement la comprendre.

Un autre personnage m'a déplu: Danièle. Elle veut s'engager dans la résistance, et pleurniche parce qu'elle n'est pas en première ligne. Comme si son but était de s'illustrer, de faire parler d'elle. Elle dit vouloir sauver son pays, mais elle ne veut pas comprendre pourquoi elle est à l'arrière. Or, ce qui aurait dû compter pour elle aurait dû être le fait de rendre service, d'être utile où qu'elle soit. Ensuite, j'ai trouvé son revirement final très gros. Il ne cadre pas vraiment avec ce qu'elle montre au long du livre.

J'ai également trouvé un peu gros ce qui arrive à Clémence... Bien sûr, c'est possible. Ça c'est déjà vu, mais j'ai été sceptique...

J'ai été touchée par Margaux. Je ne sais pas si sa façon de réagir est crédible, car je ne sais pas comment on ressent, comment on se souvient à quatre ans, mais j'étais contente qu'elle réagisse ainsi.

Karine Lebert décrit très bien l'ambiance des différentes périodes et facettes de la guerre. L'affolement de l'exode, la peur de l'occupant, l'enfer des camps (pour reprendre le titre d'un chapitre du livre), le chaos engendré par la bêtise de quelques hommes, chaos qui perdurera après la guerre.

Éditeur: France Loisirs.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Scaramuzzi pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'ai été ravie d'entendre cette lectrice que je n'avais pas entendue depuis un moment. J'ai retrouvé avec plaisir sa façon naturelle de lire. C'est une des rares à savoir prendre un ton triste, voire à «pleurer» sans que cela soit affecté. De même, elle joue l'affolement, la terreur, la joie... tout cela naturellement, sans trop en faire.

Acheter « Loin de Margaux » sur Amazon

mercredi, 11 mai 2011

Nous irons cueillir les étoiles, de Gilbert Bordes.

Nous irons cueillir les étoiles

L'ouvrage:
Barjols.
Sandrine Gaspect est séparée d'Olivier, son mari. Elle vit avec son fils, Baptiste. Celui-ci aimerait que ses parents se remettent ensemble. Il doit également supporter ses grand-mères qui l'agacent avec dictées et remontrances sur son appétit.
Un jour, Sandrine est convoquée chez un notaire. Elle y rencontre un certain François Rivière qui dit être son père biologique. Il possède un domaine, et souhaite qu'à sa mort, Sandrine touche la part qui lui revient de droit.
Tout se complique lorsque Louise, la fille du capitaine de la gendarmerie, décide de faire une fugue, entraînant Baptiste.

Critique:
Voilà un livre sympathique, malgré certaines choses grosses et agaçantes. Certains événements sont attendus, comme l'évolution, au long du livre, des rapports entre Sandrine et Olivier. Malgré cela, j'ai aimé que cela se passe ainsi.
Il y a bien quelques longueurs. Par moments, le lecteur en a un peu assez, car lui connaît les réponses, et s'essouffle de voir tout le monde s'échiner à aller dans la mauvaise direction. En outre, il est un peu invraisemblable que les enfants rencontrent justement une personne qui connaît le russe, et qu'il serait facile de soupçonner.

Sandrine, Olivier, Baptiste, et Pucieri sont attachants. Ce sont les personnages les mieux analysés du roman. L'auteur montre ce qui les pousse, ce qui les effraie, ce qui les retient.

Les autres personnages ne sont pas très sympathiques. Soit ils sont caricaturaux, soit peu creusés.
Martine et Jacquote sont assez détestables. Elles ont élevé leurs enfants en pensant à elles-mêmes, ne sont à l'écoute de personne, ne savent qu'attaquer et interdire.
Quant au père de Louise, je ne le cerne pas trop. Il fait quand même quelques choix qui le montrent plus ambitieux que préoccupé de sa fille.

Louise éveille la compassion du lecteur, mais la plupart du temps, elle est agaçante. Il est logique qu'elle tente de faire comprendre à sa mère que la façon dont elle est traitée ne lui plaît pas. Il est normal qu'elle veuille se faire entendre. Mais ensuite, elle est totalement dépourvue de scrupules. Elle se montre désagréable, sournoise, et vicieuse. Même s'il est évident qu'elle n'a pas souhaité qu'il arrive malheur à Pucieri, elle aurait pu se douter que son attitude légère et égoïste n'apporterait que des ennuis au musicien.
Elle peut aussi faire rire le lecteur par certaines de ses répliques, notamment lorsqu'elle se dit que la seule chose qui doit préoccuper sa mère, c'est le fait que ses ravisseurs pourraient lui faire manger de la viande.

