Lecteur : Ringelheim Aurélien

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jeudi, 11 avril 2019

La boîte de Pandore, de Bernard Werber.

La boîte de Pandore

L'ouvrage:
2020. Un soir, René Toledano, trente-deux ans, professeur d'histoire en lycée, se rend, avec une amie (professeur de SVT dans le même lycée) à une soirée concernant l'hypnose. Opale, celle qui dirige les opérations, choisit René pour une expérience d'hypnose régressive. Il assiste à un épisode de l'une de ses vies antérieures, et en ressort choqué.
Le lendemain, il retourne voir Opale afin qu'elle lui montre une autre de ses vies antérieures pour tempérer le traumatisme subi.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé la trilogie des fourmis (sauf les humains du tome 3) et le diptyque mettant en scène Lucrèce Nemrod et Isidore Katzenberg, j'ai été assez déçue par Bernard Werber. Pourtant, j'ai voulu tenter ce roman. J'ai surtout aimé les idées autour de l'intrigue: ce qui est dit sur la mémoire, le fait de pouvoir influencer un esprit, etc. Cela fait un moment que je me demande si nous avons des vies antérieures, et s'il nous est possible d'y accéder. L'expérience de René m'a donc beaucoup intéressée. Néanmoins, je ne sais toujours pas si ce qu'il vit est possible. Jusqu'où l'auteur s'est-il documenté? Qu'a-t-il imaginé? D'autre part, j'ai trouvé peu crédible qu'après avoir été guidé seulement trois fois par Opale, René parvienne à s'auto-hypnotiser, et à faire seul tout le chemin indiqué par la jeune femme. Autre chose m'a fait tiquer, comme d'habitude lorsque je rencontre un auteur qui imagine que tous ses lecteurs peuvent se servir de leurs yeux. Selon le déroulé indiqué ici, l'hypnotisé visualise un escalier, un couloir, une porte, puis derrière cette porte, celles (numérotées) de ses vies antérieures. Il doit ouvrir celle dont le numéro s'éclaire. Je ne sais pas si les personnes aveugles n'ayant jamais vu peuvent s'imaginer l'escalier et le couloir, mais je sais que j'aurais du mal. Néanmoins, cela doit être possible. Cependant, qu'en est-il de la porte dont le numéro s'éclaire?

Au long du roman, René s'attache à détromper les gens quant aux mensonges de l'histoire. Je ne suis absolument pas férue d'histoire, mais j'ai été surprise de constater que je savais certaines choses expliquées par le personnage. Si moi, qui suis très loin d'être aussi calée que les historiens, connaissais ces éléments, je me dis que d'autres en savaient encore plus que moi, et que pour beaucoup de lecteurs, les révélations de Bernard Werber n'en sont pas.

Au départ, je n'ai pas trop aimé ce que découvre René quant à sa première vie. Ensuite, l'auteur a su orienter les choses de manière à ce que cela m'agace moins. J'ai même fait un parallèle avec «Le jour des fourmis», lorsque cent-troisième (si je me souviens bien de son nom) regarde la télévision pour tenter de comprendre les «doigts». Après son expérience, elle parle des côtés négatifs de notre civilisation, puis elle glisse vers les côtés positifs, et si son exposé commence mal, elle reconnaît que les côtés positifs sont importants. Ici, c'est un peu la même chose: notre civilisation est comparée à celle de la première vie de René (il s'appelait Geb), et nous semblons avoir tous les défauts du monde, alors que ceux qui vivaient au temps de Geb paraissent parfaits en tous points. À mesure que le livre avance, Geb se rend compte des failles de sa civilisation.

C'est le premier livre que je lis où l'auteur donne la solution d'un tour de magie. Je connais donc au moins un tour que je pourrai faire à quelqu'un. Bien sûr, il faudra que ceux à qui je m'attaquerai n'aient pas lu ce roman. ;-)

Je n'ai pas vraiment adhéré à l'intrigue. Je ne vais rien en dire, car je m'aperçois que je dévoilerais trop de choses si je le faisais. Je ne regrette cependant pas ma lecture parce que tout ce qui a trait à la mémoire, à l'hypnose, et à la manière dont peut réagir notre esprit, m'a plu.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aurélien Ringelheim.

