Lecteur : Raimbault Michel

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lundi, 8 décembre 2014

Angor, de Franck Thilliez.

Angor

L'ouvrage:
Été 2012.
Après un orage, certains arbres sont déracinés, c'est là qu'une femme est découverte, errant dans une galerie souterraine. On ne peut savoir depuis combien de temps elle est là, au milieu d'une provision de boîte de conserve.

Camille Thibault est gendarme. Elle vient de subir une greffe cardiaque. Depuis, elle rêve d'une jeune femme qui l'appelle à l'aide.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. Il m'a plu de retrouver Lucie et Franck Sharko, mais c'est surtout les aspects de leur vie privée qui m'ont intéressée.
Comme d'habitude, Franck Thilliez construit une intrigue bien menée, et fait découvrir à son lecteur des situations d'autant plus macabres qu'elles sont réalistes, voire réelles... Ma lassitude vient sûrement du fait que les romans de ce genre me semblent un peu trop formatés, trop convenus à force de vouloir surenchérir dans l'horreur et le spectaculaire. Même si ce qu'on découvre est intéressant, au final, la façon d'y arriver est classique. L'auteur corse le tout avec certaines péripéties (celle qui m'a le plus captivée est la mésaventure de Sharko), qui accrochent le lecteur, mais (pour moi) ne font pas tout.
On retrouve certains topoi de ce genre de romans. Outre le sanglant, on a la situation des policiers qui agissent à l'insu de leur supérieur, sachant qu'ils n'ont pas le temps d'attendre la paperasse.

Franck Thilliez développe une théorie que j'ai déjà rencontrée, et qui m'agace un peu: celle de la mémoire cellulaire. Pour étayer son propos, il donne des exemples. Cependant, je ne sais pas s'il les a inventés ou s'il s'est vraiment documenté là-dessus.

J'ai été déçue qu'un auteur que je considère au-dessus de ça introduise un coup de foudre à la Danielle Steel dans son roman. En outre, l'un des personnages impliqués dans le coup de foudre (Camille) ne m'est pas sympathique. Je ne parviens pas à m'expliquer pourquoi. Je trouve qu'elle en fait trop. Cela peut s'expliquer par sa maladie: elle réagit comme elle peut devant une situation extrême. Certes, mais je n'ai pas réussi à l'apprécier.

Certains détails m'ont paru un peu gros. Comment se fait-il que Camille n'ait pas tout de suite pensé à l'ADN dans la quête de son donneur? Comment se fait-il que Lucie trouve tout de suite quelque chose qui a échappé à Franck? On me dira qu'on ne peut pas tout voir ni tout prévoir.

Il semblerait que Franck Thilliez ait un «plan». En effet, à la fin d'«Angor», on comprend que rien n'est terminé (même si cette enquête l'est), et que certaines choses ont commencé bien avant les événements racontés ici. C'est une piste intéressante.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Raimbault. Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'ai déjà expliqué que je ne comprenais pas pourquoi les chapitres de plus d'un quart d'heure étaient coupés en deux pistes. Ici, c'est encore le cas. Mais ce roman contient également des chapitres de moins de cinq minutes. Ils sont sur la même piste qu'un chapitre un peu plus long. À un moment, il y a même une piste avec le début d'un chapitre, puis l'autre piste avec la fin du chapitre et le chapitre suivant. Cette structure ne me plaît pas, car pour moi, ce n'est pas «propre». J'imagine un livre papier avec des chapitres collés les uns aux autres ou des chapitres s'arrêtant au milieu de la page et reprenant à la page suivante...

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jeudi, 6 décembre 2012

Atomka, de Franck Thilliez.

Atomka

Note: Ce roman se passe après «Le syndrome E» et «Gataca». D'une manière générale, il vaut mieux avoir lu tous les romans impliquant Franck Sharko et Luci Henebelle avant de lire «Atomka».

L'ouvrage:
Décembre 2011.
Le journaliste Christophe Gamblin est retrouvé mort de froid dans son congélateur. L'équipe à laquelle appartiennent Franck Sharko et Lucie Henebelle est mise sur l'affaire.
D'autre part, Franck est toujours obnubilé par le disciple de l'ange rouge.