Ma critique n'est pas très positive, mais j'ai passé un bon moment avec ce livre, principalement pour deux raisons. D'abord, j'ai tellement été déçue par d'autres romans de cet auteur que celui-là a été une bonne surprise. Ensuite, l'interprétation de la lectrice m'a ravie. Elle a fait de ce roman passe-partout un livre qui vaut la peine qu'on s'attarde sur cette version audio. Elle a su le jouer sans cabotinage, comme à son habitude.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Scaramuzzi pour la Bibliothèque Braille Romande.

Acheter « Nous irons cueillir les étoiles » sur Amazon

vendredi, 7 janvier 2011

La cousette de Commagnac, de Guillemette de La Borie.

La cousette de Commagnac

L'ouvrage:
Marie-Antoinette, dite Toine, est domestique au château de Commagnac. Elle a été élevée par la Mazille, la cuisinière du domaine. Elle ne sait rien de ses origines. À quatorze ans, elle s'intéresse à tout, voudrait s'instruire, et devenir quelqu'un.
Emmeline de la Filolie, la maîtresse du château, ne s'y trompe pas: elle sait que Toine est la fille bâtarde de son mari. Lorsque Toine est violentée par l'aîné des fils du domaine, elle voit une occasion de se débarrasser d'elle, d'autant que la jeune fille souhaite partir pour Périgueux et devenir cousette. C'est ainsi que Toine s'en va, seule, de bon matin, prête à affronter deux jours de marche, une ville inconnue, et un travail où elle devra s'imposer. Son départ causera le désespoir de Gauthier, le fils cadet du domaine, qui l'aimait «comme une soeur».

Critique:
Voilà un roman dans le style des livres de Marie-Paule Armand. Un roman retraçant la vie d'une jeune fille pugnace et ouverte d'esprit. Son parcours sera semé d'embûches, mais de joies aussi.
L'intrigue a certains côtés attendus. On devine comment finiront certaines choses, mais on ne sait pas trop comment elles vont arriver. Donc malgré le fait qu'on prévoit le dénouement, il n'est pas cliché. Je crois qu'une autre fin m'aurait déçue. J'aime bien que certains romans, surtout ceux de ce genre, se termine comme je m'y attends. Et puis, toute l'histoire est bien ficelée.
En outre, le style de l'auteur est agréable: fluide et sans mièvreries.
D'autre part, j'ai aimé me plonger dans un roman se déroulant à cette époque (entre 1850 et 1860). L'auteur a su planter un décor, créer une ambiance qui m'ont plu, et dans lesquels je me suis tout de suite immergée.

Les personnages sont peut-être un peu clichés, par certains côtés... Par exemple, Antoinette semble un peu trop parfaite. Elle accomplit un travail titanesque, se bat avec courage pour obtenir ce qu'elle veut, sait d'instinct ce qu'il faut faire dans des situations délicates... elle a même la fibre maternelle au point de refuser une nourrice, alors que c'est «la grande mode». Elle m'a parfois agacée, avec sa perfection brandie comme un étendard. Elle m'a surtout exaspérée lors de la scène qu'elle fait à la banque. Outre qu'elle ne respecte pas les ordres du médecin, elle m'a paru ridicule et pathétique. Bien sûr, elle a obtenu ce qu'elle voulait en tapant du poing sur la table, et en jetant de la poudre aux yeux, mais son esclandre m'a plutôt donné envie de lui mettre une bonne claque.
Et bien sûr, il ne lui arrive rien de fâcheux (à part lors de cette fameuse scène), alors qu'elle n'a pas respecté les consignes de son médecin.

Le personnage de Gauthier est sympathique, mais il paraît parfois un peu benêt, notamment lorsqu'ils arrivent en gare, qu'Antoinette se trouve mal, et qu'il ne remarque rien. Cependant, le lecteur respectera sa droiture, et rira gentiment de sa fougue.
Quant à Victor... j'ai trouvé qu'on ne le voyait pas assez pour bien le connaître.

La princesse qui assujettit Antoinette, et qui «paie son caprice» pour se l'attacher, est faite pour être détestée. Elle n'a suscité que mon mépris. Elle est tellement capricieuse et égoïste qu'elle m'a paru sans consistance. Elle ne vaut même pas la peine que le lecteur la vilipende.
Je lui préfère Hortense Schneider qui est plus nuancée. Bien sûr, ce personnage fait rire et agace, avec ses «Oh mein Got!» toutes les cinq secondes, mais elle a du coeur, et ne se laisse pas aveugler par l'argent facile, à l'inverse de la princesse.
À travers ces deux femmes, l'auteur décrit très bien une certaine frange de la société, ainsi que les états d'âme d'Antoinette au contact de cette société.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Scaramuzzi pour la Bibliothèque Braille Romande.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un livre enregistré par Anne-Marie Scaramuzzi. Cela a été un immense plaisir de retrouver sa voix et sa façon de jouer le livre. Fidèle à elle-même, elle interprète à merveille, sans jamais cabotiner. Sa façon de jouer Hortense Schneider, par exemple, me semble très juste, vu le personnage.

