Lecteur : Rudigoz Maud

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lundi, 25 février 2019

Le Paris des merveilles, tome 3: Le royaume immobile, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 3: Le royaume immobile

Note:
On me reprochera peut-être de m'obstiner à appeler l'enchanteresse Aurélia, alors que l'auteur l'appelle Isabelle la plupart du temps. Certes, mais Aurélia est son prénom d'origine, et elle en a changé par nécessité, donc pour moi, elle est Aurélia.

L'ouvrage:
Printemps 1910. Un elfe noir est poursuivi par des tueurs. Alors qu'il succombe, il est recueilli par Aurélia, Lucien et Auguste qui mettent ses attaquants en fuite.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé les deux premiers tomes de cette série, j'ai dévoré le troisième avec délectation. L'auteur ne s'essouffle pas. Pour moi, l'intrigue est sans temps morts. En plus, je n'ai pas trouvé les différentes pièces du puzzle avant que le romancier ne les donne. Tout s'imbrique, tout se tient, tout est cohérent.

J'ai surtout apprécié les multiples occasions de rire. Elles sont surtout créées par les particularités de certains personnages, spécificités que nous découvrons dans les tomes précédents. Dans le premier chapitre de ce volume 3, je n'avais pas du tout prévu ce que nous apprenons concernant la Pétulente. J'aurais pourtant dû m'y attendre. D'autre part, beaucoup de scènes entre Aurélia et Griffont sont cocasses: par exemple, l'extrême mécontentement de l'enchanteresse au regard des circonstances dans lesquelles elle apprend que le mage est pressenti pour siéger au parlement des fées. Sa jalousie envers Cécile prête aussi à sourire. Lucien et Auguste restent égaux à eux-mêmes. J'ai trouvé très drôle qu'à un moment, Auguste déplore l'absence de sensations fortes. Sachant que là où se trouve Aurélia, il y a de l'action, il était évident que les situations périlleuses barreraient bientôt sa route, et donc celle d'Auguste. En effet, il est exaucé lorsque l'enchanteresse et ses domestiques entament une course-poursuite... Ce moment est très palpitant...

Quant à mon personnage préféré (allez, je vais dévoiler son identité), il reste aussi plaisant que dans les tomes précédents. Il s'agit d'Azincourt. J'adore que l'auteur le dépeigne comme certains s'imaginent les chats: hautain. En creusant un peu, on voit très vite que c'est un air qu'il se donne, et qu'il ne l'est pas du tout. Dans les situations graves, il oublie son accent anglais, et répond présent lorsqu'il s'agit d'aider les personnages. J'aime également beaucoup la manière dont il lit...

J'ai été surprise que les choses se terminent ainsi pour un personnage. Allez savoir pourquoi, je ne pensais pas du tout que cela lui arriverait.

Je suis extrêmement déçue qu'il n'y ait pas de suite. Tout comme les tomes précédents, ce volume a une vraie fin, je ne veux donc pas dire que Pierre Pével laisse le lecteur sur sa faim. Cependant, j'aurais tellement aimé retrouver Griffont et Aurélia (ainsi que ceux qui les entourent) dans d'autres aventures aussi passionnantes que celles-là! J'ai le minuscule espoir que l'auteur ait envie, lui aussi, de renouer avec ses protagonistes, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas... Quel dommage!!!

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Comme dans les deux premiers tomes, l'interprétation de la comédienne m'a beaucoup plu. Là encore, elle a joué les dialogues en rendant très bien toutes les intentions et les émotions des personnages. D'autre part, il m'a semblé qu'elle était encore plus à l'aise qu'avant dans la narration. Je me souviens avoir été un peu sévère concernant son jeu dans ma chronique de «Derrière les portes». Je me souviens aussi (même si je ne le disais pas) avoir trouvé que sa narration n'était pas toujours absolument naturelle. Plus je l'entends, plus j'apprécie son jeu. Conclusion: pourvu qu'elle enregistre beaucoup d'autres livres qui me tenteront!

Pour information, la structure du livre est respectée.

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jeudi, 24 janvier 2019

Le Paris des merveilles, tome 2: L'élixir d'oubli, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 2: L'élixir d'oubli

L'ouvrage:
Paris, octobre 1909.
Edmond Falissière est malade. Avant de partir pour une cure d'eau des sources d'Auvergne, il demande à Griffont de lui rendre un service. L'une de ses connaissances pense être victime d'un esprit frappeur. Griffont sait que c'est impossible, car ces esprits n'existent pas. Il accepte donc d'aller voir de quoi il retourne exactement.

