Lecteur : Rudigoz Maud

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mercredi, 16 janvier 2019

Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer,

L'ouvrage:
Paris, juillet 1909. Le propriétaire d'un établissement de jeux demande l'aide du mage Louis Denizart Hippolyte Griffont pour démasquer un tricheur qui utiliserait la magie. Griffont ne sait pas encore que cette mission, très facile en apparence, ainsi que l'étrange requête de son amie (Cécile de Brescieux), cachent quelque chose de bien plus périlleux.

Critique:
Ce cycle (nommé «Cycle Ambremer», et rebaptisé «Le Paris des merveilles» lors de sa réédition), me tente depuis plusieurs années. J'ai donc été ravie de voir le tome 1, puis le 2 (le 3 sort le 23 janvier), apparaître au catalogue d'Audible.fr. Ce premier volume m'a beaucoup plu. Si l'intrigue est intéressante, le plus captivant vient (à mon sens) de l'OutreMonde. C'est de là que viennent les créatures magiques qu'on retrouve dans le roman, et dont certaines habitent Paris. L'OutreMonde a également fait quelques cadeaux à la ville, par exemple... la tour Eiffel. ;-)
Griffont est un mage, mais on croise également des gnomes (ils ont leurs particularités), des fées, des enchanteresses... On apprend la différence entre un sort et un enchantement... Lorsque Griffont et Aurélia se retrouvent en Onirie, on côtoie des cauchemars faits de chair et de sang... Ces exemples sont loin de couvrir tout ce à quoi le lecteur a affaire en se plongeant dans cet univers. Je n'ai même pas évoqué mon personnage préféré! Je n'en parle pas pour que ceux qui me lisent découvrent son caractère et ses particularités magiques par eux-mêmes.

L'auteur n'oublie pas de parsemer son roman de notes humoristiques: les chamailleries bon enfant entre Lucien et Auguste, les remarques et répliques de certains personnages (dont mon favori), certaines conversations (comme celle entre Griffont et Népomucène), etc. De plus, le romancier apostrophe parfois le lecteur d'un ton à la fois amical et amusé.

Outre ces ingrédients qui m'ont ravie, l'intrigue est sans lenteurs. Pierre Pével enchaîne les événements, c'est fluide, cohérent, rien n'est bâclé... Il y a quelques rebondissements qui ne sont pas trop spectaculaires (ils sont donc crédibles) qui s'insèrent bien dans le déroulement des faits.

Lorsqu'Aurélia se révèle être un personnage important, et que son passé avec Griffont est évoqué, j'ai trouvé cela tellement vraisemblable que je me suis demandé si l'auteur ne se basait pas sur ses précédents écrits. Je me disais que ces protagonistes appartenaient peut-être à un autre cycle qui évoquait le même monde, comme si la série comportait, en fait, deux cycles. Apparemment, ce n'est pas le cas. Quel dommage!

Outre une bonne intrigue et un univers qui absorbe le lecteur dès les premières minutes, l'auteur a glissé des références mythologiques. Bien sûr, il y a les licornes, les dragons, etc. Il m'a semblé que les prénoms des gargouilles de la reine noire étaient des allusions à «L'odyssée». Surtout que si on suit le raisonnement, Griffont est vraiment tombé de Charybde en Scylla: une fois débarrassé de la première gargouille (dont le prénom ressemble à Charybde), il se heurte à la seconde (dont le prénom ressemble à Scylla) qui lui donne davantage de fil à retordre. Je n'ai relevé que cela, mais j'imagine qu'il y a d'autres références qu'un lecteur plus futé et plus cultivé que moi repérera.

