Lecteur : Pâris Christine

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mardi, 15 juin 2010

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, de Katherine Pancol.

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Note:Ce livre est le tome 3 d'une série. Je n'ai pas lu les autres tomes, mais il est préférable de les lire dans l'ordre:
1: Les yeux jaunes des crocodiles
2: La valse lente des tortues
3: Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

L'ouvrage:
Hortense est à Londres. Elle compte bien conquérir le monde de la mode... et Gary.
Joséphine se remet difficilement du décès de sa soeur, et de ce qu'il implique pour elle. On la pousse à écrire à nouveau, Philippe lui crie son amour; elle n'a plus goût à rien, et s'interdit de vivre.
Henriette veut trouver un moyen de voler de l'argent à son ex-mari qui a osé la remplacer par une femme plus belle et plus jeune.

Tous ces personnages, et bien d'autres, nous entraînent dans leurs aventures qui se croisent et se mêlent.

Critique:
N'ayant pas pu lire les deux autres tomes avant la sortie de celui-ci en audio, j'ai conscience d'avoir perdu certaines choses. Néanmoins, ce livre n'a pas vraiment été ma tasse de thé. Je ne l'ai pas détesté, sa lecture n'a pas été un calvaire (je pourrais citer des livres qui ont été une torture pour moi), mais certaines choses m'ont gênée. Par exemple, j'ai trouvé les intrigues prévisibles. Dès que l'une d'elle s'amorçait, je me doutais de son déroulement. Bien sûr, je ne pouvais pas prévoir les détails, mais j'ai vu arriver beaucoup d'événements. Cela fait que pour moi, le livre a été très lent. Sa longueur n'a rien à voir, car un livre peut être long et bien rempli, et un livre court peut être lent. Ici, comme j'ai deviné beaucoup de choses, j'ai vu les événements avancer très lentement.

Outre cela, la teneur de certains événements m'ont agacée. Par exemple, la réussite d'Hortense. Bien sûr, elle ne réussit pas d'un coup. Bien sûr, le lecteur admirera sa ténacité. Pourtant, elle est si égoïste, capricieuse, et prétentieuse qu'on aurait aimé que la vie lui donnât de petites leçons. On me dira qu'elle en a eu. Soit, mais elles sont bien minces.
L'empressement de Gary à retrouver son père m'a également agacée. C'est compréhensible, mais c'est trop manichéen. Il oublie bien vite sa mère qui l'a élevée. Autre chose chez Gary et Shirley m'a ennuyée, mais je ne vais pas tout dévoiler.
La situation entre Denise et Bruno m'a paru extrêmement lente et pas très crédible. On me dira qu'une vieille fille frustrée, férue de romans sentimentaux, réagira exactement comme réagit Denise. Pourtant, j'ai trouvé ça vraiment trop gros.
Enfin (pour ne pas faire un catalogue, je m'arrêterai là, mais il m'en resterait beaucoup à dire), l'histoire de la télépathie dont est capable Marcel Junior, grâce à la science, me laisse perplexe...

D'autre part, j'ai mis longtemps à entrer dans l'histoire et dans la peau des personnages. Je pense que cela vient en partie du fait que je n'ai pas pu lire les deux premiers tomes, mais pas seulement.

Les personnages ne sont pas très crédibles.
Henriette est une atroce mégère qui ne jure que par la méchanceté. Elle n'a pas d'épaisseur: elle est méchante, moche, sent mauvais... on dirait la fée Carabosse.
Hortense est encore plus caricaturale que Blair Waldorf dans «Gossip girl».
Marcel et Josiane sont un peu trop français moyens.

Malgré cela, certaines choses m'ont plu. La principale étant le personnage de Marcel Junior. Bien sûr, là aussi, c'est un peu gros, mais globalement, c'est un personnage très sympathique au lecteur. On a du mal à imaginer un enfant de trois ans, même surdoué, tenant de tels propos et ayant un tel à propos. C'est justement cette situation qui fait rire le lecteur.
J'ai également apprécié le personnage d'Iphigénie.