Acheter « La cousette de Commagnac » sur Amazon

lundi, 16 mars 2009

Les chemins de garance, de Françoise Bourdon.

Les chemins de garance

L'ouvrage:
La famille Vidal cultive la garance. Augustin, l'aïeul de la famille, ne cesse de harceler Camille, sa petite-fille, la traitant de bâtarde, sans que celle-ci puisse comprendre pourquoi. La jeune fille sait seulement que sa mère, Angeline, est partie après sa naissance. Quant à son père, ce qu'elle sait est encore plus flou.
Camille voue un culte à la culture de la garance, et compte bien reprendre le flambeau. Elle grandit sous l'égide de Nine, la servante qui était dévouée à Angeline.

En 1829, l'été de ses dix-sept ans, Camille rencontre Félix Missonnier, fils d'un ingénieur. Les deux jeunes gens tombent vite amoureux l'un de l'autre, et doivent affronter la désapprobation de leurs familles, surtout de celle de Félix qui pense que ce serait une mésalliance.

Critique:
C'est le troisième livre de Françoise Bourdon que je lis. Ayant été très déçue par «Les tisserands de la Licorne», j'avais très peur que ce livre ne soit pas bien. Je l'ai emprunté pour donner une autre chance à la romancière, et aussi parce qu'il était lu par Anne-Marie Scaramuzzi.

Bien sûr, il y a certains thèmes récurrents qui deviennent clichés: les deux jeunes gens dont l'amour est contrarié par des familles qui désapprouvent pour de mauvaises raisons. Ce thème devient lassant, à la longue.
Le thème de la famille exploitant quelque chose (ici, la garance), est également récurrent.
Comme dans beaucoup de romans de ce genre, on a affaire à de lourds secrets de famille. Parfois, lorsque le lecteur apprend lesdits secrets, il hausse les épaules, et soupire de lassitude. Pourquoi faire tout un plat de secrets si dérisoires?, pense-t-il. Ici, ce n'est pas le cas. On peut seulement reprocher à Françoise Bourdon de faire traîner les choses avant que Camille n'apprenne la vérité.

La façon dont Nine et monsieur Etienne se débarrassent du problème qu'est Lucien est un peu facile. Je veux dire que la romancière aurait pu trouver autre chose d'un peu moins gros, et, pour une fois, d'un peu plus conventionnel.

Dans ce roman, Françoise Bourdon plante bien le décor. Apparemment, elle sait planter un décor, car je lui avais déjà fait ce compliment dans «Les tisserands de la Licorne». Ici, le lecteur est immergé dans l'histoire, dans l'époque. Il se documente sur la culture de la garance tout en se divertissant.

Pour en revenir au thème de l'amour contrarié, dans ce roman, Françoise Bourdon a su modifier ses ficelles, ce qui fait qu'on sort des sentiers battus. En général, le lecteur tient à ce que les deux jeunes gens qui s'aiment depuis le début se réunissent, d'autant plus que la pauvre jeune fille est contrainte d'épouser un être rustre qui la bat, ou qui ne peut pas aligner trois idées. Quant au jeune homme, il se console dans les bras d'une femme qui lui apprend tout ce qu'il y a à savoir sur les choses de l'amour physique. Eh bien, ici, ce n'est absolument pas le cas! C'est rafraîchissant. On n'a pas à attendre, à se traîner péniblement jusqu'à ce que les deux héros se retrouvent. Sans vouloir trop en dévoiler, je préfère la façon dont ont tourné les choses, surtout pour Camille, car la romancière nous montre bien que celui que choisit la jeune fille est bien mieux pour elle, tant au niveau de la personnalité que de la force de caractère. Donc, contrairement à certains autres romans, on n'a pas une héroïne qui se résigne à épouser un homme qu'elle n'aime pas pendant que son coeur bat pour un autre.

En outre, les personnages évoluent au cours du roman. L'un d'eux passe énormément de temps à se lamenter, et se remet en question bien tard, mais il le fait quand même.
Globalement, les personnages ne sont pas trop caricaturaux, sauf peut-être Marguerite qui est absolument détestable.

