Mort sur catalogue

L'ouvrage:
Ruth Laster, la quarantaine, a besoin d'une escorte pour une soirée où se réunissent tous les membres de l'entreprise où elle travaille. Après maintes hésitations, son choix se porte sur Tim Hagen, un jeune homme de vingt-trois ans. Après la soirée, emportée par le moment, elle passe la nuit avec le jeune homme. Elle ne sait pas que ses ennuis ne font que commencer.

Critique:
L'idée de départ n'est pas mal. J'ai même pensé que l'auteur allait parvenir à maintenir un suspense haletant jusqu'au bout, car son polar ne se déroule pas comme les autres. Néanmoins, ce n'était qu'une façade. L'intrigue est lente et poussive. Le lecteur devine très vite ce qui va arriver. Certaines ficelles sont grosses et éculées. Par exemple, lorsque Ruth fait tomber le téléphone, et se rend compte qu'il ne marche pas, le lecteur devine où elle est, et avec qui. Cela est amené de manière si maladroite que ça m'a plutôt fait sourire.

On retrouve tous les clichés du genre... Par exemple, on annonce au lecteur un événement auquel il ne croit pas, surtout s'il est habitué des romans policiers. Heureusement, l'auteur ne fait pas trop durer cela, mais c'est tout de même du remplissage.
D'une manière générale, il y a beaucoup de remplissage.

Les personnages ne sont pas très attachants.
J'ai trouvé Ruth froide et imbue d'elle-même. J'ai compris son entêtement à poursuivre son agresseur, mais à part ça, la plupart de ses actes ainsi que sa façon de voir certaines choses m'ont tapé sur les nerfs. Sans parler de son attitude vis-à-vis de Gordon et d'Aiden.
De plus, j'ai trouvé son acte du chapitre 61 complètement incohérent. Et qu'on ne vienne pas me parler de syndrome de Stockholm! C'est en contradiction totale avec tout ce qu'elle fait au long du livre. Cela me l'a rendue encore moins attachante.

Aiden est bien sûr sympathique, mais il semble parfait. C'est un peu agaçant: il est gentil, sauve toujours Ruth, la soutient même quand elle fait n'importe quoi, a une patience d'ange (même s'il lui arrive de s'énerver, mais on le serait à moins)... on dirait un peu Superman... ce n'est pas très crédible.

Quant au «méchant»... L'auteur essaie de nous expliquer ses actes en racontant ce qui se passait dans son enfance. Soit. Mais il devait déjà être un peu dérangé, le pauvre, au moment des faits de son enfance! Il couvrait un meurtrier de son plein gré! On me dira que c'était normal, vu le lien qui les unissait... tout cela ne m'a pas paru très crédible.

Tous ces aspects du livre m'ont rebutée, et je ne suis pas vraiment entrée dedans.

Remarques annexes:
Il est assez désolant de voir la réaction des gens lorsque Ruth arrive à la soirée avec un homme plus jeune qu'elle. Elle suscite la jalousie et l'envie, parfois dissimulées sous un air outré. Je trouve l'auteur bien pessimiste. La société ne serait-elle faite que de gens malheureux qui se raccrochent aux conventions pour pouvoir conspuer quelqu'un qui semble heureux ou qui agit différemment de ce qui se fait, sans pour autant nuire?
J'ai trouvé Ruth assez culottée de s'offusquer parce qu'Alicia lui demande grâce à qui elle est si confiante pour sa place. Ruth sera victime de l'hypocrisie et de fausses indignations à la soirée, mais elle n'est pas la dernière quant à cet exercice.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Poirrier pour l'INCA

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