Lecteur : Rochat Evelyne

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mardi, 6 mars 2012

Petite soeur, de Patricia Macdonald.

Petite soeur

L'ouvrage:
Beth vit à Philadelphie. Elle est coupée de son père et de sa soeur, Francie, depuis plusieurs années. Elle ne s'est jamais bien entendue avec son père, et connaît peu Francie, qui était très jeune, au moment de son départ.
Un jour, Beth apprend que son père est mort d'une crise cardiaque. Elle doit retourner dans la petite ville où elle a passé son enfance pour l'enterrement. Sa «rencontre» avec Francie ne sera pas vraiment cordiale.

Critique:
En général, Patricia Macdonald écrit des romans où l'énigme domine sur la psychologie des personnages. Elle se sert de la psychologie pour son énigme. Dans ce roman (qui est l'un de ses premiers), elle fait le contraire. Il y a bien quelques petites énigmes, mais l'auteur s'attache surtout à analyser ses personnages. Je trouve que c'est très bien. Cela change un peu de ce qu'on voit d'habitude, cela démarque ce roman. En outre, les personnages sont bien analysés, surtout Beth et Francie.
L'une des énigmes est un peu faciles. Je m'étais fait piéger, mais je trouve quand même que c'est un peu déloyal d'attraper le lecteur avec cette ficelle. Remarque, c'est le lecteur qui imaginera, l'auteur ne fait que disperser de menus indices, et jouer avec un certain a priori qu'aura fatalement le lecteur. La ficelle est bien utilisée, mais un peu facile.
L'auteur parvient à ne pas faire de remplissage, et à doser ses effets.
Il est peut-être un peu gros que Francie et Gina s'attachent si vite l'une à l'autre, mais cela s'est déjà vu.

C'est sûrement Francie qui attirera le plus la sympathie du lecteur. Sa psychologie est assez simple, et pourtant, tellement réaliste! Elle est jeune, a besoin de protection. Elle vient de perdre celui qui l'aimait le plus. Elle voit débarquer une étrangère qui ne s'est jamais donné la peine de prendre de ses nouvelles, et qui n'est pas très chaleureuse... il est normal qu'elle se braque, et se montre désagréable. Il est également logique qu'elle ait voulu être la petite amie d'Andrew. À ce moment-là, elle avait encore son père, mais apparemment, elle a toujours été un peu effacée, n'a pas réellement d'amis. Elle se rapproche d'Andrew plus par désœuvrement que par réel intérêt, au départ.

Quant à Beth, elle est très froide. On peut la comprendre: elle ne s'est jamais entendue avec son père, elle adorait sa mère et n'accepte pas sa mort, et sa petite vie est perturbée par ce qui lui arrive. Cependant, elle ne fait pas preuve d'empathie. On comprend qu'elle soit désorientée, mais son espèce de colère permanente est assez agaçante. En outre, elle est facilement injuste avec tout le monde. Elle paraît insensible. Elle ne l'est pas, mais elle est beaucoup moins «abordable» que Francie.

Mike est un peu trop parfait pour être vraisemblable. Cela fait un gros contraste avec Beth. Si cela m'a un peu gênée au début, j'ai fini par m'en accommoder.

Concernant Andrew, je ne sais pas si sa psychologie est bien creusée. Sa personnalité est bien montrée, en tout cas. D'un autre côté, il n'est pas si simple de creuser un tel personnage.

Éditeur: éditions de la Seine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Evelyne Rochat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Cela faisait un moment que je n'avais pas entendu Evelyne Rochat. J'avais oublié qu'elle prononçait les noms anglophones exactement comme j'aime, c'est-à-dire qu'elle n'essaie pas de faire un accent, et prononce les noms de manière naturelle. Elle prononce juste «Andrew» de manière un peu étrange, mais cela ne m'a pas trop gênée.

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lundi, 15 octobre 2007

Ces enfants d'ailleurs, d'Arlette Cousture.

Ces enfants d'ailleurs

L'ouvrage:
Pologne, seconde guerre mondiale.
Thomas est professeur dans une université. Sa famille est très unie. Ils rêvent tous d'un monde meilleur d'où la guerre serait exempte.
Jerzy, l'aîné des enfants rêve d'honorer sa famille en se battant pour son pays.
Yann et Elisabeth, les deux autres enfants, rêvent d'avoir une onfance normale, où les jeux remplaceraient la peur de l'occupant.
Sophia, la femme de Thomas, a l'espoir fou que son dernier enfant, Adam, né au coeur du chaos, représente le renouveau.

Malheureusement, les événements précipiteront la famille dans le cauchemar.

Critique:
Dans la préface, Arlette Cousture explique qu'elle a longtemps mûri ce roman, et qu'il lui tenait à coeur. Elle voulait écrire le destin d'une famille dont les membres émigreraient au Canada.

Dans l'ensemble, le livre est une réussite. Seulement, certaines choses m'ont un peu agacée. Bien sûr, nous sommes en temps de guerre, donc les protagonistes vont vivre des événements terribles. Soit. Pourtant, certains de ces événements sont peut-être un peu trop affreux... Cela en devient mélodramatique, et on en vient à être excédé plutôt qu'attendri. Je parle de tous les malheurs qui arrivent à Yann et à Elisabeth, notamment de ce qui arrive à Marek.
A propos de Yann et d'Elisabeth, les épreuves vécues les ont extrêmement rapprochés. Yann se considère comme le protecteur de sa soeur. C'est normal et logique. Seulement, est-ce moi qui ai tendance à voir le mal partout, ou Elisabeth et Yann entretiennent-ils une relation bizarre, à la limite de l'inceste? Vous allez me dire que non, puisque l'un au moins finit par trouver chaussure à son pied, (chaussure que je trouve bien terne, d'ailleurs), mais je ne peux m'empêcher de me poser cette question...

La rencontre, puis l'attachement entre Anna et Jerzy sont une heureuse diversion. Cela fait sourire le lecteur, et il retrouve ces deux personnages avec plaisir tout au long du livre. Cela le distrait des malheurs des deux autres protagonistes.
La scène où Jerzy retrouve Yann et Elisabeth est très émouvante. En outre, la personne qui orchestre ces retrouvailles se sert de leur passion commune, ce qui rend ce moment encore plus chargé en émotion.
Plus tard, le lecteur comprend les points de vue de Yann et de Jerzy quant à la famille, bien qu'ils soient opposés. Jerzy voudrait une famille unie, fière de son identité. Yann veut s'intégrer rapidement à son pays d'adoption, et pour cela, sacrifie son nom.

La fin est inattendue... C'est une fin en queue de poisson. On a envie de demander ce qui va se passer après. Arlette Cousture nous annonce quelque chose, et laisse ses personnages en plan. On se demande ce qu'ils vont faire, surtout Elisabeth. Comment agira-t-elle, le premier moment d'égarement passé? Peut-être y a-t-il un tome 2 à ce roman. En tout cas, la fin appelle une suite.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Evelyne Rochat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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