Coin perdu pour mourir

L'ouvrage:
Le jeune Martinus a été assassiné par empoisonnement. Les soupçons se portent sur Mosquit, l'un des domestiques noirs de la famille. On le dit fou parce qu'il est un peu simplet, et s'emporte facilement. Il est arrêté et emprisonné. Mais Yudal Gordon, le psychologue de la prison, ne croit pas en la culpabilité de Mosquit. Celui-ci pourrait tuer, mais ce serait sur un coup de colère. Il n'utiliserait sûrement pas le poison qui sous-entend une préméditation. Yudal enquête.

Critique:
La quatrième de couverture encense ce roman, ainsi que les autres ouvrages de Wessel Ebersohn. Je trouve que c'est très exagéré. Peut-être deviens-je très difficile, mais ce roman est tout ce qu'il y a de plus classique. Le lecteur sait très bien que Mosquit n'est pas coupable. Il se doute également que le pauvre Mosquit a subi des traumatismes pendant son enfance de la part de Martinus. L'intrigue se traîne péniblement jusqu'à ce que le nom du coupable nous soit dévoilé.

Bien sûr, au long de l'histoire, le lecteur en apprend sur les personnages et leur psychologie. Il sera désolé que les choses soient si bien à leur place, lorsqu'il constate que la mère et la soeur de Mosquit voyaient certaines choses, et ne pouvaient rien faire, de par leur condition.
Il découvre aussi les blessures secrètes de Marie et de Martinus, blessures qui les ont poussé à faire certaines choses. Il est assez terrible de penser que le jeune Martinus a agi comme ça parce que son père ne s'intéressait pas à lui.
Le lecteur découvre aussi un homme qui croit sincèrement avoir tout fait pour ses enfants parce qu'ils n'ont manqué de rien matériellement.
Soit. Ces thèmes sont intéressants, et font que l'histoire n'est pas manichéenne. Seulement, beaucoup de ces choses étaient prévisibles. Toutes ces soi-disant découvertes ne sont pas une grande surprise pour le lecteur. En outre, tout cela est dilué par les longueurs qui sont légion.

Je n'ai pas vraiment compris pourquoi Yudal s'était marié avec une femme pour qui il éprouvait une telle aversion. L'aversion a dû venir après le mariage, mais pourquoi ne pas divorcer, alors? Peut-être tout cela est-il expliqué, mais j'avoue que mon attention a fluctué pendant ma lecture, car je me suis ennuyée.
Le seul aspect intéressant de ce mariage pour le lecteur est le contraste entre la gravité de l'enquête de Yudal et l'artifice de sa femme qui fait un caprice parce qu'elle veut qu'il l'accompagne à une soirée.

La toute fin est une chute. Cela pourrait sauver quelque peu le roman, mais outre qu'elle laisse entrevoir une issue qui ne plaît pas au lecteur, elle est, quand on y réfléchit bien, un peu tirée par les cheveux. Elle montre la négligence des gardiens, ce qui n'est pas très crédible, surtout quand on sait que l'acte était prévisible si l'homme qui l'a commis en avait la possibilité.

Bref, c'est un polar classique, qui traîne, avec des thèmes intéressants, mais prévisibles.

Éditeur: Crapule.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Paquette pour l'INCA

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