Critique:
Quel plaisir pour moi de retrouver l'univers de cette série! J'ai autant apprécié de m'y promener que lors de ma lecture du tome précédent. J'ai surtout aimé retrouver Griffont et Aurélia qui restent égaux à eux-mêmes. À leur sujet, quelque chose m'a fait rire. Dans ma chronique du tome 1, je me demandais s'il n'y avait pas un récit de leur passé. Dans le tome 2, il y a un retour en arrière qui raconte, entre autres, leur rencontre. Bien sûr, je n'aime toujours pas cette construction, mais il m'a plu de découvrir le début de l'histoire de ces amants terribles. De plus, l'auteur a fait en sorte que les éléments de 1720 soient indispensables à la compréhension de l'intrigue principale. Il a également fait exprès de placer les deux retours en arrière juste après un moment crucial, alors que le lecteur veut absolument savoir la suite! ;-)

L'humour est toujours au rendez-vous. J'ai particulièrement ri lors de la confrontation (si j'ose dire) entre Aurélia et Cécile.

L'intrigue est bien ficelée, et comme dans le tome précédent, il n'y a ni temps morts ni lenteurs. L'auteur a conservé l'ambiance du premier volume. Grâce à certains détails (des répliques, des situations...) on se croirait vraiment dans le Paris de 1909. Je regrette un peu qu'Aurélia soit amie avec Arsène Lupin, parce que je fais partie des rares qui n'aiment pas trop ce personnage. Je reconnais que Pierre Pével l'a bien campé. On le voit peu, mais sous cette plume, il est égal à ce qu'il est sous celle de Maurice Leblanc. On pourra s'étonner que je ne l'apprécie pas, alors que j'aime beaucoup Aurélia qui lui ressemble un peu, et qui est parfois agaçante, partant pour plusieurs mois sans prévenir, par exemple. Je la trouve plus sympathique qu'Arsène Lupin, même si je ne l'absous pas de toutes ses fautes. ;-)

À la fin du tome 1, il y a une nouvelle se déroulant en 1910. Comme je ne savais pas quand se passait le tome 2, je l'ai lue. Cela fait que j'ai souri à la lecture du passage de «L'élixir d'oubli» qui la prépare.

Je n'ai pas encore lu le tome 3, et je m'attriste que ce cycle ne comporte que trois tomes. Moi qui me dis, quand je vois une longue série, que ça doit très vite s'essouffler, je suis déçue que ce cycle ne compte pas davantage de livres.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Comme dans le tome 1, j'ai apprécié l'interprétation de la lectrice. Elle a conservé ce qui, pour moi, était de bonnes choses, comme la voix souvent gouailleuse de Lucien. Elle a également bien joué les sentiments des divers personnages. Je pense surtout à ce qui arrive juste avant le premier retour en arrière, lorsqu'Aurélia est désespérée. La lectrice a montré ce désarroi sans exagération.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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mercredi, 16 janvier 2019

Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer, de Pierre Pével.

Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer,

L'ouvrage:
Paris, juillet 1909. Le propriétaire d'un établissement de jeux demande l'aide du mage Louis Denizart Hippolyte Griffont pour démasquer un tricheur qui utiliserait la magie. Griffont ne sait pas encore que cette mission, très facile en apparence, ainsi que l'étrange requête de son amie (Cécile de Brescieux), cachent quelque chose de bien plus périlleux.

Critique:
Ce cycle (nommé «Cycle Ambremer», et rebaptisé «Le Paris des merveilles» lors de sa réédition), me tente depuis plusieurs années. J'ai donc été ravie de voir le tome 1, puis le 2 (le 3 sort le 23 janvier), apparaître au catalogue d'Audible.fr. Ce premier volume m'a beaucoup plu. Si l'intrigue est intéressante, le plus captivant vient (à mon sens) de l'OutreMonde. C'est de là que viennent les créatures magiques qu'on retrouve dans le roman, et dont certaines habitent Paris. L'OutreMonde a également fait quelques cadeaux à la ville, par exemple... la tour Eiffel. ;-)
Griffont est un mage, mais on croise également des gnomes (ils ont leurs particularités), des fées, des enchanteresses... On apprend la différence entre un sort et un enchantement... Lorsque Griffont et Aurélia se retrouvent en Onirie, on côtoie des cauchemars faits de chair et de sang... Ces exemples sont loin de couvrir tout ce à quoi le lecteur a affaire en se plongeant dans cet univers. Je n'ai même pas évoqué mon personnage préféré! Je n'en parle pas pour que ceux qui me lisent découvrent son caractère et ses particularités magiques par eux-mêmes.