Ce livre est avant tout un divertissement, un livre de vacances, tout en étant une lecture facile (on n'a pas à réfléchir, on doit seulement se laisser porter par l'histoire). Même si on retrouve des clichés, et que quelques lecteurs (comme moi) en ont assez, certains de ces clichés sont détruits pour le plus grand bonheur de ceux qui ne les aiment pas.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Scaramuzzi pour la Bibliothèque Braille Romande.
Comme d'habitude, Anne-Marie Scaramuzzi a su mettre le ton qu'il fallait sans surjouer. J'admire toujours autant cette capacité chez elle. Surtout, qu'elle ne change rien à sa façon de lire, c'est parfait!

Acheter « Les chemins de Garance » en poche sur Amazon

lundi, 25 février 2008

L'infirmière, d'Henry Denker.

L'infirmière

L'ouvrage:
Les années 60.
Samuel Horrowitz a 68 ans. Il a deux grands enfants, Marvin et Mona. Sa femme, Anna, est morte, et elle lui manque beaucoup. Il a passé sa vie à travailler, il connaît la valeur des choses. Il doit son aisance actuelle à son acharnement à réussir.

Un soir, il se fait agresser dans la rue par une bande de noirs. Alors qu'on lui donne les premiers soins, il est victime d'une crise cardiaque.
Il finit par se remettre, seulement, il garde des séquelles. Il a une cicatrice sur la joue, là où l'un de ses agresseurs a tailladé au rasoir. En outre, son bras et sa jambe gauches sont presque impossibles à utiliser. Avec de la rééducation, il est possible qu'il retrouve le plein usage de ses membres.
Deux solutions s'offrent à lui: soit il quitte sa maison et sa ville pour aller vivre chez sa fille, soit il accepte une infirmière à domicile.

Critique:
Le personnage d'Horrowitz est intéressant, car complexe. Il attendrit le lecteur lorsqu'il essaie de cacher ses faiblesses et son sentimentalisme. Et puis, on comprend cet homme fier, qui n'aime rien demander à personne, qui se retrouve obligé de demander l'aide de son infirmière pour de petites choses, et doit utiliser des objets qui lui font ressentir son infirmité (infirmité qu'il vit mal): fourchette capitonnée, par exemple. (Il est toujours frustrant et gênant de devoir demander de l'aide aux autres pour les choses du quotidien.)
Horrowitz est également horripilant, car son racisme lui fait tenir des propos choquants. Bien sûr, il faut se remettre dans le contexte. Par ailleurs, son agression l'a traumatisé, et a renforcé l'opinion qu'il avait des noirs. On se doute très vite qu'Ariet Washington et lui deviendront amis, malgré la réticence et le mauvais caractère d'Horrowitz. Il y a quand même une scène qui traîne un peu, et où le lecteur avait déjà compris ce que les préjugés d'Horrowitz l'empêchent de comprendre. C'est lorsqu'il va à l'hôpital, voir Conrad.
Le lecteur compatit également: Horrowitz est seul, sa femme lui manque, il s'est fait agresser, il se replie donc un peu sur lui-même.

Le personnage de Mona est un peu caricatural. Elle est engluée dans ses certitudes et ses préjugés, dirigiste, et trouve à redire à tout. Par certains côtés, elle rappelle Horrowitz. Elle est très importante dans l'histoire, car ce sera elle qui, involontairement, poussera son père à vouloir faire des progrès, à vouloir se reprendre en main.

On admire beaucoup le personnage d'Ariet Washington, bien sûr. On se demande si on supporterait tout ce qu'elle endure aussi vaillamment qu'elle.

C'est un livre réussi, qui nous fait passer par toute une palette de sentiments: joie, émotion, rire... Il montre avec finesse que tout n'est pas aussi manichéen que le pense Horrowitz.

Éditeur: Presses de la cité.
Je ne parle pas souvent des prestations des lecteurs, mais j'aimerais m'attarder sur celle de la lectrice qui a enregistré ce livre. Il s'agit d'Anne-Marie Scaramuzzi, qui a enregistré cet ouvrage pour la Bibliothèque Braille Romande. Cette lectrice est remarquable. Elle joue les livres qu'elle interprète, sans trop en faire. Ce qui me surprend toujours, lorsque je l'entends, c'est qu'elle sait pleurer. Il est très dur, à mon avis, de feindre les sanglots sans trop en faire, surtout pour un lecteur non professionnel. Eh bien, Anne-Marie Scaramuzzi arrive à faire cela, notamment dans «L'infirmière».

Acheter «l'infirmière» sur Amazon

- page 1 de 2