Il faut lire ce roman quand on n'a pas envie de réfléchir, quand on veut se reposer le cerveau. Même s'il ne m'a pas franchement plu, même si ma critique n'est pas vraiment positive, il peut être un bon divertissement, une comédie sympathique.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Pâris.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 16 juin.

La version audio est agrémentée d'un entretien avec l'auteur que je vous recommande vivement. Katherine Pancol y parle, entre autres, de sa démarche d'écriture, et c'est très intéressant.
Accessoirement, elle explique qu'elle répond elle-même à tous les lecteurs qui lui écrivent via son site, et que cela devient difficile, car de plus en plus de gens lui écrivent. En tout cas, elle a répondu à l'une de mes questions. J'espère que malgré le nombre croissant de ses lecteurs, elle parviendra toujours à leur répondre, car c'est très agréable de recevoir un message de l'auteur lui-même.

D'habitude, je ne suis pas très enthousiaste quant à la comédienne qui a interprété ce roman. Pourtant, ici, j'ai trouvé qu'elle jouait de manière moins affectée. Je lui reproche plus ou moins les mêmes choses qu'avant, mais certains des défauts que je lui trouvais sont atténués dans l'interprétation de ce roman.

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mardi, 18 mai 2010

La princesse des glaces, de Camilla Läckberg.

La princesse des glaces

L'ouvrage:
Erica Falck passe un bref séjour dans la petite ville portuaire de son enfance, Fjàllbacka. Elle doit mettre en ordre les affaires de ses parents, brutalement décédés.
Alors qu'elle passe près d'une maison, un homme en sort et la hèle. La maison renferme le cadavre de sa propriétaire: Alexandra, une ancienne amie d'Erica.

Critique:
C'est le tome 1 des aventures d'Erica et de Patrik. Il vaut mieux lire les tomes dans l'ordre (il paraît qu'il y en a déjà cinq en Suède, pour l'instant, il y en a quatre en France), mais je n'ai pas été trop gênée de lire comment la relation de Patrik et Erica a débuté, alors que je les ai vus installés ensemble dans les autres tomes.
Voici l'ordre des tomes:
1: La princesses des glaces
2: Le prédicateur
3: Le tailleur de pierre
4: L'oiseau de mauvais augure

On ne pourra pas nier que Camilla Läckberg sait raconter les histoires. J'avais presque tout deviné dans «Le tailleur de pierre», et pourtant, je n'ai pas pu lâcher le livre!
Ici, je n'ai pas deviné autant de choses, mais mon engouement était au rendez-vous. En quelques pages, l'auteur accroche son lecteur. Elle parvient même à rendre des faits secondaires intéressants.
L'intrigue est mieux ficelée que celle de «Le tailleur de pierre», à mon avis, puisque je n'ai pas pu la démanteler. J'avais deviné certaines choses, j'en soupçonnais d'autres, mais ce n'était pas aussi clair que pour «Le tailleur de pierre».
Il n'y a pas de longueurs, malgré l'épaisseur du roman.
Petit bémol: une ficelle revient trop souvent. À force de réfléchir, un personnage trouve une clé de l'énigme, l'auteur nous le dit, puis elle nous fait mariner avant de nous révéler ce qui a été trouvé. À force, c'est lourd.

Lorsque le lecteur sait tout, il ne peut penser qu'une seule chose: les parents impliqués ont été inexcusables. Seul Carl-Eric trouve un peu grâce à mes yeux, parce qu'il le reconnaît sans complaisance, sans chercher d'excuses.
On aura peut-être pitié de Véra, mais sûrement pas de Birgit.
À l'instar d'autres romans, ce livre est une mise en garde contre le non-dit. Il montre très bien comment cela peut ronger une personne.
Un autre problème se pose. Que penser de l'attitude de Yann? L'auteur en fait un personnage détestable, soit, mais c'est aussi un personnage que jamais personne n'a aidé...

