Lecteur : Sauter-Caillet Aline

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 21 septembre 2015

Seul à savoir, de Patrick Bauwen.

Seul à savoir

L'ouvrage:
Marion March a trente-cinq ans. Elle est assistante d'une productrice d'émissions télévisées. Sa vie n'est pas exceptionnelle, mais elle s'en accommode...
Un jour, elle reçoit une photo de la part d'une personne se faisant appeler le Troyen. Sur cette photo, Marion reconnaît Nathan, l'homme qu'elle devait épouser il y a quinze ans, et qui, un soir, s'est volatilisé. La jeune femme veut en savoir plus. Cela tombe bien: le Troyen est tout disposé à lui en apprendre davantage, mais à condition qu'elle lui obéisse, quels que soient les ordres qu'il lui donnera.

Critique:
Voilà un thriller avec lequel j'ai passé un très bon moment. Marion est embarquée dans un «jeu» dont elle ignore les règles. Elle se sait manipulée par le Troyen, mais ne peut faire autrement que de suivre ses indications. L'intrigue est bien construite, bien menée, sans temps morts. L'auteur a toujours eu un coup d'avance sur moi. Il a pourtant utilisé certaines ficelles assez classiques. Emportée dans le récit, je n'ai pas deviné une chose qui est pourtant un topos du genre. En outre, l'auteur s'est amusé à brandir un indice, donné par le Troyen. J'ai été bien contente de ne pas avoir trouvé.
La révélation dont je parle n'est bien sûr pas la seule du roman. Je n'en ai trouvé aucune, sauf la toute dernière, mais très peu de temps avant que l'auteur ne la dévoile.
De plus, il n'y a pas d'incohérence: tout s'explique, tout se tient. Lorsque l'une des solutions a été donnée, j'ai tenté de prendre l'auteur en défaut, mais en fait, il a habilement contourné le problème qu'aurait pu engendrer cette situation.
Certains lecteurs souhaiteront peut-être (cela est mon cas) qu'une chose se passe différemment. Mais d'autres diront peut-être que cela aurait été trop gros, ou que ça ne cadre pas avec l'ambiance générale du roman...

Il y a certaines ficelles que je n'aime pas trop, habituellement. Par exemple, lorsque Marion part pour les États-Unis, son père prévient quelqu'un,et on comprend qu'il sait depuis longtemps que ce départ aura lieu. Bien sûr, on ne reliera cela au reste que vers la fin. Pour moi, c'est du suspense artificiel. Cependant, ici, cela ne m'a pas trop gênée car ce que vivait Marion était très palpitant.

Patrick Bauwen insère également des retours en arrière expliquant comment Nathan et Marion en sont venus à être ensemble quinze ans plus tôt. Au début, j'ai pensé que cela serait sûrement ennuyeux, puisqu'on savait déjà qu'il avait disparu. Or, cela permet de découvrir les deux personnages, de s'attacher à eux, de les comprendre...

Pour moi, les protagonistes sont épais. En tout cas, il ne sera pas possible de dire que les «méchants» sont caricaturaux. En effet, comme le fait remarquer l'un des personnages, lorsque l'argent est en jeu, tout le monde perd la tête. En outre, il y a certains degrés (si j'ose dire) dans la méchanceté. Certains «méchants» sont un peu plus appréciables que d'autres... Certains pourraient imaginer que je pense à Pope lorsque je dis cela. Il n'en est rien. Je n'ai pas pu apprécier Pope qui se prend pour un Dieu. Il est parvenu à avoir argent et pouvoir, il a étendu son influence le plus possible... Il se croit invincible, use de son pouvoir pour la moindre chose... Même s'il fait des choses qui arrangent Marion, il n'est pas digne de confiance.

Le romancier développe des théories intéressantes. Je parle des recherches de Nathan. Je me demande si ce genre de recherches existe, et si oui, jusqu'à quel point cela avance.