Critique:
Encore une fois, Franck Thilliez embarque son lecteur dans un voyage étourdissant dont il ne sortira pas sans mal. À travers un fait historique, il aborde un thème qui fascine l'homme depuis toujours: la régénération des cellules, etc.
Quant à l'énigme, le romancier la maîtrise parfaitement. Il n'a pas recours aux artifices qui consistent à faire du remplissage. Il n'en a pas besoin!
Il n'a pas non plus besoin de faire languir son lecteur en lui présentant de faux coupables ou des demi-vérités qu'il consentira à élucider à la fin. Le lecteur découvre les choses en même temps que les personnages. Rien n'est poussif ou bâclé.
J'avais deviné une chose, mais cela ne m'a pas gênée, car l'ambiance du roman et les faits rapportés montrent un grand talent.
À moment, les deux héros sont en très fâcheuse posture, et on se demande comment ils pourront s'en sortir. Lorsque ce genre de situation arrive dans certains thrillers, une personne qu'on croyait très loin tombe soudain du ciel et aide le héros. Ici, c'est beaucoup plus simple et logique.

Le roman se compose de deux intrigues distinctes. En général, le lecteur finit par découvrir que tout est lié. Ici, j'ai tout de suite pensé que cela ne l'était pas, et que si cela l'était, ce serait vraiment très gros et aurait gâché le livre.

J'ai été ravie de retrouver Franck et Lucie. Ces deux personnages malmenés par la vie, se raccrochant à ce qu'ils peuvent, tentant de tirer le meilleur parti des événements. Leur hypersensibilité découle bien sûr de tout ce qu'ils ont vécu.
Lucie m'a parfois agacée, à cause de son désir forcené d'avoir un enfant. Surtout que comme le lui a fait remarquer Franck, cet enfant pourrait être un garçon. La certitude de Lucie montre bien qu'elle voudrait une espèce de copie de l'une de ses filles, et que donc, elle n'est pas prête à aimer un nouvel enfant pour lui-même.

À la fin, une incertitude reste, du moins pour moi, quant à un aspect de la vie privée des deux personnages. Je suis peut-être soupçonneuse à tort, mais je pense qu'un certain événement n'est pas anodin, et que malgré ce que le médecin dit à Lucie, une chose déplaisante arrivera. Je me trompe peut-être...

Un excellent thriller, bien pensé, bien écrit, d'un auteur dont le talent croît au fil des livres.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Raimbault. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
Au départ, je n'étais pas très emballée par la voix de Michel Raimbault. Mais depuis qu'il la met au service des romans de Franck Thilliez, je l'apprécie. D'abord, le comédien donne à Franck Sharko une voix qui va parfaitement à ce personnage fort, doux, blessé. En outre, il joue sans cabotiner. Enfin, il a une voix chaleureuse.

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vendredi, 10 juin 2011

Gataca, de Franck Thilliez.

Gataca

Note: Si vous n'avez pas lu «Le syndrome E», ne lisez pas mon résumé. Passez directement à la partie «critique».

L'ouvrage:
Sur sa demande, Franck Sharko a été rétrogradé. Ce jour-là, il doit enquêter sur le meurtre d'une étudiante retrouvée morte dans la cage d'une femelle chimpanzé du centre de primatologie de Meudon. Tout semble accuser le singe. Pourtant, la responsable du centre, Clémentine, assure qu'elle est incapable d'un tel acte.

Lucie Henebelle tente de reconstruire sa vie après la mort de sa fille, Clara. Elle a démissionné de la police, et fait un travail qui ne l'épanouit pas, mais grâce auquel elle n'a pas le temps de réfléchir. C'est alors qu'elle apprend que le meurtrier de sa fille s'est suicidé. Elle ne l'accepte pas, car cela la prive des réponses aux questions qui tournent dans sa tête. Le coup de grâce lui est porté quand on lui dit qu'un psychiatre voulait déclarer l'homme irresponsable de ses actes au moment du meurtre de l'enfant. Lucie ne compte pas en rester là.