L'un des thèmes abordés me révolte toujours, et je ressens l'impuissance des autorités à anéantir ces... pratiques. Je trouve quand même qu'il commence à être trop abordé dans les thrillers. Malheureusement, cette surabondance ne change rien à l'impossibilité de l'anéantir, et en plus, j'ai peur que ce thème soit galvaudé à trop être utilisé. J'ai également peur qu'il soit tant abordé pour de mauvaises raisons... c'est-à-dire pour attirer le lecteur voyeur, et pas forcément pour lui faire prendre conscience de certaines choses...

Patrik et Erica sont attachants. J'ai déjà parlé d'eux dans mes précédentes critiques, et dans ce tome 1, je les ai trouvés égaux à eux-mêmes.
J'aimais bien Anika aussi, mais dans ce roman, sa présence est réellement synonyme de détente, surtout lorsqu'elle cuisine Patrik.

Quelque chose m'a gênée: la syntaxe m'a paru maladroite à plusieurs reprises.

Remarque annexe:
J'ai beaucoup aimé le personnage de la pâtissière aux pères Noël. Elle peut paraître invraisemblable à force d'excentricité, mais elle m'a bien fait rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Pâris.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 19 mai.

Décidément, je ne suis pas convaincue par Christine Pâris. Je trouve qu'elle fait trop de manières. Et puis, quand elle lit les rôles masculins, elle change légèrement sa voix. Elle tente de faire cela intelligemment, de faire en sorte que sa voix soit juste un peu plus grave, mais ça m'agace! Il y a des passages (surtout des dialogues) où elle parvient à se débarrasser de son ton un peu affecté (qui se rapproche un peu du ton qu'on prend pour raconter une histoire à un enfant), mais elle le retrouve très facilement. De plus, je ne sais pas pourquoi elle prononce «chapitre... 1», comme Isabelle Miller dans «Quitter le monde», de Douglas Kennedy.
Comme j'aime les romans de Camilla Läckberg, je lirai les suivants s'ils sortent en audio, mais je suis déçue que Christine Pâris soit apparemment la voix officielle de ces romans.

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vendredi, 12 mars 2010

Le tailleur de pierre, de Camilla Läckberg.

Le tailleur de pierre

L'ouvrage:
La police de Fjàllbacka se retrouve en charge d'une nouvelle affaire: une enfant a été «pêchée» par un pêcheur de homards. Pour Patrik Hedström, l'un des policiers, ce cas est d'autant plus perturbant qu'il connaît l'enfant, sa mère étant une amie d'Erica, sa compagne.

L'enquête se complique lorsque l'autopsie révèle que Sarah a été noyée, certes, mais vraisemblablement dans un bain, car on a retrouvé de l'eau douce dans ses poumons, ainsi que des restes de savon et de shampoing.
Mais le plus étrange est qu'on retrouve de la cendre dans son estomac: on lui en a fait avaler.

Critique:
C'est la suite de «Le prédicateur». On retrouve avec plaisir les personnages des policiers et d'Erica.

Là encore, Camilla Läckberg nous raconte deux intrigues arrivées à deux époques différentes. Malheureusement, je ne me fais plus prendre par cette ficelle censée dérouter le lecteur, et que j'ai si souvent rencontrée.
Attention, je dévoile des pans de l'histoire en montrant le cheminement que j'ai suivi. Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.
Je sais que des histoires semblant totalement éloignées les unes des autres, dans un polar, sont connectées. Donc, j'ai tout de suite su que le coupable était un descendant d'Agnès, et j'ai vite su que cette personne agissait ainsi à cause des traumatismes qu'Agnès lui avait infligés.
Ayant compris les rouages du roman, dès qu'Agnès a rencontré la petite fille, j'ai su que c'était elle, la coupable, et en calculant son âge, j'ai su qui elle était dans le présent. Son prénom ne m'a pas déroutée (il a dû être cité dans le but de détourner le lecteur qui s'approcherait trop de la vérité), j'ai imaginé ce qui s'était passé ensuite.
J'ai également deviné qui avait tué le premier mari de Lilian, et ce qui arrivait à Stieg.
Comme beaucoup de thrillers parlent d'abus sur enfants, j'avais également compris qu'il y aurait une histoire de ce genre, et je savais que Sebastian était la victime. À ce sujet, l'auteur nous présente le coupable comme un malade. Je veux bien croire que certains raisonnent ainsi, mais elle a l'air de dire qu'ils sont tous comme ça. Or, je pense qu'il ne faut pas se leurrer: la plupart savent très bien ce qu'ils font, ce qui est encore pire, même si dans les faits, ça revient au même. (Réflexion d'une fille traumatisée par un livre des plus réalistes sur le sujet.)
J'avais aussi deviné qu'Agnès avait mis le feu à sa maison, mais pas qu'elle avait pris la peine de tuer ses occupants avant. Cela explique qu'ils ne soient pas sortis...

