Lecteur : Nicollerat Martine

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lundi, 10 août 2015

Chère Laurette, tome 3: Le retour, de Michel David.

Chère Laurette, tome 3: Le retour

L'ouvrage:
Printemps 1956. Laurette travaille depuis trois ans. Ses enfants l'aident: certains ont de petits boulots. Ceux qui continuent leurs études font quelques tâches ménagères.

Critique:
À l'instar du tome 2 de la saga, ce roman se déroule sur un an. Au rythme des saisons on retrouve le quotidien de la famille Morin avec plaisir: leurs joies, leurs peines, le tout saupoudré d'une bonne dose d'humour. Les enfants sont égaux à eux-mêmes. Je n'ai pas été surprise du comportement de Jean-Louis. Richard et Gilles restent mes personnages favoris. Richard se démarque. Outre son fort caractère, il a le don de se mettre dans des situations délicates: voir sa mésaventure avec la crèche, lors de la fête de Noël...
Denise est toujours aussi godiche.
Ce tome permet de découvrir Carole qui a grandi. Elle commence à s'affirmer. Je ne l'ai pas trouvée aussi gourde que sa grande soeur.

Quant à Laurette, si elle reste impétueuse, râleuse, et de mauvaise foi quand Jean-Louis est impliqué, elle semble moins bornée, comme si elle s'améliorait avec l'âge. D'ailleurs, les relations ne sont plus aussi houleuses entre elle et sa belle-famille. À ce sujet, dans les deux premiers tomes, la mère de Gérard s'appelle Lucie, et dans ce tome, c'est Lucille...

Il est intéressant de voir le contexte historique: certaines choses (la télévision, le supermarché) commencent à apparaître, ot on découvre les avis, parfois tranchés, des premiers à connaître ces nouveautés.

Les dialogues sont toujours aussi vivants. L'auteur a d'ailleurs pris soin de faire s'exprimer ses personnages selon leur «milieu» ou leur évolution. Par exemple, Carole, qui poursuit ses études, utilisera un peu moins la langue populaire que ses parents.

Au long du livre (tout comme dans les tomes précédents), j'ai trouvé des erreurs de syntaxe. C'est souvent des maladresses, comme s'il n'y avait pas eu relecture. Exemple: «Après le départ de sa fille, Laurette alluma une cigarette, après avoir déplacé légèrement sa chaise berçante pour ne pas bloquer le passage aux rares passants qui auraient eu besoin d'emprunter le trottoir sur lequel elle était installée.»

Éditeur: Hurtubise.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Nicollerat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'ai été déstabilisée par le changement de lectrice. En général, Jacqueline Duperret (qui semble adepte des romans québécois, et à qui les séries contenant plusieurs gros tomes ne font pas peur) lit tous les tomes d'une série. Je n'ai pas compris pourquoi elle n'avait pas enregistré «Le retour», d'autant qu'elle a lu le dernier tome de la saga.
Par ailleurs, Martine Nicollerat s'est attachée à préciser «italique» et «fin de l'italique» pour les mots en italique dans le roman. Idem pour les mots ou expressions entre guillemets. J'ai déjà remarqué que certains lecteurs bénévoles faisaient cela. Je ne sais pas si cette directive leur a été donnée ou s'ils ont pris l'initiative eux-mêmes pensant bien faire, et je ne sais pas ce qu'en pensent les autres auditeurs, mais pour ma part, je trouve cela extrêmement désagréable pour plusieurs raisons. Cela alourdit le texte et de ce fait, le rend moins «naturel». Imaginez un dialogue durant lequel la lectrice s'interrompt pour donner ces indications. D'autre part, j'ai eu l'impression d'être prise pour une andouille qui n'était pas capable de deviner qu'ici, il y avait un titre, que là, il y avait un mot anglais, là une citation... Normalement, le ton du lecteur laisse deviner ce qui pourrait être sujet à confusion. Par exemple, ici, Gérard lit «la Presse». D'après la manière dont le disait Jacqueline Duperret, j'avais bien compris que c'était le nom d'un journal et non la presse en général. D'ailleurs, si le lecteur veut lever la confusion, il peut faire une «note du lecteur» en début d'enregistrement, mais uniquement pour les rares cas où il peut y avoir confusion. Idem pour les cas où des personnes sont citées... par exemple, lorsque Laurette cite Colombe en la singeant et en minaudant, il sera beaucoup plus intéressant que le lecteur prenne une intonation appropriée plutôt que de préciser «guillemets ouverts» et «guillemets fermés». Enfin, en tant qu'auditrice, savoir que les mots ou expressions anglophones sont en italique ou entre guillemets ne m'apporte absolument rien.
Si cette lecture m'a été pénible à cause de ces indications superflues, j'imagine que cela a dû être extrêmement laborieux pour la pauvre Martine Nicollerat...
Malheureusement pour moi, elle prononce les mots anglophones en y mettant l'accent. Jacqueline Duperret le faisait un peu, pour «running shoes», par exemple, mais cela restait discret. Ici, j'ai trouvé que c'était exagéré.

