Picture perfect

Note: À ma connaissance, ce roman n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Los Angeles, 1993.
Will Flyinghorse va prendre ses fonctions de policier. C'est alors qu'il rencontre une jeune femme errant près d'une église. Elle est amnésique. Ne voulant pas la dérouter par des procédures compliquées, il la conduit à l'hôpital puis chez lui.
Quelqu'un finit par la reconnaître: c'est la femme d'Alex Rivers, la grande star hollywoodienne.

Critique:
J'ai été très déçue par ce roman. D'abord, je pense que la structure n'est pas appropriée. J'ai compris ce qu'a voulu faire l'auteur: après avoir présenté ses personnages, elle fait un retour en arrière afin que le lecteur les connaisse mieux et comprenne leurs motivations. C'est une bonne idée, mais ici, elle me paraît mal exploitée. En effet, dans la première partie, le lecteur s'habitue aux personnages. Je les ai trouvés sympathiques et épais. À la fin de cette partie, on sait pourquoi l'héroïne (Cassy) est partie de chez elle. J'ai compris ses motivations. C'est là que la deuxième partie commence. Je l'ai trouvée bien trop lente et redondante. Elle nous montre la rencontre entre Alex et Cassy, puis le cheminement de leur relation. L'idée est bonne, mais comme le lecteur sait beaucoup de choses, tout le début fait un peu réchauffé. Je me suis beaucoup ennuyée lors du récit du voyage en Tanzanie, et même au-delà.
Ensuite, l'auteur donne des exemples concrets de la raison qui a décidé Cassy à partir. C'est une bonne idée, mais là encore, c'était un peu lent.
La troisième partie relance quelque peu l'intérêt du lecteur, car nous revenons au présent. Cependant, certaines choses sont prévisibles.

D'autre part, les personnages principaux (Cassy et Alex) m'ont agacée. La romancière leur a créé un passé qui explique pourquoi ils agissent ainsi au présent, mais j'ai trouvé cela trop facile. Je n'ai ressenti aucune pitié pour Alex. Il a souffert dans son enfance, oui, mais j'en ai assez que cette excuse soit brandie aussi bien dans la vie que dans les romans. En général, quand je comprends les souffrances des personnages, je suis plus indulgente, mais Alex m'a plutôt agacée. Je n'ai pas pu m'attacher à lui, et donc, je n'ai pas pu éprouver de compassion pour lui.
Quant à Cassy, je la comprends mieux, mais je l'ai trouvée trop molle. Et puis, je ne sais pas trop ce qui l'attire à ce point chez Alex. Je n'ai pas non plus apprécié son amie, Ophélia: opportuniste, frivole, quelque peu manipulatrice... Je me suis demandé pourquoi Cassy était amie avec elle.
Jodi Picoult tente, comme à son habitude, de nous présenter des personnages nuancés, mais je les ai trouvé sans épaisseurs, et clichés à force de nuance.

Certains trouvent grâce à mes yeux: il s'agit de Will et de sa famille. D'abord, l'auteur fait de Will un personnage vrai. Il est tiraillé à cause de son métissage et de la société. Les exemples donnés par l'auteur sont pertinents. Je trouve dommage que Will passe si rapidement au second plan.

En général, je dissèque davantage les romans de Picoult, quitte à trop en dire. Je fais cela car je souhaite donner mon avis sur certains points, et aussi parce que finalement, je ne pense pas en dévoiler tant que cela.
Ici, le thème central n'est pas trop mal exploité, mais je n'ai pas grand-chose à dire. Picoult se bonifiant avec le temps, je pense qu'elle aurait dû parler de ce sujet dans un roman antérieur. Elle en aurait fait un grand roman, alors que la fadeur des personnages rendent «Picture perfect» insipide. L'auteur veut montrer qu'il faut voir au-delà des apparences, mais d'autres ont fait cela mieux. Elle exploite un sujet sensible, mais là encore, d'autres l'ont bien mieux fait.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bruce Reizen et Sandra Burr pour les éditions Brilliance audio.