Remarques annexes:
J'ai bien aimé la manière dont l'écrivain montre certains avantages et inconvénients de Facebook.
Patrick Bauwen fait de petits clins d'oeil à ses précédents romans.
Comme dans le roman «Intrusion», j'ai été déçue de trouver de la «pub sauvage» pour les produits Apple. J'aimerais bien tomber sur un roman où une personne explique qu'elle préfère utiliser un produit qui n'exige pas un format particulier.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aline Sauter-Caillet pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'aime beaucoup cette lectrice qui met le ton approprié sans trop en faire ni être monotone. Il arrive qu'elle modifie légèrement sa voix pour certains personnages. Souvent, je n'aime pas cela, mais Aline Sauter-Caillet le fait sans exagérer, et à bon escient.
Je trouve regrettable qu'au long du texte, lorsqu'il y a une phrase en italique, cela soit signalé. Comme je l'ai déjà dit, il n'y a aucun intérêt, pour un auditeur, à savoir qu'une phrase est en italique. Le ton du lecteur fait passer l'intention mise dans la typographie. D'autre part, en tant qu'auditrice, il m'est pénible d'entendre ces indications. Heureusement, ici, il n'y en avait pas beaucoup.

Acheter « Seul à savoir » sur Amazon

vendredi, 27 février 2015

Ne meurs pas sans moi, de Suzanne Stock.

Ne meurs pas sans moi

L'ouvrage:
Sandra est la maîtresse de Marc, mais celui-ci est marié. Ce soir-là, elle souhaite fêter sa promotion avec lui, mais il ne peut pas. Alors, elle fait la fête avec son amie, l'avocate Claire Jenkins. À la fin de la soirée, Claire oublie son portable chez Sandra. C'est le commencement d'une descente aux enfers.

Critique:
Au début, la structure du roman m'a un peu déroutée: le présent de Sandra est entrecoupé de retours en arrière, des chapitres racontant son passé. J'avais peur qu'un pan de l'histoire soit moins intéressant que l'autre, mais les deux époques m'ont captivée.

Très vite, le lecteur se rend compte que Suzanne Stock s'engage sur une pente glissante. Comment va-t-elle se sortir d'éléments qui ne peuvent être que le résultat d'un délire? Après avoir été un peu déboussolée, je me suis dit qu'il fallait chercher une explication. Celle que j'avais trouvée se tenait, mais n'était pas la bonne, même si elle s'en approchait.

Ensuite, l'auteur finit par tout expliquer. J'ai trouvé étrange qu'elle donne la solution de l'énigme alors qu'il restait plusieurs chapitres. En fait, elle prend le temps, dans les derniers chapitres, d'expliquer tous les éléments. C'est comme une histoire à deux points de vue. Tout se tient, tout est à sa place, mais je n'arrive toujours pas à savoir si cette solution me plaît. Quelques auteurs ont fait comme Suzanne Stock. La différence, à mon avis, c'est qu'elle l'a fait à plus grande échelle, qu'elle a créé davantage de «connexions», et donc a dû prendre davantage de pages pour tout expliquer.

Si la solution qu'a choisie l'auteur pourra en agacer certains, il faut reconnaître certains points positifs à ce roman. D'abord, on y entre très facilement. Ensuite, il n'y a pas de temps morts. En outre, les personnages sont bien analysés. Enfin, à travers les événements qu'elle décrit, Suzanne Stock soulève certaines questions intéressantes. Peut-on se relever lorsqu'on est écrasé de culpabilité et de chagrin? Au final, l'un des personnages ne commencera-t-il pas à revivre alors que l'événement contre lequel il se battait est arrivé?

Le personnage de Martha est peut-être un peu léger: en effet, on comprend pourquoi elle est aigrie, mais on ne comprend pas trop ce qu'elle trouve à un personnage...

Éditeur: Le passage.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aline Sauter-Caillet pour la Bibliothèque Braille Romande.
J'apprécie cette lectrice qui a une diction soignée et qui met l'intonation appropriée sans en faire trop. Au tout début, j'ai été gênée par sa voix un peu grave (je préfère les voix moins graves que la sienne chez les femmes), mais sa lecture fluide et naturelle m'ont convaincue. Je la réentendrai avec plaisir.

Acheter « Ne meurs pas sans moi » sur Amazon