Le roman est suivi d'une nouvelle qui se déroule en 1910. Elle conte une aventure vécue par Griffont et Aurélia. J'ai trouvé amusant que l'auteur implique les personnages d'un roman très connu, et qu'à la fin, nous apprenions certaines choses... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Maud Rudigoz fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu, même s'il m'est arrivé de pinailler. Ici, son interprétation m'a plu. Elle ne force pas le trait pour les rôles masculins (même lorsqu'il s'agit de la voix très basse d'Étienne), et adopte le ton adéquat pour chaque personnage. Par exemple, elle rend très bien la gouaille de Lucien sans trop en faire. Dans le roman, il est dit qu'Azincourt parle avec un petit accent anglais. Heureusement, la lectrice n'a pas fait cet accent. Cela m'aurait déplu.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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Acheter « Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer, » en téléchargement audio (Audible.fr)

jeudi, 28 juin 2018

Quand le sommeil nous éveille, de Marc Rey.

Quand le sommeil nous éveille

L'ouvrage:
Un documentaire sur le sommeil: explications, conseils, etc.

Critique:
Le sommeil me fascine, voilà pourquoi je lis tous les documentaires le concernant qui me tombent sous la main. Certains me diront que je cours le risque de répétitions. Ici, par exemple, j'ai lu des choses qui sont également dans «Je rêve de dormir». Cela ne m'a pas du tout gênée, parce que certains propos étaient abordés un peu différemment, donc cela revenait au même, mais il y avait un autre angle d'attaque.
Outre certaines explications, j'ai retrouvé beaucoup d'études de cas similaires à celles exposées dans «Je rêve de dormir». C'est logique, puisque les «maladies» du sommeil sont les mêmes. Cela m'en a remis quelques-unes en tête.

Ce documentaire m'a plu également parce que l'auteur n'est ni donneur de leçons, ni pédant, ni pompeux. Il explique des choses,et donne des conseils. Certains diront que ceux-ci sont parfois durs à appliquer. C'est possible, mais quiconque a un peu de bon sens saura qu'ils sont bons. À ce sujet, il en est un qui me tient particulièrement à coeur: celui qui dit que pour qu'on puisse bien dormir, il faut que la température de la chambre soit entre 18 et 20°. J'ai déjà pu vérifier que c'était vrai. Malheureusement pour moi, il m'est souvent très difficile de rafraîchir ma chambre, pour diverses raisons.
Marc Rey rappelle, par exemple, qu'une bonne hygiène du sommeil va avec une bonne hygiène alimentaire, etc. Je pressentais certaines choses que j'ai trouvées dans ce livre, et même si tout n'est pas facile à appliquer, je trouve tout très judicieux.

En début d'ouvrage, l'auteur explique certaines choses, et cela nous aide à comprendre pourquoi, par exemple, le sommeil d'avant minuit est le plus réparateur, ou pourquoi la qualité du sommeil diurne (pour ceux qui travaillent de nuit) ne pourra jamais être aussi bonne que celle du sommeil nocturne. Tout ceci m'a beaucoup intéressée.
L'auteur insiste sur le fait que le sommeil de chacun est différent en quantité, en qualité, etc. En fin d'ouvrage, il y a même un questionnaire pour découvrir son chronotype. Ainsi, on peut savoir si on est court ou long dormeur, plutôt du soir ou du matin, et tenter (grâce aux conseils) de s'adapter. En effet, c'est à nous de nous adapter à notre sommeil, car on paiera le fait d'avoir voulu le plier à nos exigences. J'ai apprécié qu'il y ait ce questionnaire, mais si j'avais voulu le faire, j'aurais eu besoin d'une personne qui voit. (Lorsque je demande quelque chose à mon mari, je dois attendre (parfois plusieurs années) avant qu'il le fasse, donc j'ai renoncé à demander son aide dans ce cas.) Si vous achetez ce livre audio sur Audible, et que vous n'êtes pas aveugle, vous pourrez sans soucis faire le questionnaire, car un document en PDF accompagne l'audio. Je regrette que l'auteur n'y ait pas pensé, et n'ait pas fait en sorte que l'intégralité du questionnaire puisse être fait par une personne aveugle. À noter qu'il ne lui est peut-être pas aisé de transformer les schémas des réponses aux questions concernées en textes.