L'auteur n'oublie pas de parsemer son roman de notes humoristiques: les chamailleries bon enfant entre Lucien et Auguste, les remarques et répliques de certains personnages (dont mon favori), certaines conversations (comme celle entre Griffont et Népomucène), etc. De plus, le romancier apostrophe parfois le lecteur d'un ton à la fois amical et amusé.

Outre ces ingrédients qui m'ont ravie, l'intrigue est sans lenteurs. Pierre Pével enchaîne les événements, c'est fluide, cohérent, rien n'est bâclé... Il y a quelques rebondissements qui ne sont pas trop spectaculaires (ils sont donc crédibles) qui s'insèrent bien dans le déroulement des faits.

Lorsqu'Aurélia se révèle être un personnage important, et que son passé avec Griffont est évoqué, j'ai trouvé cela tellement vraisemblable que je me suis demandé si l'auteur ne se basait pas sur ses précédents écrits. Je me disais que ces protagonistes appartenaient peut-être à un autre cycle qui évoquait le même monde, comme si la série comportait, en fait, deux cycles. Apparemment, ce n'est pas le cas. Quel dommage!

Outre une bonne intrigue et un univers qui absorbe le lecteur dès les premières minutes, l'auteur a glissé des références mythologiques. Bien sûr, il y a les licornes, les dragons, etc. Il m'a semblé que les prénoms des gargouilles de la reine noire étaient des allusions à «L'odyssée». Surtout que si on suit le raisonnement, Griffont est vraiment tombé de Charybde en Scylla: une fois débarrassé de la première gargouille (dont le prénom ressemble à Charybde), il se heurte à la seconde (dont le prénom ressemble à Scylla) qui lui donne davantage de fil à retordre. Je n'ai relevé que cela, mais j'imagine qu'il y a d'autres références qu'un lecteur plus futé et plus cultivé que moi repérera.

Le roman est suivi d'une nouvelle qui se déroule en 1910. Elle conte une aventure vécue par Griffont et Aurélia. J'ai trouvé amusant que l'auteur implique les personnages d'un roman très connu, et qu'à la fin, nous apprenions certaines choses... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Maud Rudigoz fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu, même s'il m'est arrivé de pinailler. Ici, son interprétation m'a plu. Elle ne force pas le trait pour les rôles masculins (même lorsqu'il s'agit de la voix très basse d'Étienne), et adopte le ton adéquat pour chaque personnage. Par exemple, elle rend très bien la gouaille de Lucien sans trop en faire. Dans le roman, il est dit qu'Azincourt parle avec un petit accent anglais. Heureusement, la lectrice n'a pas fait cet accent. Cela m'aurait déplu.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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jeudi, 28 juin 2018

Quand le sommeil nous éveille, de Marc Rey.

Quand le sommeil nous éveille

L'ouvrage:
Un documentaire sur le sommeil: explications, conseils, etc.

Critique:
Le sommeil me fascine, voilà pourquoi je lis tous les documentaires le concernant qui me tombent sous la main. Certains me diront que je cours le risque de répétitions. Ici, par exemple, j'ai lu des choses qui sont également dans «Je rêve de dormir». Cela ne m'a pas du tout gênée, parce que certains propos étaient abordés un peu différemment, donc cela revenait au même, mais il y avait un autre angle d'attaque.
Outre certaines explications, j'ai retrouvé beaucoup d'études de cas similaires à celles exposées dans «Je rêve de dormir». C'est logique, puisque les «maladies» du sommeil sont les mêmes. Cela m'en a remis quelques-unes en tête.

Ce documentaire m'a plu également parce que l'auteur n'est ni donneur de leçons, ni pédant, ni pompeux. Il explique des choses,et donne des conseils. Certains diront que ceux-ci sont parfois durs à appliquer. C'est possible, mais quiconque a un peu de bon sens saura qu'ils sont bons. À ce sujet, il en est un qui me tient particulièrement à coeur: celui qui dit que pour qu'on puisse bien dormir, il faut que la température de la chambre soit entre 18 et 20°. J'ai déjà pu vérifier que c'était vrai. Malheureusement pour moi, il m'est souvent très difficile de rafraîchir ma chambre, pour diverses raisons.
Marc Rey rappelle, par exemple, qu'une bonne hygiène du sommeil va avec une bonne hygiène alimentaire, etc. Je pressentais certaines choses que j'ai trouvées dans ce livre, et même si tout n'est pas facile à appliquer, je trouve tout très judicieux.