J'apprécie beaucoup le jeu de ce comédien qu'à mon avis, on entend trop peu. Ici, il n'a pas démérité. Sans modifier sa voix à outrance, il entre très bien dans la peau des divers personnages. Son ton est toujours adéquat.

Pour information, la structure du livre a été respectée. J'ai été ravie de le constater, et cela m'a beaucoup étonnée. En effet, les éditions Audiolib sont attachées aux pistes d'environ un quart d'heure, et n'hésitent pas à couper des chapitres qu'elles jugent trop longs en plusieurs pistes, mais aussi à rassembler, sur une piste, des chapitres jugés trop courts. Dans «La boîte de Pandore», certains chapitres sont très courts. Heureusement, l'éditeur audio n'a pas fait subir à ce roman ce à quoi a eu droit (par exemple) «Nous», de David Nichols. Je suis vraiment contente de ce progrès!!! Pourvu qu'il s'étende aux chapitres durant plus d'un quart d'heure!!!

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mercredi, 5 novembre 2014

Joyland, de Stephen King.

Joyland

L'ouvrage:
Devin Jones raconte l'été de ses vingt-et-un ans, en 1973. Il travailla pour Joyland, petit parc d'attraction. Il faisait un peu de tout, mais son occupation principale était d'endosser la fourrure d'Owie, le chien gentil.

Critique:
Voilà un roman qui n'était pas simple à réussir. En effet, il ne s'y passe pas grand-chose, et pourtant, on ne s'ennuie pas. Bien sûr, il y a des événements, mais c'est d'abord un livre d'ambiance. Devin connaît son premier chagrin d'amour, et découvre certains côtés de la vie à travers ce travail. Stephen King parvient à écrire un roman lent dans lequel on ne s'ennuie pas.

Devin est attachant. D'abord, au moment où il raconte l'histoire, il a vécu, a une soixantaine d'années, et adresse de gentilles petites piques amusées au Devin de vingt-et-un ans. Ensuite, on s'identifie à ce personnage dont le parcours initiatique nous est narré. Je me suis surprise à comprendre ses choix, ses motivations. J'ai apprécié, par exemple, qu'il fasse preuve d'empathie à l'égard des Standfield. J'ai également aimé qu'il se donne à fond dans ce travail, et ne le voie pas seulement comme un moyen alimentaire.

Comme on est chez Stephen King, il y a un mystère au parfum de fantastique. Je trouve qu'il s'insère très bien dans l'intrigue. Dans certains romans de Stephen King, j'ai trouvé que le fantastique était trop spectaculaire, et mal exploité. Ici, il n'en fait pas trop. Certains diront peut-être qu'il y en a trop peu, et que le tout est un peu facile. Peut-être, mais cette tranche de vie mâtinée de fantastique et d'une petite énigme m'a plu.

Dans ce roman, mous rencontrons un autre personnage particulier: Mike Ross. Lucide quant à lui-même, percevant certaines choses pour des raisons qu'on devine aisément, sachant saisir l'essentiel, ce personnage est également très attachant.

Un bon moment de détente, quelques réflexions avisées sur la vie, un héros attachant par sa gentillesse.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aurélien Ringelheim.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'ai peu entendu Aurélien Ringelheim. Je trouve que sa voix et son jeu sont très bien adaptés à ce roman. On me dira que sa voix est adéquate parce que c'est celle d'un jeune homme, tout comme l'est Devin à la période racontée. Certes, mais pas uniquement. Par un jeu sobre, mais jamais monotone, Aurélien Ringelheim parvient à retranscrire le caractère (de l'enthousiasme, un peu de candeur, et de gentillesse qui ne tourne jamais à la bêtise) du narrateur. J'entendrai à nouveau ce comédien avec grand plaisir.

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