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mardi, 11 juin 2013

L'aquarium, de Cornélia Mühlberger de Preux.

L'aquarium

L'ouvrage:
Lors d'un repas entre voisins, Constantin annonce à la cantonnade que sa petite famille partira aux îles Fiji, cet été-là. La famille n'a pas l'argent pour se permettre un tel voyage. Tatiana, la femme de Constantin, aimerait démentir, mais elle n'y parvient pas. Au fil du temps, Constantin donne de plus en plus de détails, les trois enfants ont hâte... Il décide finalement qu'ils séjourneront dans la cave, afin de maintenir l'illusion auprès des autres.

Critique:
L'idée de départ est originale. L'idée de Constantin pour faire croire au voyage jusqu'au bout était intéressante, car on pouvait s'attendre à ce que la famille, obligée de se côtoyer en vase clos, finisse par être plus soudée ou par se briser. Ces quinze jours sont comme une espèce d'épreuve de laquelle chacun sortira changé, au cours de laquelle chacun sera confronté aux autres et à lui-même.
L'idée est bonne, mais elle n'est pas nouvelle. Cela ne serait pas grave si elle était correctement exploitée. Ici, on devine trop de choses dès le départ pour être vraiment surpris par ce que chaque personnage finit par montrer.

En outre, aucun personnage n'est vraiment sympathique, à part Vladimir. Constantin est profondément perturbé, et ce depuis longtemps. Tatiana est velléitaire. Elle a le bon sens de se le reprocher, mais cela vient un peu tard. Elle sait bien qu'elle aurait dû agir autrement, mais elle n'a su que le penser. Violette est assez terne. On peut supposer que son sommeil quasi perpétuel est une fuite: elle ressent inconsciemment le malaise de sa famille. Ensuite, elle se révèle sympathique, mais un peu plate. Quant à Kevin, c'est peut-être celui qui mûrit le plus. Il ne reste pas centré sur lui-même, et finit par se débrouiller pour s'en sortir.

La fin m'a déçue. D'abord, je voyais venir gros comme une maison le «coup de théâtre» qui, du coup, n'en était pas un pour moi. Cela peut être une bonne idée, mais c'est beaucoup trop prévisible. On me dira que l'auteur se devait de finir sur un rebondissement, mais je pense que cela n'était pas obligatoire, surtout que ce rebondissement a gâché ma lecture tant il est convenu.
D'autre part, la toute fin laisse le lecteur avec une foule de questions. Il y a des romans où c'est une bonne chose, ici, non. On a l'impression que l'auteur ne savait pas trop comment s'en sortir, alors, elle ne s'en est pas sortie. Elle n'a rien expliqué.

Ma bibliothèque classe ce roman à «humour-satire». N'ayant pas ri du tout, n'ayant pas vu de quoi l'auteur voulait se moquer (De ceux qui ne jurent que par le paraître?), je n'ai sûrement rien compris...

Éditeur: Plaisir de lire.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Nicollerat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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