En début d'ouvrage, l'auteur explique certaines choses, et cela nous aide à comprendre pourquoi, par exemple, le sommeil d'avant minuit est le plus réparateur, ou pourquoi la qualité du sommeil diurne (pour ceux qui travaillent de nuit) ne pourra jamais être aussi bonne que celle du sommeil nocturne. Tout ceci m'a beaucoup intéressée.
L'auteur insiste sur le fait que le sommeil de chacun est différent en quantité, en qualité, etc. En fin d'ouvrage, il y a même un questionnaire pour découvrir son chronotype. Ainsi, on peut savoir si on est court ou long dormeur, plutôt du soir ou du matin, et tenter (grâce aux conseils) de s'adapter. En effet, c'est à nous de nous adapter à notre sommeil, car on paiera le fait d'avoir voulu le plier à nos exigences. J'ai apprécié qu'il y ait ce questionnaire, mais si j'avais voulu le faire, j'aurais eu besoin d'une personne qui voit. (Lorsque je demande quelque chose à mon mari, je dois attendre (parfois plusieurs années) avant qu'il le fasse, donc j'ai renoncé à demander son aide dans ce cas.) Si vous achetez ce livre audio sur Audible, et que vous n'êtes pas aveugle, vous pourrez sans soucis faire le questionnaire, car un document en PDF accompagne l'audio. Je regrette que l'auteur n'y ait pas pensé, et n'ait pas fait en sorte que l'intégralité du questionnaire puisse être fait par une personne aveugle. À noter qu'il ne lui est peut-être pas aisé de transformer les schémas des réponses aux questions concernées en textes.

Marc Rey évoque également des études faites sur les rêves lucides. (Ici, permettez-moi de râler après ma prof de philo qui m'assurait qu'il était impossible que, lors de certains de mes rêves, je sache que j'étais en train de rêver.) Cette étude permettrait d'aider certains à se débarrasser de cauchemars récurrents. Cela rejoint ce que j'avais lu dans «You'll never know, dear». Dans ce roman, l'auteur exagère un peu, mais elle se base sur quelque chose d'existant. Cela m'intéresse (même si je n'ai pas de cauchemars récurrents), et j'irai faire un tour sur le site indiqué.

Un livre très intéressant, rempli de renseignements utiles.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

J'apprécie la voix claire et le jeu de Maud Rudigoz. J'ai eu l'impression qu'elle était davantage à l'aise dans ce documentaire que dans les romans que je l'ai entendue lire. Même si la pinailleuse que je suis trouve qu'en général, cette comédienne en fait parfois un peu trop, je suis toujours ravie de voir son nom sur un livre audio qui me tente.

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samedi, 13 janvier 2018

Défaillances, de B. A. Paris.

Défaillances

L'ouvrage:
Après une soirée avec des collègues, Cass (la narratrice) rentre chez elle sous des trombes d'eau. Pour que le trajet soit plus court, elle passe par un raccourci dans la forêt. C'est là qu'elle tombe sur une voiture arrêtée avec une femme à bord. Craignant que ce soit un piège pour lui voler sa voiture, elle ne s'arrête pas pour demander à la conductrice si elle a besoin d'aide.
Le lendemain, elle apprend qu'une femme a été assassinée dans la nuit à l'endroit où elle ne s'est pas arrêtée. Peu de temps après, elle reçoit des appels muets. Elle est convaincue que le meurtrier l'a vue, et veut l'effrayer. Les choses se compliquent lorsqu'elle se rend compte qu'elle oublie des choses du quotidien.