Critique:
Si j'ai reproché quelques petites choses au tome 1 de ce diptyque, je ne trouve rien à redire à «Gataca». Il est plus gros que «Le syndrome E», et pourtant, je n'y ai trouvé aucune longueur.
Le lecteur se doute que les deux histoires sont liées, et que Franck et Lucie se reverront, ne serait-ce que pour les besoins de l'enquête. C'est pourquoi l'auteur n'attend pas trop longtemps avant de dévoiler cet aspect de l'intrigue. Le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer à attendre que cela arrive.
Comme dans certains romans de Serge Brussolo, la résolution d'un point précipite nos héros dans un autre mystère, jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que ce qu'ils cherchent a atteint d'énormes proportions.

J'aime beaucoup la façon dont Franck Thilliez expose certaines théories, mêlant étroitement réalité et fiction. En outre, il ne tombe jamais dans le jargon pompeux et incompréhensible. Tout ce qu'il dit sur l'ADN, sur la latéralité, les conflits transgénérationnels en cas de non-dits, l'évolution de la nature et de l'homme selon certains paramètres soit incongrus car créés par l'homme soit «naturels», etc, tout est expliqué de manière passionnante. D'autre part, il insère tout cela intelligemment dans son roman. On voit qu'il s'est documenté, mais il n'a pas plaqué ou articulé ses personnages et leurs répliques en fonction des théories qu'il voulait exprimer. Je mets cela en avant parce que dans certains autres romans, la façon dont les choses étaient amenées était très artificielle.
J'ai appris, entre autres, que même l'ADN gardait des saletés... ;-) Tout cela donne envie d'en apprendre davantage. Dans une note finale, l'auteur donne quelques pistes afin que le lecteur puisse se documenter, et se forger une opinion.
Il est dérangeant et effrayant de penser que l'ADN dirige notre caractère... enfin, ça, c'est la théorie d'un personnage du livre.

Outre le pivot de l'intrigue, l'auteur sait précipiter personnages et lecteurs dans un tourbillon. Franck et Lucie connaîtront des embûches, dont les plus impressionnantes sont sûrement la tentative de meurtre dont est victime Lucie, et l'étau qui se resserre sur Sharko lorsqu'on veut l'accuser d'un meurtre. Sa joute avec Magnien est d'ailleurs savoureuse. C'est une des occasions qu'à l'auteur de créer une grande tension. Mais au centre de cette tension, j'ai éclaté de rire en entendant la théorie rocambolesque de Magnien. Un ramassis d'inepties bricolé à partir d'éléments de psychologie de bas étage. Éléments qui seraient intéressants s'ils étaient creusés, et mieux exploités que ce que fait Magnien.

J'ai été contente de retrouver Franck et Lucie. Ces deux personnages sont attachants. Vous me direz qu'ils rappellent trop les policiers d'autres romans: traumatisés par la vie, et qui tentent de rendre justice à chaque enquête. Peut-être, mais ils sont plus forts, plus complexes, plus consistants. Je serai ravie de les retrouver, comme le promet l'auteur, dans la note finale. Note dans laquelle il ne se prive pas de faire saliver le lecteur en évoquant son prochain roman qui devrait sortir fin 2011, et dont le synopsis, brièvement exposé, est très alléchant, même si on n'y rencontrera pas Franck et Lucie.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Raimbault. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il est sorti en audio le 8 juin.

J'ai été contente de retrouver Michel Raimbault. J'apprécie de plus en plus sa façon de lire, et même les voix différentes qu'il prend pour certains personnages... surtout celle de Sharko. Je l'imagine tout à fait avec cette voix. ;-)

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samedi, 16 avril 2011

Le syndrome E, de Franck Thilliez.

Le syndrome E

L'ouvrage:
Ludovic Sénéchal est amateur de films en tous genres. Chez un collectionneur, il fait l'acquisition d'une bobine qui, sitôt qu'il a commencé à la visionner, le rend aveugle.

L'équipe du commissaire Franck Sharko découvre cinq corps atrocement mutilés. On ignore qui ils sont et comment ils sont morts. Il ressort de l'enquête que l'un d'eux a tant souffert qu'il s'est blessé en s'enfonçant les ongles dans la chair.