Marc Rey évoque également des études faites sur les rêves lucides. (Ici, permettez-moi de râler après ma prof de philo qui m'assurait qu'il était impossible que, lors de certains de mes rêves, je sache que j'étais en train de rêver.) Cette étude permettrait d'aider certains à se débarrasser de cauchemars récurrents. Cela rejoint ce que j'avais lu dans «You'll never know, dear». Dans ce roman, l'auteur exagère un peu, mais elle se base sur quelque chose d'existant. Cela m'intéresse (même si je n'ai pas de cauchemars récurrents), et j'irai faire un tour sur le site indiqué.

Un livre très intéressant, rempli de renseignements utiles.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

J'apprécie la voix claire et le jeu de Maud Rudigoz. J'ai eu l'impression qu'elle était davantage à l'aise dans ce documentaire que dans les romans que je l'ai entendue lire. Même si la pinailleuse que je suis trouve qu'en général, cette comédienne en fait parfois un peu trop, je suis toujours ravie de voir son nom sur un livre audio qui me tente.

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samedi, 13 janvier 2018

Défaillances, de B. A. Paris.

Défaillances

L'ouvrage:
Après une soirée avec des collègues, Cass (la narratrice) rentre chez elle sous des trombes d'eau. Pour que le trajet soit plus court, elle passe par un raccourci dans la forêt. C'est là qu'elle tombe sur une voiture arrêtée avec une femme à bord. Craignant que ce soit un piège pour lui voler sa voiture, elle ne s'arrête pas pour demander à la conductrice si elle a besoin d'aide.
Le lendemain, elle apprend qu'une femme a été assassinée dans la nuit à l'endroit où elle ne s'est pas arrêtée. Peu de temps après, elle reçoit des appels muets. Elle est convaincue que le meurtrier l'a vue, et veut l'effrayer. Les choses se compliquent lorsqu'elle se rend compte qu'elle oublie des choses du quotidien.

Critique:
Ce roman m'a plu, même si j'ai quelques reproches à lui adresser. L'auteur a très vite su me faire entrer dans le quotidien de Cass, et partager ses angoisses. Je râlais un peu après certaines de ses réactions, mais je me disais aussi que n'étant pas impliquée, il m'était facile de voir des failles. Par exemple, à un moment, elle prend rendez-vous avec quelqu'un pour qu'il lui montre les alarmes que pourrait lui vendre son entreprise. Lors du rendez-vous, elle se met à paniquer et à imaginer que cet homme pourrait être n'importe qui venu pour la tuer. Un esprit rationnel pensera tout de suite que ce n'est pas plausible puisque Cass a donné rendez-vous à cette personne en appelant son entreprise.
Dans le même ordre d'idées, l'héroïne finit par craindre de répondre au téléphone à cause des appels muets. Or, elle sait que le numéro de la personne qui fait cela est masqué. Pourquoi ne regarde-t-elle pas son affichage lorsque le téléphone sonne, au lieu de décider de ne pas répondre?
D'un autre côté, la peur de la jeune femme est très bien exposée, et on comprend que dans sa situation, ses idées ne puissent pas toujours être claires. Si certains de ses raisonnements m'ont donné envie de la secouer, je ressentais également beaucoup d'empathie pour elle. Les choses étant racontées de son point de vue, j'avais beau rationaliser, je ressentais sa peur, sa tension, et comprenais le réflexe de Pavlov qu'elle avait développé vis-à-vis du téléphone.

Je trouve dommage d'avoir deviné 99% de l'énigme presque dès le départ. Je pense que l'auteur souhaite qu'on ait des soupçons et qu'ils aillent croissant, mais pas qu'on devine dès le deuxième jour (le roman est découpé en jours et s'étale sur environ trois mois). L'inconvénient est que je n'ai pas eu de surprises quant à cette révélation. J'ai quand même trouvé amusant de glaner tous les indices qui, à mesure que le roman avançait, corroboraient ma théorie. En outre, ma découverte n'a pas provoqué mon ennui, occupée que j'étais à suivre la narratrice et à analyser les choses autrement qu'elle.