Critique:
Ce roman m'a plu, même si j'ai quelques reproches à lui adresser. L'auteur a très vite su me faire entrer dans le quotidien de Cass, et partager ses angoisses. Je râlais un peu après certaines de ses réactions, mais je me disais aussi que n'étant pas impliquée, il m'était facile de voir des failles. Par exemple, à un moment, elle prend rendez-vous avec quelqu'un pour qu'il lui montre les alarmes que pourrait lui vendre son entreprise. Lors du rendez-vous, elle se met à paniquer et à imaginer que cet homme pourrait être n'importe qui venu pour la tuer. Un esprit rationnel pensera tout de suite que ce n'est pas plausible puisque Cass a donné rendez-vous à cette personne en appelant son entreprise.
Dans le même ordre d'idées, l'héroïne finit par craindre de répondre au téléphone à cause des appels muets. Or, elle sait que le numéro de la personne qui fait cela est masqué. Pourquoi ne regarde-t-elle pas son affichage lorsque le téléphone sonne, au lieu de décider de ne pas répondre?
D'un autre côté, la peur de la jeune femme est très bien exposée, et on comprend que dans sa situation, ses idées ne puissent pas toujours être claires. Si certains de ses raisonnements m'ont donné envie de la secouer, je ressentais également beaucoup d'empathie pour elle. Les choses étant racontées de son point de vue, j'avais beau rationaliser, je ressentais sa peur, sa tension, et comprenais le réflexe de Pavlov qu'elle avait développé vis-à-vis du téléphone.

Je trouve dommage d'avoir deviné 99% de l'énigme presque dès le départ. Je pense que l'auteur souhaite qu'on ait des soupçons et qu'ils aillent croissant, mais pas qu'on devine dès le deuxième jour (le roman est découpé en jours et s'étale sur environ trois mois). L'inconvénient est que je n'ai pas eu de surprises quant à cette révélation. J'ai quand même trouvé amusant de glaner tous les indices qui, à mesure que le roman avançait, corroboraient ma théorie. En outre, ma découverte n'a pas provoqué mon ennui, occupée que j'étais à suivre la narratrice et à analyser les choses autrement qu'elle.

Heureusement, B. A. Paris ne s'arrête pas après avoir élucidé le mystère. Elle nous montre «les coulisses», si j'ose dire. J'ai beaucoup apprécié cette originalité, parce qu'en général, dans ce genre de romans, on apprend qui est le «méchant», on a quelques explications sur la manière dont il s'y est pris, et c'est terminé. Ici, l'auteur décortique les choses, permettant au lecteur de voir comment telle situation a été créée, de prendre toute la mesure des personnages (même si j'avais deviné des éléments, certains dialogues m'ont atterrée), et de constater qu'il n'y a pas d'incohérences. Étant pinailleuse, j'en ai trouvé quelques-unes au long du roman. Certaines sont minimes, mais d'autres sont plus gênantes. Les voici.
Il est un peu gros qu'on parvienne à voir que le passager d'une voiture est une femme, mais qu'on ne la reconnaisse pas. (Celle-là n'est pas très gênante.)
Certains oublis de Cass arrivés avant les événements que relate le roman ne sont pas faciles à expliquer, notamment le fait d'oublier la moitié des courses au supermarché. On peut imaginer ce qui s'est passé, mais j'aurais voulu que cela soit aussi bien expliqué que les faits arrivant par la suite.

Afficher Attention, éléments clés.Masquer Attention, éléments clés.

À un moment, Rachel doit laisser un message sur le répondeur en se faisant passer pour l'entreprise qui pose les alarmes. Il est étrange que Cass ne reconnaisse pas sa voix. Certes, elle peut la modifier, et Cass est troublée lorsqu'elle entend le message auquel elle prête très peu attention, mais cela reste un peu gros.
Malgré le délabrement mental de Cass, il est curieux qu'elle ne voie pas que le micro-ondes, le lave-linge et la machine à café ne sont plus ceux dont elle a l'habitude de se servir. Je suppose que le couple infernal s'était arrangé pour que les appareils soient ressemblants, mais cela me paraît quand même tiré par les cheveux.
Il est également gros que la narratrice mette un point d'honneur à ne pas dire à Matthew qu'elle est passée par la forêt, cette nuit-là. À un moment, elle dit même qu'elle a davantage peur qu'il la quitte plutôt que le meurtrier la trouve...
Quelqu'un de très tatillon dira qu'il n'est pas crédible que Rachel n'ait pas effacé les SMS de son téléphone secret au fur et à mesure. Étant donné qu'on peut comprendre qu'elle les ait gardés, je ne retiens pas cela contre l'auteur.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

J'ai trouvé la comédienne particulièrement forte concernant certains dialogues, par exemple lorsqu'un personnage est en colère et l'autre effrayé. D'une manière générale, elle est très bien entrée dans la peau de Cass, et sa lecture vivante a contribué à me faire ressentir l'anxiété de l'héroïne.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

Ce livre est une lecture commune avec mon mari.

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