Critique:
Si certaines choses m'ont gênée, cela a été largement compensé par les côtés positifs. Il est vrai que j'ai, comme à mon habitude, tiqué aux descriptions sanglantes et spectaculaires. Mais si, dans d'autres romans, elles sont inutiles, dans «Le syndrome E», elles sont nécessaires. Étant donné ce que veulent démontrer certains personnages, il manquerait quelque chose s'il n'y avait pas ces atrocités.

Franck Thilliez entre d'emblée dans le vif du sujet. Il y a bien des passages un peu lents (surtout le début de l'enquête de Franck), mais l'auteur est très loin de faire du remplissage. C'est d'ailleurs très fort de sa part: car en général, les longs thrillers s'essoufflent assez vite.

Certaines choses ont un parfum de déjà vu: les meurtres spectaculaires, la corruption, les pistes qu'on brouille avant que l'enquêteur ne puisse les trouver, les «agents doubles», le fait que les deux intrigues se recoupent, etc. Cependant, tout cela ne dure pas, et de toute façon, c'est tellement réaliste que c'est crédible.
Par exemple, l'auteur n'attend pas trop pour révéler à son lecteur que les deux intrigues sont liées. Un lecteur aguerri s'en doutera, mais ne pourra pas faire le lien tant que Franck Thilliez ne le dévoilera pas.

Le roman est dense, le lecteur va de découverte en rebondissement, et ce qui lui est révélé est terrifiant. C'est comme une machine sans pitié, un monstre écrasant tout sur son passage. C'est tellement crédible que je me demande s'il n'y aurait pas un peu de vrai, du moins, en ce qui concerne certains événements et certains organismes impliqués. De toute façon, le genre de choses auquel je pense s'est déjà produit.
Tout ce que l'auteur explique quant aux messages subliminaux est également très vraisemblable... et je pense que c'est vrai. J'avais déjà entendu des choses assez effrayantes à ce sujet.
D'autre part, lorsque les enquêteurs finissent par découvrir qui tire les ficelles, le lecteur est forcé d'admettre que rien ne pourrait être plus logique.

Je connaissais déjà Lucie Henebelle pour avoir lu «La chambre des morts», mais pas Franck Sharko. Comme je suis maniaque, j'ai été gênée de ne pas avoir lu tous les autres romans de l'auteur les mettant en scène. Néanmoins, cela ne m'a pas empêchée de les apprécier. Ce sont des personnages très forts. Ils se ressemblent. Ils sont mangés par leur métier, justement parce que malgré toutes les horreurs qu'ils ont vues, ils gardent une espèce d'intégrité, de désir d'arranger ce monde, tout en sachant que c'est comme vouloir vider la mer à l'aide d'une petite cuillère.
J'ai été un peu agacée de rencontrer encore des policiers meurtris, à fleur de peau, dont la vie ne va pas droit, et dévoués corps et âmes à leur métier, parce que beaucoup de policiers sont ainsi dans les romans, mais je me suis assez vite attachée à eux.

J'avoue que j'ai vu venir l'événement de la toute fin. Je pense que l'auteur aurait pu l'introduire de manière plus subtile. Cela ne m'empêchera pas de me jeter sur la suite.

Remarque annexe:
Je me demande où l'auteur a lu les anecdotes qu'il rapporte sur le tournage de «L'exorciste». Je pense qu'il ne les a pas inventées.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Michel Raimbault. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 20 avril.

Michel Raimbault a une voix agréable et dynamique. Son interprétation est naturelle. Il force peut-être un peu quand il fait des voix aux personnages, mais cela ne m'a pas gênée. Je crois que pour la lecture de ce roman, cela ajoutait un plus, au lieu d'être exaspérant. Entendre la grosse voix qu'il faisait à Franck Sharko était rassurant dans ce milieu hostile.
J'ai été un peu gênée par le fait que parfois, il roule les «l»... comme si c'était un effet de style.
Malgré mon pinaillage, je relirai volontiers des ouvrages enregistrés par lui. Je suppose d'ailleurs que je vais retrouver sa voix sur «Gataca».

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