Heureusement, B. A. Paris ne s'arrête pas après avoir élucidé le mystère. Elle nous montre «les coulisses», si j'ose dire. J'ai beaucoup apprécié cette originalité, parce qu'en général, dans ce genre de romans, on apprend qui est le «méchant», on a quelques explications sur la manière dont il s'y est pris, et c'est terminé. Ici, l'auteur décortique les choses, permettant au lecteur de voir comment telle situation a été créée, de prendre toute la mesure des personnages (même si j'avais deviné des éléments, certains dialogues m'ont atterrée), et de constater qu'il n'y a pas d'incohérences. Étant pinailleuse, j'en ai trouvé quelques-unes au long du roman. Certaines sont minimes, mais d'autres sont plus gênantes. Les voici.
Il est un peu gros qu'on parvienne à voir que le passager d'une voiture est une femme, mais qu'on ne la reconnaisse pas. (Celle-là n'est pas très gênante.)
Certains oublis de Cass arrivés avant les événements que relate le roman ne sont pas faciles à expliquer, notamment le fait d'oublier la moitié des courses au supermarché. On peut imaginer ce qui s'est passé, mais j'aurais voulu que cela soit aussi bien expliqué que les faits arrivant par la suite.

Afficher Attention, éléments clés.Masquer Attention, éléments clés.

À un moment, Rachel doit laisser un message sur le répondeur en se faisant passer pour l'entreprise qui pose les alarmes. Il est étrange que Cass ne reconnaisse pas sa voix. Certes, elle peut la modifier, et Cass est troublée lorsqu'elle entend le message auquel elle prête très peu attention, mais cela reste un peu gros.
Malgré le délabrement mental de Cass, il est curieux qu'elle ne voie pas que le micro-ondes, le lave-linge et la machine à café ne sont plus ceux dont elle a l'habitude de se servir. Je suppose que le couple infernal s'était arrangé pour que les appareils soient ressemblants, mais cela me paraît quand même tiré par les cheveux.
Il est également gros que la narratrice mette un point d'honneur à ne pas dire à Matthew qu'elle est passée par la forêt, cette nuit-là. À un moment, elle dit même qu'elle a davantage peur qu'il la quitte plutôt que le meurtrier la trouve...
Quelqu'un de très tatillon dira qu'il n'est pas crédible que Rachel n'ait pas effacé les SMS de son téléphone secret au fur et à mesure. Étant donné qu'on peut comprendre qu'elle les ait gardés, je ne retiens pas cela contre l'auteur.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

J'ai trouvé la comédienne particulièrement forte concernant certains dialogues, par exemple lorsqu'un personnage est en colère et l'autre effrayé. D'une manière générale, elle est très bien entrée dans la peau de Cass, et sa lecture vivante a contribué à me faire ressentir l'anxiété de l'héroïne.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

Ce livre est une lecture commune avec mon mari.

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lundi, 27 février 2017

Derrière les portes, de B. A. Paris.

Derrière les portes

L'ouvrage:
Jack et Grace Angel sont mariés depuis un an. Jack est avocat. Ce jour-là, ils donnent une soirée dans leur grande et belle maison. Ils reçoivent des amis. Esther, la femme d'un collègue de Jack, rencontre Grace pour la première fois. Rien de négatif n'est dit, mais une petite gêne s'installe entre les deux femmes.