Le roman m'a plu, même si j'ai deviné beaucoup de choses. Camilla Läckberg a quand même réussi à m'embrouiller avec Janet.
J'ai trouvé que l'auteur en faisait parfois un peu trop, par exemple, avec la lettre de Mellberg, au début.
Le thème de la famille est abordé de plusieurs manières: relations compliquées, familles recomposées, incompréhensions entre parents et enfants, caractères et personnalités complexes ou très simples... J'ai trouvé tous ces exemples intéressants et bien analysés.
Je ne les évoquerai pas tous, bien sûr, ce serait trop fastidieux pour mes lecteurs, mais parmi ces relations parents-enfants, il y a celle des nouveaux parents (Patrik et Erica) et de leur fille, Maya. Comme dans «Le prédicateur», Camilla Läckberg est réaliste. Elle ne nous présente pas des parents gâtifiant devant un bébé ne pleurant jamais. Elle nous montre ce qui, à mon avis, est le quotidien de parents après une naissance.

Les petites guerres entre policiers m'ont paru bien analysées également. J'ai cependant trouvé les personnages d'Ernst et de Mellberg un peu invraisemblables. En effet, Ernst n'a que des raisonnements idiots. Un enfant de dix ans en verrait la stupidité. On me dira que sa fatuité l'empêche de s'en rendre compte... Peut-être...
Quant à Mellberg, il n'est pas très crédible. Il est inapte au point que c'est Patrik qui gère tout. On voyait déjà cela dans «Le prédicateur», mais c'était logique car expliqué un peu différemment: il laissait Patrik se démener, et récoltait les lauriers. Ici, on voit vraiment que c'est un fantoche, et on se demande comment il est arrivé là. Dans le roman, le lecteur a un petit aperçu de sa vie privée, et donc de ses pensées en dehors du travail. Eh bien, je peux vous dire que ça fait frémir. Qu'il s'enferre dans un raisonnement, soit, mais qu'il réfléchisse comme un gamin de dix ans, voire moins, c'est effarant. Il transpire la bêtise. Au moins, il fait rire le lecteur!

Le personnage d'Agnès n'est pas très complexe, malheureusement. Elle ne sait que passer pour une victime, semer le malheur autour d'elle par son égoïsme... Le comportement de son père (après son sursaut de lucidité), et celui d'Anders m'ont profondément énervée. Agnès ne cachait même pas son jeu, et ils se remettaient en question. On m'objectera qu'elle était manipulatrice. Je pense qu'au départ, non, elle l'est devenue.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Pâris.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 17 mars.
J'ai été très déçue qu'Eric Herson-Macarel, qui a enregistré «Le prédicateur», n'ait pas lu ce roman. Pour moi, Christine Pâris partait déjà avec un sérieux défi à relever, car elle devait faire aussi bien, voire mieux. Au début, sa voix est affectée, on dirait qu'elle lit un conte à des enfants. Ensuite, elle semble mieux entrer dans le roman, et lit de manière plus naturelle. Sa lecture est vivante. Parfois, elle retrouve un peu son ton affecté du début. Si elle enregistre à nouveau, je ne sais pas si je la retrouverai avec plaisir.
En revanche, j'espère qu'Eric Herson-Macarel enregistrera d'autres livres!
Détail amusant: la voix de Christine Pâris me fait penser à celle de la comédienne Caroline Beaune.

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