Critique:
Il n'est pas facile de faire un résumé qui attire le lecteur sans dévoiler un élément clé. D'ailleurs, la quatrième de couverture en dit trop. C'est vraiment dommage, car l'auteur amène très bien certains faits, mais la quatrième de couverture fait qu'on les sait déjà. J'en ai pris mon parti, et ai cherché les petits indices qui auraient été moins perceptibles si je n'avais pas su. L'alternance passé présent est également une bonne trouvaille, au début, car elle retarde un peu (mais pas à l'excès) ce que nous finissons par comprendre.
Une fois cette étape franchie, je pense que l'auteur aurait dû se passer de l'alternance. En effet, dans le passé, Grace fit plusieurs tentatives pour obtenir quelque chose (je le dis ainsi pour ne pas dévoiler un élément important), et à cause du présent, on sait qu'elle a échoué. Il aurait été plus palpitant qu'on découvre ses échecs.
Vers la fin, l'alternance ne m'a pas semblé pertinente, du moins, sous les intitulés «passé» et «présent». Que l'auteur ait souhaité gardé l'alternance pour que le lecteur découvre des éléments le plus tard possible, c'est son choix. Cependant, j'aurais préféré qu'elle mette des dates au lieu de «passé» et «présent». J'ai trouvé cela un peu confus. (Je ne mets pas d'exemples pour ne rien dévoiler.)

Grace est un personnage auquel on s'identifie facilement. Au cours du roman, on peut penser qu'elle aurait dû faire plutôt comme ceci ou comme cela, mais si cela nous arrivait, que ferions-nous? Parfois, on pensera peut-être qu'elle est idiote de croire que les choses pourraient s'arranger. Pour ma part, je l'ai comprise. Lorsqu'une situation est inextricable, on espère toujours. De plus, j'ai aimé la combativité de l'héroïne.

Encore un livre qui incite à faire attention aux apparences. Bien sûr, il ne faut pas se méfier de tout le monde, mais il faut garder à l'esprit qu'il existe des gens manipulateurs (même s'ils ne vont pas aussi loin que le personnage du roman). Malgré les petits défauts que j'ai pointés du doigt, j'ai passé un très bon moment avec ce roman à l'intrigue cohérente, ou rien n'est bâclé, même si, à un moment, Grace doit s'en remettre à la chance et espérer qu'une chose arrivera...

Je ne sais pas si les maladresses que j'ai trouvées sont dues à la traduction ou à l'auteur (sauf concernant l'une d'elles que j'ai vérifiée dans la VO). Voici quelques exemples. À un moment, Grace dit qu'elle pensait que Jack «ne l'avait même pas calculée». C'est du langage familier. Le reste du roman étant en langage courant, j'ai pensé que le traducteur ne savait pas que l'expression était familière. Après vérification, dans la VO, c'est «didn't even look my way», ce qui est bien du langage courant, et aurait pu être traduit par: «remarquée» au lieu de «calculée». Cette erreur m'a gênée, parce qu'elle signifie que des personnes ignorent dans quelle catégorie de langage vont certaines expressions.
J'ai aussi trouvé quelques erreurs de syntaxe. Je ne les ai pas toutes notées, mais par exemple: «Quelqu'un en qui il instillerait la peur quand et comment ça lui chanterait.» J'aurais dit «comme ça lui chanterait». C'est peut-être une erreur inconsciente due au fait qu'on dit souvent «quand et comment».

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.
Tout au long de ce roman, la tension est au rendez-vous. De ce fait, il n'est pas simple de le lire à voix haute. À mon avis, Maud Rudigoz en a fait un peu trop, surtout pour le rôle de Jack. Je pense qu'elle a d'abord été gênée parce qu'elle a voulu prendre une voix plus grave. Pour moi, le jeu est bien plus naturel quand le comédien ne modifie pas sa voix, même si certains y parviennent très bien. Donc, je pense qu'elle aurait dû moins forcer sur la voix grave. Elle ne l'est pas tant que ça, mais il m'a semblé que la comédienne n'était pas vraiment à l'aise avec.
Ensuite, il n'était pas facile de jouer Jack. Pour moi, elle l'a fait un brin trop souriant.
Je trouve qu'elle a bien joué Millie. Là encore, la partie n'était pas facile.
J'ai apprécié qu'elle prononce Grace sans faire le «r» à l'anglaise.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

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lundi, 23 mars 2015

Tu me manques, d'Harlan Coben.

Tu me manques

L'ouvrage:
Kat Donovan est célibataire depuis dix-huit ans, depuis que son fiancé, Jeff, l'a quittée. Son amie, Stacy, tenant à ce qu'elle trouve quelqu'un, l'inscrit sur «Just my type», un site de rencontre. C'est alors que parmi les inscrits, Kat reconnaît Jeff.
D'un autre côté, l'homme ayant reconnu avoir assassiné le père de Kat, avoue, alors qu'il est sous médicament, qu'il ne l'a pas fait, mais qu'on lui a demandé de porter le chapeau, ce qui ne changeait rien pour lui, puisqu'il était déjà reconnu coupable de deux meurtres.

Critique:
Après la lecture du résumé, j'avais peur qu'Harlan Coben s'auto-plagie, comme le fait Jean-Paul Dubois. Or, il n'en est rien. L'auteur a utilisé certaines ficelles dont il est coutumier, et qui fonctionnent si elles sont maîtrisées: un vieux meurtre dont le coupable est peut-être innocent, une histoire d'amour qui n'a pas dit son dernier mot, un jeune garçon qui craint que sa mère ait disparu... et des «méchants» qui sont prêts à tout pour atteindre leur but.

Si je suis un peu réticente aux romans policiers que je trouve un peu faciles, je reste attachée à Harlan Coben (même si j'avais peur que «Six ans déjà» signe le début de son essoufflement), car il parvient à créer des personnages profondément humains... dans tous les sens du terme. En effet, les «méchants» aussi sont humains. Ils représentent les pires côtés de l'humanité. Quant aux personnages «normaux», on s'identifiera très facilement à eux.

D'autre part, comme dans certains de ces romans, Harlan Coben soulève certains problèmes d'actualité. Ici, les «méchants» pervertissent quelque chose qui, au départ, n'est pas nuisible, et qu'on rencontre de plus en plus. Ce qui se passe dans le roman m'a fait un peu penser à un élément de «Faute de preuves». Ces deux faits ont un petit côté prévention qui n'est pas pour me déplaire.
Ce qui arrive au père de Kat fera également réfléchir. Là encore, on pensera inévitablement aux préjugés, mais aussi au fait qu'un autre personnage aurait peut-être dû agir différemment...

Harlan Coben maîtrise son suspense et ses rebondissements. J'avais deviné certaines choses, mais l'auteur ne traîne pas trop, donc ce n'est pas si grave. En outre, les personnages étant attachants, j'ai pris plaisir à les suivre dans leurs péripéties, même si j'ai su certaines choses avant eux.

Au sujet des personnages, ma préférence va à Brandon et à stacy. Le premier pour son intuition, sa remise en question, son à propos. La seconde pour sa fraîcheur, sa manière de forcer Kat et le lecteur à bousculer leurs préjugés, sa causticité.

Remarque annexe:
J'aime bien ce qui arrive à Beau après les événements marquants du roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Au tout début, il m'a semblé que la lectrice cherchait un peu son ton. Cependant, je l'ai vite trouvée à l'aise. En outre, elle a su adopter un timbre de voix différent pour les hommes et Brandon sans trop en faire.

À un moment, le mot «dégingandé» apparaît. Lorsque je l'ai entendue, mon mari était dans la même pièce que moi. J'ai dit: «Tiens, elle l'a mal prononcé.» Mon mari a affirmé que c'était moi qui avais tort. Après plusieurs vérifications dans divers dictionnaires (papier, en ligne) et forums, c'est bien moi qui ai raison. Le mot se prononce comme il s'écrit et non «déguingandé». Il semble que cette erreur soit très ancienne et que beaucoup la fasse. Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison pour laquelle la faute de prononciation s'est installée, étant donné que l'orthographe du mot ne recèle aucun piège.

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